DECEMBRIS ANASTASI 0 ET RVFO «V CC
Copies de Spon et de Ménestrier :
Spon, Recherche, p. 74. — Maffei, Gall. ont., p. 93, donne une autre division des lignes et, au commencement : IN HOC
TVMVLO REO| VIESCIT; puis, ligne 4 : X REQVIBIT, et
ligne s : SVB DIE KAL. — Ménestrier, Hist. cous., p. 204. — De Boissieu, p. 570. — Le Blant, I, p. 72.
Hoc ttimulo quiescit bonememorius Cesarius; vixit anus XIV;
reovibit (et ohiit) in pace sitb die X kalendas decembris, Anastasio et Ri/fo viiis clarissimis consulibus.
« Dans ce tombeau repose Cesarius de bonne mémoire, qui a « vécu quatorze ans; il est mort en paix le 10 des calendes de « décembre (22 novembre), sous le consulat d'Anastase et de « Rufus clarissimes ».
C'est en 492 que l'empereur Anastase et Rufus ont été consuls, tous deux d'Orient. 11 n'y eut pas, cette année, de consul d'Occident; on a daté en Gaule par le nom d'Anastase seul ou accompagné de celui de Rufus (voy. De Rossi, I, p. 400).
Dans l'espace des vingt-deux ans écoulés depuis l'an 470, date de l'inscription précédente, de considérables et nombreux événements ont eu lieu en Italie et dans la Gaule. En 476 a fini l'empire romain d'Occident par la déposition du jeune empereur Augustule, et l'hérule Odoacre. son vainqueur, a régné sur l'Italie, reconnu par l'empereur d'Orient d'abord avec le simple titre de patrice, ensuite comme roi. Attaqué à son tour par Théodoric envoyé par l'empereur Zenon, et battu en 489 et en 490, il s'est enfermé dans Ravenne, où il subit un long siège; c'est là que le trouve le commencement de l'année 492, et ainsi s'explique qu'il n'y ait pas eu, cette année, de nomination de consul d'Occident.
En Gaule, ce qu'avaient encore les Romains n'a pas beaucoup tardé à leur échapper. Dès l'année 475, les Visigoths ont obtenu de l'empereur Népos l'abandon de l'Auvergne et du reste de l'Aquitaine Première. Clovis, vainqueur de Syagrius à Soissons, a reçu en 486 la soumission du pays compris entre la Somme, la Seine et la Loire. La Gaule entière est au pouvoir de trois nations barbares et forme trois royaumes indépendants des Romains : celui des Burgondes, celui des Visigoths et celui des Francs.
Pour ce qui concerne particulièrement les Burgondes, Gondeuch, mort en 463, laissant quatre fils : Gondebaud, Godégisèle, Chilpéric
et Godomar, a eu pour successeur son frère Hilpéric, qui, jusque-là prince vassal à Genève, est devenu alors souverain de toute la Burgondie, en résidence de Lyon, et c'est seulement après sa mort, vers 474, que le royaume a passé à ses neveux. On ignore si les quatre frères furent dès lors tous admis au partage et si, dans ce cas, ils furent tous quatre égaux en autorité et en parts territoriales, ou si beaucoup plus vraisemblablement les plus jeunes ne furent pas, bien qu'avec le titre de rois et des résidences distinctes dans des portions déterminées, plus ou moins subordonnés à l'aîné comme vassaux. On ignore également le sujet de la mésintelligence qui eut pour résultat le meurtre de Chilpéric par Gondebaud et la disparition de Godomar, dont il n'est plus fait aucune mention. On sait seulement que les deux filles de Chilpéric ayant été épargnées, la plus jeune devint en 493 la femme de Clovis. Gondebaud réside à Lyon, Godégisèle à Genève; Lyon paraît être le véritable siège royal, de même que Gondebaud paraît être le véritable souverain de la Burgondie entière. Avant lui, Gondeuch avait de même régné seul comme roi suzerain au-dessus de son frère Hilpéric, et, de même après lui, Sigismond régnera seul à l'exclusion de Godomar. Les Burgondes, déjà maîtres depuis longtemps de la Lyonnaise Première et de tout le pays enfermé entre les Cévennes et les Alpes. se sont étendus en 472 dans la Maxima Sequanorum jusqu'à l'Aar, et de 470 à 475 au delà des Cévennes dans l'Aquitaine, mais par contre se sont vu enlever en 476 par le roi Visigoth Euric cette dernière possession, de plus, toute la partie de la Viennoise leur appartenant à la droite du Rhône, et, en deçà du fleuve, les villes d'Arles et de Marseille avec la Provence méridionale de la Durance à la mer. En 489, pendant la lutte entre Odoacre et Théodoric, ils sont entrés, Gondebaud à leur tête, en Italie et ont ravagé la Ligurie, dont ils ont ramené prisonnière presque toute la population valide, rachetée ensuite en majeure partie par le roi d'Italie, employant pour cette négociation, en 494, l'intermédiaire de l'évêque Épiphane de Pavie, aidé par l'évêque Victor de Turin et par
l'évêque Rusticus de Lyon. C'est sans doute dans l'accord pacifique que fait présumer cette mission qu'aura été conclu le mariage de Sigismond, le fils aîné de Gondebaud, avec Ostrogotha, fille de Théodoric, et qu'aura été amiablement obtenue, par l'influence du puissant roi des Ostrogoths sur le successeur d'Euric mort à Arles en 483, la restitution aux Burgondes des villes de Marseille et d'Arles et de toutes leurs anciennes possessions au midi de la Durance : le sud de la Viennoise, le sud de la Narbonnaise Seconde, les Alpes Maritimes. Ils en resteront maîtres jusqu'en l'an 500.
Bonememorius, adjectif barbare qui devient assez fréquent.
Epitaphe d'Ursus, datée de l'année après le consulat d'Anastase et de Rufus = 493.
Arcade XXXII. — Tablette de marbre, « découverte dans une « vigne entre SAINT-IRÉNÉE et SAINT-JUST » (Artaud); — Hauteur o m. 57, largeur o m. 42.
IN HOC TVMVLO REQVIESCIT BONE MEMORIAE VRSVS QVI VIXIT IN PACE ANNVS X^ OBIET II NON MARCIAS PC ANASTASI ET RVFI V?(Tc
Millin, Voyages, I, p. 478. — Artaud, Notice 1808, p. 81,
1 8 16, p. 34. — De Boissieu, p. 571, en fac-similé. — Comarmond. Description, p. 139. — Le Blant, I, p. 151, pi. n° 44; Èpigr.
chrcl., p. 17.
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aviVlXlTlNPACEANNVS M.OginilNONMMU.!M
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Dessin de notre collègue M. Dissard : au-dessus de l'inscription et tourné vers elle, un vase avec des pampres, et au-dessous, un épi garni de baies, l'un et l'autre entre des colombes; celles qui accompagnent le vase tiennent au bec le grain symbolique.
In hoc titmulo reqniescit bone memoriae Ursus, qui vixit in pacc an 11 11s XL (ou XÇ) ; obiet II nouas marcias, post consnlatinn Anastasi et Rnfi virorum clarissimorum consul uni.
« Dans ce tombeau repose Ursus de bonne mémoire, qui a vécu « en paix quarante (on seize) ans; il est mort le 2 des nones de « mars (6 mars), l'année après le consulat d'Anastase et de Rufus « clarissimes ».
L'empereur Anastase et Rufus ont été consuls en 492; le postconsulat ici indiqué se rapporte donc à l'an 493. Les consuls de l'année étaient Albinus pour l'Occident et Eusebius pour l'Orient, celui-ci promulgué tardivement ou même pas du tout en Occident,
Albinus resté complètement ignoré en Orient (de Rossi, I, p. 607). Odoacre tenant encore, au commencement de l'année, dans Ravenne, et Théodoric , bien que maître à peu près de toute l'Italie, n'étant pas encore reconnu roi, Albinus a peut-être été nommé, non par l'empereur, mais par le sénat de Rome. Dans l'état de trouble où était le nord de l'Italie, il se peut que la connaissance de sa nomination ne fût pas encore parvenue à Lyon au mois de mars, mais il se peut aussi que Gondebaud, qui affectait de se montrer dévoué à l'empereur, se soit abstenu de promulguer dans son royaume une nomination faite à l'instigation de Théodoric en dehors de l'autorité d'Anastase. Quant à sa nonavenue en Orient, elle est conforme au parti pris par la cour de Constantinople pendant tout le règne d'Odoacre de ne pas reconnaître les consuls nommés en Occident.
En 493 se place un fait des plus considérables pour l'histoire, le mariage de Clotilde avec Clovis, secrètement négocié par l'évêque Avitus de Vienne et l'évêque Remigius de Reims. Clotilde était fille de Chilpéric, mis à mort par son frère Gondebaud dans les premières années du règne de celui-ci. Epargnée par son oncle, elle avait été élevée dans la foi catholique. Clovis était païen. Les conséquences, certainement prévues, de ce mariage seront la conversion du jeune roi et l'appui des évêques de toute la Gaule dans toutes ses entreprises contre les ariens, c'est-à-dire contre les royaumes visigoth et burgonde.
Annus = aiwos. Obiet = obiit.
XC\ = XVI, avec emploi du signe appelé épisème /3«û.
Marcias = martias, fautivement d'après l'étymologie.
La disposition des ornements de l'épitaphe d'Ursus, tous tournés vers elle, semble indiquer que la pierre devait être placée à l'intérieur du cercueil, derrière ou sous la tête du défunt.
Fragment anonyme d'une épitaphe datée de l'année après le consulat d'Anastase et de Rufus = 493.
Don Cochard.
Arcade XXXII. — Fragment de provenance inconnue. — Hauteur o m. 41, largeur o m. 21.
hic requiesc\l IN PACE BONE moriae . . . QVI V I XI T AN N DEFVNCTVS ES