Inscriptions antiques
De nombreux membres de l'association des trois Gaules pour le culte de Rome et d'Auguste à l'autel du confluent de la Saône et du Rhône , la plupart prêtres, les autres fonctionnaires de l'association ou simples députés,
De nombreuses autres personnes n'ayant d'attache directe avec l'association que leur parenté avec des prêtres.
Epitaphe d'un haruspice, chef du collège.
Arcade LUI. — Cippe avec base et couronnement, déjà connu au seizième siècle , à FOURVIÈRE , « dans la collection de « Langes » (Syméoni); « en un iardin d'une maison hors du « cloistre SA1NCT JUST, qui souloit estre d'un chanoine nommé « Caille » (Paradin); transporté avec le reste de la collection de Langes, devenue la collection Bellièvre , dans la ville basse au quartier Saint-Georges; « dessous une galerie du Couvent des « RR. PP. de la Trinité » (Spon); « trouvé dans une maison près « du cloître Saint-Just et passé de là dans le jardin des antiques « chez M. de Bellièvre, d'où il a été retiré par les ordres de « MM. d'Herbouville et de Sathonay » (Artaud); entré au Musée avant 1816. — Hauteur 1 m. 14, largeur o m. 60.
M ■ OPPl • PLACIDI HAR ■ PRÏM • DE • LX CVI- LOCVM • SEPVLTVR ORD • SANCTISSIM • LVG DEDIT
Symeoni, Édition des Bibliophiles lyonnais, p. 54. — Bellièvre, p. 89. — Nicolas de Nicolay, Description de Lyon. 1573. p. 34
— Paradin, p. 430. — Spon, Recherche, p. 82; éd. 1857, p. 94 et planche. — Ménestrier, Histoire consulaire, p. 76. — Colonia, Antiquités de la ville de Lyon, I, p. 102. — Artaud, Notice 1816, p. \^, — Orelli, 2292. — De Boissieu, p. 80. — Comarmond, Description, p. 309, pi. 5; Notice, p. 113. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 21, pi. 7. — Dissard, Catalogue, p. 98.
Dits Mauibus M. Oppii Placidi, haruspicis primi de sexagiuta, cui locuin sepulturae ordo sanctissimus Lugdunensis dédit.
« Aux dieux Mânes de Marcus Oppius Placidus, haruspice « chef du collège des soixante. L'emplacement de la sépulture a « été donné par le sanctissime Ordre lyonnais ».
Soixante étant précisément le nombre des cités gauloises qui, d'après Strabon (p. 192), avaient contribué à l'érection de l'autel du confluent de la Saône et du Rhône et y envoyaient , chaque année, leurs délégués, on peut se demander s'il y aurait eu à Lyon un collège de soixante haruspices spécialement attachés à cet autel pour les cérémonies du culte augustal. On devrait alors inférer de là par analogie que chacun des autres autels de Rome et d'Auguste auprès desquels avaient lieu des assemblées provinciales dans les autres parties de l'empire aurait eu aussi son collège d'haruspices en nombre égal à celui des cités représentées. Rien de ce genre n'étant connu , il faut sans doute plutôt croire qu'Oppius Placidus aura appartenu au collège des haruspices de Rome, rétabli par l'empereur Claude en l'an 47 (Tacite, Ann., XI, 15), et qui, en effet, d'après le témoignage de plusieurs inscriptions, se composait de soixante membres : haruspex Aug(ustoruni), . . . . , magister publiais haruspicum, ordini haruspicum LX donuin dat (C. I. L., VI, 2161); — ex ordine haruspicum LX{2\(>2);
— haruspex de LX (2163). On voit aussi par ces inscriptions que ces haruspices de Rome se qualifiaient haruspices Augiistorum, qu'ils appelaient leur confrérie ordo, et que le chef de cet Ordre
avait le titre de magister publiais haruspicum; on le trouve aussi nommé (2164, 2165) barispex maximus, et c'est lui pareillement, suivant Marquardt (Adm. roui., III, p. 398), qu'il convient de reconnaître dans Yharuspex prinuis de l'inscription de Lyon.
On ne devine pas facilement quelle circonstance a pu amener à Lyon ce chef des haruspices de Rome. Vraisemblablement, il y aura accompagné un empereur. Or, après l'an 47, les visites des souverains à la capitale des Gaules deviennent rares et l'on n'aperçoit guère d'empereurs venus de Rome à Lyon qu'Hadrien, dans celui de ses voyages où, s'étant embarqué sur le Rhône, il fit à la Compagnie des bateliers de ce fleuve quelque largesse qui lui valut de leur part une statue au village de Saint-Jean-de- Muzols, et ensuite Septime Sévère, soit après sa victoire sur Albin en 197, soit plus tard lorsqu'il traversa la Gaule en 208 pour aller faire la guerre en Bretagne.
Le « sanctissime Ordre lyonnais », qui a donné l'emplacement funéraire de la sépulture d'Oppius Placidus, est le Conseil des décurions de Lyon.