I. LA COLONIE
On vient de voir dans Y Exposé préliminaire (II, pp. 147, 163), que Lyon, Lugiidnnum, ensuite par contraction Lugdunum, était une colonie de citoyens romains fondée par le sénat en l'an 43 avant notre ère et qu'à son nom celtique fut alors adjoint le
nom romain de Copia, auquel ensuite l'empereur Claude ajouta encore ceux de Claudia Augusta. Ces noms romains, ordinairement exprimés abréviativement par les sigles C-C-OAVG-LVG- , sont restés longtemps une énigme; c'est la découverte, faite à Tain, au seizième siècle, d'un autel taurobolique (ci-dessus I, p. 54), pour la conservation de l'empereur Commode et de la colonie de
Lyon : pro sainte coîon(iac) Copia e ClauJ(iae) Aug(ustae)
Lug(udunensium), qui en a apporté l'explication. On lit aussi ces noms en entier sur une inscription de Nîmes (Hist. de Languedoc, éd. Privât, Nîmes. n° 238; Hirschfeld, Corpus XII. 3203), en l'honneur d'un décurion omamentarius de Nîmes et sévir augustal colonia Copia Claud(ia) Aug(usta) Lugud(uneusiitm).
Il est fait mention des colons de Lyon dans deux de nos inscriptions, l'une (ci-après, chapitre des Corporations) au nom d'un Illiomarius Aper, marchand toilier ex civitate Veliocassium, sublcctus in numéro colonor(um) Lug(udunensium) ; l'autre, découverte au commencement du siècle dans les fondations de la cave d'une maison du chemin de la FAVORITE et aujourd'hui cachée sous l'enduit du mur extérieur à droite de la porte d'entrée d'une maison voisine formant l'angle du même chemin et de celui dit des Pommières (voy. de Boissieu, p. 474). est l'épitaphe d'une « affranchie des colons » : Claudia Suavis, colonor(um) lib(erta), hic adq[uiescit] ann(orum) XXI IX. Flaccus coui[ugi] piissumae. L'affranchie s'appelait Claudia du nom de la colonie.