‹ Inscriptions antiquesChapitre 46 sur 66 · SANCT • ORDINIS • HONO · texte numérisé non relu

SANCT • ORDINIS • HONO

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L'I et le B de V1RALIB à la quatrième ligne, l'N et le T de PONTIF à la neuvième, l'I et R de CIRCENSES à la dernière liés en monogrammes; l'H de HONO | REM dimidiée.

Bellièvre, p. 84. — Syméoni, p. 38. — Paradin, p. 442. — Spon, p. 25; éd. 1857, p. 26. — Ménestrier, Histoire cous., p. 63. — Millin, Voyage, I, p. 428. — Artaud, Notice, 1808, p. 28; 1 816, p. 54; Musée lapidaire, arcade XXXVI. — De Boissieu, p. 160. — Comarmond, Description, p. 250, pi. 13 ; Notice, p. 85. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 15 et planche. — Wilmanns, 2224. — Dissard, Catalogue, p. 113.

Sex. Ligurius, Sexti films, Galeria, Marinus, summus curator civium Romanorum provinciae Lugudunensis, quaestor duumviralibus

ornamentis suffragio sanctissimi ordinis honoratus, duumvir désignâtes ex postulatioue populi, ob honorent perpetui pontificaius dat. Cuius dont dedicatione deairionibus denarios quinque, ordini equestri, sévir is Aitgitstalibus, negotiatoribus vinariis denarios très, et omnibus corporibus Luguâunensibus licite coeuntibus denarios duos; item ludos circenses dédit. Locns datus decreto decurionum.

« Sextus Ligurius Marinus, fils de Sextus (Ligurius) ; de la « tribu Galeria, curateur général des citoyens romains de la pro- « vince Lyonnaise, questeur honoré des ornements duumviraux « par le suffrage du sanctissime Ordre, duumvir désigné à la « demande du peuple, donne en reconnaissance de sa promotion « à l'honneur du pontificat perpétuel ce monument et, à l'occa- « sion de sa dédicace, aux décurions cinq deniers, à l'ordre « équestre, aux sévirs augustaux, aux négociants en vins trois « deniers, et à tous les autres corps lyonnais autorisés deux « deniers. 11 a donné aussi des jeux du cirque. — L'emplacement « du monument est concédé par décret des décurions ».

On peut tout d'abord constater une fois de plus que la tribu des Lyonnais était la tribu Galeria et que le Conseil municipal lyonnais avait le titre de « sanctissime Ordre », titre plus relevé que celui de « splendidissime », commun à la plupart des Conseils municipaux.

Sextus Ligurius faisait partie de ce sanctissime Ordre. Il y était entré comme questeur et avec un privilège des plus honorables : le droit au. rang et à tous les insignes extérieurs des duumvirs ; de plus, sans avoir à passer par le degré hiérarchique de l'édilité, il était désigné pour le duumvirat aux premières nominations, et cette faveur avait été demandée pour lui par une acclamation du peuple. 11 venait aussi d'obtenir à perpétuité la dignité pontificale, et c'est en reconnaissance de cet honneur qu'il donne un monument dont nous ne connaissons pas la nature, mais qui doit cependant avoir été un monument religieux puisqu'il motive

une dédicace. A l'occasion de cette dédicace, Ligurius fait une distribution d'argent au lieu d'un repas public qu'on donnait souvent en pareille circonstance ; il donne à chaque décurion cinq deniers, à chaque membre de l'ordre équestre, de l'ordre des sévirs augustaux, du corps des négociants en vins trois deniers, et à chaque membre de tous les autres corps lyonnais autorisés deux deniers. Il est très remarquable qu'il met sur pied d'égalité l'ordre équestre, les sévirs augustaux et les négociants en vins comme formant entre eux toute une seconde classe de la population lyonnaise, et qu'il confond, sans même la nommer, la riche corporation des bateliers du Rhône et de la Saône avec les autres corps lyonnais autorisés, dont il fait en bloc une troisième classe. Il n'associe pas le peuple à sa distribution, mais il rappelle qu'il a donné pour tous des jeux du cirque.

Aux honneurs mentionnés il faut ajouter la fonction supérieure de sumrnus curator civium Romanorum provinciae Lugiiàunensis. Rarement rappelée, la fonction de curateur provincial des citoyens romains est des moins connues. Pour ne parler que de la Lyonnaise, il s'en fallait peut-être de beaucoup, avant que Caracalla eût accordé le droit de cité romaine à tous les sujets libres de l'Empire, que toutes les cités de cette province fussent en majeure partie composées de citoyens romains. Dans chacune de ces cités, les citoyens romains s'unissaient, paraît-il, en une association sous forme de corporation ayant à sa tête un curateur, dit curator civium Romanorum , chargé de les administrer , de défendre et faire respecter leurs droits et leurs privilèges, de recevoir et de transmettre leurs réclamations. Ces réclamations, les curateurs des cités les faisaient parvenir à un curateur général, sumrnus curator, des citoyens romains de toute la province, qui, sans doute, les instruisait ou les remettait au gouverneur afin qu'il y fût donné suite. Une inscription découverte en 1878 dans le mur ouest du transept nord de l'église Saint-Jean, où elle est encore (ci-après p. 367. inscr. non entrée au Musée), fait connaître un autre Lyon-

nais. Sex(tus) Vagirius, Sex(ti) fil(ius), Gal(eria), Martianus, devenu à la suite des honneurs municipaux : la questure, l'édilité, le duumvirat, curateur général des citoyens romains de la province d'Aquitaine, snmniiis curator c(ivium) R(oinauoritm) provinc(iac) Aquitanicae. Il était chevalier romain et avait eu antérieurement à sa carrière municipale, c'est-à-dire dans l'intervalle de sa dixhuitième à sa vingt-cinquième année, le grade de tribun légionnaire et la fonction de préfet des ouvriers. L'inscription qui le rappelle décorait le piédestal d'une statue que lui avait décernée le sanctissime Ordre en témoignage de son extrême dévouement à la chose publique de la colonie et de son insigne désintéressement. Les choses se passaient donc en Aquitaine comme dans la Lyonnaise ; au-dessus des simples curateurs des citoyens romains des cités de la province, il y avait un summits curator provincial des citoyens romains.

On a à se demander si Ligurius Marinus n'aurait pas habité la ville basse, et si la mosaïque qui représente une course de chars dans le cirque de Lyon et qui a été découverte près de l'église d'Ainay n'aurait pas décoré son habitation en souvenir des ludi cir censés qu'il avait donnés.

Inscriptions perdues ou non entrées au Musée.

Questeur. — Anonyme (inscr. du temps de Paradin, p. 418. « en la rue de la FONTEINE près du monastère des sœurs Reli- « gieuses de sainct Dominique, qu'on nomme de l'hermitage », quartier du JARDIN-DES-PLANTES, ensuite dans la collection des Trinitaires; voy. De Boissieu, p. 71), q(itaestor) eiusd(em) co[loniae? Le fragment pourrait se lire en combinant les deux leçons sous lesquelles il nous est parvenu : V\al(erius) Q[

iiaut]a ad Ara\rim\, q(naestor) eiitsd(em) co[rporis\, civis Velioca\ssis\, v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito). Il s'agirait, non pas de la questure de la curie de Lyon, mais de la questure d'une corporation (voy. ci-dessus II, p. 80).

Ancien questeur et édile. — Julius Marcianus (inscr. avec basrelief, autrefois « servant à soustenir un benistier de l'église de « SAINCT IREGNY, le tout maintenant ruiné »; voy. de Boissieu, p. 153), dec(urio) c(oloniae) C(opiae) C(Umdiae) Aug(ustae) Uig(iidiinensiitm), aed(ilitate) et q(uaestura) functus (lecture de Renier, note dans Spon, p. 74). Au-dessous du texte, se voyait un personnage tenant de la main droite un rouleau et de la gauche un rameau de verveine ou d'olivier au-dessus d'un autel enflammé.

Édile. — Sextus Julius Januarius (inscr. autrefois « dans le jardin « des Lavalette », quartier de BELLECOUR ; voy. de Boissieu, p. 466), donateur de cinq cents places dans le cirque : loca n( mner 0) D in circo Sex. Iul(ins) Ianuarius aedil(is) dat. Cette splendide libéralité est rappelée par une autre inscription de Lyon (ci-dessus I, n° 16) faisant connaître que les places données rei p(ublicae) par Julius Januarius ont été plus tard rétablies par la corporation des centonaires.

Édile ou duumvir. — Anonyme (fragment engagé dans un mur du clos appelé le « PASSAGE GAY », quartier de FOURVIÈRE); inscrit dans la tribu Galeria et revêtu d'une dignité qui donnait droit à des faisceaux, représentés sur une des marges de la pierre. Il était vraisemblablement édile ou duumvir, les questeurs n'ayant point de faisceaux et les sévirs augustaux, ordinairement des affranchis, ne figurant qu'exceptionnellement dans les tribus.

Duumvir. — Anonyme (fragment au PASSAGE GAY, quartier de FOURVIÈRE, dans un mur qui séparait le clos du chemin de la montée des Anges, dans un angle) : quaest]or II vir ex

Questeur, édile, duumvir. — Sextus Vagirius Martianus d'une inscription encore existante, mais non entrée au Musée et qu'à

cause de son importance nous donnons ici en entier. Elle forme un grand bloc quadrangulaire employé, après avoir été retaillé de chaque côté, dans la construction du mur occidental du transept nord de l'église SAINT-JEAN, où, couché sur le côté audessus de l'autel , il constitue le fond de trois petites niches contiguës. Aperçue par hasard en 1878 dans une réparation à la décoration de l'autel et dégagée de la couche de mortier qui la revêtait, elle a été, au bout de quelques jours, recouverte d'un nouvel enduit qui l'a jusqu'à présent dérobée aux regards. Elle vient d'être dégagée de nouveau et rendue visible. — Hauteur 1 m. 25, largeur o m. 68.

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REM • P • SVAM es EXIMIAM OPERAM • ET • INSIGNEM ABSTINENTIAMEXAERARIO pVBLICO • PONI • CENSVISSE/

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L'N et le D de IMPENDIO, l'E, l'M et II de REMISSO à la seizième ligne liés en monogrammes ; le point après SVAM à la onzième figuré par une bedera.

Guigue, dans le Moniteur Judiciaire du 5 décembre 1878. — Bégule, Monographie de l'église Saint-Jean, en fac-similé.

Publiée decreto decurionum, Sex. Vagirio, Sexii filio. Galeria, Martiano, quaestori, aedili, duumviro, patrono omnium corporum, summo curatori civium Romanorum provinciae Aquitanicae, praefecto fabrum Roma, tribuno militum legionis XX Valeriae Victricis; quant statuant cum ordo sanetissimus ob ejus erga rem publicam suant eximiam operam et insignem abstinentiam ex aerario publico poni censuisset, Sex. Vagirius Gratus, f rater, impendio remisso, pecunia sua constituit.

« Statue élevée publiquement par décret des décurions.

« A Sextus Vagirius Martianus, fils de Sextus (Vagirius); de la « tribu Galeria, questeur, édile, duumvir, patron de toutes les « corporations (de Lyon), curateur général des citoyens romains « de la province d'Aquitaine, préfet des ouvriers à Rome, tribun « des soldats de la légion XXe Galeria Vietrix, le sanctissime « Ordre ayant décrété, en reconnaissance des grands services qu'il « a rendus à sa cité et de son insigne désintéressement, l'érection « d'une statue aux frais du trésor public, Sextus Vagirius Gratus, « son frère, a fait remise de la dépense et érigé la statue de ses « deniers ».

Voir le commentaire ci-dessus, p. 364.

La praefectura fabrum ne se rencontrant plus après Septime Sévère, Vagirius Martianus. que nous voyons en avoir été revêtu, n'est pas d'un temps postérieur au règne de cet empereur.

L'inscription de Vagirius est une de celles qui montrent le plus clairement que la tribu Galeria était celle des Lyonnais; en même temps qu'elle lui assigne cette tribu, elle dit expressément que Lyon était sa patrie : res publica sua.

PONTIFES, FLAMINES, FLAMINIQUES 369

Inscriptions étrangères.

Décurion gratifié des ornamenta des duumvirs. — Tiberius Claudius Pius, fils de Tiberius (Claudius); de la tribu Galeria (inscr. trouvée en 1873 'l Valence, sur le cours près de la Banque; actuellement au musée de Valence), decurio Luguduni diiumviralib(us) ornamentis exornatus, Romae in legatione defunctus.

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