‹ Inscriptions antiquesChapitre 45 sur 66 · LU 0-, GO · texte numérisé non relu

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Lettres de bonne forme. Les deux N de ANNVM, l'X et le V de XXVI à la neuvième ligne, le V et l'M de SOLACIVM, l'N et le T de PRAECEDENTIS, le T et le second 1 de ORB1TAT1S, le V et l'M de SVORVM à la dixième; l'N et le T de DEDICA- VERVNT à la fin de la dernière, liés en monogrammes.

Allmer, dans le Salut Public des 7 et 19 juin 1870, 7 et 8 juillet 1870. — Hedde, dans le Bulletin monumental 1875, avec planches. — Fière, Monum. romain découvert à Lyon en 1870, Vienne, 1878, avec planche. — Martin-Daussigny, n° 1207 de son Registre d'entrées. — Dissard, Catalogue, p. 113.

Diis Manibus et memoriae aeternae Q. Accepta Venusti, decurionis colon iae Copiae Claudiae Augustae Lugudunensium, pueri dulcissimi quem , ostensum non datum, iuiquitas fati praematura morte parentibns rapuit. Vixit aunis XI, mensibus VI, diebus XXVI, quo tempore floruit at studium liber alium litterarum, et blanda puerili adfectio ingenio cum pietate contenait; propter quae omnibus karus spem de se fructus gloriosi brevi cursu aetatis ostendit, longi temporis dolorem parentibns reliquit; — et Q. Accepta Firmini, qui vixit annum, menses III, dies III, et Satriae Firminae, quae vixit annum, menses II, dies XXVI, ad solacium praecedentis orbiiatis nutriti, gravi suorum dolore defuncti. — O. Acceptius Firminus, decurio coloniae Copiae Claudiae Augustae Lugudunensium, duumvir, et Satria Venusta, parentes infelicissimi, faciendum curaverunt et sibi vivi sub ascia dedicaveruni.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Quintus « Acceptius Venustus, décurion de la colonie Copia Claudia « Augusta de Lyon, charmant enfant, seulement montré, non « donné, que l'injustice du Destin a enlevé à ses parents par une « mort prématurée. Il a vécu onze ans, six mois et vingt-six « jours, brillant déjà dans l'étude des lettres et cher à tous par

« sa gentillesse enfantine non moins que par sa piété filiale ; « montrant dans cette courte durée de sa vie l'espérance d'un « fruit glorieux, et laissant à ses parents une douleur sans fin, « — et de Quintus Acceptius Firminus, qui a vécu un an, trois « mois et trois jours, et de Satria Firmina, qui a vécu un an, « deux mois et vingt-six jours, tous deux élevés en consolation « de la perte précédente et morts au grand chagrin des leurs ; — « Quintus Acceptius Firminus , décurion de la colonie Copia « Claudia Augusta de Lyon, duumvir, et Satria Venusta. leurs « parents infortunés , ont élevé ce tombeau , préparé de leur « vivant aussi pour eux-mêmes, et l'ont dédié sous l'ascia ».

Le décurionat n'était pas accessible avant l'âge de vingt-cinq ans. Cependant, le jeune Acceptius, mort à onze ans et quelques mois, est expressément qualifié de décurion de Lyon. C'est qu'il était, en effet, décurion, non pas de ceux qui, au nombre de cent, formaient le Conseil municipal, mais seulement décurion surnuméraire, comme étaient ceux qui figurent sur l'album de Canusia en surplus et à la suite des cent sous le titre de prae/exfali, c'est-à-dire encore vêtus de la robe prétexte et non parvenus à l'âge de l'échanger contre la robe virile.

Auguste ayant autorisé les sénateurs de Rome à emmener avec eux leurs fils au sénat afin qu'ils assistassent aux délibérations comme auditeurs (Suétone. Aitg., 38), les décurions municipaux n'avaient pas manqué de suivre l'exemple des sénateurs de la capitale. Toutefois, tous les fils de décurions n'étaient pas inscrits sur l'album de la curie; il fallait pour cela qu'ils eussent été admis dans l'Ordre au moyen d'une adlectio, et cette adlcctio n'était accordée qu'en considération de quelque motif particulier : ordinairement une libéralité envers la cité ou la demande du père. Le décurion praetextatus jouissait des distinctions extérieures des autres décurions, prenait place parmi eux au théâtre et dans les repas publics; il participait aussi, sous la responsabilité de son père, à quelques-unes des charges de la dignité. C'est seulement

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arrivé à l'âge de vingt-cinq ans qu'il devenait décurion délibérant.

Acceptius Firminus, le père, était décurion de Lyon et avait rempli à Lyon, comme duumvir, la plus haute magistrature municipale. Nous ne savons préciser avec certitude l'époque à laquelle il vivait ; il y a néanmoins apparence qu'il doit avoir été apparenté à une Acceptia Siora, qui, en l'an 197, a fait un sacrifice taurobolique pour la conservation de Septime Sévère et de Caracalla.

Nous voyons par l'inscription qu'Acceptius. le fils, portait le surnom de sa mère, et que ses parents, se voyant, après sa mort, privés de leur fils unique, affranchirent et adoptèrent chacun un enfant, Acceptius le père un garçon auquel il donna ses trois noms, sa femme Satria Vénusta une fille à laquelle elle donna son nom gentilice et le surnom de son mari.

Le tombeau qu'Acceptius et sa femme avaient élevé à leur fils et à leurs deux enfants d'adoption et qu'ils s'étaient en même temps préparé pour eux-mêmes, était réellement splendide et propre à donner une haute idée de leur fortune. Il y a lieu de penser qu'ayant été renversé par une crue du fleuve et recouvert de sable, il avait laissé sur place tous ses débris et qu'une recherche plus persistante les eût ramenés au jour au complet. Ceux qui en très grand nombre ont été extraits auraient parfaitement suffi, s'ils n'avaient été tout de suite dispersés, pour permettre de reconstituer dans son entier le monument. C'était une sorte de petit temple ouvert, dont le fronton reposait par devant sur quatre colonnes, par derrière sur un mur en grand appareil faisant retour sur les côtés (voir ci-dessus II, p. 322). Au milieu de cette cella à jours se voyait un autel anépigraphe et, au fond, vers le haut du mur, l'inscription. Le soubassement, fait de quatre murs, mesurait à la corniche près de cinq mètres de côté et formait une chambre sépulcrale, au milieu de laquelle était installé un riche sarcophage, visible sans doute par la porte. Sur ce sarcophage, en beau marbre grec et assurément envoyé de

Grèce tout sculpté, était représentée la résurrection d'Ariadne par Bacchus suivi de son bruyant cortège.

Resté pendant plusieurs années dans une remise de l'usine de la Vitriolerie et dessiné, en 1871. par un professeur d'archéologie, membre de l'Académie de Berlin. M. le docteur Matz, puis plus tard partiellement par M. Hedde, de Lyon, ce somptueux cercueil est aujourd'hui au Musée. De même que les quatre pierres contenant l'épitaphe du jeune Acceptius, il a été généreusement donné à la Ville par M. Cambon, et il est, malgré son regrettable état de mutilation , une des belles choses qui ornent la Salle de sculpture.

Inscription mentionnant diverses libéralités d'un personnage municipal , questeur décoré des ornements duumviraux, duumvir désigné, pontife à dignité perpétuelle, curateur des citoyens romains de la province Lyonnaise, notamment une distribution d'argent aux différents ordres lyonnais répartis en trois classes.

Arcade IX. — Bloc quadrangulaire bordé de moulures encadrant l'inscription; autrefois au quartier SAINT-JEAN, »< inséré au « porche à l'entrée de l'église SAINCT EST1ENNE quand l'on « y entre à main droite » (Paradin); ensuite dans la cour du

Lycée (Millin) ; entré au Musée avant 1808. — Hauteur 1 m. 35, largeur 1 m. 11.

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