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VIII. SEVIRS AUGUSTAUX ET COLLEGE DES LARES

Les inscriptions qui rappellent des sévirs augustaux forment une série assez nombreuse mais, malgré cela, assez pauvre en renseignements.

Les sévirs augustaux de Lyon prennent ordinairement le titre de « sévir augustal de la colonie Copia Claudia Aitgusta de

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« Lyon » ; quelquefois ils se disent plus au court « sévir augus- « tal de Lyon », ou plus succinctement encore « sévir augustal », ou simplement « sévir ».

Quelques-uns sont expressément qualifiés d'affranchis. D'après la forme des surnoms, les uns auraient été des affranchis, les autres auraient été de condition ingénue. Un d'eux est inscrit dans la tribu Palatiua, un autre dans la tribu Galeria.

Ils forment une corporation : corpus, qui avait son siège a Lyon : Luguduni consistentes ; ils avaient des curateurs pris parmi les membres du corps : sévir Augustalis, curator eiusdem corporis; des honorati ; des patrons, pris soit au dehors, soit aussi parmi les membres : sévir Augustalis, patronus eiusdem corporis.

Ils étaient souvent commerçants et membres d'autres corporations. On trouve un sévir nauta Rhodaniens, un sévir nauta Rhodaniens Arare navigans, un sévir nauta Ararieus, un sévir dendrophorus Augustalis, un sévir faber tiguuarius, un sévir faber tignuarius et negotiator muriarius, un sévir eentonarius et sagarius, un sévir patron des centonaires, un sévir sagarius, un sévir negotiator frumentarius, un sévir negotiator artis alieariae (?), un sévir naviclarius marinus , un sévir argeutarius, un sévir artis barbaricariae.

Ils viennent en rang après l'Ordre des chevaliers et avant les autres corporations.

Quelques-uns étaient sévirs dans plusieurs villes. On rencontre un sévir de Lyon et de Vienne, un sévir de Lyon, de Narbonne, d'Orange et de Fréjus, un sévir de Lyon et de Pouzzoles.

Ils avaient peut-être des places réservées dans l'amphithéâtre des trois Gaules. II semble, d'après plusieurs fragments très incertains (ci-dessus nos ioo, 101 et 102), qu'ils auraient fait à cet amphithéâtre quelque importante donation.

Épitaphe d'un sévir contemporain d'Auguste.

Place de Choulans. — Massif carré en grandes pierres d'appareil des carrières de Seyssel; formant le soubassement d'un tombeau dont la partie supérieure a été détruite; découvert le 24 avril 1885, au nord de la place de TR10N, dans les travaux de terrassement pour l'établissement du chemin de fer de Saint-Just à Vaugneray et reconstruit sur la place de Choulans, annexe du Musée du palais Saint-Pierre. Des pilastres cannelés, qui autrefois soutenaient un entablement, encore conservé en partie et surmonté, sur son côté droit, de la première assise du premier étage, décorent les angles. L'inscription est gravée vers le haut de la face tournée au levant. — Hauteur de l'inscription o m. 50, longueur 2 m. 60. Hauteur des lettres de la première ligne o m. 14 1/2, de la seconde o m. 12.

Q- CALVIO • Q L • PAL • TVRPIONI SEVIRO

REGILLVS CHRESIMVSMVRRANVSDONATVS ■ CHREST\S LlBERTEIEXTESTAMENTO

Photographie de M. le comte de Gaudemaris. Héliogravure d'après un dessin de M. Chanel. — Grandes et belles lettres du temps d'Auguste. Le D et l'O de DONATVS, l'H et l'R. l'V et l'S de CHRESTVS liés en monogrammes.

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Allmer, Revue èpigrapMque, II, pp. 118 et 139; Découvertes en 1885 au quartier de Trion, p. 16. — Allmer et Dissard, Trion, pp. 68, 69, avec gravure.

Q. Calvio, Qjiinti liber to, Palaiina, Turpioni, sévir 0, Regillus, Chresimus, Murranus, Donatus, Cbrestus, lïbertei ex testamento.

« A Quintus Calvius Turpio, affranchi de Quintus (Calvius); de « la tribu Palalina, sévir, Regillus. Chresimus, Murranus, Donatus, « Chrestus ses affranchis, ont élevé ce tombeau en exécution de « son testament ».

Cette inscription est, suivant toute apparence, la plus ancienne de toutes celles qui. jusqu'à présent, ont été découvertes à Lyon. L'orthographe ci pour i, qui se remarque dans le mot libertei, est un archaïsme dont l'usage s'est éteint sous le règne d'Auguste. L'épitaphe de Calvius n'est donc pas postérieure à Auguste ou tout au plus ne lui serait postérieure que de peu d'années. Elle ne lui est pas non plus antérieure, puisque Calvius était sévir, c'est-à-dire sévir augustal. Elle paraît n'être antérieure par conséquent ni à l'époque, difficile à préciser, de l'origine du sévirat augustal, ni à celle bien connue : 6 mars de l'an 742 de Rome, avant J.-C. 12, où Auguste, en prenant, à la mort de Lépide, possession du souverain pontificat, put s'occuper de la direction de la religion.

L'aspect de l'inscription, la forme des lettres : les A, les M, les N à angles acuminés, les O à peu près circulaires, les T surélevés, répondent à cette ancienneté, aussi bien que la forme des noms. Le désobligeant surnom Turpio, commun sous la République et fréquemment employé dans les comédies de Térence, disparaît entièrement après les premières années de l'empire. La qualification insolite de sévir, au lieu de l'ordinaire sévir AugustaKs, apporte aussi un indice d'antiquité ; elle peut s'expliquer en ce sens que l'institution du sévirat augustal, nouvelle au temps où vivait Calvius, n'était alors peut-être pas encore arrivée à sa forme définitive.

Le cimetière romain de Trion remonte donc au temps d'Auguste. Déjà alors la colonie des expulsés de Vienne réfugiés sur la colline de Lugudunum : « la Colline des Corbeaux », était devenue la capitale des trois Gaules , en attendant de devenir bientôt par l'étendue, l'éclat et la prospérité de son commerce, celle de tout

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l'Occident et une des plus grandes et des plus florissantes villes du monde romain, et déjà un simple affranchi pouvait s'y faire élever par ses affranchis un tombeau non indigne d'un grand et riche seigneur.

Les affranchis étaient bien citoyens romains, mais n'avaient pas le droit de cité au complet ; entre autres, ils n'avaient pas le droit d'accès aux honneurs. Il était d'usage sous la République, sauf quelques dérogations à cet égard , de ne les inscrire que dans l'une ou l'autre des quatre tribus urbaines. Notre inscription, qui désigne Calvius comme inscrit, non dans la tribu Galeria qui était celle des Lyonnais, mais dans la tribu Palatina qui était, en effet, une de ces quatre tribus urbaines, fait voir que sous Auguste encore l'usage républicain était mis en pratique.

Une autre inscription de Lyon, qui ne présente pas les mêmes marques d'ancienneté que l'épitaphe de Calvius, apporte un nouvel exemple de l'attribution à la tribu Palatina, non pas d'un affranchi, mais à ce qu'il semble, d'après son surnom de forme grecque, d'un fils d'affranchi. Mais c'est là un cas exceptionnel, et ordinairement, au temps de l'empire, les affranchis apparaissent sur les inscriptions sans indication de tribu.

La face latérale gauche du tombeau de Calvius porte des graffites tracés par des désœuvrés du temps. On y aperçoit des roses de compas enchevêtrées, une épure de charpentier, des légendes en partie effacées. Une de celles-ci, par hasard assez bien conservée,

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ne nous fournit malheureusement que des noms. Le badaud. qui sans grand mérite a ainsi passé à la postérité, s'appelait Septumits Closiniiis (non Rosinius comme nous avions lu d'abord, mais peut-être Closarins) Ficosits; c'est l'avis de M. Stéyert , de Lyon, que Septumus Closinius ne s'appelait pas réellement Ficosus.

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c'est-à-dire « l'Ulcéreux », et que ce n'est certainement pas lui qui a tracé le graffite qui le concerne. Il n'avait très probablement que deux noms, ce qui d'ailleurs était un cas fréquent au temps d'Auguste. Le surnom Ficosits, par lequel il était fait allusion à un ulcère malpropre et répugnant dont sans doute il était affecté, constituait un sobriquet injurieux, que bien sûr, il n'employait pas pour lui-même. La légende dans laquelle figure ce qualificatif fâcheux ne peut être qu'une gaminerie, quelque farce grossière d'un plaisant malveillant envers Closinius. L'F du mot FICOSVS est figurée par deux hastes verticales parallèles dont la seconde ne descend qu'à la moitié de la première. Cette forme, en usage sous la République, vient à son tour témoigner de l'ancienneté du tombeau.

Une autre légende, voisine de celle de Septumus, est encore assez apparente; toutefois nous n'avons pu en lire, M. Hirschfeld et moi, que les premières lettres: VOTR

Le tombeau de Turpio était le premier des dix dont les bases ont été retrouvées en alignement sur le côté droit de la voie d'Aquitaine. Il devait être fort près, moins de 50 mètres peutêtre, de la porte par laquelle cette voie sortait de la ville. En procédant à son enlèvement pour son transfèrement sur la place de Choulans, on a rencontré au pied de sa face nord un petit sarcophage dans lequel a été trouvé un moyen bronze au revers de l'autel de Lyon, daté du Ve impératorat de Tibère, c'est-à-dire de l'an 9 de J.-C, la cinquième année avant la fin du règne d'Auguste, mort en l'an 14.

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Epitaphe d'un sévir augustal.

Don Terme.

Arcade VII. — Fragment d'une plaque de marbre bordée de moulures qui encadraient l'inscription ; trouvé « en 1844 sur la « colline de FOURVIÈRES, à la SARA, appartenant à M. Billet « et donné au Musée par M. Terme, son gendre » (Comarmond). — Hauteur o m. 35, largeur o m. 50.

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La troisième et la quatrième barre d'unité du chiffre zïIIII et l'A de AVG, réduits à leur partie supérieure.

De Boissieu, p. 194. — Comarmond, Description, p. 313; Notice, p. 114. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 21. — Dissard, Catalogue, p. 114.

Curtilio sévir 0 Augustali

« A , Curtilius , sévir augustal ».

Le nom Curtilius se retrouve sur l'épitaphe d'un Publius Curtilius Antiochus, affranchi d'Artemon, découverte à Champvert.

Épitaphes de plusieurs sévirs augustaux sur un tombeau de famille.

Arcade XXVI. — Grande table oblongue incomplète de chaque côté et brisée en deux fragments : le plus grand autrefois « employé à la terrasse des GÉNOVÉFAINS » (Artaud), au quartier SA1NT-1RÉNÉE, et entré au Musée avant 18 16, l'autre découvert, d'après Comarmond, « en 1845, dans les fondations de

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