PAR
le Capitaine EMILE ESPÉRANDIEU
CORRBSPOMDANT DU MINI8TÊKS DE L'INSTKUCTIOM fUOLIQUE OFFICIER DE L'INSTRUCTIOM PUBLIQUE
BÂSTIÂ
IMPRIMÉHIE ET LIBRAIRIE OLLAGNIER
-^VAWL) C.,, ^-^
Xi'lziBcrlp-llozi, romaine de Oalezxxaxia
Epitaphe du Centurion C. Caninius Germanus
Celte iQscriptioQ est gravée snr ODe plaque de marbre de O^'S? de haut sur 0"^45 de large et 0"^05 d'épaisseur. Elle a été découverte, il y a trois ans, près de l'oratoire de Sainte Restitute, par un habitant de Calenzana, M. François Mariniy chez qui elle est déposée. Son existence fut signalée ft M. Michun qui Ta publiée dans le tome XI des Mélanges d'archéologie et d'histoire de l'Ecole française de Rome (1). M. le
(1) Année 1891. Le travail de M. Miction a été tiré à part. Cf. également, an article de H J. P, dan9 le Petit Bastiaii du 18 aoOt 1891,
Directeur de l'Ecole des garçons de Calenzana a bien voulu m'en envoyer un estampage qui m'a permis de contrôler la copie de M. Michon, et de lire, ainsi qu'il Ta fait :
D • M C • CANINIVS • GERV\Nvs VETERANVS-AVG-EXCENT-CL- P • R • VIXIT • AN • LXXXX • FECIT G • CANINIVS ' CARPVS P A TR . B • M • ET • SIBI • LI SERTIS • LIBER TABVSQVE ' POSTERISQ •
EQRVM
Le lapicide qui a gravé ce texte a commis quelques fautes qui témoignent de son ignorance. C'est ainsi qu'il a écrit, à la seconde ligne, excent pour EX * CENT, et à la dernière eqrvm pour EQRVM. Ces incorrections évi« dentés, laissent supposer, de plus, que le groupe de lettres patho, de la sixième ligne, est moins une abréviation do mot patrono qu'une transcrip-
tion fautive du mot palri. Je crois donc qu'il faut traduire :
D(iis) M(anibus). G{aius) Caninius Ger^ manus^ veteranus Aug{usli\ ex cent{U' rioné) cl{as8is) pr{aeloriae) R{avennatis\ vixit aninis) LXXXX.
Fecit G{aius) Caninius Carpus patr[i] b{ene) m{erenli)^ et sf&t, Ubertis liberta^ busq{ue) e[o\rum.
« Aux dieux Mânes. (Ici repose) Gains Caninius Germanus, vétéran de TEmpereur, ancien centurion de la flotte prétorienne de Ravenne, mort à rage de 00 ans. Gains Caninius Carpiis a fait construire (ce tombeau) à son père très méritant, (et l'a fait aussi) pour lui-même, pour ses affranchis, pour ses afl*ranchies et pour leurs descendants b.
La flotte de Ravenne ne fut appelée Praetoria qu'à la fin du premier siècle ou au commencement du second. Ce surnom manque sur un diplôme du 5 avril 71 et flgure sur un autre du 11 octobre 127(1). Si l'on considère, d'autre
(1) C. 1. L., i. lil, dipl. n«» Tel 31, et Léon Renier, Recueil de Diplômes mililaires^ Paris,
pftrti qo'en Tannée 217, à la mort de Caracalla» la flotte de Ravenne s'appelait de tous ses noms : Classis Praetoria Antoniniana Ravennas Pia Vindex^ on peat dire, avec assez de certitude, que le centurion Gains Caninius Germanus mourut à Calenzana, dans le courant du second siècle de notre ère.
La flotte de Ravenne fut créée par Auguste» ou du moins ce fut sous le règne d'Auguste que cette ville posséda une flotte permanente (1). A cette époque, Ravenne était bâtie sur pilotis et les canaux y tenaient lieu de rues (2).
Pline TAncien ne donne que fort peu de détails sur ce port de guerre ; il se
1876, in4, pp. 56 et 6i. Les floUes de Ravenne et de Misèoe (Voy. ci-après, p. 56), ne s'appelaient Praeloria que parce qu'elles étaient sous le commandement direct de l'empereur. Elles perdirent ce titre lorsque la résidence impériale fut transférée à Constaniinople. (Voy. Harquardt, De l'organisation militaire chez les Bomains, p. 233 de la traduction française, Paris, 1891, in-8).
(1) Voy. SuÉFONE, Aug. 49; Tacite, Ann.^ IV, 5; Végége, 31.
(2) Strabon, V, I, 7.
coutente de dire que rentrée eu était éclairée par nn phare (1). JoraaDdès eôt un pea pins explicite , et nous fait connaltrci d'abord que le port primitif avait été comblé, ensuite que la ville était divisée en trois quartiers : Ravenne, Gésarée et Classis (2). D'après ce même aoteuri 240 navires pouvaient s'abriter dans le nouveau port. Procope nous dit enfin que, de son temps, la ville était à deux stades du rivage (3).
Au témoignage de Tacite (4), le recrutement dé la flotte de Ravenne se faisait surtout chez les Pannoniens et les Dalmates. Ce ne peut donc être que par exception que des- marins corses en ont fait partie.
La flotte de Ravenne apparaît pour la première fois dans l'histoire à pro« pos d'une révolte d'esclaves qui se produisit à Brindisi, vers la fin du
(2) Cet. I. De nos joars encore, an qaarlier de Ravenne est appelé Classe.
(3) Bell. GeU, h
règne de Tibère. Trois birèmes de cette flotte arrivèrent assez à temps pour étouffer Tinsurrection qui menaçait de s'étendre (1). Il est bien évident, ainsi que l'a fait remarquer Camille de la Berge dans son Etude sur Vorganisation des flottes romaines (2), que c'est à la flotte de Ravenne qu'incombait le soin de surveiller et de garder les côtes de l'Adriatique.
Pendant la guerre de Didius Julianus contre Septime Sévère, la flotle de Ravenne, à l'exemple d'ailleurs de toutes les troupes prétoriennes, prit parti pour le premier (3). C'est la dernière fois où il en est fait mention sous le haut Empire, mais elle existait encore an cinquième siècle et on la retrouve dans la Notice des dignités (4) . Son préfet avait alors dans ses attributions l'administration des finances de la ville.
(I)Tacite, yln«.,lV, 27.
(i)BulL épigr., t. VI, 1886, p. 207.
(3) Spartii^n, Did. Julian.f 6.
(4) Notitia dignitatum Imp. occid. fédxi. Paaciroli, p. 147.
Les inscriptioDS ont fait connaître qaelqaes préfets et de nombreux classiarii de la flotte de Raveone. L'inscription de Calenzana ajoute un nouveau nom à ]a liste de ces derniers.
liCS elassiarii s'enrôlaient vers Tâge de 18 ans et faisaient 26 ans de service (1). Ils recevaient après Vhonesta missio^ ou congé honorablOi véritable certificat de bonne conduite qui leur octroyait le droit de cité (2) et légitimait leur mariage (3).
A partir de ce moment, ils devenaient vétérans» et, le cas échéant, pouvaient être rappelés pour prendre part à quel* que expédition. Us étaient dits alors veferani evocati.
Au-dessus de Vhonesta missio était le diplôme militaire {tabula honestae mis*
(1) La durée réglementaire du service fut augmentée vers la fin de l'Empire et atteignit le plus souvent 28 ans.
(2) G'est-à-dire le titre de citoyen romain.
(3) Au moment de leur libération, la plupart des marins avaient, en effet, une famille dont l'existence légale n'était pas reconnue.
sionis) qui avait encore d'autres effets.
Mais la plus belle récompense qae Ton pût donner & an marin était de l'envoyer dans les légions. Cette mutation lui conférait le droit de cité et l'enlevait & une arme qui n'était recrutée que parmi les basses classes de la population, les esclaves et les affranchis, et ne jouissait, par cela même, d'aucune considération (1).
Les classiarii restaient peut-être à terre aussi longtemps qu'ils n'avaient pas à naviguer. On recourait à eux de temps en temps, non seulement pour les faire combattre à côté des légionnaires (2) ou les employer à das travaux de route (3), mais aussi pour
(1) Tacite, Ais^, III, 13 et 50. On envoyait servir sur les vaisseaux les légionnaires qui se conduisaient mal. En l'année 68, Néron recruta, parmi les soldats de la flotte, la légion 1 Adjutrix, et Vitellius en fit autant, peu de temps après, pour une seconde légion Adjutrix. Voy. plus loin p. 54.
(2) Hygin, Descripl. du camp, § 30.
(3) Ibid., § 24.
d'autres services. C'est ainsi que Claade en transforma qaelqaes-ans en pom^ piers (1), et que Commode en prit d'autres pour en faire des machinistes de cirque (2). Les premiers demandèrent môme une gratification qui leur fut brutalement refusée par Vespasien (3), et les seconds recurent un jour de Commode en personne, l'abominable corvée de massacrer les spectateurs d'une représentation qui ne lui avait pas plu (4).
On n'est pas très fixé sur la manière dont une flotte romaine était organisée ; cependant il est à peu près certain que les classiarii étaient groupés par centuries.
Les liburnes et les trières étaient commandées par des trièrarques ; les tétrères et les pentères par des navarques (5). Les centurions ne corn-
(1) Suétone, Claud.^ 35.
(2) Lampride, Comtnod.f 15.
(3) Suétone, Vespas., 8.
(4) Lampride, loc. ciL
(5) C. /. L., l, X, no 3361. (Voy. aussi Tacite, HUt., II, 16).
mandaient probablement pas les vaisseaux (1).
M. Ermann Ferrero a dressé une liste de tous les marins que l'on connaît par les inscriptions ou par les auteurs (2). Ceux de la Corse dont on a conservé le souvenir sont au nombre de huit. En voici les noms :
1. — Lucius Numisius LiberaliSj matelot de la flotte de Ravenne ; vivait au second siècle de notre ère et servait peut-être sous les ordres du centurion Germanus dont on a retrouvé l'épitaphe à Calenzana (3).
2. — Titus Dinnius Celer j de !a flotte de Misène où il commandait la trirème F^sfa; vivait à une date incertaine de l'époque impériale (4).
3. — Lucius Cattius Viator^ matelot de la flotte de Misène, embarqué sur
(1) Tacitb, Ann., XIV, 8.
(2) Iscrizioni e ricerche nuove intorno alV or» dinamenlo délie armale romane, Turin, 1884, în-8, p. 17.
(4) H., t. X, no 3572.
la trirème Aguila; vivait à une date incertaine de i'époqae impériale (1).
4. — Marcus Numisius NomasiuSy matelot de la flotte de Misène, originaire du pays des Vanacini (Cap Corse) ; vivait en Tan 129 après J.-C. (2).
5. — Lucius Valeritis Tarvius^ mate-^ lot d'une flotte incertaine, originaire d'Opinum^ peut-être aujourd'hui Tallone ; vivait au milieu du second siècle de notre ère (3).
6. — Lucius Vicerius Tarsa^ matelot de la flotte de Misène embarqué sur la trirème Esculape; vivait à une date incertaine de l'époque impériale (4).
7. — - Un matelot inconnu de la flotte de Misène, embarqué sur la trirème IHana (5).
(i) Ibid.f n« 3562 et Hommsen, Inscript, regni NeapolUdni, n« 2773.
(2) W., t. m, Diplôme n» 32, et t. V, n» 4091.
(3) M., t. m, Diplôme n» 41, et t. V, n« 4092. Cf. Léon Renier, Recueil de diplômes militaires, p. 73).
(4) C. 1. L., t. VI, n« 109.
(5)W., t. VI, n* 3172.
8/— Gains Caninius Germanus^ le personnage dont il est ici question.
D'une façon dubitative, on peut ajouter à cette liste :
9. — Lucius Apronius Felix^ matelot de la flotte de Misène, où il remplissait les fonctions de héraut du préfet; perdit sa femme & Àleria, vraisemblablement dans le courant du troisième siècle de notre ère (1).
10. — Marius Fuscianus^ mort & Aleria, peat-ôtre dans les premières années du second siècle de notre ère (2).
11. — Lucius Gellius Niger, matelot de la flotte de Misène, mort à Mariana «^ une date incertaine de l'époque impériale (3).
Au témoignage de Tacite (4)^ il y avait en Corse, en l'an 70, au moins un détachement de la flotte de Misène
(1) Ci-après^ page 48.
(2) Ci-après, page &i.
(3) Ci-après, page 9.^.
(4)fles^,II, 16. ^
composé de quelques Uburnae commandées par un triérarque.
Ce détachement pouvait tout aussi bien se trouver à Âleria, où l'on a découvert Tépitaphe du soldat Âpronius Félix, qu'à Mariana, où mourut Gellius Niger. A moins, — ce qui est encore tout aussi vraisemblable, — qu'il n'y eût en Corse deux détachements de Uburnae^ l'un à Âleria, l'autre à Mariana, ou qu'un môme détachement ne fut réparti entre les deux villes.
L'étang de Biguglia servait de pert à Mariana, et celui de Diane à Àleria. On voyait encore, il y a quelques années, sur les bords de ce dernier, les traces d*un quai où étaient scellés quelquesuns des anneaux de fer qui servaient à à amarrer les navires.
Sous la République, les cla$siarii étaient payés par le trésor public; sous l'Empire on les fit entretenir par les alliés. On ne sait pas quel était le montant de leur solde ; les auteurs anciens nous disent seulement que les équipages de la flotte étaient nourris d'un
pain particulier, appelé panis nau^ tiens (1), arrosé d'ao vin suffisamment détestable pour que Caton pût se glorifier d'en avoir bu (2).
(t) PuNE, HisL nat., XKII, 68.
(2) Ibid., VIV, 23.
Dédicace à Auguste et à ses deux fils Gaius et Lucius César. .
La plus importante des inscriptions d'Aleria est aujourd'hui conservée à la bibliothèque de Bastia. Au ténnoignage de CarafTa, cette inscription aurait été trouvée vers le sud et à peu de distance de la ville (1), mais Grassi précise davantage, et dit qu'elle provient de c la colline à droite de la route qui.
(1) CaraDa ne publia pas celte inscription ; il se contenta d*en envoyer ano copie au Comité des travaux historiques •
da fort, descend vers la mer(l) lo. Une cassure très ancienne en a fait disparaître toute une partie du côté droit.
Ce qui reste est gravé, en fort beaux caractères de 0"^5 de hauteur , sur une tablette de marbre blanc, légèrement jauni, ayant un mètre de long sur 0°"70 de large. En voici la copie (2) :
G * GAESARI IMP ' GAESÂRI * JilPvi f. l. CÛeSOTi AVGVSTI * F AVGYSTO \ ùUgUSti f.
PONTIFIGI' MAXIM ^0 COS'XI • IMP- Xlicf.
TRIBVN • POTEST " XIlS . . .
DEC •ET'C'C'VP'R waleriao
patronIs*
(1) Grassi, Aleria (dans Nouvelles Annales de voyage) f série VI, t. 4, 1864, p. 270, (lirage à part, p. 22), Cf. également. Abbé Galletti, Histoire illustrée de la Corse^ Paris, 1863 in -4, p. 179; Léon Rénier, Revue des Soc. $av., 4« série, t. VI, 1867, p. 319, et Corpus inscript, latin., t. X, L« 8035.
(2) Voir la planche IL La copie de Grassi n'est pas très exacte, mais la principale erreur qu'il a commise, n'est peut-être due qu'à une faute d'impression : aysti pour avoysti.
Il faut lire :
Itnp{eratort) Caesari Di[vi /(»Mo)], AwgustOy pontifici maxim[o]i co(n)s(ult) XI, imp(eratort) XII (ou XIII)^ tribuniicU) potest(ate) XI1[1] (ou XIIII) ;
G(aio) Caesari^ Augtisti f{ilio) ;
[L{ucio) Caesari^ Augusti f(ilio)].
Dec{uriones) et c{oloni) c{oloniaé) y(eneriae) P{acatae1)R{estilutae9) [Aîeriaé]^ patronis.
« Â l'empereur César Auguste, fils du Divin (Jules) (1), souverain pontife, consul onze fois, salué imperator douze (ou treize) fois, revêtu de la puissance tribunice pour la treizième (ou quatorzième) fois ;
 Gaius César, fils d'Auguste ;
A Lucius César, fils d'Auguste.
Les décurions et les colons de la colonie Veneria Pacata Reslituta Aleria^ à leurs patrons (2). jd
(1) Jules César fut divinisé vers la fin de mars ou le commencement d'avril de l'an 44 avant J. G.
(2) La lecture Veneria Pacata RestUula Akria appartient à Léon Rénier. Elle n'est que probable, au moins en ce qui concerne les deux surnoms de Pacata et de Restituta.
On voit qu'il s'agit d'une dédicace multiple, très probablement placée sur le piédestal d'un groupe de statues, Auguste au milieu, Gains à sa droite et Lucius à sa gauche, par l'administration municipale et les colons de la colonie romaine d'Âleria. .
« La pierre, dit Grassi, qui cite l'opinion de Caraffa, a été dédiée à Auguste et à son petit-fils à l'occasion de leur retour d'un voyage dans les Gaules, ce qui donne la date de l'an de Rome 744(1) ».
Ce n'est malheureusement pas exact, ou du moins, ce n'est pas avec une telle précision que ce texte peut être daté.
Auguste reçut sa première puissance tribunice le 26 juin 731 (23 ans avant J.-C), et se la fit réitérer tons les ans à pareil jour. Si le chiffre XII qui se lit à la cinquième ligne était complet, la dédicace se trouverait par cela même datée de la période comprise entre le 26 juin 742 et le 25 juin de
(1) Grassi traduit : « Decuriones et cives, com potes voti, pro reddiio (sic) Patronis » •
Tannée suivante (1). Mais ce chiffre a été très probablement mutilé, et il est à présumer qu'il y a au moins une, et peut-être même deux unités qui ont été emportées par la cassure, ce qui, dans ce dernier cas, nous pousse jusqu'au 25 juin 745, ou, si Ton préfère, jusqu'à Tan 9 avant J.-C.
Quant au chiffre des salutations impériales qui est exprimé à la quatrième ligne, il y a de grandes chances, au contraire, pour qu'il soit complet ; mais ce n'est pas non plus absolument certain, puisqu'il existe des inscriptions qui prouvent qu'en l'année 7^, Auguste avait été salué empereur pour la treizième fois (2).
Selon toute apparence, la douzième salutation impériale d'Auguste fut motivée par les victoires de Drusus en Germanie dans le courant de l'année 743,
(1) Cf. HiRSGHFBLD, WieneT-StuHen, 1881, p. 97, %{ kuMEB^ Gestes du dieu Auguste^Sienne, 1887, in-8, p. 207,
(2) HoHHSEN, Incript^ ngni NeapoLj q* 6775 etc.
et la treizième par les victoires de Tibère en Pannonie et en Dalmatie, en 745 (i). Son onzième consulat avait été pris en 731, et ce n'est qu'en 749 et en 752 qu'il s'en fit attribuer deux antres, a afin, dit Suétone, de se trouver revêtu de la magistrature suprême lorsqu'il présenterait ses enfants dans le forum (2). »
Auguste avait été créé pontife en 706 (48 ans avant J. C.) (3), mais ce ne fut que le 6 mars 742 — deux ou trois ans par conséquent avant l'époque où fut gravée l'inscription d'Aleria, — qu'il se fit élire souverain pontife, après avoir plusieurs fois refusé cette charge conformément & l'usage qui ne permettait pas d'en dépouiller, tant qu'il vivait, celui qui en était revêtu (4).
(1) Dion, LIV, 31 à 34, et LV, 1 à 5 ; Allmer, Gestes du dieu Auguste, p. 193.
(2) Suétone, Aug., 26.
(3) CïcÉRON, Phil^ V, 17; Velleius, U, 59.
(4) Dion, LVI, 38; Suétone, Aug., 26 et 31.
Le souverain pontificat avait été usurpé par Lépide en 710 (44 ans avant J.-C), à la faveur des troubles qui suivirent la mort de César, (Velleius,
Gaias et Lucias qui sont appelés ici fils d'Auguste, étaient en réalité fils d'Agrippa. Auguste les adopta et les combla d'honneurs (4) pendant toute la durée de leur vie, qui fut aussi courte que leur fortune avait été rapide (2).
Lucius mourut à l'âge de 18 ans et Gains avant celui de 22 ; le premier à Marseille, vers le 20 août 755 (2 ans avant J.-C). en allant prendre le commandement des armées d'Espagne (S), et le second, dix-huit mois plus tard, des suites d'une blessure qui lui fut faite par un assassin pendant qu'il faisait le siège d'une ville de fjycie (4).
Il, 63; TiTE LiYE, Epit.y 117; Allmeb, Gestes du dieu Auguste, pp. Al et 206).
(1) Tacite, Ann., 1, 3; Allmer, Gestes du dieu Auguste, pp. 57 à 59.
(2) Les deux fils d'Agrippa furent désignés à quatorze ans pour le consulat et nommés sénateurs à quinze ans.
(3) OfiELLi, Inscript, latin, sélect. n<»6-42; Noms, Cenofaphia Pisand, pp. 350 et suiv. Wilhânns, Exempta^ n° 883, etc.
(•4) Suétone, Aug, 65; Orelli, Inscript, latin, sélect. f n* 642; Noris, loc. cit., p. 347.
Leurs corps farent transportés à Rome par les tribuns militaires et les principaus personnages des cités, et il leur fat fait des funérailles magnifiques (1).
On ne peut pas savoir pour quelles causes les habitants d'Âleria se réclamaient du patronat d'Auguste. Mais comme les villes choisissaient leurs patrons parmi ceux qui avaient été pour elles, ou en qui elles espéraient, des bienfaiteurs, il est à supposer que cet empereur aura payé de ses deniers les embellissements plus ou moins nombreux qui peuvent avoir valu à la colonie le surnom de Restituta.
Le mot Veneria, dont la lecture me parait certaine, indique que la ville était consacrée & Vénus, et, par cela même, que cette déesse y avait un temple (2). On a d'autres exemples de
(1) Dion, LV, 12. Tacite, (Ann., I, i), laisse entendre que la mort des fils d'Agrippa fut bien moins Tœuvre du destin que celle de Livie.
(2) Sous la République, il était d*usage de donner aux colonies le nom d'une divinité ; à partir
celte particularité (1). Quant au surnom de Pacata (ou Pacensis), qui fut celui de Fréjus (2), et semble avoir été celui d'Aleria, je ne crois pas qu'il soit antérieur au règne d'Auguste.
En résumé, et pour ne s'en tenir qu'à son principal intérêt, la dédicace qui est h la bibliothèque de Bastia nous apprend que la ville d'Aleria fut de très bonne heure une colonie romaine, qui s'appelait peut-être de tous ses noms Veneria Pacata liestituta Alerta.
Par les inscriptions qui vont suivre, nous nous ferons une meilleure idée de l'importance de celte colonie.
de l'Empire les colonies prirent le nom de l'empereur qui les avait (ondées.
(i) En Afrique, Siccd Veneria^ aujourd'hui Le Kef, Veneria Rusicadej aujourd'hui Philippeville^ etc.
(2) Pline, Hki. ml., III, V, 5. — C L L, t.
XII, n» 3203.
Inscription mentionnant la Corse.
Le marbre qui porte cette inscrip* tion est, comme le précédent, à la bibliothèque de Bastia (1). Il a 37 centimètres de long sur 33 de large et parait incomplet de tous les côtés. Les lettres, de bonne forme, ont 0*» 08
{l) AvchPiTAim, Nouvelles annales do voyage, 6e série, t. XII, 4864, p. 373 ; — Galletti, Histoire illustrée de la Corse, p. 180; — Renier, Revue des soc. sav.^ 4e série, (. VI, p. 321 (avec la leclure Deae Corsicae)\ — Muratori. Iscrizioni romane dei Vagienni, Turin, 1869, In 8, n« 67 ; — Corpus inscript, latin. ^ t. X, n» 8034 ; -- De Lauriére, Bull. Ant. P., 1887, p. 153.
à la première ligne et à la troisième»
et de 0™06 à 0™07 aux trois autres (1).