‹ Inscriptions antiques de la CorseChapitre 2 sur 21 · AE • CORS · texte numérisé non relu

AE • CORS

IVS ' MBNATIS MÀHMORIBV • PECVNIA ICAVIT

Il se pourrait que ron dût lire :

[In honorem ?. . . proi^uratoris) Augitisti)

provinci]ae Cors[icae ] iws, Menatis

[/(iMus) ^..balineumf] marmoribu[s exor* natumy de sua] pecunia d[edity idemque ded]icavU k{alendas) o[cl{obre8).... co{ny 8(ulibus)].

« EnThonneorde... procurateur impérial de la Corse,... ius, fils (ou affranchi) de Menâtes, a fait bâtir ce balnéaire (?) orné de marbres, et Ta dédié le jour des calendes d'octobre (1er octobre) SOQS le consulat de.... «>

D'unefacon dubitative, M. Mommsen, par analogie avec une inscription de

(i) Voir la planche IIK

Dacie où il est question de la terra Dada (1), a proposé de lire terras Cor^ sicae sur le marbre de la bihiiolhèqae de Bastia. Je crois plutôt que ce marbre a été gravé en l'honneur de quelque personnage revêtu d'une fonction en Corse, par exemple d'un procurator Augustiypar les soins d'un subordonné, qui a fait construire, à cette occasion, soit un bain, soit un portique, ou tout autre monument public.

Lorsque la Sardaigne fut enlevée aux Carthaginois, en Tan de Rome 516, (238 ans avant L-C), la Corse fut occupée par les troupes romaines. Mais à l'exemple de la Sardaigne qui lutta pendant cinq ans et ne se déclara vaincue que lorsqu'elle fut à bout de ressources, la Corse combattit pendant sept ans pour son indépendance et ne déposa les armes que sous le consulat de Pomponius Matho et de Papirius Maso. Dès ce moment, la Corse et la Sardaigne réunies ne formèrent plus

(1)C. /. /.. i. m, nMîj5i.

qu'une seule province sous le commandement d'un préteur. Si dans les documents qui sont relatifs à l'époque républicaine de Rome, il n'est presque jamais fait mention de la Corse, alors que la Sardaigne est quelquefois citée, il faut en conclure que par l'expression Sardinia on entendait parler des deux lies.

A partir de l'année 632 (122 ans avant J.-C.)t la Corse et la Sardaigne furent administrées par des propréteurs dont sont connus : T. Albucius^ pro praefore Sardiniae vers l'an 650 et M. Aemilius ScauruSj pr(o) pr(aeloré) Sardiniae, par qui il est expressément témoigné que la Corse et la Sardaigne ne formaient qu'une seule province. Asconius dit, en effet, en parlant des accusateurs de Scaurus : « in inquisitionem in Sar^ diniam itemque Corsicam insulas dies tricenos acceperunt. »

Dans le partage qu'il flt avec le Sénat, l'an de Rome 727 (27 ans avant J -G.)f Auguste se réserva pour lui toutes les provinces qui n'étaient pas complètement soumises ou qui confinaient aux

liaiites de TlCmpire. Il leur donna pour gouverneurs, avec le titre de leqatus Augiisti pro praelore.».^ et une durée de fonctions soumise à sa volonté, des sénateurs, ancitns consuls ou anciens préteurs, bien différents des proconsuls annuels, anciens consuls ou anciens préteurs aussi, qui étaient chargés d'administrer les provinces sénatoriales.

Mais pour l'Egypte, qu'il avait luimême conquise en 724, et qu'il considérait comme une partie de son domaine privé; pour quelques petites provinces conquises ou reprises par lui, et qui furent soumises au même traitement, l'administration fut confiée, non pas à des légats de rang sénatorial, mais à des préfets qui appartenaient à l'ordre équestre.

Or, pendant que la Sardaigne était considérée comme province sénatoriale, et par cela même placée sous les ordres d'un proconsul^ la Corse nous apparaît; dans les premiers temps de l'Empire, comme ayant été comprise parmi les petites provinces qui

eurent une adaiiaistration particulière calquée sur celle de l'Egypte. Cela résulte d'une inscription de Savoie où il est fait mention d'un personnage appelé L. Vibrius Punicus^ qui joignait, à ses différents titres, celui de praefectus Corsicae (i).

Il me semble donc qu'il faut en conclure que la Corso fut considérée comme province non complètement soumise, ou conquise par l'empereur, et que sa séparation d'avec la Sardaigne fut motivée par quelque soulèvement qui lui fut particulier (2).

Au surplus, il est à supposer que la Sardaigne ne tarda pas à se révolter à

(1) CL L.,t.XII, n«2455, et plus loin n<» 43.

(2) Pendant la guerre des esclaves, la Sardaigne et la Corse se délichèrent de l'empire romain. Dion Cassius nous apprend (XLVIII, 45) que la Sardaigne fut reprise par Auguste, sur Sexius Pompée, en fan de Rome 716, et il est à présumer que la Corse eût le même sort, mais il n'est pas impossible que la pacification de Tune ait été plus lente que celle de Tautre. On s'expliquerait ainsi qu'en l'année 7^7 la Corse ait été conservée par l'empereur pendant que la Sardaigne était

son toar. En Tan de Rome 760, (6 ans après J.-C), Auguste dut la reprendre pour la placer sous les ordres d'un procurateur; en 07, Néron s'en dessaisit en échange de l'Achaïe qui fut déclarée libre; sous Vespasien, rAchaïe perdit sa liberté, et la Sardaigne redevint encore province impériale, mais la Corse ne parait pas avoir subi toutes les fluctuations de la Sardaigne, et le témoignage de Tacite d'une part (1), le rescrit de Vespasien aux Vanacini de l'autre (2), nous prouvent seulement que vers l'année 69, et probablement depuis le règne de Claude, ses préfets avaient disparu pour faire place à des procurateurs.

remise au Sénat. Il se pourrait aussi, comme je le dirai plus loin, que la Corse se soit révoltée postérieurement au parlage.Ge qui me paraît bien certain, c'est qu'avant Tére chrétienne la Sardaigne et h Corse étaient difléremment traitées.

(1) Hist» , li, 16. — Tacite nous apprend qu'un « procurateur » de la Corse, du nom de Decimus PacariuSf fut mêlé aux querelles d'Othon et de Yitellius.

(S) Cf. plus loin, no 19.

Marc Aurële rendit la Sardaigne au Sénat (1) ; Commode la reprit encore, et après lui, jusqoes vers la fln du IV^ siècle, la Sardaigne fut constamment placée sous des fonctionnaires impériaux, — présidents ou procurateurs — dont on connaît les suivants :

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