‹ Inscriptions antiques de la CorseChapitre 12 sur 21 · ET • BAEBIA ' PROBA ET LIB* PATRI PIENTIS · texte numérisé non relu

ET • BAEBIA ' PROBA ET LIB* PATRI PIENTIS

et patrono optimo

L'expression patri pientissimo se rapporterait aux enfants, et celle patrono optimo aux affranchis.

Fragment d'épitaphe.

Le fragment qai va suivre a été découvert, le 26 mars 1773, « auprès de la batterie, hors de Tenceinte de llle- Rousse. > Il n'est connu que par une très mauvaise copie tirée d'un manus«crit de la bibliothèque de Bastia (1).

HIPICO

CERENE

• MEISS\

(1) Ce ms. est un petit in. l^, intitolé : Bêcher^ ches sur hi Corse ; papiers, ordres, lettres, instructions, etc. concernant la Corse. Recueil fait en Corse pendant les années 1771, 1772, 1773, dar Pascal de Kérenveyer, major du régiment de

La pierre qai porte cette inscription était placée au-dessus d'un tombeau dans lequel on trouva deux crânes, deux lampes portant des marques de fabrique et quelques monnaies dont deux en argent, une de FaustinCi l'autre de Lucille.

c II semble, a dit M. Micbon, qu'on doive reconnaître dans la première let* tre Tm de l)(;is) m{anibus) quelque peu défigurée ; mais les lignes suivantes n'offrent aucun sens et présentent même des rapprochements de lettres et des abréviations si peu conformes aux habitudes de Tépigraphie romaine, que, malgré la bonne foi et la fidélité scrupuleuse de P. de Kérenveyer, qui s'est astreint à reproduire dans le dernier détail une longue série de monnaies, il est difficile de ne pas croire à une profonde altération du texte. Je ne vois guère que le mot meis, à la quatrième ligne, qui puisse être reconnu... »

Berrtff ayant rang de colonel. L'inscriptioo est la page 273. Elle a été reproduite par M. Hichon: Inscripl. inédites de la Corse, p. 28.

On essaierait vainement, en effet, de donner une interprétation satisfaisante de ces quelques lettres dont la lecture est assez peu certaine ; mais on peut remarquer que la pierre qui les portait avait été placée au-dessus d'une sépulture double, celle peut-être de deux femmes qui paraissent avoir vécu sous le règne d'Ântonin (1).

La loi romaine ne défendait pas les sépultures doubles, mais il est probable qu'elle ne les autorisait qu'à la condition que les deux corps fussent ensevelis le même jour, car on sait quelle était la rigueur avec laquelle les violations de tombeau étaient réprimées. Avec le temps, cette coutume de deux corps juxtaposés finit par donner lieu

(1) L'inscription qui était gravée sor la pierre de rile-Rousse serait ainsi sans aucun rapport avec les ossements qui l'accompagnaient. Cette circonstance d'un fragment d'inscription à tournure archaïque découvert au-dessus d'une sépulture inviolée contenant des monnaies de Lu cille et de Faustine, indique clairement que la pierre fui réemployée;

à de tels scandales, qae les évoques la condamnèrent plasiears fois (1).

(1) En 550| le concile de Maçon se plaignit, en particulier, de ce qa*on n'attendait même pas lu destruction des chairs (necdum merddaiis cami' bus)^ pour ensevelir un cadavre à côté d'un autre plus ancien. Un curieux exemple de sépulture double, remontant à l'époque romaine, est ainsi donné par une inscription de Naix : Juliae BdUidis et lididiSf malris eius, ossa œmmixla. (Maxe- Werlt, J/ontim. épigr. du fiarrob, Paris, 1885, in-8, p. 29).

de l'arrozxdlsseiaaexi-f: d'.i^jaccio.

L'épigrapbie romaine de Tarrondissement d'Ajaccio ne se compose guère que d'une marque de fabrique, et d'une devise de cachet.

La marque de fabrique a été publiée en 1887, par M. Lafaye qui l'avait reçue de M. Pataccbini, instituteur à Linguizzetta. Elle avait été découverte <x entre Piana et la route de Cargese, non loin des ruines d'un ancien cbâteau féodal » (1). Elle est gravée sur

(i)Bull.Anl.F.,iSSl,p.iU.

an fragmeût de taile plate. Les lettres, moalées en relief dans un bandeau crenx, ont O'^OID de haut ; en voici la copie :

///IPOR-CORVN////

;.. ipor Corun{canii ^) (servus)y «... ipor» esclave de Corancauius. > € Le premier nom, dit M. Lafaye, est celui d'un esclave. On sait qu'à Tépoque républicaine ces sortes de noms se formaient souvent avec le prénom du maître au génitif, et la terminaison por contraction de puer{i).

Ainsi Gatpor(2), Lucipor (3), Mardpor (4), Olipor (5), Publipor (6), Qainlipor (7).

Tous ces noms peuvent être restitués

(1) [Je crois platôt qae por était la forme populaire de pti^]. (2)C.J.i.p. 230.

(4) C. I. L., X, 1076 et p. 230.

(5) Ibid., 1034, 1886 et pp. 230 et 252.

(6) Ibid. p. 230.

(7) Jbid.

avec QD6 égale vraisemblance. Il est bon de remarquer que les exemples en sont fort rares dansles inscriptions.

Le fragment de Pianadoit nécessairement dater de l'époque républicaine; la forme des caractères concorde parfaitement avec cette appréciation » (1).

Le second nom, — celui du maître»

était vraisemblablement Coruncanius.

On pourrait songer à Corvinius, par une ligature de Tn et de deux i, mais il ne semble pas que cette ligature ait existé.

Le gentilice Coruncanim est d'ailleurs connu par quelques rares exemples.

La devise de cachet qui a été découverte en Corse, « et presque certainement dans les environs d'Âjaccio » (2), est aujourd'hui la propriété d'un avocat de cette ville, M. Nicoli.

Elle a été décrite par M. Michon dans le tome XI des Mélanges d'archéO"

(1) Bull. Ant. P., 1887, p. 184.

(2) Michon, ImcripL de la Corse^ p. 30.

logie et d'histoire publiés par Técole française de Rome. Le cactiet lai-mème se compose d'une plaque de bronze, de forme rectangulaire, ayant 0">06 de long sur 0°>04 de large, munie, à sa partie supérieure, d'une poignée en forme d'anneau. La face inférieure porte en relief, et en caractères rétrogrades :

KAA8 KEP8.

« Il me semble, a dit M. Michon, que l'interprétation la plus simple, quoique les sceaux de ce genre ne portent d'ordinaire qu'un nom propre au génitif, et que je ne connaisse point d'exemple analogue, est de lire : KaXou x[y)](>ou et d'y voir une sorte d'enseigne : €à la belle cire » (1).

(1) Inscript i de la Corser p. 30.

IziBcripiiozx perdue d'.Â.lerla.

Epitaphe de Flavia Maria

1 /inscription suivante était placée dans une maison du village, presque en face de l'église. Elle fat vae par de Caraffa en 1843^ a et pins tard », mais elle parait anjoard'hai perdue.

Voici la copie qui en a été prise par ce savant (1) ;

FLAVI AE M A R I A E VETVLANIVS CALPVRNIA NVS- FILIVS

(1) Publications antérieures : Mérdkée, Notes d'un voyage en Corse, Paris, 1840, in 8. p. 67 ;

FlaviaeMariae. Vetulanius Calpumiû'^ nuSf filius.

c A FlaTia Maria ; Yetalanias Calpurniaûas, son fils. »

— Galletti, Histoire illustriede laCorse^pAlOi Grassi (d'après Mérimée), Aleria, p. 25; — DbCâbaffa, dans VObservateur de la Corse, da 9 mars 1855; — Corpus inseripL latin., t. x, n^ 8035y (avec la lecture Yetvlenvs qui, d'après de Caraffa, serait fausse) •

XMâCarci^iieB de Fo-bLers

A. Aleria :

L • lEGIDI

L{ucii) Iegidi{%) {officina).

« Fabrique de Lncius legidius. »

Cette marque a été lue par Grassi c sur un fond de vase antique d'un petit diamètre, » qu'il découvrit luimême, vers 1864, en parcourant les ruines d'Aleria (1). En enlevant la terre qui le couvrait, dit-il, je distinguai, au centre de la partie intérieure, un nom

(1) Elle a été publiée plus tard par H. Laraje (Bull, épigr., 1886, t. V, p. 186), et elle est aa Corpus, i. X. sous le n* 8053, 96.

gravé en creax, ie nom du potier, sanô doute. La pensée me vint de communiquer, à mon retour d'Aleria, ce fragment à M. A. de Longpêrier, le savant membre de l'Institut qui s'est occupé, avec tant d'érudition, des marques d'anciens potiers. M. de Longpôrier y reconnut, sur la partie extérieure, une inscription tracée à la pointe, inscriptions pour lesquelles les anciens avaient un goût fort prononcé, et, sur la partie intérieure, le nom du potier, qu'il n'avait pas encore dans sa collection de noms. M. de Longpérier jugea le fragn^ent digne de figurer au musée du Louvre, dans la galerie des Antiques » (1).

La marque iegidi est bien connue, (voy. ScHUERMANNS, Siglcs figulins^ noi 2591 à 2595 et 5318 à 5320). Elle semble avoir appartenu à un potier d'Arezzo.

(i) Akria, p, 47.

 Âleria :

/// AV ///// CNDOMITI • S • F

Cette marque est imprimée « sur une grande tuile de 64 centimètres sur 6% aujourd'hui conservée dans une maison appartenant à M. Angelini, négociant au fort i> (1).

Il faut la lire :

[l'[av[or], Cn{aei) Domiti{i) s(ervu8\ f{ecity

« Fait par Favor, esclave de Cnaeus Domilius. »

La même marque, d'ailleurs con« nue, est aux musées Borgia (2), de Parme (3), Vatican et Kircber (4). Bor-

(1) Michoiiy Inscript, inéi. de la CiOrse, p. 17.

(2) Marinij Iscrizioni antkhe doUarif Rome, 1884, in io, p. 279, n» 850.

(3) Borghesi, Ann. deW Istituto Arch., 1840, p. 253, no 42.

(4) Descemet. InscripL doliaires latines^ l'arisi 1880, !p-8, pp. 37 et 38.

ghesi Tattriboe à Cn. Domitins TqIIqs, frère cadet de Domitius Lacanns, dont deux inscriptions latines, trouvées à Folignoy font connaître le cursus honorum (1).

Tallas et Lacanns étaient les fils adoptifs de Cn. Domitins Afer. Ce personnage, minois d'origine, vintàRome, vers la fin da règne d'Auguste, pour y suivre la carrière du barreau, et Quintilien, qui fut un de ses élèves, nous apprend qu'il y conquit le titre de prince du forum (2). Il gagna, comme orateur, une assez grosse fortune, dont il faisait parade avec un orgueil dont s'est fortement égayé Martial (3), . mais comme elle ne lui suffisait pas, il l'accrut considérablement en pratiquant le métier de délateur (4). Un de ses accusés fut un riche romain appelé

(i) Wilmaàas, Exempta, o»* 1148 et 1149.

(2) Qaintilieo, XII, XI, 3 et X, 1, 118.

(3) Martial, VI, 37.

(4) Tacite, Annales, V, LU, 66. Une loi de Tibère accordait aut accusateurs le quart des biens des condamnés (Dion, I^VIll, 16).

Soxtus TUîas. Il le fit condamner à mort et il profita de la confiscation de ses bienSi mais ce crime lui pesa telle* ment pins tard, qnll le répara, dans la mesure du possible, en adoptant les deux fils de sa victime.

Domitius Afer fut prêteur en 25 et consul en 39, avec Galigula, dans des circonstances qui faillirent lui coûter la vie (1). Il devint curateur des eaux de Rome en Tan 49 (2) et conserva cette charge jusqu'à sa mort survenue en 59, à la suite d'une indigestion. Il possédait des briqueteries très importantes qui passèrent à ses héritiers, TuUus et Lucanus, si unis en toute chose, que Martial les a comparés à Castor et Poliux (3).

Lucanus sa maria avec la fille du consul T. Curtilius Mancia et en eût Domitia Lucilla qu'il fit adopter par TuUus. Celui-ci, déjà vieux, se maria

(i) Dion, LIX, 19.

(2)Frontin, De Aq., 102.

(3) Martial, I, 36 ; III, 20, IX, 51 •

à son tour, mais il n'eut pas d'enfants, et tonte la fortune des deux frères passa entre les mains de Domitia Lucilla, dont la fille fut la mère de Màrc-Aurèle.

A Aleria :

En creux, c au fond d'une lampe trouvée au-dessus du massif de maçonnerie d'un tombeau sur le versant du Tagnone, et représentant deux poissons » (1).

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