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MANWSSAŒ
TETTIAE-MATIRNAE 1 OPTIMAEVXORI
LlVLIVSLoNCENVS
PRO C AVG
Diis Manibus 8acr{um). Tettiae Maternae^ optimae uxori; L{ucius) Julius Lon^ ginus^ proc{urator) Aug{usti).
<K Consacré aux dieax Mânes. A Tettia Materna, son excellente épouse ; Lucius Julius Longinus, procurateur impérial».
Cette inscription peut être sûrement datée du premier siècle de notre ère»
non pas, comme Ta dit Caraflfa, parce qu'il y est question d'un procurateur < d'Auguste ^ (1), mais uniquement parce
(1) La Iraduclion de Caraffa est ainsi conçue : « Consacré (sacrum) aux Dieux Mânes. A TcUia
que la beauté de ses caractères ne permet pas de la considérer comme un document d'une époque postérieure.
A l'origine, sous Auguste, les procurateurs impériaux étaient des personnages de Tordre équestre chargés de l'administration financière des provinces. Ils n'avaient aucun commandement territorial et ne relevaient que de l'empereur dont ils étaient les mandataires. Plus tard, — sous le règne de Claude probablement, — des procurateurs impériaux remplacèrent, à la tète des petites provinces,' la majeure partie des préfets gouverneurs de rang sénatorial. Ils reçurent, en même temps, une juridiction civile qui, de simples fondés de pouvoirs, les éleva au rang de magistrats (1).
Malernvhy la meilleure des épouses, Lucius Julius Longinus, procureur (procuraior) d* Auguste (Augus(i). »
(1) Cf. ÂLLMER^ iiusée de Lyon^ 1. 1, p. 144. — - On ue sait pas, mais il est à présumer que les chevaliers romains, au xoins dans les premiers temps de TËmpire, n'arrivaient à la procuratelle d'une province qu'après avoir rempli, plus ou
Mais à côté de cette catégorie de fonctionnaires, il y en avait une autre de mèoie nom, dont les attributions étaient complètement différentes. C'était celle des procuralùres rationis privatae^ simples administrateurs de domaines impériaux qui n'avaient que le rang d'affranchis, et la question se pose de savoir si le mari de Tettia Materna appartenait à la première catégorie on à la seconde. Pour ma part, et bien que pour parvenir à la procuratelle d'une province il fut nécessaire d'avoir rempli de nombreuses fonctions publiques, dont il n'est fait aucune mention dans l'épitaphe qui précède, je n'hésite pas à considérer L, Julius Longinus comme un procurateur impérial, gouverneur de la C4orse.
Dans l'étude d'un texte, il n'est pas de détails qui n'aient leur valeur. Dans
moins complètement, comme pour la carrière sénatoriale, un certain nombre de charges militaires qui peuvent avoir été la préfecture de cohorte, le tribunat légionnaire et la prélecture de cavalerie.
le cas présent, on peut tirer quelque argument, pour la thèse que j'essaie de soutenir, de la forme même des caractères et de la grandeur du marbre de l'inscription. Il faut remarquer, en effet, que les inscriptions funéraires d'Àleria, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler, sont gravées, en caractères peu soignés, sur des plaques de marbre qui n'excèdent pas cinquante centimètres de côté, tandis que les dimensions de l'épitaphe de Tettia Materna sont de m. 70 de haut sur m. 85 de large, ce qui me parait indiquer clairement que la défunte appartenait à une riche et puissante famille.
J'ai dé'jlK dit, en un autre endroit, à propos de Tinscription n^ 2, que sous le règne d'Auguste, h Corse était gouvernée par des chevaliers du titre de préfets, mais que cette organisation fut changée plus tard, puisqu'un procurateur de la Corse fût mêlé aux querelles d'Othon et de VitelUus (1). S'il est
(1) Tacite, //wr, 11, 16.
vrai, comme on le croit généralement, que ce fat soqs le règne de Claude que cette modification se produisit, l'c Auguste » dont L. Julius Longinus a été le procurateur, ne peut être que l'un des empereurs compris entre Claude et Nerva.
Fragment d'épitaphe.
Ce fragment ne se compose que des lettres suivantes :
DM