‹ Inscriptions antiques de la CorseChapitre 8 sur 21 · CAL COL · texte numérisé non relu

CAL COL

Les quelques lettres de ce fragment, — où il parait être question de la colonie d'Aleria, — sont gravées sur un morceau de marbre blanc, de 0™ 18 de haut, 0"^ 19 de large et 0"> 25 d'épaisseur, découvert par Nf. Michon à l'entrée des ruines de l'édifice connu sous le nom de Sala reale (1).

Il est à présumer qu'il provient d'un monument public, mais on ne peut, à son sujet, rien dire de précis.

(i) MiciiON, Inscript, inédites de la Corse, p. 15.

Fragment de dédicace (?).

PLICERE .. CONIN

Ce fragment qui appartient à M. de Lauriëre, est détaché d'une plaque de marbre blanc dont il formait le coin supérieur de droite, a Une trace légère de lettre indique l'existence d'une troisième ligne s> (1).

Je suppose qu'il faut lire [lem]pli Cere[ris], mais cette restitution n'est pas certaine.

(1) Bull, des AnL de France, 1887, p. 153.

Plaque de bronze menlionnant peut-être Vespasien.

La plaque de bronze sur laquelle est gravée l'inscription qui va suivre, a été trouvée à 1™ de profondeur, au-dessous de Tun des murs d'un édifice dont il ne reste plus que les fondations.

<r Le fragment mesure 20 centimètres de haut sur 13 de large et 1 nnillimâtre seulement d'épaisseur. Il est donc certain que la plaque était appliquée sur un fond, sans doute en bois. La dimension des lettres est de deux centimètres ; un intervalle de même hauteur sépare les lignes, sauf entre la troisième, qui était la dernière, et la lettre gravée audessous, où il est de quatre centimètres .

L'espace libre à gauche de la troisième

ligne prouve que le mot Africa était le premier de cette ligne » (1).

ETOI

ASIANOAVG /^FRICA D

.... curam agente...» Qui]elo[ , Vespy

asiano Aug{usto).... et ...i.. co(n)s{ulibu8).

Atrica[nus....] d{e) [s(uo) d(edit)].

c par les soins de ... Quietus....^

sous le consulat de Vespasien Auguste,

consul pour la... <) fois et de ;....Afn-

canus a, de ses deniers donné ce .... ]».

La lecture qui précède est entièrement hypothétique, mais elle n'est pas impossible, et de nombreux exemples pourraient au besoin la justifier. Il fau-drait admettre, si elle était acceptée, que sous Tun des consulats de Vespasien ou de Titus, parvenus à l'empire ainsi qu'il résulte du mot Augustus^ un personnage nommé Quietus (?) se char-

Ci) MiCHON, Inscripl. inéd. de la Corse, pp. 8 el 9, et Uull. des Ant. de France, 1890, p, 329.

gea de construire on édifice, d'ériger nne statue, on plus simplement de faire on ex-voto, dont un autre personnage, que sa profession retenait sans doute hors de la ville, avait fait les frais.

On peut remarquer que ce fragment de bronze se termine par une formule qui ne permet pas d'accepter l'hypothèse d'un texte de loi comparable an rescrit de Yespasien dont il sera question plus loin. On sait du reste que le bronze était employé quelquefois pour des inscriptions émanant de particuliers. Un texte du musée de Vienne peut être cité, à ce propos, comme un curieux exemple de son emploi sur le piédestal d'une statue (1).

(1) Allmer, InscripL de Vientie^ t. IV, p. 449.

Fragment d'inscription grecque.

' Les raines d'Âleria ont encore fourni un fragment d'inscription grecque qui ne semble pas avoir été conservé :

....INAESAI...

....INEOIB.....

Il a été publié par M. Lafaye d'après une copie de M. le docteur Perelli, de Bàstia, qui Tavait vu chez un marchand du village établi près du fort (1). .

On ne peut en tirer aucun parti (2).

(1) Lafàyb, Bull, épigr., t. III, 1883, p. 389.

(2) Il peut paraître, surprenant qu'une colonie romaine ait pu se développer dans un pays qui est aujourd'hui notoirement connu pour son insalubrité.

On peut en donner une explication.

Le prince Roland Bonaparte, dans son roagni-

fiqae oa? rage sar la Corse, a allribaé la mararia à un exhaassemeol de la côle : t Le miofais air, dît-il, remonte les vallées, s*arrètantà des endroits bien connos qu'il ne dépasse jamais ; si, en imagination, on réanit Ions ces points extrêmes ainri déterminés par une ligne continue, on ferra facilement que cette limite supérieure de l'action de la mal'aria trace ainsi sur les flancs des montagnes une 1i|?ne sinueuse, à peu prés horizontale, suivant toutes les inflexions du terrain comme le ferait une courbe de niveau de nos cartes topo» graphiques modernes. Ce sont probablement ces miasmes délétères qui n'existaient pus avant le soulèvement du rivage, qui ont forcé les habitants d*A1eria et de Mariana à abandonner leurs villes si florislsantes autrefois. » (Une excursion en Corse, Paris, 1891, in-4, p. 13).

Je ne sais si la côte s'est soulevée ou si la mer s'est retirée, comme elle Ta fait en d'autres lieux, mais l'insalubrité d'Âleria me paraît provenir, avant tout, du dépérissement de l'agriculture et du mauvais entretien de l'étang de Diana.

Le sort d'Âleria a été celui de plusieurs villes maritimes. Bien des plaines de l'Italie ne sont pas plus salubres que les siennes, parce que les coadilions d'existence d'un pays sont liées â sa prospérité matérielle. Si les anciennes villes de Crotone, de Passtum et de Sybaris ne sont plus que des solitudes empoisonnées, ce n'est pas parce que le mauvais air a amené la destruction de ces cités, mais au contraire parce que leur ruine subite a eu pour conséquence la

stagnation des eaux et le développement du mau« vais air.

[3ur la colonie romaine d'Âleria, et, d'une façon plus générale, sur la géographie ancienne de la Corse^ Cf. le résumé de M. I^ohmsen, dans le Corpus inscript, lat.^ t. X, 2« partie, pp. 83S d 840. — On peut consulter encore indépendamment des auteurs qui ont déjà été cités au bas des pages : de Bourelle, Ijol Corse historique deptiU Vantiquité jusqu'à Van 1769^ Ëpinal, 1889, in-8; — Etienne MicnoN, L Administration de la Corse sous la dotnination romaine^ dans les Mélanges d'archéologie et d'histoire^ t. VIII, l*aris-Rome, pp. 411 à 425; -- Cella- Rius^ Notitia orbis antiqui, Cambridge, 1 703, in-4y pp . 01*2 et sui V. ; — Lugciana, Histoire des Corses, par Ferdinand Gregorovius, Bastia, 1881-1884, 3 vol. in-8 ; — J. Uospatt, De Corsica insula a Romanis capta, iMonasterii, 1850, in-8; — TampoNi dans les Notizie degli l^^cavi di antichità^ Rome, 1888, in-4, pp. 540 et suiv. ; — F. Hayer- F1ELD, dans Tlie classical Review, 1880, pp. 228 et suiv.; — II. Kii^jpert, Manuel de géographie ancienne, Irad. franc., Paris, 1887, in-8, pp. 254 et Kuiv.; — Mérimée, Voyage en Corse, Paris, 1840, in-8; — Mommsen et Marquardt, Manuel des antiquités romaines, Organisation de l'empire romain, i. il, de la (rad. Iranç,, Paris, 1892, in-8, pp. 57 à 03; — E. de Rucgiero, Dizionario epigrafico di antichità romane, Rome, in-8, 13« fasc, 1889, p. 395, V« Aleria\ — Zumpt, Çomme^U. epigr., t. I, pp. 228, ^55 etc. ; et

parmi les auteurs anciens: Punb, III, 6, 80; — Sénèque, ad HelveL^ VII; — Florus, I, 18 ; — Mêla, 11, 7, 122 ; — Ptolémée, III, 2, 5, ('AXspta xoXoMol) ; — DiODonE de Sicile, V, 13, (KofXapiç) ; — ZoifARE, II, p. 57, (ObaXkpia); — Hérodote, I, 166, (AXaXfot), elc-l

l'XzxBcrlpilozx roxxxalxie de IM'ariaTia.

Epitaphe de Gellius Niger.

Cette epitaphe, qui est aujourd'hui à Bastia, et fait partie du cabinet de M.

le docteur Perelli, a été découverte, vers 1879, à Mariana, entre l'église de la Canonica et la rivière du Golo (1).

Elle est gravée^ dans un encadrement,

(l)[P£RELLi] ^ix{{. de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse, 1. 1, p. 26 ; G. Lafaye, BulL épigraphique de la Gaule, i. I, p. 230. (Cf. également Corpus inscript, latin*, t. X, Add., n» 8.329, el de Laurùre, Bull, des Ant. de F., 1887, p. 153).

sur une plaque de marbre blanc de ™ 39 de large sur ™ 22 de haut ; les caractères, d'une assez basse époque, ont " 03 de hauteur :

L GELLIVS- NIGER -I^L- EX • CLASS • MISENSI MIL • AN • XIIX • VIX • ANN ' XL • H ' H • EST

L(ucius) Gellius Niger ^ mi{les)excla8s(é) Misensi^ miUilavit) an{nis) duodevigentij vix(it) ann(is) quadraginta. H{ic) 8{itU8) est.

c Lucius Gellius Niger, soldat (matelot) de la flotte de Misène, a servi pendant dix-huit ans et est mort à Tâge de quarante ans. Il repose ici. »

Au sujet de la flotte de Misène, on peut consulter ce que j'ai déjà dit plus haut, pp. 50 à 58.

Selon toute apparence, le soldat Niger faisait partie de Téquipage de Tune quelconque des liburnae qui se trouvaient à Mariana. Il peut avoir vécu

dans le courant da troisième siècle de notre ère (1).

(l)SurMariaiia, ville anlique, (colonia Mariatia et MapiavTi), cf. Itinéraire d'Ardonin^ édiu VVesseling, p. 85 ; — Table de Peulinger^ édit. Desjardins, p. 89 ; ^ Pline, //isr nat.^ lil, xii, (vi), i ; PoMPONius MELà, II, vu, 19; — Ptoléuéb, III, II, 5; — Sénèque, Consolai, ad Uelv.y viii. — Pour la description des ruines^ on peul plus particulièrement consulter : {jkvmn^Yoyage en CorsSj p. 93, et UoswEL, Corsica, p. 22.

Xies Xxiscrlptlozia X^ozziainea dn Oap-Oorse.

Statue à VEmpereur Claude.

En 1883, M. Dufourmantel, alors archiviste du département de la Corse, lit connaître à M. Lafaye une inscription de Meria dont M. Tabbè Tomei m'a fourni un excellent estampage. Le marbre qui la porte a 0"* 75 de long sur "™ 36 de large et •" 12 d'épaisseur ; une cassure en a fait disparaître toute une partie. Les caractères, très nettement tracés, ont 0"^ 035 à la Ire ligne, 0«n 032 à la suivante, 0"» 028 à la 3e, 0™ 022 à la 4e et 0- 020 à la dernière.

L'inscription, gravée au-dessus d'un rinceau arborescent, est encadrée par

deux Génies placés sur les faces laté« raies et n'ayant chacun qu'une aile rejetée, en retour, sur >a face postérieure dont le milieu est occupé par une sorte de balustre en forme de fer de lance.

11 ne reste du Génie de gauche que la tête et Taile unique, et de celui de droite qu'un débris du derrière de la tète, avec Taile. 11 doit manquer, en hauteur, près de deux tiers de la pierre qui, en outre, devait reposer sur un socle et être surmontés d'un couronnement (1).

Cette inscription, qui n'est pas la moins importante de toutes celles de la Corse, est ainsi conçue (2) :

TI • CLAVDIO • GAESARl AVGVSTO • GERMANICO

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