PONT * MAX ' TR * POT ' IMP * COSDESI
EVNVS • TATÏ • F . SACERDO
CAESARIS • DE ' SVA ' PECVNIA ' POSV
(1) Rev. épigr, du midi de la France, l. 111, 1892, p. 147.
(2) Voir planche I.
Ti{berio) Claudio Caesari Augusto Ger^ manicOy pont(ificï) max{imo)j tr(ibunicia) pot{estate)^ imp{eratori)^ co{n)8{uli) de8(i' gnato) I [I] . Eunus, Tati /(t'Kus), sacer^ do[s] CaesariSj de sua pecuniaposui[t].
<r A Tibère Glande César Auguste GermanicQS, souverain pontife, revêtu de la puissance tribunice (pour ta première fois) salué imperator (pour la première fois), consul désigné pour la seconde fois. Eunus, fils de Tatus, prêtre de César, a, de ses deniers, érigé (ce monument). i>
II s'agit d'un elogium en l'honneur de l'empereur Claude, par un prêtre d'un •César divinisé qui ne peut avoir été que Germanicus César. On sait que le frère de Claude mourut en l'an 19, et que cette perte, que tout le monde imputa aux artifices de Tibère, fut le point de départ d'un culte nouveau qui durait encore sous Hadrien (1).
(1) Voy. ÂLLMER, Rev, épigr du midi de la France^ l. (H, n» 65.
Cet elogium est de Tannée 41 et de la fin de cette année, puisque Claude y est désigné pour son second consulat.
Claude, tremblant de peur à la mort de Caligula, fut tiré, par les prétoriens, du coin obscur du palais où il s'était caché et conduit au camp pour y être proclamé empereur le 27 janvier de Fan 41 (1). Nous avons ainsi la date do commencement de sa première puissauce tribunice (2), et il est d'autre part reconnu que les empereurs pou« valent être désignés pour le consulat dans les mêmes conditions que les particuliers, c'est-à-dire vers le mois d'octobre (3).
(1) Claude ne fut recooDu par le Sénat que deux jours après.
(2) Suétone, Caligula^ XV, 17, (cf. Klein, Fasti Consnlares^ p. 30).
(3) Il est bon de faire remarquer que tous les empereurs n'attendirent pas le mois d'octobre pour se faire désigner pour le consulat. De ce nombre fut surtout Vespasien, mais il ne semble pas que Claude se spit iiffraachi de la rè{[le commune.
En 41 , Claude fut appelé imperator II et reçut les ornements du triomphe, à Toccasion des victoires de ses gêné' raux sur les Chauqueset les Cattes (1), mais ce fait ne doit pas s'être produit avant la fin de Tannée. Au surplus, et c'est précisément là ce qui en fait le principal intérêt, Tinscription deMeria nous fournit la preuve que ce fut à partir de Claude qu'il devint d'usage, pour les empereurs, de recevoir le titre d'imper ator en même temps que la première puissance tribunice. Cet dsage n'existait pas sous Caligula et il était établi sous Néron, ainsi que le prouve une inscription de Cordoue rapportée par Wilmanns, dans ses Exempla (2).
Un autre titre, celui de paler patriae^ que Claude prit au mois de janvier 42, confirme bien celte opinion que l'inscription de Meria n'est pas postérieure à l'an 41. Ëunus ne l'eut certainement
(1) Dion, LX, 8
pas omis dann une inscription dont il attendait beaucoup, si l'on en juge par un simple détail qui n'a pas résisté & la sagacité de M. Âllmer.
Le prêtre de César, qui se dit fils de TatuSy n'était pas citoyen romain, mais il espérait bien que sa libéralité lui vaudrait de le devenir (1), et en homme prudent, il avait réservé, à la quatrième ligne de l'inscription, une place vide destinée à inscrire le nom e( le prénom qu'il aurait alors le droit de porter.
Comment se fit-il que le prêtre Eunus ne fut pas récompensé comme il l'avait cru ? Mourut-il trop tôt ou sa libéralité fut-elle connue trop tard?
On ne sait, mais la place vide nous fournit la preuve certaine que le gentilice attendu ne vint pas (1).
(1) 11 n'éiait pas ûon plus esclave, car un esclave n*avait pas le rtroit do se dire fils de quelqu'un, et par conséquent il ne pouvait être que latin ou pérégrio. Le nom de son père est sans autre exemple.
(1) On trouve sur certains monuments des noms d'esclaves précédés d'un espace qu'on ii
D'après M. Tabbé Tomei, curé de Meria, la marine de Meria serait bâtie sar remplacement de Tancienne ville de Clunium que Ptolémëe comptait parmi les trente-deux villes de la Corse, et plaçait au nord de Tlle, entre Bastla et Centuri.
laissé en blanc à dessein c propter spem libertatis. » r>f., par exemple^ G. L L.^IX, 363, 1702, 3023 ; X, 2134, etc. (Gagnât, Cours éCépigr, lat., 2eédit., p. 79, noie 3).
Rescrit de Vespasien aux Vanacini.
L'inscription suivante était gravée sur une plaque de bronze qui est aajoard'hai perdue. Elle a été publiée pour la première fois en 1711 par le Père Chamillart qui s'exprime ainsi à son sujet :
c Mais à la place d'inscriptions je vous envoyé une lettre de l'empereur Vespasien qui n'a point encore paru.
Elle fut trouvée, il y a quelques années, dans un village de la partie septentrionale de l'isle de Corse, et les habitants en tirent présent à M. Imperiali, gouverneur de cette isle, et que la République de Gennes nomma pour ambassadeur en Espagne, lorsque Philippe cinquième monta sur le trône de cette
grande monarchie.... » Sur une plaque de cuivre longue
d'an pied et demi et large de dix poatces :
IMP • CAESAR • VESPASIANVS ' AVGVSTVS MAGISTRATIBYS 'ET'SENATORIBYS VANAGINORVM * SALVTEM ' DICIT* OTAGiLlVM * SAGITTAM * AMIGVM * ET * PROCV RATOREM ' MEVM . ITA * YOBIS ' PRAEFVISSE VT ' TESTIMONIVM • VESTRVM ' MERERETVR • DELEGTOR *
DE • CONTROVERSIA • ONITM ' QVAM • HA BETIS ' CVM * MARIANIS . PENDENT! * EX ' IS • AGRI3 • QVOS • A * PROGVRATORE • MEO • PVBLILIO * MEMORIALE « EMISTIS ' VT ' FINIRET • CLAVDIVS ' GLEMENS ' PROGV RATOR * MEVS . SGRIPSI ' El ' ET * MENSOREM * MISl *
BENEFICIA ' TRIBVTA '■ VOBIS ' AB * DIVO ' AVGVSTO • POST ' SEPTIMVM ' GONSV LATVM ' QVAE * IN TEMPORA ' GALBAB * RETI NVISTIS • GONFIRMO ' EGERVNT • LEGATI • LASEMO • LEVC'NI * F ' SAGERD • AVG ' EVNVS • TOMASI • F ' SAGERD • AVG • G • ARRVNTIO ' GATELUO ' GELERB • M • ARRVNTIO AQVILA ' GOS * IIII * IDVS * OGTOBR »(1)
(1) Dissertalions du Révérend Père Etienne Çhamillartj de la Compagnie de ^ésuSf sur plu-
lmp{erator) Caesar Vespasianus Au^ gustus^ magistratibus et senatoribus Vana" cinorumy salutem dicit,
Otacilium Sagittam, amicum et procU' ratorem meum, ita vobis praefume^ ut testimonium vestrum mereretuT^ delector.
De controversia finium quam habetis cum Mariants pendenti ex is agris quos a procuratore meo Publilio Memoriale emistis, ut finiret^ Claudius Clemens^ procurator tneus, scripsi ei et mensorem misL
sieurs médailles et pierres gravées de son cabinet^ et autres monumens d'antiquité, Paris, i7ii,iQ-4<*y pp. 101 et 102. — Le rescrit de Vespasien est au Corpus sous celte rubrique : « Lamina aenea re* perla ante aliquot annos in vico quodam partis septentrionalis insulae Corsicae et, a vicanis illiSt dono data [Frederico] Jmperiali prnefeclo insulae a Genualibus creato [a , i669, teste Joh, Carolo Gregorii, Statuti di Corsica^ t. /, p. XVII] » (C. /. L., t. X, n» 8038). — Voy. encore : Muba- TORi, Novus thés, vet, inscript ^ p. 1094, n^ i et p. 2004, n^ 2; — Gregorj, Statuti di Corsica^ Lyon, 1843, in-8, t. 1, p. XVll ; — Ouelli, Inscript. lat. sélect. 9 n» 4031 ; — 1>esjardins, La Table de Peutingerf Paris, 1887, in folio^ p. $9.
if
Bénéficia tributa vohis ab divo AugiLslo^ post septimum consulatum^ quae in tem^ pora Galbae retinuisHSj confirmo.
Egerunt legati: LasemOjLeucanif{ilius), sacerd(os) Aug{usti), Eunus^ Tomasi f{ilius\ sacerd{ps) Aug{usli) ; C{aio) 4rruntio Catellio CelerCy M{arco) Arrunlio Aquilaco{n)s[ulibus) yllllidus oetobr{es).
« Aux magistrats et aax sénateurs de la cité des Vanacinij l'empereur César Vespasien Auguste, salut I
D Je suis heureux qu'Otacilius Sagitta, mon ami et mon procurateur, vous ait administré de telle façon qu'il ait mérité votre bon témoignage.
j> J'ai chargé mon procurateur Glaudius Ciemens de terminer la question de limites qui est pendante entre vous et les habitants de Mariana, à propos des champs que vous avez acquis de mon procurateur Publilius Memorialis; je lui ai écrit à ce sujet et je lui ai envoyé un géomètre.
» Je confirme les privilèges que le dieu Auguste vous a accordés après son
septième consulat (av. J. C. 27) et dont vous avez joui jusques sous Galba.
» Vos délégués, Lasemo, fils de Lucanus, et Eunus, fils de Tomasos, rua et l'autre prêtres d'Auguste, se sont acquittés de leur mission le quatre des ides d'octobre (12 octobre) sous le consulat de Gains Arruntius Catellius Celer et de Marcus Arruntius Aqulla j>.
Le rescrit de Vespasien aux Vanacini est à rapprocher des inscriptions suivantes (1):