‹ Inscriptions antiques de la Côte-d'OrChapitre 122 sur 210 · GISSEY-LE-VIEL · texte numérisé non relu

GISSEY-LE-VIEL

M. d'Arbois de Jubainville l'identifie à pro latin, avec chute du/) initial1. — Cette divinité a été identifiée àMaia2 par M. Ch. Robert. On la voit représentée sous la forme d'une femme, tenant d'une main une bourse et de l'autre, tantôt un caducée, tantôt une corne d'abondance. Dans les bas-reliefs, comme dans les inscriptions, elle est associée à Mercure : cette union est un fait si constant que dans une des inscriptions de Soulosse, le nom du dieu est indiqué par une sigle : d(eo) M(ercurio) et Rosmerte. . . . Quelquefois les bas-reliefs nous la représentent, prenant la bourse des mains de Mercure ou en recevant le contenu dans une patère. Un bas-relief analogue, de Vérone, portant les inscriptions TH et EPMHS donne le sens général du mythe : c'est Mercure fécondant la terre. Ces conclusions ont été confirmées par M. A. Bertrand dans ses recherches sur les Triades gauloises3. La triade gauloise se compose, d'après ce savant, de trois divinités mâles : l'une, ordinairement au centre du groupe, est Esus, l'autre est Taranis, sorte de Jupiter infernal, quelquefois identifié à Apollon, enfin la troisième estTeutatès ou Mercure*. Aux deux dernières peuvent se substituer leurs parèdres, zErecura (ou yEracura) et Rosmerta. — Il faut ajouter que l'on a découvert à Poitiers la dédicace d'un vase de bronze à Mercure Atdsmerius5 : L'analogie étymologique rapproche naturellement ce nom de celui de la parèdre Rosmerta, d'autant plus que le récit des fouilles peut faire penser qu'il y avait à l'endroit de la découverte deux temples distincts .

1. Mém. soc. ling., IV., 424. Une étymologie germanique a été aussi proposée. D'après M. K. Christ, Rosmerta signifierait probablement terra mater, ce qui rattacherait ce mot à Nerthus (Iahrbûcher des Vereins von Alterthumsfreunden in Rheinlande , 1883, 75e livr.). L'origine celtique de ce nom me paraît mieux prouvée.

Page 1