Ils ont complété la première ligne: ATPEAIANOS SEBASTOS
mais su si l'empereur en question était Marc Aurèle ou Aurélien ; il est bien curieux que le lapicide discret se soit arrêté dans le nom A YPEA juste à la partie intéressante 1. A ces raisons tirées de l'inscription elle-même, viennent se joindre des faits très significatifs. D'abord personne ne l'a vue : les plus hardis se contentent de parler d'après la copie d'une copie. Puis, ce qui est tout à fait grave, Baudot-Lambert déclare avoir vu le bas-relief avant que les marges aient été recouvertes du mortier qui l'emprisonne dans une maçonnerie : il n'y avait pas d'inscription. Il faudrait supposer à Dijon l'existence de deux bas-reliefs absolument identiques, l'un que personne n'a vu et qui porte une inscription, l'autre qui existe encore et qui n'en porte pas. Baudot-Lambert n'y croit pas, et avec raison. Enfin, ce qui pourrait peut-être mettre sur la voie du faussaire et en tout cas ce qui est une présomption contre l'authenticité, Nicaise s'en est occupé. A défaut d'autres indices, ce fait seul pourrait donner l'éveil2.
AUTUN. Aux environs de la pyramide de Couhard. Amphore de terre rouge trouvée au commencement du xvne s., entrée presque aussitôt dans le cabinet de M. de la Mare, et donné en 1779 à l'Académie de Dijon par Mairetet de Thorey. Empreinte en relief sur l'anse droite. Musée archéologique de Dijon, 306.
1. C'est le raisonnement que fait le P. van Hooff dans la très convaincante dissertation qu'il a consacrée à la légende de S. Bénigne. Il a pu voir le monument qu'il décrit en ces termes « Est enim admodum adolescens, satis pulcher facie, quanquam paullo mollior genis uultuque languido. Cum Monfaucon credo ipsam statuam antiquam esse, sed inscriptionem mentiri. »
2. Je n'ai pas cru devoir comprendre dans ce recueil, même sous forme d'appendice, les pièces 2 et 3 du livre IV des Miscell. de Fortunat. On pourra en lire le texte dans l'édition Léo des Monumenta Germaniae.
Diam. de l'ouv., 10 cent.
( C • I V L I • S V R I ) G(ai) Iuli Suri.
Gourtépée, I, 36. — Rosny, Hist. de la, ville d'Autan, 270. — Grivaud, Antiq. d'Aatun, 25. — Edme Thomas, 318. — Millin, Voyage, I, 250. — G. X. Girault, ap.Mag. enc., 1816, 2, 145.
ROME. Cippe.
D M D(is) M(anibds).
AEMILIO JEmilio
MORVINNICO Moruinnico,
AEDVO JEàixo.
Giorn. Arcad., 1825, p. 351.— 0. 5219.— S. A. F., 6 oct. 1880. — M. S. E., XI, 556. — Corp. Inscr. lat., 6, 11090.
Sur l'ethnique Moruinniciis, cf. Fortunat, Vita S. Germaniy c. 30 et 31.
ADDITAMENTA
3. Ajouter à la bibliographie : Maillard de Chambure, Rapport, pi. B. — Rossignol, Alesia, p. 113.
Ligne, 1. Le génitif latin Dannotali sans la mention fil(ius) est un trait de barbarie dans la langue. Ce n'est pas un mode propre aux Gallo-Romains d'exprimer la filiation, comme l'avait cru Florian Vallentin*. L'usage d'exprimer le mot filius dans les textes est tellement général et absolu chez les Romains que dans la traduction en grec d'un sénatus-consulte dont nous n'avons plus l'original, le mot ufdç se rencontre partout où filius devait se trouver dans le texte latin, ce qui est absolument contraire aux habitudes du grec 2. L'usage contraire se trouve chez tous les peuples non latins: Lucaniens3, Grecs4, Africains5. Les tables des volumes des inscriptions latines de Grande Bretagne et d'Espagne ne présentent aucune remarque sur ce point ; mais on peut se convaincre de l'existence des mêmes usages en parcourant ces volumes. Même dans des pays et à une époque où le latin a supplanté depuis longtemps la langue nationale, on retrouve cette incorrection dans des ins-
1. B. E., I, 277. Je crois qu'il n'y a pas lieu d'employer la locution « usage gaulois » introduite par F. V. et que l'auteur du t. XII du Corpus accepte dans ses tables.
2. Inscription grecque de Thisbae (Béotie) ; il faut ajouter que si l'omission de filius paraît incorrecte avec des noms propres latins, il n'en est pas de même avec des noms étrangers. Le texte cité présente 1. 48 : Aa|j.o/.piia Acovjatou ; le latin devait avoir : Damocrita Dionysi. Cf. le commentaire de Th. Mommsen, Eph. I, p. 288.
3. Cf. les inscriptions « plutôt osques que latines » publiées dans Eph., I, n. 132-138 ; la dernière, plus récente, a seule l'indication de la filiation (n. 138).