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INSCRIPTIONS RELATIVES A DES CORPORATIONS

On attribue à Numa l'institution des corporations d'artisans. Ces corporations étaient à la fois industrielles & religieuses. Dégénérées par la suite en clubs politiques, elles furent supprimées en l'an de Rome 690 = av. J.-C. 64, & bientôt après rétablies. Jules César en réduisit de beaucoup le nombre, & Auguste, à son tour, apporta de sévères restrictions à leur développement. Aucune corr poration nouvelle ne put désormais se former qu'avec l'autorisation de l'empereur ou au moins en vertu d'un sénatus-consulte, & l'on voit par des lettres de Pline (10, 42, 48) à Trajan que cette autorisation n'était pas toujours facilement obtenue.

Des corporations d'une autre sorte, dites funéraires, collegia funeraticia, se multiplièrent particulièrement sous l'empire. Elles se composaient de gens d'infime condition, qui voulaient s'assurer ainsi, au moyen d'une cotisation mensuelle de chacun d'eux, des funérailles & une sépulture.

L'organisation des corporations était l'image en petit de l'organisation de la cité. Elles formaient des corps délibérants, élisaient leurs fonctionnaires, parmi lesquels apparaissent des questeurs, des édiles, des magistri ; possédaient une fortune propre, qu'elles administraient à leur gré, & avaient aussi, de même que les cités, des patrons & des curateurs.

Placée sur la route qui conduisait d'Italie en Espagne, en communication par d'autres routes avec le centre de la Gaule, à proximité du Rhône & de la mer, Nimes ne pouvait manquer d'avoir une certaine importance commerciale. Les inscriptions signalent quatre corporations professionnelles : une corporation de charpentiers « de Nimes », fabri tignarii Nemausenses; une corporation de fabricants d'outrés, utricularii, dont le siège était aussi à Nimes, & deux corporations de centonaires, centonarii, dont l'une avait son siège à Ugernum, aujourd'hui Beaucaire, vicus alors important à cause de son port sur le Rhône.

Sans doute il y avait aussi des corporations funéraires; quelques inscriptions de Nimes permettaient déjà de le supposer; une inscription à Calvisson (canton de Sommières), mentionnant une sépulture faite ex funeraticio, semble l'indiquer d'une manière certaine.

Toutes ces corporations sont désignées par le nom de « collège ». La seule dignité rappelée est celle de magister, peut-être ordinairement remplie par deux collègues; un de ces magistri exerçait pour la seconde fois les fonctions du magisterium.

Il faut encore rappeler, ne serait-ce que pour mémoire, les cultores Urae fontis, qui auraient été charges, conformément à une conjecture que nous avons émise, de la distribution des eaux de la rivière d'Eure amenées à Nimes par l'aqueduc, & une confrérie d'adorateurs du dieu Anubis,

Anubiaci, qui, suivant toute vraisemblance, constituaient, non pas une corporation municipale, mais simplement une association de dévotion.

Rappel des inscriptions relatives à des corporations (autres que celle des sévirs augustaux), contenues dans les précédents paragraphes :

N° 1 12. — Distribution faite aux décurions, aux collèges & aux sévirs, les 24, 25 & 20 avril de l'an 161, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de l'empereur Marc-Aurèle.

Fragment rappelant un magister de la corporation des utriculaires.

Fragment provenant d'une table oblongue, divisée par des encadrements de moulures en plusieurs compartiments dont il ne reste qu'un angle de l'avant-dernier à droite & le dernier, incomplet en haut; trouvé en 18 10 dans les déblais de l'Amphithéâtre (Trélis) & déposé alors au Temple de Diane. La dernière ligne de l'inscription est gravée en dehors de l'encadrement, sur la marge formant le bord inférieur de la pierre. — Hauteur, om33; largeur, om3o; largeur de la partie encadrée, om2 r .

L * VÀ£ R I V S SECVWINVS M-BIS'COLLEc V T< I C L A R O R 5 N5MAVSENSI

V M VIVVS*SIBI»POS

. Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : le V, TA, PL & l'E de VALERIX S à la première ligne, l'N & le D de SECVNDINVS à la deuxième, le T & l'R, la seconde R & l'I d'VT£lCLAR[OR à la quatrième, l'N & l'E de NEMAVSENSI à la cinquième, liés en monogrammes.

Trélis, dans Mém. de l'Acad. du Gard, 18 10, p. 38 1. — Henzen, 7208. — Pelet, Essai sur le Nymphée, p. 46. — Herzog, n. 220. — Lenthéric, Villes mortes, p. 517. — Wilmanns, 2212.

Lignes 1 & 2. Herzog, Wilmanns : L-VALERIVS • L- / • SECVNDVS, fautivement.

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