‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 115 sur 261 · K-CO · texte numérisé non relu

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Copie dessinée de M. Allmer : les E lunaires.

CHAP. IV. — INSCRIPTIONS MUNICIPALES. ^5j

Epitaphe mentionnant une troupe dite de Memphius & de Paris.

Cippe avec base & couronnement, détérioré à droite; découvert en décembre 1864 par E. Germer-Durand sur le chemin de Montpellier, près du pont biais du chemin de fer & du four à chaux Japavaire ; recueilli plus tard par M. Pocheville, plâtrier mouleur à Nimes, & donné par lui à la ville en 1877. Une ascia se voit à la première ligne, entre les sigles D M. — Hauteur, om88; largeur, om38.

D (ascia) m

s y m m e l e mm G REX GAI

3 Mï M» H I - E t

PARIDIS-P-MET SESTIS ADMINISTRA

Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : le groupe SYMMELE, à la troisième ligne, nettement apparent sur la pierre & suivi d'un jambage incliné, qui rie peut avoir appartenu qu'à un A ou à une M ; le G de GA, à la quatrième,

peu certain & peut-être un C ; la première M & TE, la seconde M & le 1» de MEMPHI à la cinquième, le second A & l'N de ADMINISTRAN à la septième, liés en monogrammes.

E. Germer-Durand, Découvertes archéologiques, 1870, p. 3(5. — Allmer, Revue épi graphique, 2, p. 37.

Ligne 3. E. Germer-Durand : SYMPHNI.

Diis Manibus, Afrodisio symmeleano {':), Grex

Memphii & Paridis, Publio, Marco & Sextis

administrantibus .

« Aux dieux Mânes;' à Afrodisius , la troupe

« de Memphius & de Paris, (a élevé ce tom-

« beau) sous l'administration de Publius, de Mar- « eus & des Sextus ».

De nombreuses difficultés sont soulevées par cette épitaphe & résultent surtout de l'état de détérioration du texte.

Nous ne savons dire s'il faut entendre par Symmele(anus) un nom ou une fonction. M. Fr. Germer-Durand propose de suppléer par symmele- (tor); Afrodisius aurait eu dans la troupe une fonction dont le titre, emprunté au grec & jusqu'à présent nouveau, répondrait à celui de curator, ou plus exactement de co-curator . Ne pourrait-on tout aussi bien penser à un choriste ? L'inclinaison de la haste qui semble exister après LE & ne peut avoir appartenu à un T infirmerait cette restitution.

CHAP. IV. — INSCRIPTIONS MUNICIPALES. j\5ç

On a aussi à se demander si à la suite du mot GREX il y a GA... ou CA..., c'est-à-dire Gallicus ou Caesareus : « la troupe gauloise » ou « la troupe césarienne ». Dans tous les cas il est curieux de retrouver à la tête de cette troupe les noms de deux histrions rendus célèbres par l'engouement extravagant de l'empereur Verus, qui, à son retour de la guerre contre les Parthes, en (65, les avait amenés avec lui de Syrie (Capitolin, Verus, 8), en compagnie d'une nombreuse troupe d'autres comédiens. Ainsi que le remarque E. Germer- Durand, cette célébrité des deux favoris de l'empereur a dû rendre fréquent parmi les comédiens de l'époque l'emprunt des noms Memphius & Paris.

La formule administrante, pour curante, est, sinon sans autre exemple, tout au moins rare. La conjonction et qui précède le mot Sextis fait voir que les Sextus mentionnés n'auraient pas été seuls chargés du soin de veiller à l'érection du tombeau. Il devient alors tout à fait probable que les sigles P'M qui précèdent doivent se lire P(ublio^, M(arco), & qu'il s'agit de collègues, vraisemblablement au nombre de quatre, préposés, non pas au soin d'ériger'un tombeau, mais à l'administration de la troupe. On aura jugé qu'ils étaient suffisamment désignes par leurs prénoms, le hasard pouvant difficilement amener, une autre fois, la même coïncidence d'un Publius & d'un Marcus ayant pour collègues deux Sextus.

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