‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 119 sur 261 · SEXTANT · texte numérisé non relu

SEXTANT

>o . VCETIAI

Copie dessinée de M. Allmer & estampages de teu Albin Michel & de feu Gratien Charvet :

lettres peu profondément gravées, mais de bonne forme; PI final de VCETIAI très large & peut-être un E déformé accidentellement. A gauche de chacun des mots VGERNI & VCETIAI se voit un petit trou qui paraît avoir servi à fixer par un scellement un ornement en métal , une hedera par exemple. A la dernière ligne, il y a, non pas comme il le semble, SEGVSTON, mais certainement SEGVSION, lecture déjà constatée par Séguier.

Voir la bibliographie, ci-dessus n. 3g. — Barry, Histoire générale de Languedoc, tome I de cette édition, p. i52, avec/ac simile. — Herzog, n. 248.

— Allmer, Revue épi graphique, 2, p. 242.

Andusia, Brugetia,Tedusia, Vatrute, UGERSI,

— Sextantio , Briginnum , Statumae , Virinnum, UCETIAE, — Segusion.

C'est, on le voit, une liste de noms géographiques répartis en deux groupes de cinq noms, chacun des deux groupes terminé par un nom plus apparent, plus un onzième nom.

Mais d'abord à quel cas sont ces noms ?

Ugerni, qui vient le cinquième & ressort en vedette, gravé en caractères plus grands, est certainement au génitif; donc Ucetiae , qui vient le dixième, qui est pareillement placé en vedette comme commandant un groupe, & gravé en lettres plus apparentes, est à peu près certainement aussi au génitif. Les quatre premiers noms du premier groupe : Andusia, Brugetia, Tedusia, Vatrute,

sont ou au nominatif ou à l'ablatif; mais le mot Statumae du second groupe ne pouvant pas être à l'ablatif, ils sont, suivant toute vraisemblance, les uns & les autres au nominatif. A leur tour, les quatre premiers noms du second groupe, dont trois sont gravés abré\ iativement sans terminaison, seront aussi au nominatif, en conséquence de l'analogie présumable avec le premier groupe, & Statumae sera alors, non pas au génitif ni au datif singulier, mais au nominatif pluriel. Segusion, qui vient seul après Ucetiae en dehors du second groupe, sera également au nominatif. Quant à la supposition que les noms Ugerni, Statumae & Ucetiae seraient peut-être seuls complets & au génitif, & que tous les autres pourraient alors être sans exception aussi au génitif, elle est infirmée d'avance par Vatrute, qui paraît complet & n'est pas au génitif.

Quelle est, au nominatif, la forme pleine des trois noms abrégés : SEXTANT, BRIGINN, VI- RINN ?

Le premier de ces noms est connu; il s'agit de Sextantio.

A l'égard des deux autres faut-il compléter par a ou par 0, & lire Briginna, Virinna, ou Briginno, Virinno (au génitif: onis)': On ne comprendrait guère pourquoi le graveur, pouvant sans aucune difficulté écrire dans l'une comme dans l'autre forme chacun de ces mots en entier, les aurait ainsi abrégés. S'il ne les a pas écrits in extenso, c'est sans doute parce qu'ils eussent

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été trop longs dans leur forme complète, & l*on se trouve ainsi amené à rejeter les terminaisons a & o, & à admettre comme extrêmement probables les nominatifs Briginnum & Virinnum, en effet, trop longs pour pouvoir être gravés entiers sans rompre la symétrie observée dans l'inscription.

évidemment, les onze noms dont se compose la liste ou portion de liste venue jusqu'à nous sont des noms de villes ou de bourgades; mais quelles localités actuelles répondent aux localités anciennes qu'ils désignent?

De prime abord on reconnaît qu'Andusia est Anduze, chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Alais ; — qu' Ugernum est Beaucaire, où existe une inscription mentionnant un collège de centonarii Ucernenses ; — que Sextantio, marqué dans l'Itinéraire d'Antonin Caracalla & dans la Table de Peutinger, est l'endroit appelé actuellement Substantion, voisin de Montpellier; — & qu'Ucetiae est Uzès.

L'assimilation des localités désignées par les autres noms présente moins de certitude, bien que, pour la plupart des propositions présentées, les deux savants qui se sont le plus occupés de la question & avec le plus de connaissance du pays soient tombés d'accord.

Brugetia serait, d'après E. Germer-Durand, le village de Brueys, de la commune d'Aigaliers, dans le canton d'Uzès, &, d'après Charvet {Voies rom. che\ les Volkes Arécomiques, pp. 92 & 110 ,

le village de Brouzet, dans le canton de Vëzenobres.

Tedusia serait Théziers, dans le canton d'Aramon. (E. Germer-Durand; Charvet, pp. 88 & 1 10.)

Vatriite se reconnaîtrait dans Vié-Cioutat, emplacement aujourd'hui ruine d'une ville romaine, sur la commune de Mons, dans le canton d'Alais. Au pied du monticule sur Lequel repose cet emplacement coule le Droude, « dont le nom n'est « autre chose que Vatrute , par aphérèse de la « première syllabe ». (E. Germer-Durand; Charvet, pp. 53, 92, 1 10.)

Briginnwn s'identifierait avec Brignon, dans le canton de Vézenobres (E. Germer-Durand), ou plutôt avec le hameau de Brien ou Brienne, de la même commune (Charvet, pp. 81, 110).

Statumae avec Seynes, commune du canton de Vézenobres; « le ruisseau qui y passe s'appelle « PEyssène ».(E. Germer-Durand; Charvet, pp. 92, 1 10.)

Virinnum avec Védrines, lieu détruit sur la commune de Vauvert, chef- lieu de canton de l'arrondissement de Nimes (E. Germer-Durand); « sur les communes du Caylar & de Vauvert » (Charvet, pp. 53, 109).

Segusion avec Suzon, hameau de la commune de Bouquet, dans le canton de Saint-Ambroix & ['arrondissement d'Alais. (E. Germer- Durand ; Charvet, pp. <)3, 110.) Charvet, qui a bien voulu, à notre prière, vérifier sur le marbre avec la plus grande attention la lecture SEGVSION,

adoptée par Séguier & en dernier lieu par M. Hirschfeld, a reconnu qu'elle est la seule admissible, & il fait remarquer en même temps qu'elle est, encore plus que le mot SEGVSTON,en harmonie d'assonnance avec le nom d'un petit cours d'eau, « le Séguisson », qui passe au bas du village.

Vainement on s'est demandé dans quel ordre les noms sont inscrits. Le plus simple examen fait voir que ce n'est ni dans un ordre géographique, ni dans un ordre administratif, & cependant ils ne sont pas mis au hasard, puisqu'ils forment des groupes uniformément composés quant au nombre & uniformément séparés par des noms de localités désignées comme plus importantes, & à l'égard desquelles ils paraissent être dans un rapport de dépendance.

De même à l'égard du motif pour lequel ont été ainsi réunis les noms de onze localités antiques, on n'est parvenu à aucune solution satisfaisante. E. Germer-Durand a supposé une liste de souscriptions pour offrir au dieu Nemausus une statuette d'argent ou d'or, dont le piédesta aurait été le cube retrouvé : « Ugernum & Ucetia, « les deux centres de population les plus consi- « dérables, auraient fourni une cotisation nota- « blement plus élevée que celle des autres loca- « lités ». Mais alors pourquoi Ugernum & Ucetia n'occupent-ils pas, à côté l'un de l'autre, la tête de la liste :

La disposition singulière de l'inscription, entièrement rejetée sur la partie droite de la face an-

térieure du socle sur lequel elle est gravée, nous paraît ne pouvoir s'expliquer que par une nécessité de symétrie. Le dé inscrit serait, suivant nous, non pas un piédestal de statue, mais beaucoup plus vraisemblablement un stylobate portant autrefois une colonnette, à laquelle devait être opposée parallèlement une autre colonnette pareille, l'une & l'autre concourant à la décoration d'un riche laraire, sous lequel s'abritait, si l'on veut, une statuette faite d!une matière précieuse. Celui des deux stylobates qui n'a pas été ramené au jour devait présenter, sur la partie gauche de sa face antérieure, une série de noms en continuation de la liste commencée. Si cette seconde liste se composait pareillement de onze noms, la liste complète arrivait à un total de vingt-deux noms, nombre bien approchant de celui des vingtquatre oppida ignobilia Nemausensibus attributa dont parle Pline & des vingt-quatre vici, — xi^a-., — dont parle Strabon (p. 186). Aussi, le premier soin de ceux qui ont tenté la recherche des vingtquatre villes secondaires de Vager Nemausensis a-t-il été de faire entrer dans leur essai de reconstitution les onze localités nommées sur notre petit monument. Ainsi nous ferons nous-même, en y ajoutant les localités suivantes :

i° Deux localités que les inscriptions qualifient expressément de viens : le viens Arcevoturus & les vicini (à corriger sans doute par vicani) Arandunici ;

20 Quatre localités qui ont conservé jusqu'à nos

jours, à travers le moyen âge, la dénomination antique de viens : — Vêtus Vicus, Vielvic, dans le

canton de Villefort & le département de la Lozère,

■ sur l'emplacement encore rccormaissable de « l'ancienne voie Regordane » (Chai r 1 <j ;

— Vicus, Vic-le-Fesq, dans le canton de Quissac & l'arrondissement du Vigan , « sur la voie de « Nîmes à Rodez » [Charvet, p. 1 14 ; — l'icu.s. Vie, sur la commune de Sainte-Anastasie dans le canton de Saint-Chaptes & l'arrondissement d'Uzès, « sur la voie de Xi mes à Aubenas » (Charvet, p. 119); — le Mansus Vicus, mentionné par Festus Avienus & qu'on emplace dans le voisinage de Frontignan, dans l'Hérault Charvet, p. 121);

3° Cinq localités dont, à défaut des noms, nous connaissons par des inscriptions les ethniques, la supposition que les habitants de localités inférieures à un vicus aient pu être désignes par des ethniques étant, à ce qu'il nous semble, peu probable : — les Amnagenses, si toutefois il ne s'agit pas des Samnagenses, qui habitaient la rive gauche du Rhône & conséquemment en dehors du territoire de la cité de Nimes; — les Arnemetici;

— les Adgentii ; — les Budenicenses ; — les Coriossedenses ;

40 Douze localités proposées par Charvet dans l'essai de restitution qu'il a publié dans sa savante étude sur les Voies romaines che^ les Volkes Arécomiques (pp. 109 & 110):

5" La localité présumée s'être appelée Heraclea,

aujourd'hui Saint-Gilles, où l'abondance des antiquités semble attester l'existence, à l'époque romaine, d'un important centre de population ;

6° Enfin & sous toutes réserves, la localité arecomique aujourd'hui inconnue que Ptolémée (2, 10) nomme Vindomagus, & qui, par le seul fait de sa mention par ce géographe, apparaît, à ce qu'il semble, non comme un viens, un oppidum ignobile dépendant de Nimes, mais plutôt comme un chef-lieu de cite.

Toutes ces localités reunies forment une liste de trente-six noms, dans laquelle les vingt-quatre oppida ignobilia de Pline, xt^ai de Strabon, ont grande chance de se trouver compris, sinon certainement tous, au moins très-probablement en majeure partie :

i° Adgenti(a ?), Adgentii, que l'on a identifié avec la terre d'Argence, nom dont s'appelait, au moyen âge, un territoire compris entre le Gardon, le Rhône & le Petit-Rhône;

20 Aganticum, Ganges (Charvet, p. 110);

3° Altimurium, Murviel (Charvet, p. 110);

40 ^lm6n<.s\™m/Pont-Ambroix(CHARVET, p. 110);

5° Amnagenses, que nous identifions avec Nages, dans le canton de Sommières, au moyen âge Anagia;

6° Andusia, Anduze;

70 Aramo, Aramon, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Nimes (Charvet, p. 1 10);

8 " Arandunum , vicini Arandunici , que nous identifions avec Hournèze, où l'inscription a été

découverte, lieu dépendant de la commune de Calvisson, dans le canton de Sommières;

90 Arcevoturus vicus , localité dont nous ne connaissons pas l'emplacement; l'inscription <|ui la mentionne a été trouvée à Nimes;

io° Arisitum, Alestum, Alais (Charvet, pp. 109, 110); Charvet (pp. 109, 110) distingue toutefois entre Alestum, Alais, & Arisitum, qu'il identifie conjecturalement avec le Vigan ;

1 1 • A rnemet um, A rnemetici, localité inconnue mentionnée sur une inscription trouvée à Jonquières, dans le canton de Beaucaire;

12° AvicantitSj le Vigan (Charvet, p. 110);

1 3° Briginn(um), Brignon, Brienne;

140 Brugetia, Brueys ou le Brouzet ;

i5° Budenic(um), Budenicenses , Bézuc, village de la commune de Barron, dans le canton de Saint-Chaptes (E. Germ. -Durand, Dec. archéol. de 1873, p. 41; Charvet, p. 91);

160 Coriossed(um), Coriossedenses, Collias, dans le canton de Remoulins (E. Germ. -Durand ; Charvet, ibid.);

170 Forum Domitii, Montbazin, dans l'Hérault (Charvet, p. 1 10);

180 Heraclea, Fines Gothiae, Saint-Gilles (Charvet, p. 1 i3);

190 Laudunum, Laudun, dans le canton de Roquemaure (Charvet, p. 110);

200 Letinno, Lédenon, dans le canton de Marguerittes (Charvet, p. 109);

2i° Magalona, Maguelone, dans l'Hérault (Charvet, p. 1 10);

22° , Marduel ou Sainte-Colombe, dont le

nom latin n'est .pas connu (Charvet, p. 109).

23° Mcrium , Midrium, Villevieille, dans le canton de Sotnmières [Charvet, p. iog ;

240 Segusion, Suzon;

25° Statumae, Seynes ;

260 Sextantio, Substantion ;

270 Tedusia, Théziers;

28" Ucctia, Uzès ;

29e Ugernum, Ucernenses, Beaucaire;

3o" Vatrute, Vié-Gioutat ;

3i° Vindomagus (Ptolémée), localité inconnue;

32° Virinn[um), Védrines;

33° Vêtus Viens, Vie 1 vie;

340 Viens, Yic-le-Fesq ; — 3b" Viens, Vie; — 36° Viens Mansus.

Autel consacré à Auguste par le vicus Arcevoturus.

Autel avec base & couronnement, engage il y a quelques années, c'est-à-dire en 1840,, dans un mur du jardin de la maison Barre, aujourd'hui détruite, au lieu dit le Creux de Couinert, audessus du bassin de la Fontaine; ensuite employé comme marche dans la construction d'un petit escalier du même jardin (E. G. -Dur.) Des trous de scellement se voient sur la face supérieure du couronnement. — Hauteur, im28; largeur , om 58.

AVGVSTOtfSACR

vicvs*arcevoTyrys

Copie dessinée de M. Allmer : lettres tendant à la forme cursive; le G d'AVGVSTO à queue tombante; l'S d'ARCEVOTVRVS jointe au V & réduite à sa moitié supérieure; les points figurés par des feuilles cordiformes étroites & allongées.

Notes E. Germer-Durand.

Augusto sacrum vicus Arcevoturus.

« A Auguste le vicus Arcevoturus ».

« Qu'était-ce vicus Arcevoturus ? une rue de « la ville? un vicus rural r Nous n'osons hasar- « der aucune conjecture ». (E. Germer-Durand.)

« Ne serait-ce pas, à cause du nom, le quartier « de la Tour-Magne? » (Fr. Germer-Durand).

Ne serait-ce pas tout aussi bien un des vingtquatre vici répandus sur le territoire de la civitas? La découverte de l'inscription près de la Fontaine, devenue un sanctuaire du culte augustal, n'est nullement une preuve que Pacte de dévotion dont elle témoigne ne soit pas le l'ait de gens venus de loin.

Est-ce bien sûrement aussi à Auguste que Tautel a été consacré, ou à quelque autre dieu, qualifie « Auguste » & dont le nom, primitivement gravé sur la plate-bande de la corniche aujourd'hui fruste, peut avoir disparu r

Inscription mentionnant les habitants du \ icus rf'Arandunum.

Provenant de Galvisson, dans le canton de Sommières. Cippe avec base & couronnement; découvert en 1870 à Galvisson, dans une terre appartenant à M. Louis CoutelIe,au lieu dit « Hournèse-Bas ». Un cône à surface unie, mais, malgré cela, sans doute à l'effet de figurer une flamme, s'élève au milieu de la face supérieure du couronnement. L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures.

T-IYL'AVI'l' VICI ?J " A R A N D V N I & P o S

Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : le T & le dernier I de AVITI, l'N & le dernier I de VICINl liés en monogrammes.

Pelet, dans les Mém. de l'Acad. du Gard, 1863-64, p. 87. — E. Germer-Durand, Découv. archéol. pendant Vannée 1 8jo, 1872, 2me semestre, p. 12.

Diis Manibus T. Iulii Aviti, vicini Arandunici posuerunt.

« Aux dieux Mânes de Titus Julius Avitus, ses « voisins d'Arandunum ».

En lisante traduisant ainsi nous nous sommes strictement conformés au texte. Il est cependant plus probable que le mot vicini aura été employé ici improprement pour vicani, & qu'il faut entendre par vicini Arandunici les habitants d'un vicus du nom d'Arandunum. Mais qu'il y ait ou non lieu à une correction, le nom Arandunum est purement celtique & indique, en raison de la signification connue de sa terminale dunum, une localité située sur un monticule. L'inscription a été, en etfét, trouvée au pied d*une colline, & le nom de « Hournèse-Bas » que porte l'endroit de la découverte implique logiquement l'existence d'un tènement contigu qui doit s'appeler « Hourné/e-Haut » & avoir été le séjour ancien des Arandunici.

492 COLLECTION ÉPIGRAPHIQUE Dl NIMES.

Inscription au nom des habitants tf'Arnemetum.

Provenant de Jonquières, dans le canton de Beaucaire. Pierre quadrangulaire, incomplère en

bas; extraite en 1864, des murs du vieux château de Jonquières. L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, om44; largeur, om3'2 1/2; hauteur de la partie encado,n25 ; largeur, om 24 1/2. Hauteur des lettres, omo8.

ARrEMETO

Copie dessinée de M. Allher : l'N & l'E, le T

& l'I liés en monogrammes; le dernier I inscrit dans le G.

E. Germer-Durand, Notes épigraphiques, [864, p. i3. — ■ Aurès, dans les Mém. de l'Ac.ad. du Gard, 1867-68, p. 84, avec fac simile, pi. 6. Arnemetici. = « Les habitants à'Arnemetum ».

Qu'étaient les Arnemetici? Tous certainement des gens désignés par le nom de leur endroit. Cet endroit devait conséquemment s'appeler Arnemetum, nom à physionomie celtique bien caractérisée & dont même la signification est connue, le poète Fortunat (Carm., 1,9) ayant eu soin d'expliquer que Vernemetis signifiait en langue gauloise fanum ingens. Nemetum voudrait donc dire un « sanctuaire ». Ce mot se retrouve dans la composition de plusieurs noms de lieux : Au-

CHAP. IV. — INSCRIPTIONS MUNICIPALES. 4p3

gustonemetum, Nemetocenna, Ncmetacum. Il faut peut-être en faire dériver les forêts Nimidas de la Germanie & les Montes Nimidi d'une inscription des environs de Saint-Béat dans les Pyrénées.

UArnemetum du territoire de iNimes était probablement un viens. Il n'avait pas de gaulois rien que le nom ; on y conservait encore, à l'époque de l'empire à laquelle appartient l'inscription, l'usage de la mesure nationale, c'est-à-dire le pied gaulois, vieille mesure empruntée aux Assyriens & devenue, après avoir traversé la période romaine, le pied-dc-rov français, de douze pouces, supplanté de nos jours seulement par le métré. Toutes les dimensions de cette inscription, soigneusement mesurée & étudiée par M. Aurès, répondent à des divisions exactes du pied-de-roy. La pierre a juste i pied de large, chacune des deux bordures latérales juste r pouce 1/2, le champ inscrit juste 9 pouces; tous les jambages verticaux des lettres du mot AR^MET/Ê tombent à l'aplomb ou d'un pouce ou d'une division exacte du pouce : les trois quarts, la moitié ou le quart. Cette fidélité aux usages nationaux à peu de distance de Nimes nous montre la romanisation, si prompte lk si complète au chef-lieu, n'envahissant les campagnes qu'avec une certaine lenteur.

On a pense avec assez de vraisemblance que la pierre au nom des Anw»ietiei peut avoir été une limite. Aucun nom local dans la région où elle a été trouvée & où a dû exister le viens Arncmetnm n'a conserve trace du nom antique.

( Ci -dessus, n. 5.) Inscription mentionnant des Adgentii.

Table quadrangulaire, bordée d'une moulure encadrant l'inscription; trouvée en 1810 à Ni Oies, dans les déblais de l'amphithéâtre (Trél.). — Hauteur, om37; largeur, om6o; hauteur de la partie encadrée, om25, largeur, ora48.

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