MARTI - A V G
LACAVO-SACRYM
ADGENTlI-EX'AERE
Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand.
Voir la bibliographie, ci-dessus n. 5.
Marti Augusto Lacavo sacrum, Adgentii ex aère collato.
« A Mars Auguste Lacavus, les Adgentii ont « élevé cet autel, du produit d'une collecte ».
Les mots ex aère collato paraissent éloigner la possibilité qu'on doive entendre par Adgentii autre chose qu'un ethnique. Il s'agissait donc, croyons-nous, des habitants d'un vicus, dont nous
ne parvenons pas à reconstituer le nom. On a cru retrouver l'emplacement de leur demeure dans un territoire compris entre le Gardon, le Rhône (^ le Petit-Rhône, & appelé au moyen âge Terre d'Argence.
Aussi bien Tun que l'autre, le surnom local de Mais <Sc l'ethnique des dévots qui lui ont dédie un autel appartenaient à l'idiome national.
Autel à Jupiter par les Coriossedenses & les Budenicenses.
Provenant de Collias, dans le canton de Remoulins. — Autel, haut & étroit avec base & couronnement; engagé extérieurement dans le mur de la petite chapelle rurale de l'Ermitage de Notre-Dame de Laval dit aussi de Saint-Yérédéme, à l'angle sud-est de l'abside. Sur la face antérieure se voient au-dessous de l'inscription une grande roue à huit rais pointus & immédiatement audessous de cette roue l'extrémité supérieure d'un manche qui devait être celui d'un trident disparu par suite de l'usure de la pierre. — Hauteur o™55; largeur, om48.
CORIOSSEDENSes ET'BVDENICENSES^
Copie dessinée de M. Allmer & estampage de M. Rochetin : lettres de bonne forme; lecture de la seconde ligne peu certaine : CORIOSSEDENS, CORIOSBEDENS, CORIOBEDENS.
Petrus Borel, i 653. — Guiran, Msc, p. 95. — DD. Martène & Durand, Voyage, 1717, p. 3o6. — Séguier, i3 8o2, V, p. 27. — Trenqlter, Notice sur Collias, 1862, p. 29. — E. Germer-Durand, Notes manuscrites, 1869; Découvertes archéologi-
ques , 1877, p. 41. — Charvet, Voies romaines, p. 91. — Allmer, Revue épigraphique, i, p. i3'2.
lovi Coriossedenses & Budenicenses.
« A Jupiter les habitants de Coriossedum(r) & « de Budenicum ».
Qu'étaient ces localités.'' E. Germer-Durand & Gratien Charvet ont proposé de reconnaître les anciens séjours des Coriossedenses & des Budenicenses dans le village actuel de Collias sur le territoire duquel se trouve l'Ermitage, & dans le hameau de Bézuc de la commune de Barron, éloigné d'une quinzaine de kilomètres dans la direction du couchant. Non loin de Bézuc prend naissance un ruisseau du nom Bourdic. Coriossedum & Budenicum, auxquels leurs noms assignent une origine gauloise, avaient certainement la condition de vicus à l'époque romaine; ils apparaissent expressément avec le titre de vicus sur des triens mérovingiens : COLLIACO VICO, BISVCO VICO.
La roue & le trident sculptés au-dessous de l'inscription sont des attributs de Jupiter communs dans le midi de la Gaule. Par le trident on voulait indiquer particulièrement la violence de la foudre & par la roue on exprimait d'une manière saisissante le bruit du tonnerre comparé à celui d'un char roulant & bondissant dans une course effrénée. L'occasion se représentera de parler de ces attributs.
Voir aux Inscriptions de Collias, route de Nîmes à Alba, un autel à Mars Budenicus.
Fragments d'une inscription double, faisant mention d'un magnifique legs de deux millions de sesterces & de divers biens-fonds parmi lesquels un port sur le Rhône.
Fragment opistographe, trouvé en septembre 1873 derrière la porte d'Auguste, dans des démolitions opérées sur la partie de l'emplacement de l'ancien Château-Royal devenue successivement la gendarmerie & la propriété de M. Samuel Guérin. L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures, aujourd'hui retaillées. — Hauteur, o"1 5o; largeur, om38.
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Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : lettres de bonne forme; le D & l'O de FVNDOS liés en un monogramme.
Fr. Germer-Durand, dans la Galette de Nimes, septembre 1873. — E. Germer-Durand, Découv. archcol. de i8y3, 1877, p. 92.
E. Germer-Durand, ligne 3 : MpRl. à tort; il y a PRAE sans lacune initiale; — 4 : PORTVM'CA, à tort; il y a PORTVM'C sans aucune trace d'A à la suite.
post mortem suam sestertium vicies centum
millia, itemque praedia, fundos, portion Crindavinum ad ripam fluminis Rhodani dédit.
« , a donné après sa mort deux millions
« de sesterces, & de plus ses domaines, ses terres, « le port de Crindavinus au bord du Rhône. »
Nous sommes ici en présence d'un des plus regrettables méfaits du hasard. Un legs, comprenant la très-grosse somme de deux millions de sesterces : environ 400 000 francs de notre monnaie, des domaines de ville & de campagne, & un latifundium dont faisait partie un port sur le Rhône, n'est pas du tout un cas ordinaire. La prodigieuse richesse que laisse entrevoir une telle libéralité parle à notre imagination de quelque grand personnage, élevé sans doute au-dessus de la condition municipale, probablement mêle aux événements politiques de son temps & alors peut-être historiquement connu. Malheureusement son nom & celui du donataire nous échappent par suite de la perte de la majeure partie de la pierre à laquelle ils avaient été confiés.
Si téméraire que soit la conjecture, nous ne pouvons, en l'absence de toute donnée propre à
5oo COLLECTION ÉP1GRAPHIQUK DE M
jeter un tant soit peu de lumière, nous empêcher de songer au célèbre & richissime Ni mois, Domttius Afer, mort très-vieux sous Néron, c'est-àdire à une époque où il était d'usage, dans le monde aristocratique, de laisser en mourant une partie de sa fortune à L'empereur. Il aura, entre autres choses, légué au prince l'argent & les biens qu'il possédait à Nimes. Mais c'est là, nous le reconnaissons de nouveau, une pure supposition, & même des plus aventurées. Peut-être s'agit-il de quelque opulent inconnu qui aura fait cette splendide donation à la respublica de Nimes.
Quant au port ad ripam Jluminis Rhodani, aucun nom connu ne répondant ni de près ni de loin à celui de Crindavinus, nous ne savons, où il était situé. «Sur le Petit-Rhône, commune « de Bellegarde, à la limite de la commune de « Fourques, il existe deux fermes voisines ; l'une « s'appelle Mas d'Aigrun (au seizième siècle : « Mas des Gruns : Dict. top. du Gard) & l'autre « Mas d'Asport pour Das-Port. Nous pensons « qu'il faut peut-être voir là l'emplacement du « Portus Crindavinus » (Fr. Germer-Durand).
Le monument était placé de manière à être vu des deux côtés; la même inscription était gravée sur chacune des deux faces.
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Les divinités dont le souvenir nous est transmis par les inscriptions sont, les unes d'origine nationale, les autres empruntées au panthéon romain ou aux religions de l'Orient.
Les divinités d'origine celtique paraissent être toutes des personnifications des sources ou de territoires. On reconnaît facilement des sources dans le dieu Nemausits de la fontaine de Nimes; dans la déesse Ura fons : la fontaine d'Eure amenée d'Uzès à Nimes par l'aqueduc du Pont-du- Gard ; dans la déesse Diiona : la Vionne affluent de la Ceze; dans la déesse Urnia : TOurne, dont la belle source est à Saint-Félix de Palliercs ; dans le dieu Avicantus : le ruisseau qui a laissé son nom au Vigan; dans les Aquae Briginnenses, qui ont laissé le leur à la commune de Brignon & au hameau de Brienne en dépendant; la déesse Sulivia Idennica rappelle le ruisseau de l'Eyssènes, qui prend sa source à Seynes. Ce sont des
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territoires que représentent le dieu LettnttO : Lédenon; le dieu Aramo : Arainon ; Mars liitdenicus : Bézuc; Mars Britovius : Saint-Hilaire de Bretmas, anciennement lïrctomansus, & probabl.ment aussi Mars Lacavus, dont l'identification n'a pu encore être déterminée, mais qui ne peut guère avoir été un dieu de fontaine. La déesse Ritona & les Icotiae des enviions d'Uzès ne laissent pas apercevoir sûrement ce qu'elles étaient. Cependant Ritona serait, très-probablement d'après M. Rochetin, la petite rivière qui arrose le territoire de la commune de Montaren.
Parmi les divinités romaines, Jupiter, Mars & Mercure sont les dieux dont les autels ont été retrouvés en plus grand nombre. Jupiter y est souvent désigné par le symbole celtique de la roue, qui faisait allusion au bruit du tonnerre. Une croyance qui semble avoir été propre à Nîmes & a aussi laissé quelques traces chez les Yoconces a donné lieu à de nombreuses dédicaces aux Proxumae, figurées sur un de leurs autels par trois femmes assises.
Les divinités orientales sont représentées par Isis, qui paraît avoir eu, à Nimes, près de la fontaine, un magnifique temple, & par le dieu égyptien Anubis, dont le culte y était desservi par une confrérie d'Anubiaci.
N. B. — La plupart des inscriptions concernant les divinités ont été données au chapitre Ier; il n'y a dans cette série nouvelle que les monuments entrés au musée depuis l'impression des premières feuilles de ce Catalogue.
CHAP. V. — INSCRIPTIONS RELIGIEUSES. 5o3
Epitaphe d'une prêtresse d'Isis.
Pierre quadrangulaire bordce d'une moulure encadrant l'inscription; autrefois, a engagée dans le mur de la maison n° 42 du « Cours-Neuf, non « loin de la fontaine de Nimes ; entrée au musée « en 1880 » (Fr. G. -Durand). — Hauteur, om44; largeur, om45; hauteur de la partie encadrée, ora3i ; largeur, om 3 1 .
MARCVS GESSIVS AVGVR'ET'TETTIA CRESCES • VXOR I SIDIS'SACERDOS'IN 3 SVO'SIBI-POSVERVNT
MONIMENTVM ' Ni H ERE DEM» S E Q.VAT VR
Copies dessinées de M. Ai.i.mkr & Je M. Fr. Ge RM E R-D U R A N t) .
Annales eneyelop., 1818, juin.
Marcus Gessius Augur & Tettia Crescens, uxor, Isidis sacerdos, in suo sibi posuerunt. Monimentum ni heredem sequatur.
« Marcus Gessius Augur & Tettia Crescens, son
f)04 COLLECTION ÉPIGRAPHIQUI M NIMES.
« épouse, prêtresse d'Isis, se sont élevé ce tom- « beau sur leur fonds. Le monument ne passe pas « à l'héritier ».
Remarquer le prénom Marcus écrit en toutes lettres, le cognomen Augur, l'orthographe Cresccs pour Crescens , la forme néologique monimentum non antérieure à Auguste, & l'archaïsme, au contraire fort ancien, de ni pour ne.
CHAP. V. — - INSCRIPTIONS RELIGIEUSES. 5o5
Autel aux Parques.
Fragment incomplet de tous côtés; trouvé en octobre 1884 dans la démolition de la maison Tribes, rue des Lombards, pour le passage d'une rue nouvelle. — Hauteur, omi5>; largeur, o,ui8.
p e r SOm n i u m
imsSVS'VAL'TAT
Wm 'PARCABVS
Estampage d'Albin Michel : l'O, à la première ligne, la première S de iusSVS, & le dernier T de TAT, à la seconde, réduits à des restes qui les rendent peu certains.
Allmer, Revue épi graphique, II, p. 78.
Pcr somnimn j tissus, Valeritts, Tatinus{'.) Parcabus votum solvit libens merito.
« Aux Parques, Valerius Tatinus avec recon- « naissance en accomplissement de son vœu con- « tracté d'après un ordre reçu en songe ».
L'extrême rareté des autels dédiés aux Parques fait de ce petit texte, tout mutilé qu'il est, un débris précieux.
5o6 COLLECTION EPIGRAPH1QUE DE NIMES.
Autel aux Proxxumes.
Fragment d'un autel, découvert en mars 1882 derrière le Temple de Diane (Aurès).
;rOXXVMIS
Copie de M. Aurès.
Revoil, dans le Bullet. de l'Acad. de Nimes, 1882, p. 49. — Allmer, Revue épigr., 1, p. 263.
Proxxumis.
« Aux Proxumes ».
Ce qui paraît certain, c'est que le culte de ces divinités aurait été spécial aux Volques Arécomiques & aux Voconces, ou pour nous exprimer d'une manière plus conforme à l'époque à laquelle appartiennent tous les monuments qui les rappellent, à la cité de Nimes & à celle de Vaison. Ces monuments ont été trouvés pour la plupart sur retendue de la cité de Nimes & ont été élevés, pour la plupart aussi, par des femmes (Aurès).
CHAP. V. — INSCRIPTIONS RELIGIEUSES. 5o7
Autel au Génie de Titus par un affranchi.
Autel en forme de gaine d'hermès, incomplet en haut, autrefois engage dans le mur du rempart près de la porte de la Couronne; ensuite recueilli parSéguier& joint à la collection réunie dans son jardin. L'inscription occupe le haut du de, bordé de moulures dans toute sa hauteur. — Hauteur, ira7o; largeur en haut & en bas, om35; à Rétrécissement & audessus de la base, om 29.
EVPORVS L I B
Copie dessinée de M. Allmer : lettres de bonne forme.
Gcnio Titi nostri Euporus libertus.
« Au Génie de notre Titus, Euporus son af- « franchi ».
5o8 COLLECTION EPIGKAPHIQUE DE NIMES.
Autel au Génie de Sévérus par un client.
Fragment présentant la partie supérieure d'une gaine d'hermès, trouvé en février 1884 aux Halles centrales. L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, om 1 7 ; largeur, ora3o; hauteur, de la partie encadrée omi3; largeur, om23.
G^SEVÉRI^N
CERIÂLIS'CLIEKS
Estampages de feu Albin Michel & de M. Goudard; copie dessinée de M. Fr. Germer-Durand : accents sur le second E de SEVERI & sur l'A de CERIALIS.
Nemausa, 2rae année, p. 20. — Allmer, Revue épi graphique, 2, p. 38. — Maruéjol, dans le Bulletin épigraphique, 1884, p. 14Ô.
Genio Severi nostri, Cerialis cliens.
« Au Génie de notre Sévérus, Cerialis son « client ».
Autel à la Junon de Quieta par un affranchi.
Fragment provenant de la partie supérieure d'une gaine d'hermès qui devait porter un buste; découvert en septembre 1 883 dans les travaux de démolition pour créer l'emplacement des Halles centrales. — Hauteur, o'" 23; largeur, omi7.
^MlÉTAE'N vlTÂLIS'L
Estampages de feu Albin Michel & de M. Goudard, & copie dessinée de M. Fr. Germer-Durand : accents sur l'V de IVN, sur le premier E de QVIETAE, sur l'A de VITALIS.
Michel, dans le Bulletin de l'Académie du Gard, 1 883, p. 12 5, & dans le Bulletin épigraphique, 1884, p. 146. — ■ Allmer, Revue épigraphique, 1, p. 405. — Nemausa, 2me année, p. 17.
Iunoni Quietae nostrae, Vital is libertus. « A la Junon de notre Quieta, Vitalis son af- « franchi ».
5lO COLLECTION Kl'ICKAPHIQUE DE NIMES.
Autel à la Junon de ...bulla par des affranchis.
Autel en forme de gaine (Thermes, retaillé de haut en bas à gauche; engagé, il y a quelques années, dans le mur d'une maison de la rue des Fours-à-Chaux. Sur le couronnement en plan incliné se voit le creux demi-circulaire entaillé pour recevoir un buste. Le dé est bordé de moulures dans toute sa hauteur. L'inscription en occupe à peu près le tiers supérieur. — Hauteur, imo,o; largeur, om28.