CHAPITRE I. DIEUX, DEESSES, ETC. ZJ
Deux lettres, à la fin de la seconde ligne, ont été emportées par un coup de pioche. Ce sont celles qui composaient la syllabe initiale du nom du père de Quintina. Quel pouvait être ce nom ayant au génitif teris? Nous ne voyons guère qu'Aster qui puisse convenir ici, &, bien que ce nom, ou plutôt ce surnom, soit rare1, nous avons cru devoir l'admettre dans notre lecture.
Le culte des Dioscures Castor & Pollux, invoqués par les Romains sous le nom de Castores, tandis que les Grecs les réunissaient sous celui de noVjStJxtî, n'apparaît qu'assez tard. Les deux seules inscriptions datées où nous les voyons figurer sont, l'une de la fin du second siècle de notre ère (ig8)a, l'autre du milieu du troisième siêcle3.
L'époque de la construction de notre aqueduc n'a jamais été exactement déterminée; cependant les auteurs s'accordent, & avec toute vraisemblance, pour l'attribuer au règne d'Antonin-le- Pieux, c'est-à-dire au milieu du second siècle ( 1 3 8- 1 6 1 après J.-C). Notre autel votif, ayant été employé parmi les matériaux de construction, ne peut qu'être antérieur à cette époque.
Mém. de VAcad. du Gard, année 1871, p. 1 56.
• On en a pourtant des exemples : Salvius Aster (Grut., 953, 9), & un uaiStov de Platon, au sujet duquel Apulée, dans son Apologie, nous a conservé deux distiques attribués au philosophe athénien.
a Orelli, nn. 1567 & 4235.
3 Orelli-Henzen, n. 5563.
Trouvé en 1740, dans le bassin de la Fontaine ou aux alentours du Temple de Diane, cet autel votif, dont la hauteur est de om24 & la largeur de orai4, faisait partie de la collection épigraphique annexée à la Bibliothèque de la ville de Nimes. — Ménard, je ne sais pourquoi, n'a point recueilli cette inscription.
Elle se compose de ce seul mot :
nYmphis
Nymphis.
« Aux Nymphes ».
Point de nom de dédicant, point de formule votive. Il est impossible d'être plus modeste & plus discret.
J.-F.-A. Perrot, Hist. des Antiq. de Nimes, i83i, p. 112, n. 37; A. Pelet, Cat. du Musée de Nimes, p. 197 (édit. i863).