CHAPITRE I. — DIEUX, DEESSES, ETC
Trouvé, en i853, dans le mur d'un ma\et voisin de la Tour-Magne, où il avait été employé comme moellon, ce fragment était précédemment conservé dans l'enceinte extérieure de la Maison- Carrée, sous le n. 121. — Les caractères appartiennent à l'écriture rustique du second siècle. — Hauteur, om35; largeur, om3o.
Ce fragment provient-il d'un autel votif aux Lares & à Nemausus? Nous l'avons supposé, & c'est pourquoi nous le plaçons à la suite des inscriptions relatives au culte des Lares Augustes.
.... BVS
r LES B I
^T^NEMATS
[Lari]bus [Tertius ?], Lesbi(i) [f(ilius), Minervae & Nemaus[o votum solvjiï.
« Aux Lares, à Minerve & à Nemausus, N..., fils de Lesbius, en accomplissement de son vœu ».
Nous nous sommes laissé guider, dans les suppléments que nous avons hasardés de ce fragment, par l'analogie qu'il présente avec le n. 11, où Minerve est invoquée après les Lares. — Quant au
nom Tertius, que nous avons attribué au dédicant, on pourrait le remplacer par tout autre ayant le même nombre de lettres. — Le COgnomen lesbikj apparaît pour la première fois au masculin sur nos inscriptions nimoises; il est assez fréquent ailleurs'; on rencontre une Pontia Lesbia dans les inscriptions funéraires de Nimes. Sur l'absence de l'F après le génitif Lesbii, voir ci-dessus, n. 17. — A la fin de la 4e ligne, emportée presque tout entière, on aperçoit l'extrémité supérieure de deux lettres, que nous croyons avoir été un I & un T.
A. Pelet, Catal. du Musée de Nimes, p. io3 (édition i863).
Pelet, 1. 3, I ■ NEMAVS ; point de 4* ligne.
1 Lesbivs, Corpus I. L., t. 3, 2958; Brambach, Insc r. Rhen., 1243.
Immédiatement après les inscriptions des Lares Augustes, divinités officielles communes à tout l'Empire, nous mettons celles qui se rapporter** au culte de notre grande divinité topique, Nemausus. Elles sont naturellement assez nombreuses.
Déjà nous avons vu Nemausus associé, sur des monuments votifs, à diverses divinités II nous reste à donner les inscriptions où il est invoqué seul.
Et d'abord nous n'hésitons pas à mettre en tête de ces monuments votifs un petit piédestal, en marbre blanc fortement teinté de gris, « dont la partie inférieure est malheureusement perdue, & qui a été trouvé, vers Tan 1747, en creusant pour les fondations d'une maison, dans un champ situé sur le chemin de Sauve, près de la Fontaine de Nismes » (Ménard). L'inscription est gravée sur la face antérieure d'un prisme droit quadrangulaire, que couronne une base circulaire, évidemment destinée à supporter une statuette en or ou en argent, qui y ctait fixée au moyen du trou pratiqué dans le centre. Tout concourt à indiquer que cette statuette était celle du dieu Nemausus. C'est pourquoi nous comprenons ce petit monument votif1
1 M. Walckenaer voit, dans cette inscription, « une sorte d'itinéraire gravé sur une borne milliaire ». Il ajoute en note : « Cette conjecture devient bien vraisemblable depuis la décou-
parmi ceux qui lui sont consacrés, bien que son nom n'y figure pas, du moins dans la partie qui nous est restée.
Ce fragment, autrefois conservé dans la collection épigraphique annexée à la Bibliothèque de la ville de Nimes, a om24 de hauteur sur omi2 de largeur & autant d'épaisseur. Les caractères sont très-purement gravés'. Les noms y sont disposés comme il suit :
AN DVSI A BRVGETIA TEDVSIA VATRVTE
5 • VGERNI
SEXTANT BRIGINN STATVMAE V I R I N N
• VCETIAE
SEGVSTON
verte du milliaire de Tongres, en 1817, qui contient un pareil itinéraire ». II est évident que M. Walckenaer n'avait pas vu notre petit monument, & qu'il avait lu bien légèrement la dissertation de Ménard.
« Voir au tome I de l'Histoire générale de Languedoc,