CHAPITRE I. — DIEUX, DEESSES, ETC
Voici à coup sûr le plus grand autel aux Proxumes parmi tous ceux qui nous ont été conservés. Il a im5o de hauteur sur ora58 de largeur & om43 d'épaisseur. C'est un véritable monument, dont les dimensions semblent contredire l'idée qu'on s'était faite jusqu'ici, d'après les nombreux autels aux Proxumes, dont les dimensions minuscules & la simplicité (pour ne pas dire la grossièreté) d'exécution indiquaient qu'ils étaient destinés à rester enfermés dans les laraires. Celui-ci, bien évidemment, n'a pas été fait pour entrer dans un laraire; il était sans doute dressé dans le jardin de quelque riche propriétaire de la Camargue.
C'est Noble de la Lauzière qui l'a publié le premier, en 1807. Le capitaine Achille Colson (Rcch. sur le culte des Proxumes, i85i) le croyait perdu, lorsque, en 1 856, M. Aug. Pelet l'a retrouvé dans une terre appelée « la terre de la Tombe » & dépendant du domaine de l'Auricet, ou mieux Lauricet, situé sur la rive gauche du Petit-Rhône & appartenant à son gendre, M. Emile Causse. Mmc veuve Causse vient d'en faire don au Musée (novembre 1879).
La pierre est fruste, ayant été exposée pendant des siècles aux émanations salines du vent marin. La cinquième & la sixième lettres de la première ligne ont disparu, mais peuvent être suppléées d'une manière incontestable.
ATTIÉ HRlMA
PROXSVMlS
SVIS
i4W/[a P\rima Proxsumis suis.
« Attia Prima à ses Proxumes ».
Noble de la Lauzière, Abrégé chronol. de l'histoire d'Arles, n. 6; Ach. Colson, Rech. sur le culte des Proxumes, dans Mém. de l'Acad. du Gard, i85o-5i, p. 45; A. Pelet, Mém. de l'Acad. du Gard, i856-5y, p. 21 ; Aurès, Mémoire inédit, p. 17; Antiq. de France, p. 10 1 du Bulletin.
Noble de la Lauzière & Colson, 1. 1. ATIlI A.