‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 75 sur 261 · I M P * II - R E F E C I T · texte numérisé non relu

I M P * II - R E F E C I T

Les G de AVG & de GERMANIÇVS, à la troisième ligne, & de DESIG, à la cinquième, terminés en spirale.

Bergier, Hist. des gr. chem. de l'Emp., p. 714, n. 4. — Guiran, Msc, p. 63. — Maffei, Gall. antiq., pp. 33-34. — Astruc, Mém. pour l'hist. nat. de Lang., pp. 221-222. — Ménard, 7, p. 436. — SÉguier, 1 3 801, pi. 9, & feuille add., f° 84. — Pelet, Col. itin.j pp. 55, n. 3. — Trenquier, Notice sur Manduel, p. 27. — Aurès, Bornes mill. du Gard, pp. 90-93. — E. Germer-Durand, Notes manuscrites.

Ti. Claudius, Drusi filius, Caesar Augustus Germanicus, pontifex maximus, tribunicia potestate, consul, designatus II, imperator II, refecit.

« Tibère Claude César Auguste Germanicus, « fils de Drusus; souverain pontife, revêtu de la « puissance tribunicienne pour la première fois, « consul une fois, désigné pour un second consu- « lat, imperator deux fois, a refait (la route) ».

Cette borne appartenait certainement au sixième emplacement, tout-à-fait rapproché de la ferme du Mas de la Crau, qui occupe l'endroit même de l'ancienne chapelle rurale de Notre-Dame de Lignan, à un demi-kilomètre à peine au sud-est de la voie romaine. On vient de voir que le milliaire de Claude pris au cinquième emplacement a été retrouvé dans l'église de Couloures; celui du septième emplacement existe encore à Redessan. L'attribution proposée est donc tout-à-fait certaine.

Milliaire de Claude, le huitième sur la voie Domitia, dans la direction de Nimes à Beaucaire. — De J.-C. 41 .

Redessan. — Fragment retaillé à droite, présentant la partie supérieure d'une borne cylindrique à inscription encadrée; trouvée, en 1880, à Redessan, noyé dans la maçonnerie d'une maison du village.

TIrCLAVDttt!

DRVSI'F'CAEj a t A V G - G E R M A n i c P ONTIF'MAX* T r i b

-s POT'COS'DESI^./i

Les G de AVG & de GERMAm'c, à la troisième ligne, terminés en spirale.

E. Germer-Durand, Notes manuscrites : « In- « connu jusqu'ici ».

77. Claudius, Drusi filins, Caesar Augustus GermanicuSj pont if ex maximus, tribunicia potestate, consul, designatus II, imperator II, refecit.

« Tibère Claude César Auguste Germanicus, « rils de Drusus; souverain pontife, revêtu de la « puissance tribunicienne pour la première fois, « consul une fois, désigné pour un second consu- « lut, imperator deux fois, a refait (la route) ».

Fragment peut-être relatif à Trajan. — De J.-C. 114 à 117.

Nîmes. — Fragment en trois parties, présentant le bord gauche d'un bloc quadrangulaire sans ornement, qui a dû former le dé d'un piédestal ; déposé à la maison-Carrée on ne sait à quelle époque. — Hauteur, ora35. Hauteur des lettres,

P o n t • m .1 x TR/ b-po t ...c 0 s-vi-p'p P R / n c i p i ■ o p t i m o N e m a a s e n s e s

La première des deux lettres qui commencent la septième ligne incomplète en bas : un O ou un Q; la seconde, réduite à la moitié supérieure d'un jambage incliné de gauche à droite : un V ou une X.

Imperatori Caesari Traiano Augusto, pontifîci

maximo, tribunicia potestate , consuli Vl,patri

patriae, principi optimo, Nemausenses

CHAP. III. — INSCRIPTIONS PUBLIQUES. 1 3y

« A l'empereur César Trajan Auguste, souve- « rain pontife, revêtu de la puissance tribuni-

« cienne pour la fois, consul six fois, père de

« la patrie, prince excellent, les Nimois ont élevé « cette statue, ».

Trajan a reçu le titre d^optimus en l'an 1 14, repondant à sa dix-huitième puissance tribunicienne; il était alors, depuis Tan 112, consul pour la sixième fois & n'eut plus d'autre consulat jusqu'à la fin de son règne, en 117.

Les débris de la dernière ligne pourraient être le commencement d'une date consulaire : Q*N/mio Hasta, P. Manilio Vopisco, consulibus. Ce consulat, si la restitution proposée n'était extrêmement incertaine, fixerait l'inscription à l'an

Sur la face latérale du fragment apparaît l'angle supérieur droit d'un encadrement de moulures qui renfermait une inscription, probablement gravée postérieurement à celle que nous supposons se rapporter à Trajan & après la destruction de la statue que portait le piédestal. De toute cette seconde inscription, il ne reste aujourd'hui qu'un O, dernière lettre d'une des lignes dont elle se composait.

Epigraphe en lettres de bronze sur la frise d'un temple, peut-être la basilique construite par Hadrien en l'honneur de Plotine. — De J.-C. 118 ?

Nîmes. — Parties du fronton & de la frise d'un grand & magnifique édifice d'ordre corinthien, trouvés à Nimes en 1739, « à l'extrémité » du bassin romain de la fontaine (Ség.), c'est-à-dire au midi de ce bassin, du côté le plus éloigné de la source, « sur un massif continu d'environ « 12 toises de long sur 2 toises de large » (Mal.), « la façade tournée vers le bassin » (Ség.); déposées alors dans l'édifice antique dit vulgairement Temple de Diane; de là, transportées, il y a peu de mois, au nouveau musée, ancien hospice Saint- Antoine, où, rétablies pour la première fois, grâce à l'ampleur du local & surtout à la direction dévouée & très-compétente de M. Aurès, dans leur disposition primitive, elles ont permis de reconnaître que le monument dont elles proviennent présentait autrefois huit colonnes de face portant une frise composée alternativement de sommiers & de claveaux répondant aux colonnes & aux entre-colonnements. On possède de cette frise, à partir de l'angle gauche, le premier sommier & le premier claveau à sa suite, le deuxième sommier & la partie inférieure droite du deuxième claveau, répondant aux deux premières colonnes & aux deux premiers entre-colonnements; la moi-

CHAP. III. — INSCRIPTIONS PUBLIQUES. I 3q

tié droite du quatrième sommier, répondant à la quatrième colonne; le milieu du cinquième sommier avec la moitié gauche du cinquième claveau, répondant à la cinquième colonne & au cinquième entre-colonnement. Il manque par conséquent le surplus du deuxième claveau, le troisième sommier & le troisième claveau, la moitié gauche du quatrième sommier, tout le quatrième claveau, par le milieu duquel passait l'axe de la construction, le surplus du cinquième sommier & du cinquième claveau & tout ce qui venait après, c'est-à-dire le sixième sommier, le sixième claveau, le septième sommier, le septième claveau, & enfin le huitième & dernier sommier, reposant autrefois sur la colonne d'angle du côté droit. L'inscription, en lettres de bronze probablement dorées, courait sur la frise, dont elle remplissait la longueur presque entière. Les lettres manquent depuis l'époque sans doute où l'édifice a été renversé, mais sont aisément reconnaissables au creux dans lequel s'engageait une partie de leur épaisseur & aux trous de scellement des tenons qui servaient à les fixer. Ces trous de scellement se voient au nombre de deux dans les E, les I, les O, les P, les S & les T; de trois dans les A, les B, les C, les D, les R & les V; de quatre dans les N; de cinq dans les M. Les lettres de la première ligne entamaient légèrement, par leur extrémité supérieure, un boudin en forme de corde qui bordait le haut de la frise & en était le seul ornement; au contraire, au-dessous de la dernière

ligne, règne une marge de quinze centimètres, du bas des lettres au bas de la pierre. On possède du fronton l'angle gauche & une notable partie de la continuation des deux corniches horizontale & rampante du même côté. Ces corniches, ainsi que les frises latérales, d'après ce qui reste du commencement de la frise du côté gauche, étaient richement décorées. — Hauteur de la frise, om8o; longueur totale d'angle en angle, i8m5o. Longueur totale de l'inscription, i7'u3o. Hauteur des lettres de chacune des trois lignes, orai6 1/2.

RES P VBLICA NEMAVSESI V;» b a s i lie a m c u m colu m n i s m AR IMPERATORIS CAesARIS h ad riant aueuS

Z- S ri C tn o

Lettres plus étroites & de moins bonne forme qu'au temps d'Auguste ; les P fermés complètement, les O tendant à l'ovale, les R bouclées trop haut & mal faites.

Première ligne : l'E de Et réduit à son angle inférieur gauche; PI, le V & l'A de dlWAe à leur moitié inférieure. — Deuxième ligne : PM & l'A de NEMAVSESIVm réduits à l'extrémité inférieure de tous leurs jambages; le premier des deux V

du même mot à son jambage droit, le second «à son jambage gauche ; l'R de cETER/s à sa haste verticale; le Q de QVE à sa moitié droite; l'O d'Ornamentis à sa moitié gauche. — Troisième ligne : le P d'IMPERATORIS incomplet en bas; l'E du même mot privé de sa barre horizontale intérieure; PS d'augusTl & les trois lettres du groupe DES réduites à leurs extrémités supérieures.

Deux fragments, retrouvés avec ceux qui nous restent, sont aujourd'hui perdus. L'un contenant,

V A c' plot i n a e

TER i s QVE O r n a m e n t i s 0 m n i b 11 s s 11 i s m u n i fi cent a ES //I A solo structam et perfectam dedicat

en deux lignes, les lettres RV | A; l'autre, en deux lignes aussi, les lettres a\ j O.

Séguikr, Notes volantes, i38o2, 2, p. 17; 4, pp. 4 & 37. — Acad. des Inscr. 6'- Belles-Lettres, 14, p. 1 10. — Ménard, 7, p. 67.— Malosse, Reeh. sur deux monum. ant. de la col. de Nimes, 180 3. — Teissier-Rolland, Confid. du dieu Xemausus & Les Eaux de Nimes. — Pelet, Essai sur le nymphée de Nimes, pp. 26-28; Essai sur les anc.

thermes de Nemausus & les monum. qui s'y rattachent (i863), pp. 63-74.— Herzog, Append. epigr., n. 97.

& divae Plotinae respublica Nemausen-

sium basilicam cum columnis marmoreis, signis, caeterisque ornamentis omnibus suis, munificenti imperatoris Caesaris Hadriani Augusti, consuiis iterum, designati tertium, a solo structam & perfectam, dedicat.

« A & à la déesse Plotine la cité de

« Nimes dédie cette basilique, entièrement cons-

« truite & achevée, avec ses colonnes de marbre,

« ses statues & tous ses autres ornements, par la

« munificence de l'empereur César Hadrien Au-

« guste, consul deux fois, désigné pour un troi-

« sième consulat ».

Depuis la découverte de ces pierres, dans le cours de l'année 1739, jusqu'à l'époque toute récente de leur installation au musée actuel, on n'avait jamais prêté attention aux lettres IVA, reste d'une première ligne placée immédiatement au-dessous du cordon qui forme le bord supérieur de la frise, & l'on croyait l'inscription composée de deux lignes seulement au lieu de trois qu'elle a en réalité; on prenait la seconde pour la première & la troisième pour la seconde. Séguier, contemporain de la trouvaille, avait bien aperçu & même remarqué ce groupe de caractères incomplets, mais, par un aveuglement inexplicable, il avait jugé que le fragment qui le contient, ainsi

que ce qui reste du mot cETEris & de la sigle DES, & présente ainsi trois lignes, était étranger à l'inscription. Or, le mot dlVAe, — seule manière possible, croyons-nous, d'interpréter ces lettres, — indique avec certitude une consécration a une princesse déifiée & conséquemment un temple.

En présence de cette indication, dont on avait négligé de tenir compte, les essais de restitution basés sur la persuasion que l'édifice dont proviennent nos fragments était autre chose qu'un temple, les raisonnements tendant à établir la preuve de ce fait pèchent par la base & s'écroulent d'euxmêmes.

La princesse déifiée à laquelle était consacré le temple n'est pas Livie; car il est question, au début de la seconde ligne, d'un empereur vivant qui ne peut avoir été ni Auguste, ni aucun de ses premiers successeurs jusqu'à Claude inclusivement. Ce n'est que plusieurs années après la mort d'Auguste que Livie est morte, & sous Claude seulement elle a été mise au rang des déesses. D'un autre côté, ni Claude, ni ses deux prédécesseurs postérieurs à Auguste n'ont porté les prénoms iï Imperator Caesar qui commencent la deuxième ligne. De plus, la forme des lettres de l'inscription diffère sensiblement de la forme des lettres du temps d'Auguste & marque une époque certainement moins ancienne. Si donc l'impératrice déifiée n'est pas Livie, si l'empereur vivant nommé après ne peut être ni Auguste ni aucun de ses successeurs jusqu'à Claude, si l'inscription

accuse par la forme de ses lettres une époque postérieure au siècle d'Auguste, la pensée ne trouve plus où s'arrêter avec quelque vraisemblance qu'au souvenir de Plotine & d'Hadrien, c'est-à-dire à la fameuse basilique bâtie à Nîmes par l'empereur Hadrien en l'honneur de l'impératrice qui lui avait procuré le trône : Pcr idem tempus in honorem Plotinae basilicam apud Nemausum opère mirabile extruxit; post haec Hispanias petiit & Tarracone hiemavit. (Spartien, Hadr., \i.)

Le bassin, au delà & plus ou moins près duquel ont été trouvés les débris du fronton, paraît avoir été un nympheum construit du temps d'Auguste. Ce nymphée, orné avec un grand luxe d'architecture, était dans l'axe d'une vaste place entourée de portiques, peut-être faits à une époque postérieure, magnifiquement décorés de colonnes & de statues, reconnus dans la majeure partie de leur parcours à l'est & à l'ouest. On suppose qu'ils faisaient retour au sud de manière à rencontrer le fronton, qui alors aurait été, non pas la façade d'un temple, mais la porte d'entrée de cette superbe place. A ces considérations & à ces suppositions, le mot dlYAe de l'inscription oppose un argument péremptoife : l'édifice était un temple consacré à une princesse déifiée. Mais pourquoi ce temple, dont nous faisons la basilique élevée en l'honneur de Plotine, se trouvait-il ainsi voisin du nymphée: Comment se reliait-il, ou même se reliait-il de quelque manière aux porti-

ques dont il vient d'être parlé? Était-il englobé dans la place que ces portiques entouraient, ou bien en dehors de cette place? C'est aux fouilles futures à donner la solution de ces problèmes. Contentons-nous de remarquer que la forme en fronton, l'orientation vers le nymphée & le défaut d'espace entre les colonnes conviendraient assez mal à une porte, & que, des diverses tentatives de restitution de l'épigraphe entreprises depuis près de cent cinquante ans sur les données opposées à un temple, aucune, même en torturant sans ménagement la vraisemblance, n'a pu aboutir encore. On sait le motif de la vive reconnaissance d'Hadrien envers Plotine. Trajan, en chemin pour revenir d'Orient à Rome, venait d'expirer sans avoir pourvu à la succession de l'Empire. Les personnes présentes à ses derniers moments l'entendirent néanmoins déclarer d'une voix éteinte, à peine articulée, qu'il désignait Hadrien pour son successeur. Le secret de l'artifice mis alors en œuvre ne fut pas tellement bien gardé que l'histoire n'en ait eu connaissance, puisque nous apprenons d'elle que cette voix défaillante, s'efforçant de simuler la voix d'un mourant, était celle d'un personnage de circonstance, introduit par Plotine dans le lit de son mari pour jouer le rôle de l'empereur & faire la déclaration concertée d'avance entre elle & Hadrien. Toujours est-il que la chose réussit au mieux; Hadrien succéda à Trajan sans obstacle. Spartien, de qui l'on tient ces détails, rattache au voyage d'Hadrien dans la

Gaule la construction de la basilique élevée par ce prince à sa bienfaitrice.

Malheureusement, la chronologie des voyages qui ont rempli la majeure partie du règne d'Hadrien est dans une grande obscurité. On est toutefois généralement d'accord qu'Hadrien les a commencés de bonne heure & que les provinces visitées les premières sont la Gaule, la Germanie, la Bretagne, la Gaule encore une fois & l'Espagne. Après avoir, en Bretagne, séparé par un mur allant d'une mer à l'autre les possessions romaines des territoires laissés aux Barbares du nord de l'île, il revint dans la Gaule qu'il parcourut cette fois moins rapidement que la première, & c'est alors, d'après Spartien (12), qu'étant venu à Nimes, il éleva dans cette ville, « en l'honneur de Plotine, « une basilique d'une admirable architecture, & « de là s'en fut passer l'hiver à Tarragone ». Tillemont (Emp., pp. 258 & 584, n. 5) indique à l'année 120 le départ d'Hadrien de Rome & à l'an 121 sa seconde visite à la Gaule. Une inscription, très-importante pour la solution de cette question, fixerait même beaucoup plus tôt cette seconde visite & par conséquent le départ de Rome. Cette inscription, encore existante, qui se voit sur la rive droite du Rhône, devant la porte de l'église du village de Saint-Jean de Muzols, près de Tournon, dans le département de l'Ardèche, & était engagée, il y a peu d'années, dans le mur de l'abside d'une petite chapelle fort ancienne & plus rapprochée du fleuve, provient du piédes-

tal d'une statue élevée à Hadrien en cet endroit par les bateliers du Rhône, en reconnaissance de quelque insigne bienfait de ce prince. Il y a toute vraisemblance, ainsi que déjà Fa remarqué l'abbé Greppo {Voy. d'Hadr., p. 86), qu'Hadrien se sera embarqué sur le Rhône & aura, en souvenir de cette circonstance & peut-être de quelque incident arrivé en ce lieu, voulu donner à la florissante compagnie des nautae Rhodanici une marque de sa libéralité. Or, cette inscription, sur laquelle Hadrien est qualifié de princeps indulgentissimus, est datée de la troisième puissance tribunicienne & du troisième consulat de cet empereur.

Hadrien a été trois fois consul : d'abord sous Trajan comme suffectus, non en 109 d'après la plupart des Fastes, mais, ainsi que l'a établi M. Mommsen dans sa Vie de Pline le Jeune, en 108; une seconde fois au Ier janvier après son avènement, c'est-à-dire en 1 18, & la troisième fois en 1 19, pendant les quatre premiers mois de l'année seulement. La mention de ce troisième consulat sans autre indication se rapporte donc à toute la partie du régne de cet empereur postérieure à 118. Au contraire, la mention de la troisième puissance tribunicienne fournit une donnée chronologique très-précise. Maintenant qu'on sait que l'innovation relative au renouvellement des puissances tribuniciennes impériales au icr janvier a pris naissance, non dans le cours du règne d'Hadrien, mais au début de celui de Trajan, cette troisième puissance tribunicienne d'Ha-

drien relatée sur l'inscription de Saint-Jean de Muzols nous conduit sûrement à Tannée 1 19. Ainsi c'est en 119 qu'Hadrien descendit le Rhône en bateau, s'arrêta à Nimes & alla passer l'hiver en Espagne; c'est en 119 aussi qu'il aurait construit à Nimes la basilique en l'honneur de Plotine, si la narration de Spartien est exacte.

Mais ici se produit une grave discordance, à ce qu'il semble, entre Spartien & Dion Cassius, tel au moins que nous l'a laissé son abréviateur. Spartien (Hadr., 12) nomme l'édifice une « basi- « lique »; Dion (69, 10) l'appelle un « temple ». La basilique de Spartien aurait été bâtie au momentdu passage d'Hadrien, traversant une seconde fois la Gaule pour se rendre en Bretagne, & nous venons de voir que ce second passage en Gaule du prince voyageur répond à l'an 119; au contraire, le temple mentionné par Dion n'aurait été édifié qu'à la mort de Plotine, arrivée longtemps après, à ce qu'on croit vers la fin de 129, & il est cependant très-peu vraisemblable qu'il puisse s'agir de deux monuments différents. A l'égard du nom, il faut nécessairement comprendre que l'édifice était un temple fait dans la forme d'une basilique, dont les colonnes, au lieu d'être extérieures & de former portique sur les côtés de la cella, étaient placées à l'intérieur, qu'elles divisaient ainsi en plusieurs nefs à la manière des premiers temples chrétiens, appelés, à cause de cette disposition, du nom de basilique. Quant à l'époque, on peut comprendre aussi que seulement à la

mort de Plotine & après son apothéose la cité de Nimes aura dédié au culte de la nouvelle déesse le temple que la reconnaissante piété d'Hadrien lui avait préparé longtemps d'avance.

Pourquoi ce temple a-t-il été construit à Nimes plutôt qu'à Rome ou en toute autre ville ? Nous ne savons le dire.

D'après tout ce qui précède, nous aurions dû peut-être adopter dans notre restitution de l'épigraphe du fronton les suppléments cos. iii, des. iiii, au lieu de cos. ii, des. iii, & admettre qu'Hadrien, bien qu'il n'ait eu en tout que trois consulats, pourrait bien avoir été désigné pour un consulat suivant dont il n'aurait jamais pris possession. Nous avons hésité à recourir à cette solution, qui nous eût permis de rester en parfait accord avec le récit de Spartien. Mais alors nous en sommes réduit à conclure que la construction d'une basilique en l'honneur de Plotine aura été un des premiers soins d'Hadrien parvenu à l'Empire & ordonnée par lui dès l'année 1 18, un an avant son passage à Nimes.

Au témoignage de Séguier, « il était entré beauce coup de marbre dans la construction de l'édifice. « puisque les colonnes avec leurs bases & leurs « chapiteaux en étaient ». Ces colonnes, d'après la remarque du citoyen Paulin Malosse, commissaire à la recherche des monuments d'art & de science dans le département du Gard en i8o3, « étaient « de marbre blanc avec des chapiteaux à feuillage « d'olivier ».

l5o COLLECTION EPIGRAPHIQUE DE NIMES.

Le monument était construit à la mesure romaine. La façade avait, d'angle en angle, soixantedeux pieds romains environ de longueur. Les colonnes, au nombre de huit, étaient espacées entre elles de huit pieds & demi d'un axe à l'autre.

La conjonction Et, qui paraît précéder les mots divae Plotinae, implique la supposition que Plotine devait être associée à quelque autre déesse. On pourrait penser aux mots Iunoni reginae, qui offrent le nombre de lettres demandé par la symétrie, ou encore au mot Minervae, qui, se trouvant au-dessus du mot basilicam, permettrait d'utiliser le fragment RV | A, aujourd'hui perdu.

La restitution du mot signis appartient à M. Aurès; celle des mots Ornamentis & A solo, par laquelle se trouve employé le fragment N | O, appartient à Séguier.

Un second essai de restitution proposé par MM. FI. Vallentin & Allmer attribuerait cette inscription à Auguste fan de Rome 780) :

Deo Nemauso & DiaNAe sanctae | RESPVBLIGA NEMAVSESIVw nymphaeum cum columnis wAR- MOreis, signis, cETER/sQVE OrnameNtis suis exstRVctum munificentia | IMPERATORIS CAe- SARIS, divi fili, AuguSTl, cos. x, des. x\ Xdditis pOrticu & Aede dedicavit.

« Au dieu Nemausus & à Diane sainte, la cité « de Nimes a dédié ce nymphée, construit avec « ses colonnes de marbre, ses statues & ses autres « ornements, par la munificence de l'empereur

CHAP. III. — INSCRIPTIONS PUBLIQUES. l5l

« César Auguste, fils du dieu (Jules), consul pour « la dixième fois, désigné pour un onzième con- « sulat, & en même temps ce portique & ce tem- « pie ajoutés par elle ».

Un siècle & demi plus tard, sous Hadrien, il se peut que ces constructions aient été réparées & que l'épigraphe ait été alors refaite sans changements à sa rédaction primitive, comme le fit presque toujours Hadrien dans ses grands travaux. (Spartien, Hadr., 19.)

Cette restitution a sur la première l'avantage d'utiliser les deux fragments aujourd'hui perdus.

Dans celle-ci, la seconde N du mot OrnameNtis & l'O de pOrticu placé au-dessous font emploi du fragment N | O, de même que les lettres RV du mot exstRYctum & l'A de Aede placé au-dessous font emploi du fragment RV | A.

Une vérification minutieuse de M. Aurès, passé maître dans la science de la métrologie antique, donne NA au lieu de IVA, à la première ligne, & permet de restituer Diana tout aussi bien que Plotina.

Bulletin épigr. de la Gaule, 1882, p. 81. — Revue épigr. du Midi, 1882, pp. 2 56 & 271.

l5i COLLECTION EPIGRAPHIQUE DE NIMES.

Milliaire d'Antonin le Pieux, le nc [répondant au lxxxviiii' de Tibère) sur la voie Domitia, dans la direction de Nimes a Narbonne. — De J.-C. 145.

Nîmes. — Borne cylindrique à base carrée & à inscription encadrée; incomplète en bas; déjà en 1640 à Nimes, « in propugnaculo portae Corona- « lis » (Guir.). — Hauteur, im3o; diamètre, om6(j.

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