‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 79 sur 261 · INSCRIPTIONS RELATIVES AUX FONCTIONS CIVILES SUPÉRIEURES · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS RELATIVES AUX FONCTIONS CIVILES SUPÉRIEURES

Statue en l'honneur d'un personnage de l'ordre sénatorial, parvenu au consulat; gouverneur de la « splendidissime » province Narbonnaise.

Nîmes. — Grande table de pierre sans ornements; devant avoir appartenu à un piédestal de statue; brisée à l'angle supérieur droit & en bas; engagée autrefois dans le mur du bastion de la Porte de la Couronne; recueillie par Séguier & déposée dans son jardin; de là, transportée, en i85o, à la Porte d'Auguste. — Hauteur, imo5; largeur, im.

C y A E M I L I Ô y B E R E n î CIÂNO y M A X I M o

COS^VIIVIRO^EPVLON^PROC 0 s SPLENDIDIS SIM AEr PROVINCIAL

5 XÀRBONÉXSIS'LÉG'PRÔ'PR'PRÔVIXc ASIÂE'PRÂETORI-SYPRÉMÂR^ALLECTO I N T R - T R I B V K I C - A - D I V Ô - M A G N - A .V O N IN O - Q." VR B Â N O - T R 1 B V N - L AT I C L N I O LEG-IIII-SCYTHICÀE-ITEM>VII-GEMINÂE

10 ITÉRÂT O'TRIBVN AT V-X» VI RÔ-ST LIT IBVS 1 V d i C A N D I S

Copie dessinée de M. A. Ai. i. mer.

Accents en grand nombre. Le T & l'E de IN- TER, l'N & le T de ANTO, à la septième ligne, l'A & le V de LATICLAVIO, à la huitième, liés

en monogrammes. Le C du même mot LATICLA- VIO & de ALLECTO, à la sixième ligne, prolonge à sa partie supérieure au-dessus du niveau des autres lettres.

Millin, Voy., 4, p. 254. — Hist. de Languedoc (Dumège), p. 634, n. 3i. — Mém. de l'Acad. du Gard, 1 854- 1 835 , p. 32. — Herzog, App., n. 101. — Henzen, 6454. — Wilmanns, Exempla, 12 12. — E. Germer-Durand, Notes manuscrites. — Allmer, Rev. epigr., 1882, p. 25o.

C. Aemilio Bereniciano Maximo, consuli, septemviro cpuloni, proconsuli splendidissimae provinciae Narbonensis, legato pro praetore provinciae Asiae, praetori supremanun, allecto inter tribunicios a divo magno Antonino, quaestori urbano, tribuno laticlavio legionis IIII Scythicae, item VII Gcminae iterato tribunatu, decemviro stlitibus judicandis (Nemauscnses patrono ??).

« A Gains Aemilius Berenicianus Maximus, « consul, septemvir épulon, proconsul de la « splendidissime province Narbonnaise, légat pro- « préteur du proconsul de la province d'Asie, « préteur des dernières volontés, admis par le « dieu Antonin le Grand au rang d'ancien tribun, « questeur de Rome, tribun laticlave de la légion « 1111e Scythica & de la VIIe Gemina avec réité-

« ration de grade, décemvir stlitibus judicandis, « (les Nimois ont élevé cette statue à leur patron) ».

Avant la réforme par laquelle l'empereur Gailien exclut le sénat de tous les commandements dans l'armée, un double noviciat civil & militaire devait obligatoirement précéder l'accès à la carrière sénatoriale. Les jeunes gens qui étaient en situation de se destiner à cette carrière, les fils de sénateurs, les jeunes chevaliers atteignant au cens sénatorial, satisfaisaient à l'une de ces obligations en remplissant une des quatre charges dont se composait le vigintivirat : soit le décemvirat stlitibus judicandis, le quattuorvirat viarum curandarum, le triumvirat capitalis ou enfin le triumvirat monétaire, & à l'autre habituellement par l'exercice du grade de tribun dans une légion.

Aemilius Berenicianus s'était conformé à la règle. Son cursus honorum, etabii dans Tordre inverse, c'est-à-dire partant de la dignité la plus élevée, nous le montre d'abord décemvir stlitibus judicandis, puis tribun de la légion 1111e Scythica, cantonnée en Syrie, & ensuite, avec réitération de grade, tribun de la VIIe Gemina, toujours restée, depuis sa création par Galba, en garnison dans la province d'Espagne Tarraconaise. Le grade de tribun légionnaire, de même que les fonctions du vigintivirat, n'étant que de rang équestre, ne donnait pas le droit de porter la large bande de pourpre appelée « laticlave », qui était l'insigne des personnes de l'ordre sénatorial. L'expression de tribuno laticlavio, par laquelle

est désigné Berenicianus, fait voir qu'il appartenait à cet ordre, probablement comme fils de sénateur; car s'il eût eu déjà le laticlave par suite d'une grâce spéciale du prince, on n'eût sans doute pas manque de mentionner sur l'inscription du piédestal de sa statue cette distinction trèshonorable pour lui. Ayant ainsi accompli le double noviciat prescrit & atteint au moins l'âge minimum exigé de vingt-cinq ans, il obtint la questure, degré inférieur des fonctions du sénat, & eut l'avantage de l'exercer à Rome. De la questure, le cours régulier de l'avancement eût dû le conduire à l'édilite ou au tribunat de la plèbe; une faveur particulière de l'empereur l'en dispensa en lui conférant, sans qu'il en eût rempli les fonctions, le rang d'ancien tribun. Cet empereur, appelé ici magnus Antoninus, est Caracalla, & l'épithète divits qui accompagne ses noms indique d'une manière certaine qu'il était mort & passé au rang des dieux à l'époque où le texte a été rédigé. Par suite de la faveur dont il fut l'objet, Berenicianus put parvenir à la préture; il fut practur supremarum. C'est, paraît-il, le seul exemple connu de ce titre. Borghesi (Œuvr., 5, p. 390) pense que la fonction de praetor supremarum voliuitatum était, à la seule différence du nom, la même que celle de praetor Jideicommissarius, instituée par Claude pour juger en matière de fidéicommis. Apres l'exercice de la préture, notre personnage fut légat du proconsul d'Asie. Les provinces de l'empereur, qu'elles fussent préto-

riales ou consulaires, étaient gouvernées par des légats du titre de legatus AtigUSti pro practore, « légat impérial propréteur » ; mais les gouverneurs des provinces du sénat, qu'ils fussent anciens préteurs ou anciens consuls, avaient le titre de proconsul. Le proconsul d'Asie, province consulaire & la plus importante des provinces du sénat, avait pour assesseurs trois légats, habituellement pris parmi les anciens préteurs. Berenicianus fut un de ces assesseurs du proconsul de la province d'Asie. Il ne tarda pas à devenir luimême proconsul, en obtenant le gouvernement de la Narbonnaise, qui était aussi une province du sénat, mais seulement de rang prétorial. Dans le partage de l'an 27 avant l'ère chrétienne, la Narbonnaise était du nombre des provinces réservées à l'empereur; mais cinq ans plus tard, en l'an 22, Auguste la céda, avec l'île de Chypre, au peuple romain, en échange de la Dalmatie, & elle resta toujours depuis province sénatoriale. L'élogieuse épithète de « splendidissime », que lui donne l'inscription, est peut-être sans autre exemple. Enfin, après avoir été reçu dans le collège des septemvirs épulons, l'un des quatre grands collèges sacerdotaux de Rome, Berenicianus parvint au consulat, sans doute comme suffecîus. On ne connaît pas l'année à laquelle se rapporte cette haute dignité, qui fut probablement le couronnement de sa carrière. Marini, dans la table consulaire placée en tête de ses Actes des frères Arvales, l'indique « sous Héliogabale ou sous Sévère

Alexandre ». Wilmanns met sous le règne de Sévère Alexandre même le proconsulat de la Narbonnaise antérieur au consulat de plus ou moins de temps.

La mutilation qui a enlevé à l'inscription ses dernières lignes nous prive de savoir par qui & pour quel motif a été érigée la statue du piédestal de laquelle provient notre pierre. Peut-être les Nimois auront-ils voulu honorer de cette manière, au moment de son élévation au consulat, un ancien gouverneur dont l'administration avait été particulièrement bienfaisante pour leur cite : peut-être même Berenicianus avait-il accepté le patronage de la colonie.

L'inscription de Nimes est un des plus tardifs exemples de la longue persistance de l'emploi des accents dans les provinces. L'usage en avait déjà disparu à Rome depuis plus d'un siècle.

170 COLLECTION ÉPIGRAPHIQ1 I. Dl

Statue en l'honneur d'un personnage de l'ordre sénatorial, parvenu au consulat ; gouverneur de la Narbonnaise.

Nîmes. — Grande pierre quadrangulaire retaillée à droite, qui a dû faire partie d'un piédestal de statue; recueillie à Nimes par Séguier vers 17D0 & disposée dans le jardin attenant à son habitation; transportée, un siècle plus tard, en i85o, à la Forte d'Auguste. L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, omcj2; largeur, imi6. Hauteur de la partie encadrée, om66.

LrRANIOrOPTATO^COS^PROCOs • p t.

VIN C - N ARB - C - V- LEG - A VG » I V R ID ICO » AS T V R i a e • e t • g a

L E C I A E - CVRATORI'VIAE' S A L A R I A E - C V R A T 0 r i ■ c 1 ' v i VRBINATIS-MATAVRENSIS-LEG-DIOECESEOS

P R A E T O R I - T R I B - P L E B - Q. - P R O V I N C - S I C I L 1 A E - X 1 - 1 r . s 1 1 ■ i ti P R A E S I D I - 1 N T E G E R R I M O - N E M AV S EN S ES - Publiée

Copie dessinée de M. Allmer. Les restitutions sont de Borghesi, complétées par M. L. Rénier.

Millin, Voyage, 4, p. 25o. — Dumège, Hist. de Languedoc, p. 638, n. 33. — Borghesi, Œuvres, 4, p. 1 33. — Herzog, n. 100.

Borghesi, ligne 1 : P ■ RANIO, par erreur.

L. Ranio Optato, consul i, proconsul i provinciae Narbonensis, clarissimo viro, legaio Augusti juridico Asturiae & Galleciae, curatori viac Salariae, curatori civitatis Urbinatis Mataurensis ; legato

dioecescos , praetori, tribuno plebis, quaestori

provinciae Siciliae, decemviro stlitibus judicandis, praesidi integerrimo Xemausenscs publicc.

« A Lucius Ranius Optatus, clarissime, consul, « proconsul de la province Narbonnaise, légat « impérial juridicus de (la province) d'Asturie & « de Gallecie, curateur de la via Salaria, curateur « de la cité d'Urbinum Mataura, légat du diocèse

« de , préteur, tribun de la plèbe, questeur de

« la province de Sicile, décemvir stlitibus judi- « candis, gouverneur plein d'intégrité, les Nimois « ont, des deniers de leur cité, (élevé cette statue) ».

Une inscription relative à ce personnage, autrefois à Rome, rapportée par Gruter (463, 4), & plus fidèlement dans un manuscrit consulté par

M. Her/og (n. 655), lui donne les noms de

Acontius L. Ranius Optatus, & remplace, dans son cursus honorum, l'indication leg(ato) dioecescos par celle de legato provinciae Asiac,

c'est-à-dire « légat du proconsul de la province « d'Asie » ; ce qui permet de savoir que le diocèse dont le nom a disparu était un de ceux de la province d'Asie. Elle ajoute aussi les curatelles reip(ublicae) Mediolanensium & reip{ublicae) Nolanorum à la curatelle mentionnée sur la pierre de Nimes, qu'elle désigne ainsi : reip(ublicae)

172 COLLECTION BPIGRAPHIQUE DB NIMK

Urbinatium Mataiiresium; il suit de là, si la copie de l'inscription de Rome a été prise exactement, que, sous le double nom d'Urbinatis Mataurensis ou à? Urbinatium Matauresium, il s'agirait d'une seule cité.

La série des honneurs est établie dans l'ordre décroissant. La première fonction obtenue a été le décemvirat stlitibus judicandis, & la dernière avant le consulat celle de proconsul de la Narbonnaise. A cause des mots praesidi integerri))io Nemausenses , Borghesi a émis, toutefois avec beaucoup de réserve, la conjecture que la statue dont les Nimois ont voulu honorer notre proconsul ayant été élevée pendant son gouvernement de la Province, le consulat aurait été obtenu antérieurement à cette fonction. Il faudrait alors admettre, à ce qu'il nous semble, un cas tout à fait exceptionnel, & en même temps une flagrante infraction au règlement qui, depuis Auguste, interdisait aux cités de décerner à un gouverneur aucun honneur non-seulement pendant la durée de sa gestion, mais même avant un délai de plusieurs mois à partir de l'expiration de son gouvernement. Il nous paraît beaucoup plus vraisemblable que Ranius a été honoré, non pas comme gouverneur actuel, mais comme ancien gouverneur, & que les Nimois, ayant conservé ou espérant en lui un protecteur, ont dû saisir l'occasion de sa promotion au consulat pour lui dresser une statue. C'est donc à tort aussi qu'on a supposé la statue élevée à Ranius parce qu'il aurait été patron

de la cité de Nim.es. Les mots praesidi integerrimo, qui ne font pas partie du cursus, énoncent clairement le motif de l'érection. Si Ranius avait eu le patronage de la cité de Nimes, on devrait lire sur la pierre : praesidi integerrimo & patrono. L'année de son consulat n'est pas connue. Borghesi suppose Ranius consul vers le temps de Sévère Alexandre, mais sans donner le motif de son jugement, & relève l'erreur qui l'a fait confondre avec le patrice Optatus, consul en 334. I' ne le fait pas figurer dans sa liste des consuls à date inconnue. Déjà l'on voit, par la fonction de légat impérial juridicus, que l'inscription n'est pas antérieure à Hadrien, & la circonstance que celte légation a été exercée dans la province d'Asturie & de Galléeie indique une époque non antérieure à Caracalla, par qui ce district, qui n'était jusque là qu'un conventus de l'Espagne Citérieure, en a été détaché & constitué en une province indépendante. L'absence de tout grade militaire semblerait même pouvoir nous faire descendre jusqu'après Gallien.

174 COLLKCTION ÉPIGRAPHIQUB DE NIMES.

Statue en l'honneur d'un personnage de l'ordre sénatorial, parvenu au consulat; gouverneur d'une province du sénat, peut-être la Narbonnaise.

Nîmes. — Fragment détaché d'une plaque de marbre qui décorait sans doute primitivement la face antérieure d'un piédestal de statue; trouvé vers i85o, à Nimes, près de l'édifice romain vulgairement dit : « Temple de Diane », & joint alors à la collection de débris antiques déposés autour de cet édifice. — Hauteur, om5o; largeur, om25. Hauteur des lettres, omo5 & om04 1/2.

qua es tori

p t 0 • p r a e t oRE * T R l b u n o ■ p l e b i i praetori-prÔCOS v P R o r ; n c i a e

CÙmSVLi.patrono ■

5 s a n c t i s s t'MÔ'EX P e c u n i a ■ pu bl i c d d ecri.1 0 rDE c u r i o n u m N E M A u s e n s c s

Copie dessinée de M. Allmer.

Lettres de bonne forme. Accents sur le premier O de PROGOS, à la troisième ligne; sur l'O de CONSVL/, à la quatrième; sur l'O de sanctissiMO, à la cinquième; sur le second E de decrETO, à la sixième.

Pelet, Essai sur le Nymphée, i852, p. 29.

, qitdestori pro praetore, tribuno plebis,

praetori, proconsuli provinciae , consuli; pa-

trono sanctissimo, ex pecunia publica decreto decurionum, Nemausenscs.

« A , questeur propréteur, tribun de la

« plèbe, préteur, proconsul de la province ,

« consul, les Nimois ont, des deniers de la cite <X: « par décret des décurions, élevé cette statue à « leur très-vénéré patron ».

Ce personnage, dont nous ignorons malheureusement le nom, devait avoir débuté par une des charges du vigintivirat, suivie du grade de tribun légionnaire. La mention du tribunat de la plèbe exercé après sa questure permet de présumer qu'il vivait à une époque antérieure au règne de Sévère Alexandre, l'obligation du degré intermédiaire entre la questure & la préture ayant été supprimée par ce prince. De quelle province fut-il proconsul au sortir de sa préture? Il n'est aucunement possible de le savoir, malgré le nombre restreint des provinces du sénat. Certainement ce ne fut ni l'Asie, ni l'Afrique, qui, toutes deux, étaient des provinces consulaires; ce fut peut-être la Narbonnaise. Une pareille impossibilité existe à L'égard de la détermination de Tannée de son consulat, par suite de la perte de ses noms. Il était vraisemblablement patron de la colonie de Nimes, & ainsi s'expliquerait que les Nimois lui aient élevé une statue, lors de sa promotion à la dignité de consul.

La rin de la cinquième ligne pourrait peut-être se compléter aussi bien par les mots ex postulatit pnpuli, proposés par M. Fr. Germer-Durand.

l-]6 COLLECTION ÉPIGRAPHIQUE DE NIMES.

Statue en l'honneur d'un personnage de l'ordre sénatorial, parvenu à la préture ; gouverneur de la province de Crète & de Cyrénaique ; peut-être nimois.

Nîmes. — Fragment d'une plaque de marbre qui devait décorer la face antérieure d'un piédestal de statue; incomplet à gauche, à droite & en bas; trouvé à Ni mes, vers 1860, sur le petit chemin de la Tour-Magne, & donné au musée par M. E. Germer-Durand. — Hauteur, o1" 1 1 ; largeur, omi2. Hauteur des lettres, omo5 & o3.

/ioîioRÀTO

Lettres de bonne forme. Un accent sur l'A de honoRATO.

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