‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 80 sur 261 · L. Aemilio, M.filio, Voltinia, Honorato · texte numérisé non relu

L. Aemilio, M.filio, Voltinia, Honorato

« A Lucius Aemilius Honoratus, fils de Marcus « (Aemilius); de la tribu Voltinia, ».

Voyez le numéro suivant.

Nîmes. — Bloc quadrangulaire qui doit avoir fait partie d'un piédestal de statue; trouvé, vers 1802, à Nimes, dans les ruines de L'église rurale de Sainte-Perpétue, près du Champ-de-Mars actuel; retrouvé, en 1860, au Lycée, dans un corridor conduisant à la chapelle, & déposé alors au musée. L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, o™ 78; largeur,

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Copie dessinée de M. Ai. 1. mer.

Accents en grand nombre. L'N & le T de PONTI, à la quatrième ligne, lies en monogramme.

Baumes & Vincent, Topogr. de Nimes, p. 574.

— L. Renier, Bullct. du Comité de l'hist., de la langue & des arts, i855-i856, p. 146. — Mém. de l'Acad. du Gard, 1 8 5 4- 1 8 3 5 , p. 224, & 1861, p. 149. — Pelet, Catal., p. 24. — Herzog, n. 102.

— Wilmanns, r 1 66. — E. Germer-Durand, Notes manuscrites.

L. Aemilio, M.filio, Voltinia, Honorato, triumviro capitali, quacstori pro praetore provinciae Ponti & Bithyniae , legato ejusdem provinciae, aedili plebis, praetori, praefecto frumenti dandi ex senatus consulto, sacerdoti fetiali, proconsuli provinciae Cretae & Cyrcnarum. Hic hos honores beneficio optumi principis maturius quant per annos permitti solet gessit. — Locus datus decreto decurionum.

« A Lucius Aemilius Honoratus, fils de Marcus a (Aemilius); de la tribu Voltinia, triumvir capi- « talis, questeur propréteur de la province de « Pont & de Bithynie, légat (du proconsul) de la « même province, édile de la plèbe, préteur, préce fet des distributions de blé par décision du « sénat, prêtre fétial, proconsul de la province de « Crète & de Cyrénaïque; parvenu à tous ces « honneurs, grâce à la faveur de notre excellent « prince, avant l'âge prescrit par l'usage. — Em- « placement donné par décret des décurions ».

Ce cursus honorum, plus développé que celui que nous a conservé le fragment enregistré sous le numéro précédent, nous présente Aemilius

Honoratus remplissant d'abord le triumvirat capitalis, qui était une des fonctions du vigintivirat & avait pour attributions la surveillance sur la prison d'Etat & sur l'exécution des condamnés à la peine capitale, ensuite questeur de la province de Pont & de Bithynie &, après son année de questure, légat du proconsul de cette même province. La province de Pont & de Bithynie était, en effet, une de celles que le partage d'Auguste avait attribuées au sénat; mais, sous Trajan & vraisemblablement à partir de la légation de Pline le Jeune (Orelli, 3 65g; Wilmanns, i 164, voy. 1202 a), en 111 ou 112, elle devint, sinon nominativement, au moins de tait, province césarienne, gouvernée tantôt par des légats impériaux, tantôt par des commissaires extraordinaires délégués par l'empereur, jusqu'à ce que, échangée par Hadrien contre la Pamphylie, elle passa définitivement au nombre des provinces impériales, bien que sous Caracalla encore elle apparaisse, momentanément sans doute, comme province proconsulaire. Quoi qu'il en soit de ces variations, la légation d'Honoratus comme assesseur du proconsul du Pont & de la Bithynie se rapporte à l'époque où cette province était encore sénatoriale & gouvernée par des proconsuls. Poursuivant sa carrière, notre personnage fut ensuite édile de la plèbe & préteur & eut successivement, comme ancien préteur, la préfecture des distributions de blé qui se taisaient à Rome, — fonction conférée par un senatus-consulte, sans doute

ioo COLLECTION ÉPIGRAPHIQUE DE Ni

clans une circonstance extraordinaire, — le sacerdoce fétial & enfin le gouvernement de la province proconsulaire de Crète & de Cyrénaïque.

Tous ces honneurs, ajoute l'inscription, Honora tu S les obtint, par la protection de l'empereur, avant l'âge prescrit par les règlements. L'âge minimum exigé pour l'accès à la questure était vingt-cinq ans; on ne pouvait prétendre à la préture avant l'âge de trente ans. La dispense accordée à Honoratus peut expliquer comment il se fait qu'après le vigintivirat il soit devenu questeur sans avoir précédemment rempli le grade de tribun légionnaire. Le prince qui favorisait son avancement est désigné par les mots optumi principis. Plusieurs empereurs ont quelquefois été qualifiés de l'épithète d'optimus, mais ordinairement accompagnée de quelque autre épithète élogieuse; par exemple optimus ac justissimus, maximus optimus, optimus maximusque, &c. La qualification d'optumus sans autre adjectif & avec l'orthographe archaïque permet de reconnaître Trajan, â qui fut officiellement décerné par le sénat, en l'an 1 14, ce titre glorieux. Honoratus aurait donc fourni toute sa carrière sous le règne de Trajan. Il aurait eu sa légation de Pont & de Bithynie avant l'an 111 ou 112; l'inscription qui nous a conservé son souvenir aurait été gravée postérieurement à l'an 114.

Cette inscription ne fait pas connaître le motif pour lequel une statue lui a été élevée à Nimes. Il était peut-être ni mois.

Il est peu probable que la formule relative à la concession de remplacement par les décurions ait fait défaut au bas de notre inscription, alors qu'elle se lit au bas du fragment perdu aujourd'hui, & trouve au dix-huitième siècle à la rue des Chassaintes1. 11 faut plutôt supposer que celte formule était placée en dehors de l'encadrement, sur le bloc qui, dans la construction du piédestal, se trouvait placé immédiatement au-dessous de celui que le temps nous a conservé.

1 \Oici ce fragmenl :

PITAI.I'O.VAEST'N. . .

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