‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 90 sur 261 · S SVB SPECIE NOBIL1SSIMI VKinCÎpiS · texte numérisé non relu

S SVB SPECIE NOBIL1SSIMI VKinCÎpiS

. . . . QVEDANDAS CENSÏÀTIS SVBDI

M I M A G I N E M vWS/SW///////aV//J///;///A

. . . . IN PATRIAM PIVMACSTRÉNVVm

I DÉBITVR LLLI CORPORI V '/Mi

s v l E NJ I d i s s 1

Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : les neuf' premières lignes en cursive ; la dixième & la onzième en grandes & belles lettres onciales. Des accents sur l'A de

CENSEATIS à la sixième ligne, sur PE de STRE-

NVVm à la huitième, sur l'E de DEB1TVR à la neuvième, & sur l'O de ORDINIS à la dixième; un accent conservé dans l'interligne entre la septième & la huitième fait connaître que la lettre qui se trouvait au-dessous du D de SVBD était une voyelle. La fin de la septième ligne effacée à dessein dans l'antiquité. Les lettres de la onzième ligne réduites toutes par la cassure de la pierre à leur extrémité supérieure; l'N & le D de splES- Dldissimi liés en un monogramme.

Courrier du Gard du 17 février i853. — Pelet, Catal. de la Maison-Carrée, i8G3, p. 198. — Herzog, n. 219. — Allmer, Rev. épigr., 1882, pp. 203 & 286.

Commode est le premier empereur à qui les inscriptions donnent le titre de nobilissimus princeps , & l'on sait qu'aussitôt après sa mort le sénat, ayant chargé d'imprécations sa mémoire, décréta le renversement de ses statues & l'effacement de ses noms sur les monuments publics ou privés. D'après ces considérations, M. Fr. Germer- Durand est tenté de reconnaître Commode dans le prince qualifié de « nobilissime », honoré d'une statue & ensuite flétri par l'érasion de ses noms sur le présent fragment, sans doute détaché d'une inscription qui devait décorer un piédestal de statue.

Le « splendidissime ordre », c'était, comme il vient d'être expliqué dans le commentaire de l'inscription précédente, le conseil des décurions.

Inscription mentionnant un décurion ornamentarius.

Grand cippe de marbre très-richement décore; trouvé en janvier 1 7 5 S , non loin du village de Clarensac, sur le côté nord du chemin de Nimes (d'Oriî.), & recueilli alors au château de l'endroit; de là transporté, en 1824, à Nimes & déposé à la Maison-Carrée (Perrot). L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures. Sur la face latérale gauche, est sculpté un guttus, auquel repond, sur la face opposée, une patère. — Hauteur, 2"' 10; largeur, i'". Hauteur de la partie encadrée, o"'7o; largeur, om58.

.M E M O R I A E M * ATT I" M "F IL- VOLT PATERNI-EQ.VO-PVBLIC H ON O RAT O -ITEM - DEC V 5 RIONI'COL» APOLLINARE

REIORVM'DECVRIONI ORNAMENTARIO'COL-A/G KEMAVSI'AN'XXV-AGENTI COELIA'SEX'FILIA i° P A T E R N A

Copie gravée de M. Aurès : l'A & le V de AVG,

ZJZ COLLECTION EPIGRAPHIQUE DE NIMES.

à la fin de la septième ligne, liés en un monogramme.

Ménard, 7, p. 279. — D'Orbessan, Mél. histor., 1768, p. 271. — Séguier, msc. i38o2, 5, pp. 36" & 44. — Perrot, Antiq. de la ville de Nimes, 182(1, p. 89 & frontispice ; Lettres sur Nimes & le Midi, 1, p. 175. — Pelet, Catal. de la Maison-Carrée, 1 863. — Herzog, n. 112. — Wilmanns, 244. — Aurès, planche gravée avec ce titre : Monum. épigr. du Gard, i'e série, pi. V. — Allmer, Rev. épigr., i883, 1, p. 340. — Notes E. Germer-Durand.

Memoriae M. Attii, M.filii, Voltinia, Paterni, equo publico honorato , item decurioni colonia Apollinare Reiorum, decurioni ornamentario colonia Augusta Nemausi, annum quintum & vicesimum agenti ; Coelia , Sexti filia , Patenta, filio piissimo.

« A la mémoire de Marcus Attius Paternus, fils 0 de Marcus (Attius); de la tribu Voltinia, cheva- « lier romain equo publico ; décurion de la colonie « Apollinaris de Riez, décurion ornamentarius de « la colonie A ugusta de Nimes, mort dans le cours « de sa vingt-cinquième année; Coelia Paterna, « fille de Sextus (Goelius), à son excellent fils ».

L'accès au décurionat n'était pas permis avant l'âge de vingt-cinq ans, c'est-à-dire, à l'époque de notre inscription, vingt-cinq ans commencés. Attius Paternus, mort dans le cours de sa vingtcinquième année, n'a eu qu'à peine le temps

d'effleurer la carrière des honneurs tant municipaux que publics, dont sa qualité de chevalier romain & même de la chevalerie d'élit-e dite equo publico semblait devoir lui ouvrir largement la route. Il était décurion en titre de la colonie de Riez, mais n'était dans celle de Nimes que décurion « figurant » : decurio ornamentarius.

On appelait décurions ovnamentarii des personnes qui, ne faisant pas partie du Conseil & n'ayant pas même droit d'entrée à la curie, jouissaient, en vertu d'un décret de l'Ordre & en récompense ordinairement d'un important service ou de quelque marquante libéralité, du privilège de prendre place parmi les décurions, avec le costume & les insignes de la dignité, au théâtre & dans les repas publics. (Voyez Marquardt, Handbuch, 4, p. 5og.)

La tribu Voltinia étant commune aux colonies de Riez & de Nimes, nous ne savons laquelle des deux était la patrie d'Attius. Il était très-probablement Nimois, puisque c'est sur le territoire de la cité de Nimes qu'a été trouvé son tombeau.

Ce tombeau, le plus orné de tous ceux que contient le musée de Nimes, mérite par sa richesse une description particulière. C'est, comme nous avons dit, un grand & très-beau cippe de marbre. Il est pourvu d'une plinthe & d'une corniche saillantes. Au-dessus de celle-ci règne une attique, divisée en deux registres superposes : celui de dessus occupé par des grillons gardant des trépieds, celui de dessous par des guirlandes. Un fronton cintré entre deux volutes forme le

couronnement; on y voit un aigle les ailes à demi ouvertes &, devant lui, un serpent se tortillant & paraissant vouloir s'élancer. La corniche, enrichie de rangs d'oves & de denticules, repose sur deux pilastres ornés chacun d'un rinceau de vigne s'élevant d'un vase & portant à son sommet un oiseau. Un linteau, qui se développe de l'un à l'autre des deux chapiteaux, est décoré d'enroulements d'acanthe que traversent en bondissant des lévriers.

Toutes ces sculptures ont une signification funéraire des mieux caractérisées : l'aigle & le serpent symbolisent le séjour des Mânes dans les régions supérieures du ciel & celui de l'Ombre dans les lieux bas de la terre. Les griffons gardiens d'un trésor font allusion à l'inviolabilité de la tombe. Les guirlandes de feuillage, les ceps chargés de pampres & de raisins, les oiseaux gazouillants, les lévriers chasseurs fouillant les broussailles sont des images tendant à retracer les délices des Champs Elysées.

Ce sont aussi des sujets élyséens qu'il faut certainement reconnaître dans les guirlandes de feuilles & de fruits souvent figurées sur les sarcophages romains.

Attius Paternus, fils de Coelia Paterna, portait le surnom de sa mère.

Le riche monument élevé à la mémoire d'Attius a fourni à M. Aurès le sujet d'un travail de mensuration extrêmement détaillé, duquel il résulte que ce magnifique tombeau a été fait à la mesure romaine & conformément aux prescriptions de la philosophie des nombres.

Epitaphe d'un décurion ornamentarius.

Bloc quadrangulaire, bordé de moulures encadrant l'inscription; incomplet à droite; trouvé en 1806 à Nimes, dans les ruines de l'ancienne église de Sainte-Perpétue (Perr.). — Hauteur, om 85; largeur, o'"8o. Hauteur de la partie encadrée, o'"G8.

Page 1