‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 89 sur 261 · VOL · texte numérisé non relu

VOL

Copie de M. Fr. Germer-Durand.

... Voltinia ... — « ... de la tribu Voltinia ... ».

La tribu Voltinia était celle dans laquelle étaient compris les citoyens romains de la cité de Nimes. Les exemples fournis en grand nombre par les inscriptions ne permettent aucun doute à cet

égard. C'était, du reste, la tribu commune à toutes villes de la Narbonnaise autres que les cinq colonies militaires de Jules César, facilement reconnaissables à leurs noms légionnaires : Narbonne, colonie de Decumani, inscrite dans la tribu Papiria ; Arles, colonie de Sextani, dans la tribu Terentina ; Béziers, colonie de Septimani, dans la tribu Papiria; Fréjus, colonie d'Octavani, dans la tribu Aniensis , & enfin Orange, colonie de Secundani , inscrite dans une tribu sans doute autre que la Voltinia, mais jusqu'à présent non connue.

Lorsque, postérieurement à Domitien (voyez Lex Malacitana, C. I. L., 2, 1963, 1964) & probablement à une époque même avancée du deuxième siècle, l'usage des comices municipaux eût fini par être complètement abandonne, la mention de la tribu sur les monuments n'eut plus d'autre signification que de marquer que celui à qui elle se rapportait était citoyen romain. Caracalla ayant, dans les premières années du troisième siècle, accordé le droit de cité romaine à tous les sujets libres de l'Empire, cette mention, devenant dès lors sans objet, fut elle-même promptement délaissée.

(Ci-dessus, n. 75.)

Épigraphe monumentale mentionnant la respublica de Nimes.

NoTA Cette inscription a déjà passé sous les yeux du lecteur. Ayant nous-même reconnu insoutenable, ainsi que nous l'avons annoncé dans notre Revueépigraphtque(p.2bty

'par une note ci-dessous reproduite, la restitution que nous en avons donnée, nous présentons ici un second essai qui nous paraît moins accessible h la critique. Nous faisons observer que l'état de mutilation dans lequel le texte nous est parvenu enlève toute espérance de pouvoir arriver jamais à le rétablir d'une manière certaine.

Débris d'un fronton monumental trouvés près de la Fontaine en i73g; déjà décrits sous le numéro jb ci-dessus.

d e o n e m a u s o RESPVBLICA NEMAVSESIVm nymphaeum cum columnis wAR IMPERATORIS CAesARIS divifili auguS

Supplément bibliographique : Desjardins, dans la Revue archéologique , 1881. — Vallentin & Allmer, dans le Bulletin épigraph. de la Gaule, 1882, p. 8 1. — Aurès & Michel, Essai de restitution de l'inscr. antique des bains de la fontaine, Nimes, 1882, avec fac-similé. — Allmer, Revue

CHAP. IV. — INSCRIPTIONS MUNICIPALES. 25p

épigr. du midi de la France, p. 272, & p. ibG avec cette note : « Il résulte d'un mesurage rigou- « reux, fait par M. Aurès, des vestiges de lettres « encore subsistants à la première ligne & des a lettres conservées des autres parties de l'ins- « cription, que les restes dans lesquels nous « avions cru reconnaître le groupe IVA, débris « du mot diVXe, sont en réalité, malgré une « apparence extrêmement trompeuse, ceux du « groupe NA. Or le mot diVAe, qui formait l'ap- « pui fondamental de notre raisonnement, devant <( ainsi être rejeté, notre restitution, déjà fort « compromise par l'impossibilité d'accorder le « deuxième consulat d'Hadrien avec l'époque « qu'indique Spartien & par l'extrême invrai- « semblance qu'Hadrien ait pu abandonner à la « rcspublica de Nimes le soin de faire la dédicace « de la basilique, se trouve privée de soutien &

TERisQVE OrnameNtis suis ex s tRVctum munificentia ES x I Additis pOr t i c u et A e d e dedicavit

« s'écroule entièrement; car, si les lettres NA « peuvent entrer dans la composition du mot « plotiNAe, elles peuvent entrer aussi dans la « composition de beaucoup d'autres mots, par « exemple le mot diaNAe. Le champ des recher- « ches reste donc de nouveau largement ouvert

a aux conjectures ». — Aurès, Nouvel essai de restitution de l'inscr. antique des bains la fontaine, Ni mes, i885, avec fac-similé.

Deo Nemauso & Dianae sanctae, respublica Nemausesium nymphaeum cum columnis marmoreis, signis, ceterisque ornamentis suis exstructum munificentia imperatoris Caesaris, divi filii, Augusti, consulis X, designati XI, additis porticu & aede, dedicavit.

« Au dieu Nemausus & à Diane sainte, la res- « publica de Nimes a dédié ce nymphée, construit, « avec ses colonnes de marbre, ses statues & tous « ses ornements, par la munificence de l'empereur « César Auguste, fils du dieu (Jules), consul pour « la dixième fois, désigné pour un onzième con- « sulat; de plus, ce portique & ce temple ajoutés « par elle ».

Cette restitution est, presque sans modification, celle qu'a donnée M. Florian Vallentin dans son Bulletin épigraphique de la Gaule, & sans aucun changement celle que nous avons donnée nousmême dans notre Revue épigraphique (p. 272).

Déjà, en l'an de Rome 729, avant J.-C. 25, Auguste, revenant d'Espagne, avait sans doute accordé à la cité de Nimes quelque insigne bienfait, en reconnaissance duquel des statues lui avaient été élevées. On lit, sur les piédestaux de ces statues, retrouvés au bas de l'escalier en double hémicycle qui descendait alors au bassin de la source & y descend encore aujourd'hui, une ins-

cription datée de l'année qui vient d'être rappelée : Impieratorï) Caesari , divi f(ilio), Augusto, cos. nonum, imp(eratori) octavum.

Auguste aurait donc donné suite à ses libéralités en construisant, à Nimes, Tannée suivante, de Rome 730, avant J.-C. 24, pendant son dixième consulat, un nymphée richement décoré. La respublica de Nimes aurait ajouté à cet embellissement un portique & un temple, & dédié le tout au dieu de la fontaine & de la cité & à Diane.

Le nymphée est le bassin carré, dit « bassin romain », qui vient immédiatement après celui de la source. Le temple serait l'édifice romain encore existant auquel la tradition a peut-être maintenu jusqu'à ce jour le nom de « Temple de Diane ». Le portique, dont les substructions ont été reconnues sur la majeure partie de son étendue, enveloppait la source & le nymphée; du côté du couchant, il se reliait à la façade du temple, & du côté opposé, il passait à l'endroit même où est dressée aujourd'hui la statue du poète Reboul.

Un siècle & demi plus tard, c'est-à-dire sous Hadrien, qui vint à Nimes vers l'an 121, il se peut que ces constructions aient été restaurées & embellies, & que l'épigraphe qui s'y voyait ait alors été refaite sans changements à sa rédaction primitive, conformément à la conduite tenue par ce prince en mainte autre circonstance pareille : Quum opéra infinita fecisset (Hadrianus), nunquam

ipse nomen suum scripsit ; Romae instauravit

sacras aedes plurimas eaque omnia propriis &

veteribus nominibus consccravit (Spartien, Hadr., 19); « Bien qu'il (Hadrien) ait construit partout « un nombre infini de monuments, il n'inscrivit

« son nom sur aucun • à Rome, il restaura

« une foule de temples & il consacra tous

« ces édifices en leur conservant leurs anciennes « cpigraghes aux noms des premiers construc- « teurs ». Ainsi s'expliquerait que le travail assez négligé de l'ornementation du fronton & la forme déjà abâtardie des lettres accusent une époque postérieure à celle d'Auguste.

Revenu dans la Gaule huit ans plus tard, Auguste fit encore d'importants travaux à Nimes. Revêtu de la puissance tribunicienne pour la huitième fois, c'est-à-dire dans les six derniers mois de 788, avant J.-G. 16, ou dans les six premiers de 789, avant J.-C. i5, la première année du séjour qu'il fit chez nous jusque vers le milieu de 741, il pourvut la ville d'une enceinte murée & de portes monumentales. Il est même peut-être possible de restreindre davantage les limites de temps entre lesquelles eut lieu cette construction, au moyen d'une médaille de Nimes au revers du palmier & du crocodile où se lit la date alexandrine de l'an 14, c'est-à-dire l'année courue du 29 août 737 à pareil jour de 738. L'époque cherchée se trouverait ainsi circonscrite entre le 26 juin de 738, point de départ de la huitième annuité de la puissance tribunicienne d'Auguste, & le 29 août de la même année, terme d'expiration de Tan 14 de l'ère alexandrine, &ce serait, d'après

M. Hirschfeld {Les monnaies de Nimes au crocodile, 1 883) , en mémoire de la construction des murs de Nimes que cette médaille aurait été frappée.

Rcspublica, c'est-à-dire, suivant la définition donnée par Forcellini : res communis & publica civium una viventiwn, ou, suivant celle de Cicéron [Frag. apud Aug. : Civ. Dei, 2, 10,) : Cactus juris consensuS utilitatis communione societas, est une expression à peu près équivalente à celle de civitas, & qui pourrait se rendre dans notre langage moderne par le mot « commune ». Toutes les cités, qu'elles tussent Colonies ou municipes, & par cela même qu'elles étaient des cités & avaient le droit de s'administrer elles-mêmes, étaient des respublicae. Au contraire, les loci contributi, n'ayant pas d'administration propre, mais étant placés sous la dépendance administrative d'une cité au territoire de laquelle ils étaient rattachés, n'étaient pas des respublicae .Dans notre inscription, le mot colonia n'a pas ete employé à cause sans doute de son sens restreint, tandis que le mot rcspublica, qui s'y lit, embrasse dans sa signification toute la population dont était composée lu civitas : les coloni & les incolae, & il y a à conclure de l'emploi de ce mot que la dépense des constructions & de la dédicace auront été à la charge non-seulement des colons, mais aussi des habitants qui n'étaient pas colons.

Dans la présente restitution, comme dans la précédente, nous avons utilisé deux fragments

vus par Séguier & perdus depuis : RV | A & N | O, l'un & l'autre en deux lignes. Nous avons négligé volontairement deux autres fragments : ORVM & 10, reproduits comme provenant de notre épigraphe dans les dessins d'une planche jointe au tome 14 (p. 107) de V Histoire de l'Académie des inscriptions & belles-lettres. 10, en lettres plus grandes du double que celles de l'inscription du fronton, ne peut venir que d'un autre monument, & ORVM n'est, selon nous, qu'une copie inexacte du fragment RV | A. L'auteur des dessins en question représente le groupe ORVM à la suite d'un débris contenant d'après lui les lettres ARM. Or, ce débris existe & on y lit, non pas ARM, mais ARMO. Il résulte de là avec évidence que la séparation entre les deux groupes, qui aurait dû être placée après l'O, a été mise avant par erreur. Restent alors, correction faite de cette faute, les lettres RVM, qui permettent de reconnaître non moins clairement que l'auteur dont il s'agit, préoccupé du mot armorum, a complété ce mot en ajoutant par conjecture & sans en avertir aux deux lettres RV de Séguier un M qui n'existait pas sur la pierre- De plus, il a négligé l'A de la seconde ligne, de même qu'il a négligé les lettres qui se voient aussi en seconde ligne, d'une part au-dessous du groupe ARMO, & d'autre part au-dessous du mot NEMAVSESIVm, transformé par lui en NEMAVSESIS & inexactement divisé.

Pour.qui est habitué aux incroyables erreurs

dont abondent en général les anciennes copies d'inscriptions, celles que nous signalons ici n'ont rien de très-surprenant. Ce qui le serait infiniment davantage, c'est que deux des fragments ramenés à la lumière à l'époque de la découverte eussent pu rester inconnus à Séguier.

Dans son dernier travail, M. Aurès conteste la restitution Additis, par le motif que la- lettre A, suivie d'un vide assez étendu, doit avoir formé à elle seule un mot complet.

Poids avec inscription mentionnant la rcspublica de Nimes.

Lingot de plomb de forme quadrangulaire, percé d'un trou de suspension à l'une de ses extrémités ; trouvé à Nimes, en 1862, dans le déblai des fossés intérieurs de l'amphithéâtre. — Hauteur, ora 32 ; largeur, om27; épaisseur, on'75.

Copie de M. Fr. Germer-Durand.

Académie du Gard, 1871, p. 206. — Aurès, Marques de fabrique du musée de Nimes, 1876, p. 86.

Respublica Nemausensium.

« La cité de Nimes ».

M. Fr. Germer-Durand fait observer que l'inscription, gravée en creux au burin, ayant évidemment été faite après coup, est, non pas une marque de fabrique, mais une marque de propriété. 11 pense que l'objet qui la présente & ne pèse pas moins de soixante-douze kilogrammes, était un contrepoids pour le jeu des machines qui servaient à faire surgir les décors des tranchées en sous-sol qui occupent le milieu de l'arène del'amphithéàtre.

Un autre lingot semblable, mais anépigraphe, a été découvert dans les mêmes fouilles & transporté, comme celui-ci, au musée de la ville.

INSCRIPTIONS RELATIVES A DKS DLCURIONS

Fragment d'un décret des décurions mentionnant la respublica de Nimes & le splendidissime Ordre.

Fragment extrait du pavage de l'entrée d'une maison située dans la plaine de Nimes, au bord du ruisseau appelé le Vistre. — Hauteur, o™o(); largeur, on,i4. Hauteur des lettres, o"'oi.

'///#////* n M n c » Q.v Idem

S P L E N D I D I S S J M I » O /" d 1 Il î S SINE ONERE»REI*PKé/jC(JC'

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Copie dessinée de M. Ai.i.mkr & copie de M. Fr. Germer-Durand : 11 & le D de QVIDEM, à la première ligne, l'M & le dernier I de SPLEN- DIDISS1MI, à la deuxième, liés en monogrammes. Un accent sur l'A de TA! IS, à la cinquième ligne, & sur l'O de VOBIS, à la sixième.

Mémoires de l'Acad. du Gard, 1808, p. 243. —

Pelet, Catalogue du Musée, i863, p. 1 83. — Allmer, Rev. épigr., 1882, pp. 262 & 2 86.

Ce fragment, trop incomplet pour qu'il soit possible d'en tirer un sens précis, nous apprend toutefois que la qualification d'honneur qui servait à désigner le conseil des décurions de Nimes était celle de splendidissimus ordo, « le splendidissime ordre ». On y remarque aussi la désignation de la cité par le mot respublica.

« Ces mots », observe M. Fr. Germer-Durand, « indiquent que nous avons sous les yeux un « morceau d'un discours adressé à l'ordre des « décurions, l'invitant à rappeler par un monu- « ment simple la mémoire soit d'un patron, soit a d'un bienfaiteur de la colonie. Le mot saxum « veut dire un tombeau & convient à une modeste « construction dont le coût ne devait pas charger « les ressources municipales ».

Fragment d'un décret des décurions mentionnant le splendidissime Ordre.

Fragment d'une plaque de pierre très-mince; trouvé à Nîmes, en i852, « rue du chemin de Sauve », dans le quartier de la Fontaine. — Hauteur, om33; largeur en haut, o,n28; en bas, omio; épaisseur, o'"o3. Hauteur des lettres des neuf premières lignes, o"'oi5; des deux dernières, o,no|..

GRANDIS SVMJPfl B VS ■my//Am,///AV///;/////,y///////. TZ -fiT . . .

ISSIQVIDEMlIOCNONMEASEDVESfRACAVSiï. . .

RIMI III FACERE CVM SPLENDORE VESTRO ET . . . .

décret 1 s vel principvm constitvtionidvs

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