‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 92 sur 261 · C-AVRÉLIVS · texte numérisé non relu

C-AVRÉLIVS

PARTiENIVS

ORNÂMENTlS' DEC

HONÔRÂTVS* COL'AVG

5 NEMAVSl * IflÛI VIR'AVG

COL-CÔPIA'CLAVD-AVG-LVGVD

ÎTEM'NÂRBÔNE^MÂRTIO ET*FIR-IVL'SECVN>ARAVSIÔNE

ET - FÔRO - IVLlI - PÂCÂTO VBlQVE- GRÀTVITÏS » HONÔRIBVS

Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer- Durand : H dimidiée à PARTHENIVS, à la seconde ligne; l'N & le D de SECVND, à la huitième, liés en un monogramme. Accents sur l'E d'AVRELIVS, sur l'O & TA d'ORNAMENTIS, sur le second O & l'A d'HONORATVS, sur l'O de

COPIA, sur l'A & l'O de NARBONE, sur l'A de MARTIO, sur l'V de IVL & sur l'O d'ARAVSIONE,

sur le premier O de FORO, sur les deux A de PACATO, sur TA de GRATVITIS & sur le second O d'HONORIBVS.

Perrot, A ntiq. de Nimes, i836, p. 1 37. — Bullct. de corresp. arch. de Rome, 1848, p. 21. — Henzen, 5 23i. — Pelet, CataL, i863, p. 148. — Herzog, n. 1 83 . — Wilmanns, 22io. — Notes E. Germer- Durand.

C. Aurelius Parthenius, ornamentis decurionalibus honoratus colonia Angusta Nemausi, sévir augustalis colonia Copia Claudia Augusta Luguduni, item Narbone Martio & Firma Iulia Secundanorum Arausione & Foro Julii Pacato ; ubique gratuitis honoribus.

« Caius Aurelius. Parthenius, décurion ornait mentarius dans la colonie Augusta de Nimes, « sévir augustal de la colonie Copia Claudia Au- « gusta de Lyon, ainsi qu'à Narbonne, à Orange « & à Fréjus, avec gratuité de ces honneurs dans « toutes ces villes ».

Le soin que prend Aurelius Parthenius de faire savoir que les honneurs par lui obtenus dans les villes qu'il nomme lui ont été dans toutes accordés à titre gratuit démontre suffisamment que la gratuité n'était pas la règle commune. On peut, au contraire, croire que la faveur d'être admis à ligurer parmi les décurions avec leurs ornamenta, c'est-à-dire leur costume & leurs insignes, était

ordinairement chèrement achetée. Ainsi s'expliquerait que ce sont des sévirs augustaux qu'on en trouve le plus souvent gratifiés, leur condition d'affranchis leur interdisant d'ailleurs d'aspirer au décurionat effectif aussi bien qu'aux ornamenta des fonctions de la curie supérieures à celles de décurion. Des parvenus avides d'ostentation, comme étaient en général les sévirs, devaient rechercher avec empressement des distinctions extérieures & pouvaient, au prix de coûteux sacrifices, se procurer cette satisfaction de vanité. Outre les libéralités extraordinaires par lesquelles ils avaient pu acquérir l'honneur de décurions figurants, ils avaient aussi bien certainement à prendre leur part des nombreuses & lourdes charges qui incombaient aux décurions en titre. L'affranchi Parthenius, décurion figurant de Ni mes, sévir augustal de Lyon, de Narbonne, d'Orange & de Fréjus, n'a pas été malgré cela un assez haut personnage pour qu'on lui ait dressé une statue. L'inscription qui nous a conservé son souvenir n'est autre chose qu'une épitaphe, comme l'indique clairement du reste la signification funéraire du rinceau qui l'entoure. Elle provient vraisemblablement d'un cippe dont la corniche & la base, formant des pièces rapportées, se seront disjointes & égarées. On lisait peut-être sur le couronnement la dédicace aux dieux Mânes, & sur la base les mots vivus sibi fecit, ou quelque autre formule analogue nécessaire pour compléter la phrase.

Epitaphe d'un sévir augustai, décurion ornamentarius.

Bloc quadrangulaire, bordé de moulures & d'un trait en creux formant encadrement autour de L'inscription j déjà, en 1628, au palais du Présidial : In palatio regio (Guir.); employé ensuite dans un mur de la prison des femmes (Pel. , d'où il a été porté, en 1845, au Temple de Diane (E. G. -Dur.). — Hauteur, omo,5; largeur, orn85. Hauteur de la partie encadrée, om8o; largeur, om7o.

IÏTÏÏI V I R - A v G ET-DECVRIÔHJ

ORNÂMENTÂR IVLIO'AEMILIO 5 A N I C ETO - ET

IVLIAE-THEÔPHILE V - S - P

Germer-Durand : accents sur PO de DECVRIONI, sur les deux A d'ORNAMENTAR, sur l'V de IVLIO & de IVLIAE & sur PO de THEOPHILE.

Guiran, Msc, p. 43. — Maffei, Gall. ant., p. 66. — Muratori, 19g, 1. — Ménard, 7 , p. 275. — SÉguier, i38oi, pi. 18. — Orelli, 3y5i. — Pelet,

msc. à la bibl. de Nimes, 1, p. 72 v°. — Herzog, n. 186. — Notes E. Germer-Durand.

Seviro augustalî & dccurioni ornamentario lulio Aemilio Aniceto, & Juliae Théophile ; vivi filii posuerunt.

« A Jmlius Aemilius Anicetus, sévir augustal & « décurion ornamentarius, & à Julia Théophile. « Tombeau qu'ils se sont t'ait de leur vivant ».

Julius Aemilius Anicetus, qui, outre son surnom servile, porte deux gentilices, paraît avoir été l'affranchi de deux personnes. L'épitaphe ne fait pas connaître quels liens existaient entre lui & Julia Théophile. Celle-ci était vraisemblablement son affranchie & peut-être aussi sa femme.

202 COLLECTION KIM'jKAl'HIQUE DE Ni

Epitaphe d'un sévir augustal, décurion ornamentarius.

Cippe avec base & couronnement; trouvé, en 1849, dans les fouilles, de la Porte d'Auguste (E. G.-Dur.). L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, omg5 ; largeur, om55. Hauteur de la partie encadrée, om4o; largeur, om37.

I fm I VIR'AVG ET>DEOORNÀM

a ' M A G I V S EPITYNCUKvS V ' S - F

Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : H dimidiée à EPITYNCHAxWS.

Herzog, n. 188. — ■ Notes E. Germer-Durand.

Sévir aiigustalis & decurio ornamentarius , Q. Magius Epitynchanus vivus filii fecit.

« Quintus Magius Epitynchanus, sévir augustal « & décurion ornamentarius, s'est de son vivant 0 préparé ce tombeau ».

Epitaphe d'un sévir augustal, décurion ornamentarius.

Bloc quadrangulaire, avec moulures & rinceau formant encadrement autour de l'inscription; extrait par Séguier du bastion de la Porte de la Couronne & transporté dans le jardin attenant à son habitation ; de là, plus tard, à la Porte d'Auguste. Une cassure partage la pierre de haut en bas par le milieu en deux fragments. — Hauteur, r" i 5 ; largeur, i'" io. Hauteur de la partie encadrée, o^qo; largeur, om85.

L - L E T I V S M A R V L L V S IÏTTÏI VIR-AVG-T D E C V R - O R N A M V » S " F

Germer-Durand : l'E & le T de ET, a la fin de la troisième ligne, liés en un monogramme.

Gruter, 428, 8. — Grasser, Ant. Non., p. 25.

— GuiRAN, p. 37. — MURATORI, 200, 4, & 7 I 3 , 7.

— Maffei, Gall. ant., p. 12. — Baux, Msc, p. 4. — Ménard, 7, p. 276. — Séguier, i38oi, pi. i3; i3So2, 2, p. 14. — Henzen, 7006. — Herzog, n. 187. — Notes E. Germer-Durand.

L. Letius Marullus, sévir augustalis & decurio ornamentarius, vivus filii fecit.

« Lucius Letius Marullus, sévir augustal & dé- « curion ornamentarius, s'est, de son vivant, prc- « paré ce tombeau ».

Fragment faisant mention d'une libéralité dans laquelle sont compris les décurions.

Fragment incomplet de tous côtés, retire*, le 28 mars 1884, de la fosse d'aisances de la maison Dufau en démolition, rue des Fondeurs. — Hauteur, om2o; largeur, om24.

. . . . rfeDIT-'VIII-'VII-'VlTK-'Maïa* . . . .

AVGVSTIS » COs

....DECVRIÔNIBVS

. . . . COLLÉGlIS-'ET-AM/-/ fus . .

. . . . E P v L O - I ÏT7Ï I v I R - S i n g u l i s . . h u i V S - S T A T m c? c

Copie de M. Fr. Germer-Durand & estampages de MM. Albin Michel & Goudard : lettres de bonne forme; le D au commencement de la troisième ligne réduit à un très-petit fragment de sa panse, le G & TE au commencement des deux lignes suivantes à un reste presque imperceptible de l'amorce de leur extrémité supérieure; accents sur l'O de DECVRIONIBVS, sur TE de COLLE- GIIS, & peut-être sur l'A de AM...

Allmer, Rev. épigr., 2, p. 24.

dédit, VIII, VII, VI kalendas maias, Imp.

M. Aurelio Antonino III Imp. L. Aurelio Vero II

Augustis consulibus , epulum decurionibus et

collegiis, et amplius epulo seviris singulis , et

honore hujus statuae contentus impendium

remisit.

« a donné, le 8, le 7 & le ô des calendes de

« mai (24, 25 & 26 avril), sous le consulat des « Augustes l'empereur Marc-Aurèle Antonin, con- « sul pour la troisième fois, & l'empereur Lucius « Aurelius Vérus, consul pour la seconde fois, un

« repas aux décurions & aux collèges, &, en

« plus du repas, tant à chaque sévir. Satisfait de « l'honneur de cette statue, il a fait remise de la « dépense ».

Il s'agit d'un personnage honoré d'une statue & qui, à cette occasion, a donné, les 24, i5 & 26 avril, sous le consulat des empereurs collègues Marc-Aurèle & Lucius Verus, c'est-à-dire en l'an 161, un repas aux décurions, peut-être accompagnés de leurs femmes : decurionibus cum conjugibus (:), & aux divers collèges, &, en plus du repas, une petite somme d'argent à chaque sévir augustal. Cette manière exceptionnelle dont sont traités les sévirs explique pourquoi, devant régulièrement venir avant les collèges, ils ne sont nommés qu'après; l'auteur de la libéralité était peut-être décurion & en même temps patron de la corporation des sévirs augustaux.

Mais ce qui rend notre fragment particulièrement intéressant nous est signalé par M. Hirsch-

feld (voyez Rev. épigr., 2, p. 44); c'est la date de la libéralité qu'il mentionne. Le 26 avril, le dernier des trois jours indiqués, était le jour anniversaire de la naissance de Marc-Aurèle, venu au monde à pareil jour de l'an 121. C'est très-certainement en vue de la célébration de cet anniversaire qu'un repas a été donné aux décurions & aux collèges & qu'une distribution d'argent a été faite aux sévirs augustaux. Il n'y a pas à s'étonner que la fête ait duré plus d'un jour. On sait que l'anniversaire de la naissance d'Auguste, né le vim des calendes d'octobre, se célébrait pendant deux jours : les vmi & vm (Suétone, Aug., 57; Orelli, 687; voyez Henzen, Acta arv., p. 5i); mais, tandis que cette célébration de l'anniversaire de la naissance d'Auguste se faisait le jour même & le suivant, ici, au contraire, elle embrasse trois jours, dont l'anniversaire proprement dit est le dernier. Au 26 avril de l'an 161, Marc-Aurèle, âgé de quarante ans, était empereur depuis seulement deux mois à peine, ayant succédé à Antonin le Pieux le 7 mars.

Beaucoup de témoignages attestent en quelle importance était tenu le jour anniversaire de la naissance des empereurs. M. Hirschfeld en a réuni les plus marquants dans une note d'un travail intitulé : Remarques sur la biographie de Septime Sévère ; nous en extrayons que Sévère est né le 1 1 avril, non le 8 comme on lit dans Spartien, & que Caracalla est né le 4 du même mois, non le 6 comme Spartien le dit par erreur encore.

INSCRIPTIONS RELATIVES A DES PERSONNAGES .MUNI- CIPAUX DITS « AYANT PASSÉ PAR TOUS LES HON- NEURS »

Avoir passé par tous les honneurs municipaux c'était avoir parcouru les degrés successifs des magistratures de la curie : la questure, l'édilité & le quattuorvirat.

Ces magistratures ne se suivaient pas sans discontinuité; mais au contraire avec un intervalle de temps de l'une à l'autre. L'organisation des curies municipales étant calquée sur l'organisation du sénat de Rome, il est probable que, entre la questure, accessible depuis Auguste à l'âge de vingt-cinq ans, & le quattuorvirat qui répondait à la préture accessible depuis le même temps à l'âge de trente ans, l'édilité prenait place à un intervalle d'un an après la questure & de deux ans avant le quattuorvirat.

Statue élevée par la corporation des sévirs augustaux à un personnage municipal parvenu à tous les honneurs de la cité.

Grand piédestal quadrangulaire incomplet à droite; terminé en haut par un boudin appuyé sur un filet; trouvé à Nimes au seizième siècle, & déposé d'abord « apud domum Dni Agulhoneti,

patroni pauperum » (Guir.), au cours de Saint- Véran ; ensuite dans la « maison de M. Massip, avocat du roi » (Mén.; Skg.); puis à la Maison- Carrée. L'inscription est renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur, im5o; largeur, om73; hauteur de la partie encadrée, o"'<r-i.

L^IVLIO ^^VOL; N I G R O

AVRÉLIO » SER\ÀTO

OMNIBVS'HONÔRIB 5 IN » COLÔNlA' SVA

F V N C T O I iTTT I VIRI CORPORÀTi NEMAVSÉNSES P A T R Ô N O 10 EX'POSTVLATIÔNE-POPVLf

Copies dessinées de M. Allmer & de M. Fr. Germer-Durand : accents sur l'A de SERVATO, de COLONIA & de CORPORATI; sur l'E d'AVRE- LIO & sur Pavant-dernier E de NEMAVSENSES; sur le second O de HONORIB & de COLONIA, sur le premier de PATRONO & sur le second de POSTVLATIONE; sur l'V de FVNCTO. Le V & l'A de SERVATO, à la troisième ligne, liés en un monogramme.

COLLECTION Kl'IGKAPHIQUE DE NIMES.

Poldo d'Albenas, p. 164. — Frf.d. von Ramuinokn, msc. à la Bibl. de Nimes, i3 8io, 20. — Gruter, 423, 9. — Grasser, 1609, P* '-''* |,;,4? p. K)5. — Rulman, p. 16. — Giikan, Msc., p. 27. — Catel, Mém. poiu' Vhist. de Lang., p. 283. — Deyron, Antiq., i65g, p. 67. — Hist. de Lang., i, Pr., p. 11. — Baux, Msc., p. 20. — Ménarl, 7, p. 276. — Séguier, i38oi, pi. 14. — Herzog, n. 116. — Wilmanns, 2204. — Notes E. Germer- Durand.

L. Iulio, Q. fïlio, Voltinia, Nigro Aurelio Servato, omnibus honoribus in colonia suafuncto; seviri corporati Nemausenses patrono, ex postulatione populi. Locus datus decreto decurionum.

« A Lucius Julius Niger Aurelius Servatus, fils « de Quintus (Julius); de la tribu Voltinia, parce venu dans sa colonie à tous les honneurs mu- « nicipaux; la corporation des sévirs de Nimes a « élevé à son patron cette statue à la demande « du peuple. — L'emplacement donné par décret « des décurions ».

Julius Niger, que ses noms nombreux désignent comme appartenant à la plus haute aristocratie de la colonie, doit avoir joui à la fois d'une grande fortune pour avoir été patron de la riche corporation des sévirs, & d'une grande considération pour que l'honneur d'une statue lui ait été déféré par une acclamation du peuple. La mention de la concession de l'emplacement par un

décret des décurions fait voir que cette statue était dressée sur une place publique.

Une autre inscription, provenant également du piédestal d'une statue élevée par la corporation des sévirs de Nimes à un L. Iulius Q. f. Vol. Niger qui paraît être le même que celui-ci, nous apprend qu'il aurait été quattuorvir-trésorier de la cité.

La circonstance que la statue a été érigée ex postulatione populi indique une époque où subsistait encore dans les villes municipales l'usage des comices & des assemblées du peuple. Cet usage, que la loi de Malaca (5i à 60) nous montre fonctionnant en pleine activité sous le règne de Domitijn, par conséquent non aboli par le règlement de Tibère, qui attribua au Sénat de Rome la nomination des magistrats élus précédemment par le peuple (Tacite, A nn., 1, i5), paraît n'être arrivé à être complètement abandonné, sauf dans quelques circonstances exceptionnelles, qu'à partir du commencement du troisième siècle (vovez Marquardt, Handbuch, 4, p. 476) ; notre inscription, d'après la bonne forme des lettres & les accents nombreux qu'elle présente, serait d'un temps plus ancien.

INSCRIPTIONS RELATIVES A DKS QUATTUOKVIR8 ET A

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