‹ Inscriptions antiques de NîmesChapitre 93 sur 261 · DES PRÉFETS DES VIGILES ET DES ARMES · texte numérisé non relu

DES PRÉFETS DES VIGILES ET DES ARMES

Les inscriptions de Ni mes relatives à des quattuorvirs nous les montrent occupant le plus haut degré de la hiérarchie municipale & partagés en quattuorvirs-juges, quattuorviri jure dicundo, au nombre de deux, & en quattuorvirs-trésoriers, quattuorviri ab aerario ou ad aerarium (n. 194), également au nombre de deux, mais ne formant tous quatre qu'un seul collège, dans lequel les deux trésoriers n'étaient probablement que les collègues minores des deux juges, comme cela avait lieu pour les édiles à l'égard des juges dans les cités où le quattuorvirat se composait de deux juges & de deux édiles.

Une des plus curieuses de ces inscriptions (maison Cabane de Florian, rue Séguier), sur laquelle est mentionnée, entre autres divers secours viagers accordés par les décurions à un soldat congédié de Tibère, la concession d'un terrain à prendre sur le domaine communal, nous apprend que le soin d'assigner à ce soldat ce lot de terrain fut confié à un des quattuorvirs, assisté pour cette opération d'une commission de onze membres, dits undecimviri : sans doute dix décurions & lui onzième comme président. Ces undécemvirs de Nimes seraient, d'après une savante opinion de M. Hirschfeld (Gallische studien, i883, pp. 3g, 40), un débris de l'ancienne organisation celtique,

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dans laquelle, au-dessous du chef suprême & à côté du conseil public, fonctionnait une commission composée de plus ou moins de membres & chargée de tout l'exécutif dans l'étendue de la cité.

C'est aussi un souvenir de l'organisation nationale qui se laisserait apercevoir, dans le titre de praetor quattuorvir, certainement antérieur à celui de quattuorvir jure dicundo, & qui, selon le même savant (p. 41), serait une marque de la transition de l'ancien magistrat gaulois à ceux qui, dans l'organisation romaine, héritèrent de ses attributions. Ce titre se lit sur une inscription aujourd'hui perdue, & s'y montre suivi du complément bis, le quattuorvirat étant à Nimes, comme le duum virât dans d'autres cités, une magistrature quelquefois réitérée.

Les inscriptions ne nous offrent aucun exemple certain de quattuorvirs quinquennaux, quoique il n'y ait pas à douter que, tous les cinq ans, la revision du corps municipal ne se fît, à Nimes aussi bien qu'ailleurs, par le ministère des quattuorvirs jure dicundo, prenant, à cette occasion, le titre de quinquennales ; mais à défaut d'exemples certains, on croit reconnaître, sur un débris sculpté provenant, suivant toute probabilité, de la sépulture d'un quattuorvir quinquennal, le vase & l'aspersoir employés par les quinquennales dans la cérémonie de la clôture du lustre, ainsi qu'un reste de la double file d'appariteurs, vêtus de la toge& armés de bâtons, qui formaient leur escorte.

Une autre fonction, qui apparaît sur un assez grand nombre de monuments & toujours remplie par des quattuorvirs, soit jure dicundo, soit ab aerario, en exercice ou peut-être sortis de fonction, est le commandement avec le titre de praefectus d'une milice municipale propre à Nimes, dite vigilum & armorum. Cette milice semble avoir été chargée de la police de nuit de la ville, de l'extinction des incendies &, le cas échéant, de la défense du territoire contre les attaques venant de l'extérieur.

Plusieurs des inscriptions qui rappellent des quattuorvirs ont appartenu à des piédestaux de statues. Une de ces statues a été décernée par les décurions à la demande du peuple; une autre (perdue) par la corporation des sévirs augustaux, sur un emplacement public concédé par un décret des décurions. Une statue-hermès a été élevée par un affranchi à son patron, quattuorvir-juge & préfet des vigiles & des armes.

Sur l'épitaphe d'un quattuorvir jure dicundo on voit représentés de chaque côté les faisceaux qui étaient les insignes de sa dignité. Chacun des deux faisceaux se termine en haut par trois feuilles de laurier.

A la différence des inscriptions relatives à des décurions, à des édiles ou à des questeurs, celles qui rappellent des quattuorvirs ou des préfets des vigiles & des armes n'ajoutent jamais au titre de ces personnages le complément « de la colonie de Nimes ».

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Epitaphe d'un quattuorvir-juge.

Cippc avec base (^ couronnement; la saillie de la corniche retaillée par devant; trouvé en iy5i à Manduel, près de l'église (Mén.)j & déposé alors dans l'ancienne maison Pouzolz ; passé, en 1880, au musée. L'inscription est renfermée dans un encadrement de bandeaux décorés d'un rinceau. Les laces latérales sont aussi encadrées. — Hauteur, 1™ 25; largeur, ora70. Hauteur de la partie encadrée, on,62; largeur, o"\j.8.

a - V R O N T 0 N I Q." il [.-VOLT V A 1. E R I 5 Ifïl VIR^IVR'DIC

VlVOS'POSVIT

Copie dessinée de M. Allmer & copie de M. Fr. Gkr mer-Durand.

M 1 nard, 7, p. 459. — Séguier, msc. 1 3 80 1 , p. 83. — Vincens (S: Baumes, Topogr. de Nimes, 1802, p. 573. — Allmer, Rev. épigr., p. [38.

Diis Manibus Q. Frontonii, Qiiintifilii, Voltinia,

296 COI.I.K' ht. ÉPIGRAPHIQU1 DI

Valerii, quattuorviri jure dicwtdo, vivos sibi posuit.

« Aux dieux Mânes de Quintus Frontonius Va-

« lerius, fils de Quintus (Frontonius , de la tribu « Voltinia, quattuorvir-juge. 'foin beau élevé par « lui de son vivant ».

Remarquer le gentilice Va/eriMS employé comme cognomen.

Épitaphe d'un quattiiorvir-jugc.

Cippe avec base & couronnement; la saillie de la corniche entaillée par devant à iieur du dé; extrait, à la fin de 1867 ou au commencement de 1868, de la démolition du moulin Rey, sur le Vistre, près de la gare du chemin de 1er, à l'extrémité du quai Roussy. L'inscription est renfermée dans un encadrement de bandeaux décorés d'un rinceau. — Hauteur, \m,ib\ largeur, om67. Hauteur de la partie encadrée, ora5o; largeur, ora45.

OVIREI'C'FlL]

V O I. « V I R I I. 1 S I ÏÏ I V I R - I V R * D I C 3 M ARIA- CI RK S I M-

marIto-op T 1 M o

Copie dessinée de M. Allmer : H dimidice à CHRESIME; l'M & TE final du même mot liés en un monogramme.

E. Germer-Durand, Notes épigr., 1869, p. 4.

Diis Manibus Caii Vireii, Caii filii, Voltinia,

298 COLLECTION LPIGRAPHIQUE DE N

Virilis, quattuorvirijuve dicundo; Maria Chresime marito optimo.

« Aux dieux Mânes de Caius Vireius Virilis, « fils de Caius (Vireius), de la tribu Voltinia, « quattuorvir-juge; Maria Chresime à son excel- « lent mari ».

Buste d'un quattuorvir-juge , préfet des vigiles & des armes, sur un piédestal en forme de gaine d'hermès.

Gaîne d'hermès bordée de moulures, incomplète vers le bas & terminée en haut par une l'ace inclinée, sur laquelle apparaît une retraite demi-circulaire dans laquelle s'engageait le pied d'un buste; trouvée en 1 863 à l'Amphithéâtre, dans la maçonnerie antique, derrière une des grandes pierres de revêtement du podium. — Hau. teur, ;rai5; largeur en haut, om25; en bas, o™ 21.

S E X - V I Ri L L I O

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ET-ARMORVM

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