‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 10 sur 129 · FELICI-AV (G) FELICI-AVG · texte numérisé non relu

FELICI-AV (G) FELICI-AVG

P-M-TR-P- [II) I-CO- P-M-TR-P-VI-COS II-P-P-F-XX II-P-P-PR-XX (A) V - LXXXIIII L-XXXIIII

Descr. — La borne du Moutier d'Ahun est en granit blanchâtre. Elle est taillée sur un socle de 0 m. 17 de hauteur. Son élévation totale est de 1 m. 56, mais la pierre n'est pas complète et la première ligne de l'inscription devait se trouver sur la partie disparue. Le diamètre du socle est de 0 m. 61 ; celui de la colonne, 0 m. 48. Les lettres ont 0 m. 06 de haut. Un anneau de fer scellé dans la borne, à la fin de la troisième ligne, a fait disparaître le G du mot Aug(usto). Le frottement de cet anneau contre la pierre a effacé la partie supérieure du chiffre de la puissance tribunice inscrit au-dessous. Les A ne sont pas barrés.

Hist. — Ce milliaire était autrefois dans l'église du Moutier d'Ahun; on s'en servit au commencement de ce siècle pour soutenir la char-

pente d'un hangar couvert dépendant de l'abbaye ; il devint ensuite la propriété de M. Dayras, ancien maire du Moutier d'Ahun, qui le fit transporter, en 1868, dans son domaine de Valeize. Le milliaire sert encore à supporter la toiture d'un hangar, construit devant la maison d'habitation de ce domaine, passé en d'autres mains depuis quelques années. Il se trouve à gauche, en entrant dans la cour.

Bibl. — Bonaventure de Saint-Amable, Histoire de saint Martial, 1623, in f°, t. XI, pp. 173 et 274. — Goudert de la Villatte, Toulx et Ahun, p. 53. — Fillioux, Mém. de la Soc. des sciences naturelles de la Creuse, t. III, 1862, p. 462. — De Cessac, Bull, de la Soc. hist. et archéologique du Limousin, X. XIX, 1869, p. 24 (tiré à part). De Cessac, Bull, des antiq.de France, 1870, p. 140, et 1873, p. 69.

— De Cessac, Bull, de la Soc. de numismat. etd'archéoL, t. Y, p. 391.

— Florian Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. I, 1881, p. 213, reproduit dans Mém. de la Soc. des sciences natur. de la Creuse, t. V, 2e bull., 1883, p. 155.

[Imp(eratori) Caes(ari)] M{arco) Ant(onio) Gordiano pio, felici, Au[g(usto)], p(ontifiei) m(aximo), tr(ibunicia) p(otestate) VI, co(n)s(uli) II, p(atri) p(atriae). Pr(aetorium) , (leugae) XX; L(emovices), (leugae) XXXI III.

A l'empereur César Marc Antoine Gordien (Gordien III), pieux, heureux, Auguste, souverain pontife, revêtu de la puissance tribunice pour la 6e fois, consul pour la 2e fois, père de la patrie.

Praetorium à 20 lieues (gauloises), = 44 k. 440 m. Limoges à 34 lieues (gauloises), = 75 k. 448 m.

D'après Adhémar, qui mourut en 1030, le père Bonaventure de Saint-Amable nous apprend, dans son Histoire de saint Martial, que ce milliaire « est la colonne où saint Martial fut attaché et flagellé ». Le fait est possible, puisque la date qui convient à l'inscription est celle de l'année 243 et que, selon le témoignage de Grégoire de Tours, c'est au temps de Dèce, c'est-à-dire au moins six ans plus tard, que

DE LA CITÉ DES LEMOVICES 45 saint Martial reçut la mission d'aller évangéliser les Gaules. Cependant, et bien que la tradition ne soit pas infirmée par l'histoire, il est prudent de ne pas trop se hâter de conclure sur la seule foi des chroniques du Limousin. Plus encore que partout ailleurs, ce n'est que sous les plus grandes réserves que l'on doit se servir de ces vieux documents (1).

1 3 SAEVT-IiÉCrER-MACrNAZEIX

IMP-CAE.S////

PIO-ESVV/////

TETRICO-PIO////

AVG'C-L-LY////

D'après l'original, confirmé par un estampage. Var. — Abbé Lecler :

IMP CAE PIO °° ESVV TETRICO PIO

avc celv (peut-être faudrait-il lire avg gez?)

« Ce texte, a dit M. de Gessac, en parlant de la copie qui précède, n'est pas complètement exact, surtout dans les quatre dernières sigles lues GeLv, et que j'avais interprété : CE(vitas) L(emo)v(icorum).

(1) Deux autres milliaires, très probablement aussi au nom de Gordien, ont été signalés en place par Florian Vallentin, sur le territoire de la commune de Saint- Sulpice-le-Donzeil (Creuse). (Mêm. de la Soc. des se. nat. de la Creuse, t. V, 1885, p. 157).

Le premier, connu sous le nom de pierre du marteau, est devenu complètement anépigraphe. La légende l'attribue à S. Martial. Le second, qui était au lieu dit le Sec, a été transporté, en 1889, au chef-lieu de la commune. Il y sert de piédestal à un monument commémoratif de la Révolution française. De l'inscription qu'il portait autrefois, on ne lit plus que les lettres suivantes:!" ligne, ///no////; 2e ligne, ////no////. (Renseignements fournis par M. Degabriel, instituteur à St-Sulpice).

Il doit être rétabli :

PIO •', • ESVV. . . .

TE TRIC o PIO

AVC C L - LX. . . . (i)

Descr. — Colonne ronde de 0 m. 70 de haut sur 0 m. 60 de diamètre environ, rompue à ses deux extrémités. La cassure du haut a emporté la fin des deux premières lignes. La pierre est un granit bleu, très dur ; les lignes vont en remontant de gauche à droite, et les lettres, assez mal gravées, ont 0 m. 10 à la première ligne et de 0 m. 06 à 0 m. 07 aux trois autres. Un trait horizontal qui devait surmonter une indication de distance se voit au-dessous de la dernière ligne de l'inscription.

Hist. — Ce milliaire fut découvert en 1847, dans le cimetière de Saint-Léger-Magnazeix , en exécutant des travaux de terrassement nécessités par la construction de la route qui traverse le bourg. Il fut transporté chez le maire où il demeura inédit jusqu'en 1868.

Bibl. — Abbé Lecler, Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. XVI11, 1868, p. 133, et t. XIX, 1869, p. 133. — De Cessac, Bull, de la Soc. hist. et archéol. du Limousin, t. IX, 1869, p. 201. (Tiré à part.) — P. de Cessac, Bull, monum. , t. XXXIX, 1873, p. 131. — P. de Cessac, Revue archéol., t. XXVI, 1873, p. 131. — Espérandieu, Épigraphie rom. du Poitou et de la Saintonge, p. 43. — Lejay, Inscript, antiques de la Côte-d'Or. Paris, 1889, in-8, p. 125.

Imp(ercttori) Caes(ari) [C(aio]} Pio Esuv[io] Tetrico, pio, [fel(ici)], Aug(usto). C(ivitas) L(emovicum) l(éugae) X....

A l'empereur César Caius Pius Esuvius Tetricus, pieux,

heureux, Auguste. La cité des Lemovices à lieues

(gauloises)

Esuvius est un nom propre dérivé d'Esus. Il entre dans la catégorie des noms grecs : ^.r^ploq, Aiov6<jioç, ïlossio&vo; fEpp]ffiav6ç et 'Epjwavéç, dérivés comme lui de noms divins.

Jusqu'à cette année, on ne connaissait guère que dix monuments authentiques, tous miliiaires, qui fussent relatifs à

(J) Le redressement de lecture est dû à M. Mowat. Cf. Bull, mon., 1873, p. 738.

l'un ou à l'autre des Tetricus. On les avait découverts à St-Léger-Magnazeix, à Rom (Deux-Sèvres) (1), à Dijon (2), à Rouen ou à Bayeux (3) , à Nantes (4) , à Bittern, près de Southampton (5), à Barbeïra, près de Garcassonne (6), et à Saint-Gondran , près de Rennes (7). J'ai publié le texte de la plupart d'entre eux dans mon Épigraphie romaine du Poitou et de la Saintonge (8). Il y a quelques mois, M. Lucien Decombe, conservateur du musée archéologique de Rennes, a eu la bonne fortune d'en faire retirer quatre autres des murs d'enceinte de la ville où ils étaient employés comme matériaux de construction. Ce sont encore des milliaires, et voici, sans autre commentaire, le texte de ces monuments d'après les copies mêmes de M. Decombe (9) :

IMP CAES C* PIOESVVIO TETRICOP. F I N V I ? A V G

î'mp gaes imp, caes.

c-pioesv cpio esuvio

VIO TETRI T E T R ICO p. f.

CO PIO-FEL INVlCtO aug

inv. avo pm trib pot

/////> -p cos

cr...

(1) Espérandieu, Epigr. rom. du Poitou et de la Saintonge, p. 39.

(2) Lejay, Inscript, ant. de la Côte-d'Or, p. 123.

(3) Spon, Miscell., p. 174 (Orelli, Exempta, t. III, p. 108), et Reinesius, Syntagma inscript, antiq., 1682, in-f°, p. 319.

(4) Parenteau, Catal. du musée départemental. Nantes, 1889, in-8, p. 24.

(5) Trois inscriptions. (Cf. Archaeologia, 1842, in-4°, XXIX, pp. 257-8), etOrelh, Exempta, n° 5549.

(6) Allmer, Revue épigraphique du Midi de la France, t. II, p. 371.

(7) Catalogue du musée de Rennes, p. 32.

(8) Espérandieu, loc. cit., pp. 39 et 382.

(9) Lettre particulière du 21 mai 1890.

imp. caes.

c pio esu vio te trico p

AVG

M. Allmer vient enfin de publier une quinzième inscription milliaire découverte à Béziers au mois d'avril dernier. Elle est ainsi conçue (copie de M. Noguier) (1) :

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