‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 123 sur 129 · HH-NN · texte numérisé non relu

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Les inscriptions qui ont été découvertes jusqu'ici ne font pas connaître la constitution municipale des Lemovices. Il est probable qu'elle comprenait un orclo, des décurions, des questeurs et des quatuorvirs. C'était la règle ordinaire des cités de droit latin.

Le nom de la tribu dans laquelle était inscrite la cité ne figure non plus nulle part.

Lesépitaphes mentionnent :

1° Un décurion de la cité des Aulerques Eburoviques (nM4);

2° Un citoyen de la ville de Lyon (n° 16); 3° Un professeur de grammaire de nationalité biturige (n° 15).

Il n'est pas inutile, à propos de ce dernier personnage, de rappeler qu'une ordonnance, rendue par Gratien en 376, prescrivait que les professeurs de grammaire et de rhétorique, qui enseignaient le gaulois et le latin dans les capitales des dix-sept provinces du temps, devaient recevoir de l'Etat, comme supplément, un traitement égal à celui que leur payait la caisse municipale (Code Théodosien, XIII, 3, 11.) (1).

Parmi les divinités honorées d'un culte public, on doit

(i) Cf. Mommsen, Uist. rom., trad. Cagnat et Toutain. Paris, 1887, in-8, t. IX,

citer en première ligne Mercure, qui était, au témoignage de César, le principal dieu des Gaulois, et dont les simulacra étaient peut-être les menhirs (1) ; Mars, Pluton dont il existait un temple chez les Andecamulenses ; Hercule, et, parmi les divinités topiques, avec plus ou moins de certitude, Duoricus et Iuvavus.

Deux Lémoviques furent prêtres de Rome et d'Auguste à l'autel du Confluent. Une inscription, découverte à Lyon, nous apprend, en outre, que la cité des Lemovices vota une statue au légat impérial propréteurde la province d'Aquitaine C. Alfidius Gallus Paccianus, dont elle avait sans doute reçu quelque bienfait.

A Château-Ponsat est une inscription taurobolique ; à Grandbourg était un édifice de quelque importance dont une inscription fait connaître la réparation ; au Moutier-d'Ahun a été découverte une borne milliaire qui permet de corriger la Table de Peutinger, etc.

Trois diptyques consulaires et un cachet d'oculiste ont été finalement trouvés sur le territoire des Lemovices.

Une curieuse particularité des anciens habitants du pays est relative au mode d'inhumation. Les ossements n'étaient pas ensevelis comme en d'autres endroits, mais réunis dans des boîtes de pierre, d'une forme spéciale, dont on trouve quelques spécimens au musée de Guéret. Ces boîtes sont en granit ; le récipient proprement dit a la forme d'un cylindre ; le couvercle a celle d'un cône qui parfois est très allongé. Souvent ce couvercle s'emboîte avec la base au moyen d'une rainure circulaire qui forme un bourrelet en saillie autour

(1) Cf. A. Lièvre, Cours d'archéologie régionale, professé à la Faculté des lettres de Poitiers, dans Revue poitevine et saintongeaise , 1890, p. 249, et S. Reinach, Lettre, dans Revue celtique, janv.-févr. 1890.

de la cavité destinée à contenir les cendres. La plus grande hauteur de ces boîtes de pierre ne paraît guère avoir dépassé jusqu'ici 1 m. 50. Presque toutes ont été trouvées enfouies dans le sol au moins jusqu'à la partie supérieure du cône formant couvercle, ce qui laisserait croire qu'elles n'étaient pas exposées à l'air libre, mais enterrées. J'emprunte à Fillioux la liste des localités du département de la Creuse qui ont plus particulièrement fourni de ces boîtes de pierre que l'on fait aujourd'hui servir aux usages domestiques les plus divers.

Dans l'arrondissement de Guéret : Saint-Fiel, Vaumonis, Villelot, Glenie, Montlevade, Saint-Sulpice, les Fougères, Saint-Christophe, le Mas-Foreaux, la Brionne, Trois-et- Demi, Gartempe et le canton de la Souterraine.

Dans l'arrondissement de Bourganeuf : le Poirier, Saint- Moreil, Aulon, Bénévent, Pontarion, Saint-Éloy, Sardent, la Vacheresse, Janaillat, etc.

Dans l'arrondissementd'Aubusson : Ars, Crocq, Issoudun, Chénerailles, la Tour-Saint-Austrille, etc.

Dans l'arrondissement de Boussac : Soumans, Clugnat, Jarnages, Saint-Loup, Toulx-Sainte-Croix, Goujon, etc. (1).

Dans la Haute-Vienne, les boites funéraires ne se rencontrent pas moins fréquemment que dans la Creuse. Je n'ai pas de renseignements pour la Corrèze. Parfois le couvercle conique est orné de chevrons ou de zigzags exécutés en creux, mais le plus souvent il ne porte aucun ornement et paraît avoir été taillé, ainsi que la boîte, sans aucun souci delà décoration.

Les cendres des morts sont en général placées dans des

(i) Mémoires lus à la Sorbonne en 1868, Archéol. Paris, 1869, in-8, p. 94.

INSCRIPTIONS DE LA GITÉ DES LEMOVIGES

vases de verre ou d'argile, et dans la cavité de la pierre on trouve encore, assez souvent, un mobilier funéraire plus ou moins riche ou varié : perles d'émail, fioles de verre, armes, monnaies (1), statuettes d'argile, bijoux, etc.

En outre du mode d'inhumation dont je viens de parler, M. de Cessac a signalé de très nombreux puits funéraires qui, d'après les monnaies découvertes, remonteraient plus particulièrement au IIIe siècle. Ces puits funéraires ont été surtout rencontrés le long des voies, à Ahun, àla Souterraine et à Evaux (2).

Les formules des épitaphes sont toujours d'une très grande simplicité; la filiation du défunt est souvent exprimée mais l'âge est généralement omis. L'inscription commence invariablement par la formule : Diis manihis et memoriae. Une inscription découverte à Bonnal ne donne que la consécration aux dieux Mânes, mais il ne serait pas impossible qu'elle fût relative à quelque étranger.

Les beaux monuments font totalement défaut. Je ne vois guère à signaler, dans cet ordre d'idée, qu'un cippe, — celui qui porte l'inscription n° 33, — moins remarquable néanmoins par ses motifs de décoration que par ses dimensions relativement considérables.

(1) Celles que l'on a découvertes sont aux effigies de Néron, Hadrien, Marc- Aurèle et Commode.

(2) Bull, épigr. de la Gaule, t.I, 1881, p. 260.

INDEX ÉPIGRAPH1QUE

Les chiffres cités correspondent aux numéros des pages.

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