‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 15 sur 129 · MEMBRA · texte numérisé non relu

MEMBRA

Le second mot de la première ligne a été martelé et remplacé par le mot insitionis qui existe encore sur la pierre. M. Juge-Saint- Martin avait trouvé plaisant de transformer un grammairien en greffeur ! Il ne paraît pas que cette mutilation fût opérée lorsque Mérimée vint à Limoges.

Hist. — Cette inscription provient, comme la précédente, des fondations du clocher de l'église abbatiale de Saint-Martial, démolie en 1790. Elle fut transportée dans le jardin de M. Juge-Saint-Martin et donnée à la Société archéologique du Limousin lors de la création du musée céramique, par MmeBardy, héritière de M. Juge.

Bibl. — Millin, Magasin encyclopédique, fév. 1808. — Duroux, Essai historique sur la sénatorerie de Limoges, p. 272, et pl. IV, n°19. — Allou, Descript. des monum. des différents âges,]). 88. — Mérimée, Notes d'un voyage en Auvergne, Paris, 1838, in-12, p. 98. — Texier, Recueil des inscript, du Limousin, p. 84. — Raynal, Histoire duBerry, t. I, p, 84 (note). — - Maurice Ardant, Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. 111, p. 125. — Nivet-Fontaubert, Catalogue ms. n° 3. — Buiiot de Kersers, Épigraphie romaine du Cher. Bourges, 1873, in-8, p. 188. — Florian Vallentin, Bull, èpigr. de la Gaule, t. II, 1882, p. 11. — C. Jullian, Inscriptions rom. de Bordeaux, t. II, p. 516.

Artis grammatices doctor, morumquemagister, Blaesianus Biturix, musarum semper amator, Hic iacet aeterno clevinctus membra sopore.

Moraliste et grammairien distingué, le Biturige Blaesianus, toujours ami des Muses, dort ici du dernier sommeil.

M. l'abbé Arbellot m'a proposé la traduction suivante qui ne manque pas de justesse :

Professeur de grammaire et maître de morale, Favori des neuf sœurs, Blaesianus de Bourges, Git ici dans les liens du sommeil éternel.

Il est probable que cette épitaphe métrique, qui n'indique ni l'âge ni le nom du défunt, — puisque Blaesianus n'est qu'un cognomen, — a été composée par le personnage lui-même, et gravée, de son vivant, sur le tombeau qu'il s'était fait bâtir. Ainsi qu'on a pu le voir par les copies qui précèdent, on a lu pendant longtemps, aeterni pour aeterno, ce qui a permis à Millin de faire remarquer que l'ouvrier qui grava l'épitaphe n'avait pas dû profiter beaucoup des leçons du grammairien. La lecture aeterno, qui ne fait aucun doute, avait cependant été entrevue par Allou.

« En examinant la pierre avec soin , dit-il , nous avons cru lire œterno, sans pouvoir néanmoins l'affirmer. »

Les lettres de la tablette ont été très différemment expliquées, Millin a proposé de les traduire :

« Monumentum conjugi bene merenti B (le nom de l'épouse), curavit. »

Et Maurice Ardant :

« Marcus Caius Blœstanus Biturix Civis, ou bien, monumentum conjugi Blœsiano, Balba, Barbia ou Bulbia, le nom de la femme étant inconnu, consecravït, constituit, curavit. »

L'abbé Texier avait reproduit la lecture de Millin, et

celle : Magister Caius Blaesianus Biturix Condidit, en faisant remarquer qu'elles ne paraissaient pas satisfaisantes.

Florian Vallentin s'est demandé, de son côté, s'il ne faudrait pas voir, dans les lettres de la tablette, les initiales « des noms de Blaesianus » et s'il ne fallait pas lire :

Marcus Claudius Blœsianus, Biturix, C J?

C'est aussi quelque peu l'opinion de M. Camille Jullian :

« Il ne serait pas impossible, dit-il, que les cinq lettres, qui se lisent sur un livre que tient le défunt,, signifiassent: Marcus C.us Blœsianus, Biturix Cubus.

Je ne me prononcerai pas, pour mon compte, car il me paraît bien difficile d'arriver à quelque solution certaine, et je laisse à d'autres le soin de résoudre le petit problème posé par ces sigles embarrassants.

Blaesianus ne dit pas, dans son épitaphe, s'il était originaire delà cité des BitiwigesCubi ou de celle des Bitariges Vivisci. On a communément admis qu'il appartenait à cette dernière, en se basant sur ce fait que, pendant les premiers siècles de notre ère, les lettres étaient beaucoup moins en honneur à Bourges qu'à Bordeaux ; mais il est bon de rappeler qu'il a été découvert, à Bourges, une inscription funéraire, aujourd'hui conservée au musée lapidaire de cette ville, dont le texte est ainsi conçu (1) :

CAVIAE QVIETAE AEMILI AFRI II VI R FILIAE ///// I BLAESI

ani ? bit cvb

/// OGVS

(1) Buhot de Kersers, Épigr. rom, du Cher, p. 13i.

Mérimée était d'avis que l'inscription n'avait pas été gravée sous le haut Empire :

« L'interprétation proposée par quelques antiquaires pour les sigles de la tablette est Magisler Caius Blœsianus Biturix condidit, mais condidit est un mot tout à fait inusité, impropre d'ailleurs dans cette occasion. Au reste, ce monument appartient à une époque de décadence très prononcée ; tout le prouve, et le style de l'inscription, et la forme des lettres, et la grossièreté de la sculpture, La fin du 111e siècle est îa date la plus reculée qu'on puisse lui donner. »

Je partage entièrement l'opinion du savant écrivain et j'ajoute qu'il me paraît fort peu probable que l'inscription puisse même remonter au delà du quatrième siècle.

Réduction à 1/2 du dessin au 1/5 publié par M. Mowat.

Var. — TexieretNivet-Fontaubert :

dm < et ^ m. . . . (lacune). Dis manibus et mémorise.

<a T««a procv.. . (lacune). Tiii ou Tulli. Proculei Irenes

IRENE f

caes^pacav (lacune). Caesar Pacatus Pater et sibi

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