‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 16 sur 129 · PAER J>'E«<3 SIBI · texte numérisé non relu

PAER J>'E«<3 SIBI

suisque vivus (posuit).

svisqovivs (lacune). (Lecture de l'abbé Texier) Maurice Ardant:

« D. M. ET. M

TE PROCVLI.

IRENEI CAES. PACATVS PATER. ET. SIBI SV'ISQ. VIVS. P.

Descr. — « Cippe carré en granit, avec base et couronnement, retaillé en haut et sur le côté droit; la face opposée à l'inscription taillée en forme d'auge : h. 1 m., 1. 0, 50; hauteur des lettres, lignes 1, 2 et 4, 0,08 c, 3 et 5, 0,07 c, 6, 0,06 c. » (Florian Vallentin). A la première ligne, le jambage final de l'M a été emporté par la cassure. Lettres liées : 2e ligne, V et L; 3e ligne, N et A; 4* ligne, A et T ; 59 ligne, T et E de pater et E et T de et. Les points sont de forme triangulaire.

Hist. — Cette inscription a été découverte, il y a une quarantaine d'années, parmi les matériaux du chantier de l'hospice de Limoges. La pierre, creusée en forme d'auge, a longtemps servi de bassin à la fontaine de cet établissement. Elle a été acquise par Maurice Ardant et transportée au musée céramique, — où il m'a été d'ailleurs impossible d'en prendre copie. Les côtés de la pierre ont été brisés pour que le transport fût moins difficile.

Bibl. — Texier, Recueil des inscript, du Limousin, p. 76 — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. III, p. 126. — Nivet-Fontaubert , Catalogue ms., n° 124. — R. Mowat, Bull, des Antiq. de France, 1879, p. 200. — Héron de Villefosse, Bull, des Antiq. de France, 1879, p. 201. — Florian Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. II, 1882, p. 9. — R. Mowat, Bull, épigr. de la Gaule, t. II, 1882, p. 162.

L'abbé Texier avait proposé de traduire, comme on l'a vu plus haut:

« Dits manibuset mémorise Titi ou Tulli Proculei Irenes. Caesar Pacatus Pater et sibi suisque vivus (posuit). »

Cette interprétation fut corrigée par M. Mowat, et je ne saurais mieux faire que de reproduire ici les commentaires dont l'inscription a été l'objet, d'abord dans le Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, ensuite dans le Bulletin épigraphiqué de la Gaule, dirigé par Florian Vallentin.

« M. Mowat, est-il dit dans le premier recueil, signale une inscription romaine qui est connue depuis longtemps à Limoges (Texier, p. 76, n° 1), mais qui n'a pas encore été interprétée en entier. Elle se compose de sept lignes dont les deux dernières sont complètes ; une ou deux lettres, au plus, ont été perdues à la fin de chacune des autres lignes :

D-M-ET M

TPROC V. . . .

IRENEI. . . .

CAES • PACATV. . .

PATER- ET-SIB. . .

SVIS Q-VIVS POSVIT

Le groupe caes, par lequel débute la 4e ligne, doit être un nom de lieu ou un ethnique indiquant soit le lieu d'origine, soit le domicile légal du titulaire après les noms duquel il se lit immédiatement. Tel est l'usage épigraphiqué le plus fréquent. Les seuls noms géographiques auxquels puisse se rapporter l'abréviation caes sont Caesaraugusta, Caesarobriga, Caesarea, Caesarodunum, Gaesaromagus. Parmi ces localités, Caesarodunum, aujourd'hui Tours, est la plus rapprochée de Limoges ; c'est ce nom qui devait se présenter naturellement à l'esprit de toute personne lisant l'épitaphe de T. Proculius Ireneus. L'abréviation caes signifie donc Caesaroduni; cette indication de domicile était précédée et annoncée par le mot domo,

sous la forme habituelle du sigle D qu'il convient de rétablir à la fin de la troisième ligne. C'est la première fois que le chef-lieu des Turones apparaît sur un monument épigraphique ; cette circonstance donne un intérêt particulier à l'inscription de Limoges qui doit, en conséquence ; être lue ainsi :

D(iis) m(anibus) et m{emoriae T(iti) Procu[li(i)] Irenaei, [d(omo)] Caes(aroduni), Pacatu[s] pattr et sib[i], suisq(ue) vi(v)us posuit.

M. Héron de Villefosse fait observer que pour expliquer cette inscription il n'est pas nécessaire de rechercher dans l'abréviation caes un nom géographique. Dans tous les cas, si la restitution de M. Mowat est admise, si on voit dans cette abréviation un nom géographique, rien ne prouve que le nom appartienne à la Gaule ; il peut aussi bien s'appliquer à une localité étrangère à cette province, comme par exemple à [Julia] CAEs[area], aujourd'hui Gherchell, en Afrique. Il pense qu'on peut procéder d'une autre façon pour restituer ce texte. Selon lui, après le cognomen irenevs devait se trouver l'indication de la fonction remplie par le défunt, et cette fonction le rattachait à la maison impériale, comme l'indique l'abréviation caes. Il était peut-être employé dans l'administration du patrimoine d'un Gaesar, par exemple? »

«... Cette opinion, a dit de son côté Florian Vallentin, en parlant de l'hypothèse émise par M. Héron de Villefosse, est, je le sais, partagée par M. Léon Renier, et c'est celle que j'ai adoptée. »

Florian Vallentin restitue en effet: procuratoris Caesaris.

M. Robert Mowat répondit, dans le Bulletin épigraphique de la Gaule, en donnant les raisons, très convaincantes à mon avis, qui ne permettent pas d'accepter cette lecture :

« J'y avais effectivement songé, dit M. Mowat en parlant d'elle^ car il semble assez naturel que l'abréviation caes, précédée d'une lacune, se rapporte à quelque fonction rattachant le défunt à l'administration de la res privata d'un membre de la famille impériale. Si j'ai écarté cette solution, c'est parce que le dispositif de l'inscription montre qu'il manque à la fin de chaque ligne seulement une lettre, ou tout au plus deux; il serait donc impossible de restituer à la fin de la troisième ligne le mot procurator, même réduit aux

quatre lettres de son abréviation la plus courte ; proc (1). . . Force m'a donc été de chercher une autre explication en faisant de caes l'abréviation d'un nom topographique. J'avais le choix entre Caesarea, Caesâraugusta, Caesaromagus et Caesarodunum ; si je me suis décidé pour ce dernier, c'est parce que le chef-lieu des Turones est assez voisin de celui des Lomovices, pour que son abréviation caes fût parfaitement intelligible dans l'épitaphe de T. Proculeius Iranaeus et ne courût aucune chance d'être prise pour le nom d'une ville éloignée, telle que Caesaromagus (Beauvais), et encore moins Caesarea ou Caesaraugusta, villes situées hors de la Gaule. D'ailleurs caes est aussi régulièrement l'abréviation de Caesarodunum, que avg de Augustodunum sur la borne milliaire de Prégilbert, au nom de l'empereur Postume. »

Maurice Ardant avait proposé de lire: libertus Caesaris.

En ce qui me concerne, je me range à l'opinion de M. Mowat, et je propose de lire et traduire :

D(iis) m(anibus) et m(emoriae) T(iti) Procul[i(i)) Irenaei , [d(omo)] Caes(aroduni). Pacatu[s], pater, et sib[i] suisq[ue) vi(v)us [p(osuit)].

Aux dieux Mânes et à la mémoire de Titus Proculius Irenaeus né à Tours. (Proculius) Pacatus , son père, lui a fait construire ce tombeau et, de son vivant, se l'est assuré pour lui-même et pour ses descendants.

En Gaule, le cognomen Irenaeus s'est deux fois rencontré à Beaucaire (2). Pacatus est connu par de très nombreuses inscriptions. Le gentilice Proculius est plus rare.

(1) « L'abréviation PR est trop exceptionnelle pour qu'on soit autorisé à y recourir ici. »

(2) C. L L., XII, n°s 2828 et 2830.

MOUTIER D'AHUX.

ire jace.

D - M ET - MEM VEAERIiE ET-LVTTI

2e face.

MARCIAII CIVIS LVG DVAENSIS I- S-V-P-

D'après l'original, confirmé par un estampage. Var. — Grûter, dessin reproduit par Duroux, et'Nadaud (d'après Grûter) reproduit par Legros (copie dessinée).

ET. MEM

VENERIAE ET. LVTTI

MARCINI.

CIVIS. LVG DVNENS1S I. S. V. P.

La copie dessinée de Beaumesnil ne diffère de la précédente que par la suppression du point final de la seconde ligne.

Les copies de Joullietton et de Gault de Saint-Germain se rapprochent de la copie de Grûter. Joullietton ne sépare pas les lignes et écrit à la première ligne : mémo.

Texier :

VENERIAE

ET LVTTI

MARCINI

CIVIS. LVG

DVNENSIS

i. s. v. p. Impensis suis vivus posuit.

Florian Vallentin :

ire face.

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