‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 24 sur 129 · L. MOXIVS. F. VIVSD · texte numérisé non relu

L. MOXIVS. F. VIVSD

M. Palustre (avec un dessin reproduit par Florian Vallentin) :

D • M • ET MEMOR • DIVIXTI L • MOXIVS - P • VIVS - P

Florian Vallentin :

D M ET MEM DIVIXTI T- MOXIVS P -VIVS -P

(1) C. L L., t. XII, p. 887.

(2) Catal. du musée arch. du départ, de La Dordogne. Périgueux, 1862, in-8, p. 61.

Descr. — Piédestal quadrangulaire surmonté d'un cippe ovoïde. L'ensemble est très grossièrement taillé et de forme peu soignée. Le cippe a 0 m. 54 de haut; le piédestal, 0 m. 26. Les lettres de l'inscription sont « irrégulières et de mauvaise facture » (Vallentin). Les points sont triangulaires, les P non bouclés. Il est assez difficile de dire si la troisième ligne commence par un L, par un T, ou même par un F.

Hist. — « En 1840, par ordre de l'administration municipale de Limoges, une rue nouvelle fut percée sur l'emplacement de l'amphithéâtre romain. On trouva alors en dehors de la courbe des constructions antiques, au milieu de débris d'architecture et d'ossements d'animaux, une tombe d'une forme assez rare. Un œuf colossal, allongé et posé par le petit bout sur un piédestal en donnerait une forme assez exacte » (Texier). Cette « tombe » fut acquise plus tard par la Société archéologique et transportée au musée céramique où elle est encore.

Bibl. — Maurice Ardant, Bull, delà Soc. d'âgricult. de Limoges, t. XIX, p. 28. — Abbé Texier, Recueil des inscript, du Limousin, p. 84. — De Caumont, Abécédaire d'archéologie, ère gallo-romaine, édit. de 1862, p. 374. — Nivet-Fontaurert, Catalogue ms., n° 74.

— L. Palustre, Bull, monum., 5e série, t. VII, 1880, p. 708. — Mowat,Z?wZL mon um., 1880, p. 715. — AbbéLECLER, Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. XXIX, 1880, p. 423, et t. XXX, 1881, p. 303.

— Florian Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. II, 1882, p. 13.

D(iis) m{anibus) et m(emoriae) Divixti. T(itus) ? Moxius, p[ater), viv(u)s p{osuit).

Aux dieux Mânes et à la mémoire de Divixtus. Titus ? (1) Moxius, son père, lui a fait construire (ce tombeau) de son vivant.

L'abbé Texier avait proposé de lire :

Aux dieux Mânes et à la mémoire d'Ixter; Lucius Moxius ,son fils, a dédié ce monument de son vivant.

(1) Si la première lettre de la 3e ligne était un F, il faudrait lire : D(iis) m(anibus) et m(emoriae). Divixti, f(Mi)'t Moxius, p(ater), viv{u)s p(osuit).

Cette lecture a été plus ou moins acceptée, mais ce n'est guère qu'en 1880 que M. Palustre proposa la véritable leçon Divixtus. Toutefois, la copie même de l'inscription , qui fut alors publiée dans le Bulletin monumental, n'était pas complètement exacte : par suite, évidemment, d'une inadvertance de l'imprimeur, elle portait deux lettres de trop à la seconde ligne. L'erreur fut relevée peu de temps après par M. l'abbé Lecler, dans les Bulletins de la Société archéologique du Limousin, t. XXIX, p. 423. Elle fut d'ailleurs reconnue par M. Palustre lui-même.

Les monuments funéraires qui ont la forme d'une pomme de pin, sans être très nombreux, se rencontrent encore assez fréquemment. Un des plus beaux exemples que je connaisse est celui que possède le musée d'Aix. La pomme de pin était un symbole funèbre, soit parce que la résine qui en découlait servait à faire les torches dont on se servait dans les funérailles, soit pour toute autre cause que j'ignore. Quant aux bûchers eux-mêmes, on les construisait généralement avec du bois de pin et on leur donnait une forme conique ou pyramidale, mais je ne crois pas qu'il soit établi pour cela que le pin fût une essence forestière symbolique et il me paraît plus vraisemblable d'admettre qu'elle était surtout préférée à cause de sa très grande facilité de combustion.

On sait en quoi consistait cette cérémonie de l'ustion des corps. Le cadavre du défunt était placé sur un bûcher qui prenait le nom de bustum, lorsqu'il était construit sur un terrain particulier, généralement celui de Varea qui précédait les tombes, ou était appelé ustrinum, lorsqu'il était dressé sur le terrain public à l'usage des pauvres gens. Ce terrain public était d'autant plus nécessaire que la loi défen-

dait formellement d'allumer un bûcher sur un terrain dont on n'était pas le maître.

Il existe encore sur la voie Appienne,à environ cinq milles de Rome, une de ces grandes places à brûler. Elle est entourée des deux côtés par un mur élevé, consLruit à la manière étrusque, avec cette pierre d'un gris noirâtre et fougeâtre que l'on appelle aujourd'hui peperino, et elle est pavée de dalles de cette même roche, qui résiste particulièrement à l'action du feu. Du côté qui bordait la route, il y avait de spacieux portiques, destinés à abriter les spectateurs, ou ceux qui formaient les cortèges funèbres, et à l'autre bout, plusieurs appartements servant à ceux qui avaient la garde de l'endroit, ou comme magasins pour serrer du bois et conserver les différents instruments et ustensiles employés dans le cours de la combustion (1).

Unstor était le personnage, toujours de condition servile, qui était chargé de déposer le cadavre et de le brûler. On ne le désignait guère qu'en accompagnant son nom de quelques termes de mépris, tels que ceux de semirasus (Catull., 59, 4) ou de sordidus (Lucain, vin, 738), ce qui laisserait supposer que les fonctions dont on le chargeait étaient considérées comme viles.

Les cendres étaient ensuite livrées à la famille qui les plaçait dans la tombe où elles devaient reposer.

Divixtus est un nom gaulois qui devait être assez répandu. On l'a rencontré à Bordeaux (2), à Vienne (3), à Luxeuil(4),

(1) Ant. Rich, Dictionnaire des antiquités romaines et grecques. Paris, 1873, in-8, p. 692.

(2) G. Jullian, Inscript, rom. de Bordeaux, t. I , p. 278.

(3) Allmer, Inscript, ant. de Vienne, t. III, p. 399.

(4) Desjardins, Bull, rnonum., 1879, p. 643.

îi Saintes (1), à Tours (2), en Angleterre, sur les bords du Rhin (3), etc. Moxius paraît avoir eu la même origine, mais semble avoir été plus rare (4).

A la dernière ligne, on pourrait aussi songer à la restitution p(atronus), mais elle paraît moins probable que celle de p(ater) en raison même des exemples nombreux de la formule paterposuit qui ont été découverts à Limoges.

2rA LIMOGES.

ET. MEMOR

ERENNII SIBI IXITVS SIBI ET SVIS VIVVS

POSVIT.

Copie de M. l'abbé Lecler empruntée au journal le Deux-Décembre.

Descr. et Hist. — Cette inscription a été découverte au mois de mai 1362 (et non pas au mois de mars 1865, comme l'indique le bulletin de la Société archéologique du Limousin), en creusant les fondations d'une maison, qui porte aujourd'hui le n° 1, dans la rue de la Courtine, près Saint-Martial. D'autres inscriptions furent aussi mises au jour, mais les pierres qui les portaient entrèrent immédiatement dans les maçonneries de la nouvelle construction. M. Jules Tardieu, de Limoges, à qui cette maison a appartenu jusqu'à ces dernières années, m'a assuré que les murailles, jusqu'au premier étage, n'étaient presque composées que de tombeaux romains. De très nombreux ossements furent aussi retirés des fouilles. Parmi eux

(1) Espérandieu, Épigr. rom. du Poitou et de la Saintonge, pp. 285 et 290.

(2) Schuermans, Sigles figulins, p. 109.

(3) Brambach, Inscript, rhénan., 1331 a, 1390, 1864, 1865, etc.

(4) Schuermans, Sigles figulins, p. 183; — Smetius , Antiquitales Neomagenses, Noviomagus Batav., 1678, iji-4% p. 105.

se trouvaient une « Vénus pudique » en bronze , qui est entrée depuis dans une collection particulière, et un certain nombre de monnaies romaines. M. Tardieu a bien voulu me remettre huit grands bronzes qui en proviennent et sont aux effigies de Claude, de Néron, de Vespasien et d'Antonin-le-Pieux. La pierre tumulaire dont il est ici question fut encastrée dans un pilier de la cave, à l'angle de la rue de la Courtine. Elle a été recouverte depuis par d'autres maçonneries, mais il serait facile de la dégager.

Bibl. — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. arch. et hist. du Limousin, t. XII, 1862, p. 98. — Abbé Lecler, id., t. XXXVI, 1886, p. 137.

La copie citée par M. l'abbé Lecler me paraît fautive à la troisième ligne; le mot S1BI n'existe probablement pas sur l'original et il est sans doute préférable d'y voir, soit le mot FILH, soit le commencement d'un cognomen dont on a la fin à la] quatrième ligne. Dans tous les cas, ce cognomen me paraît devoir être Divixtus écrit peut-être sous la forme fautive Divixitus. Personnellement, je préfère lire :

D(iis) m(anibus) et memor(iae) [H]erennii [fili(i) ; D]ivixitus, sibi et suis, vivus posuit.

Aux dieux Mânes et à la mémoire de son fils Herennius Divixtus a fait construire (ce tombeau) pour lui-même et pour les siens.

« Le village d'Eyren (1), placé sur la voie romaine de Limoges à Ghassenon, conserve dans son nom, dit M. l'abbé Lecler, un souvenir de l'époque gallo-romaine. On trouve, dans les faubourgs de Limoges où s'étendait la ville romaine, un quartier qui se nomme encore Villehéren (villa Hereniï), et c'est précisément en cet endroit qu'on a trouvé un denier d'argent de Marcus Herennius, consul de Rome en 660. Déplus... on y a découvert une pierre portant l'épitaphe d'un membre de cette famille...

« Tout cela porte à croire, ajoute-t-il, que cette famille, dont on trouve tant de traces dans notre pays, a dû posséder le lieu d'Eyren auquel elle a donné son nom. »

Je ne crois pas, pour ma part, qu'il ait pu exister un

(i) Commune de Saiut-Yrieix-sous-Aixe.

lien quelconque entre le personnage dont il est ici question et le consul Herennius. Le gentilice Herennius était d'ailleurs assez répandu pour qu'un Gaulois ait pu le porter, moins peut être à la suite de quelque acte d'affranchissement, que parce qu'il n'était pas rare de voir des gentilices romains employés, dans les provinces, comme noms barbares.

ROMANVS ANDREAS MARCELLVS

Var. — M. Nivet-Fontaubert met un point après chaque mot.

Descr. — « Auge de marbre blanc à peu près carrée de 11 c. de face sur 0,08 c. de côté et 0 m. 05 de hauteur, dont le creux, également carré, s'adaptait à un couvercle de môme matière, percé, comme cette partie, de quatre trous recevant quatre clous ou fiches de métal pour emboîter une urne renfermant des cendres d'un enfant. Ce monument portatif, que j'ai sous les yeux, présente cette inscription gravée sur trois de ses côtés, en caractères du tiers de la hauteur du marbre remplis d'un ciment ou mastic rouge » (Maurice Ardant).

Hist. — Uauge dont il s'agit est au musée de Limoges, mais il n'est pas absolument prouvé qu'elle ait été découverte dans le pays.

Bibl. — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. arch. du Limousin, t. III, p. 130. — Nivet-Fontaubert, Catalogue ms., n° 140.

2G MOUTIER D'AHUN.

D-M-M C-F-ALPINI

D'après l'original, confirmé par un estampage pris par M. le lieutenant Jolivet.

Var. — Nadaud reproduit par Legros :

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