SIBI. ET. FILIO. VIVS
Q POSVIT. Çl ITEM D. M. ET MEMR SABINEI. A. P. LIN. R : S
Descr. — Ce cippe, que Florian Vallentin a improprement appelé un sarcophage, a été creusé en forme d'auge sur la face opposée à l'inscription. Il est aujourd'hui brisé en deux fragments et retaillé à la partie supérieure, sur la face de l'inscription et sur le côté droit. «L'inscription est dans un encadrement de moulures de 0,48 c. de haut sur 0,61 c. de larg. ; longueur totale des deux fragments réunis, 0,95 c. ; larg. 1 m. ; haut, des lettres, 0,06c. » (Fl. Vallentin). « Deux trous pratiqués à la face antérieure, pour l'écoulement des eaux, ont mutilé l'inscription. » (Texier).
« lre ligne, il ne reste que la partie inférieure des lettres, environ la moitié, leur lecture paraît certaine; 3e ligne, l'V et le T, 4° ligne le second T, 5e ligne, la seconde L ne sont pas complètes à cause de la cassure indiquée par les lettres en italique vers le milieu
de chaque ligne... » (Vallentin). Le mot posvit est précédé et suivi d'une guirlande.
Hist. — La pierre qui porte cette épitaphe servait autrefois de bassin à la fontaine de Saint-Cessateur, près de Limoges. Lorsque la fontaine fut supprimée, l'inscription fut reconnue et copiée par Maurice Ardant, qui la publia peu de temps après, d'abord dans les Bulletins de la Société d'agriculture, ensuite dans ceux de la Société archéologique. Elle fut offerte au préfet, qui la fit transporter au musée céramique après l'avoir conservée pendant quelque temps dans le jardin de son hôtel. En attendant qu'on lui fasse plus d'honneur,
— ou qu'elle disparaisse sans retour, — cette pierre est reléguée, avec beaucoup d'autres, derrière les bâtiments du Musée, dans la petite construction en briques dont j'ai déjà eu l'occasion de parler plus haut. Ne pouvant faire déplacer les blocs trop volumineux dont elle est recouverte, il m'a été matériellement impossible de contrôler, sur l'original, les copies de l'inscription que je possédais. J'ai donné celle de Florian Vallentin, qui m'a paru la plus exacte.
Bibl. — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. d'agricull. de Limoges, t. XIX, p. 28.— Abbé Texier, Bec. des inscript, du Limousin, p. 84.
— Maurice Ardant, Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. III, pp. 71 et 123. — Florian Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. II, 1882, p. 14.
[D(iis) m[anibus) et mem(oriae ?)....] Can(inius) Sab[i]nianu[s] sibi et fil[ï\o vi(v)us posu[i]t\ item d(iis) M(anibus) et mem(oriae) Sabinei(i) Ap[o]llinar(is).
Aux dieux Mânes et à la mémoire . De son vivant,... Ganinius Sabinianus a fait construire (ce tombeau) pour lui même et pour son fils. Il est aussi aux dieux Mânes et à la mémoire de Sabineius Apollinaris.
Maurice Ardant proposa de lire... et memoriœ Sabinei a pullinis (sous-entendu rébus ou euris) requietorium sacrum, « expression équivalente à monumentum sacralum » . Cette lecture fut acceptée par l'abbé Texier :
« (Elle) établit, dit-il, au temps de la domination romaine, une
sorte d'administration des haras dans les Gaules et fait penser involontairement aux marbres de Nérac. »
Aux objections qui lui furent faites, Maurice Ardant répondit :
« ... Je persiste dans la combinaison qui me paraît acceptable, à la rigueur, pour remplir le vide de deux lettres de la dernière ligne. J'y ai été amené par l'analogie des diverses fonctions de la maison des empereurs indiquées dans les inscriptions, telles que, a commentariis equorum, vehiculorum, a jumentis, désignant les officiers chargés du registre des cochers, ou des chevaux destinés à courir dans le cirque...
« La restitution des lettres V L pour former l'adjectif pullînis, sous-entendu rébus ou curis, n'aurait alors rien de forcé, et l'on traduirait ainsi les cinq lignes de ce tombeau : Caius Annius Sabinianus s'est élevé de son vivant, et à son fils, ce monument, consacré aussi aux dieux Mânes et à la mémoire de Sabineus , chargé du soin des jeunes chevaux.
« Cette inscription, poursuit Maurice Ardant, a cela de remarquable que les mots Dieux Mânes n'y sont pas au commencement, selon l'usage; Sabinianus , suivant la politesse latine, s'occupe d'abord de lui et de son fils, et consacre les deux dernières lignes à la mémoire de Sabineus. Je ne fais d'ailleurs aucun doute que l'A vu par un de nos doctes confrères avant le R de la fin ne soit bien un point triangulaire, qu'un examen plus attentif lui fera reconnaître comme à moi et à tout le monde. »
D'après l'espacement des lettres, Florian Vallentin ne croit pas qu'on puisse lire : Caius Amtius. A cette raison, déjà suffisante, j'ajouterai cette autre que le gentilice Annius n'étant pas de ceux dont l'abréviation pouvait être comprise par tout le monde, ne saurait guère avoir été exprimé par ses deux premières lettres . Le gentilice Caninius, au contraire, était d'autant plus facilement intelligible, sous la forme abrégée can, que les Lemovices avaient dû connaître le personnage de ce nom, envoyé par César contre les Pictons révoltés.
Sabineius est une forme archaïque pour Sabinius; ApolHnaris est un cognomen fort répandu dans les inscriptions du Midi de la France (1). Le docteur Galy l'a signalé à Périgueux (2).
Caninius et Sabinius étant deux gentilices, Sabinius Apollinaris ne peut évidemment pas être le fils de Caninius. Il se pourrait toutefois que Caninius eût reçu un cognomen dérivé du gentilice de sa mère , Sabinia; dans ce cas, Sabinianus serait le neveu à'Apollinaris. On ne peut cependant rien dire de précis à ce sujet.
D M ET MEM DIVIXTI I-MOXIVS-P-VIVSP
D'après l'original.
Var. — Maurice Ardant, Texier et Nivet-Fontaubert :
d D. M. ET.
MEMOR. IXTRI.