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Je ne connais ces fragments que par deux lettres, — l'une du 23 avril 1873, l'autre du 29 septembre de la même année, — adressées à M. Egger par M. Yves Fesneau, alors chef d'institution à la Souterraine. 11 résulte de cette correspondance qu'ils ont été découverts, en avril 1873, « dans un caveau du cimetière de Breith'parM. Louis Jollivet, élève de rhétorique au lycée Louis-le-Grand . » Un torse de statue en pierre blanche aurait vu le jour en même temps.
Les caractères du premier fragment auraient eu Om.07; ceux du second, 0m02 à lapremièreligne, 0m025à la seconde, et 0m04à la dernière.
Je n'entrevois pas la possibilité d'une restitution certaine, et je crois même qu'il serait assez difficile de décider si les quelques lettres que l'on possède proviennent ou non d'un même texte.
Inédits.
40 INSCRIPTIONS lO ÉVAUX.
D'après les originaux conservés au musée de Guéret.
Descr. et hist. — « Parmi les fragments [d'Évaux] qui nous son tous parvenus dans un état de dégradation qui témoignait de la barbare maladresse avec laquelle ils avaient été arrachés du sol, se trouvait [une] grande inscription monumentale... qui, occupant le front de l'édifice, en rappelait selon toute apparence la dédicace. Il n'en reste plus que six lettres et cette lacune est la plus regrettable et la plus irréparable de toutes. Gravée en creux sur une tablette* oblongue de marbre blanc qui offre tout l'aspect d'une frise, l'inscription, mutilée par les deux bouts, porte cependant un cachet très reconnaissante d'époque, tant par la grandeur peu commune des caractères que par leur exécution soignée...
« La hauteur des lettres est de 15 cent. ; celle de la plaque de marbre, dans sa plus grande largeur, est de 30 cent. Quelques fragments que nous avons essayé bien des fois de réunir, mais qui ne se rajustent pas au reste, reproduisent, autant qu'il est permis d'en juger, une partie des lettres C , N et S gravées dans le même style et sur la même matière que les précédentes, plus deux points en forme de feuille de lierre et semblables à celui qui figure dans le groupe principal... »(Fillioux). Ces derniers fragments, qui sont au nombre de quatre, m'ont paru donner plutôt un S, un I, un D et peut-être un R.
Bibl. — Fillioux, Mém. de la Soc. des sciences nat. de la Creuse, t. IV, 2e bull., 1873 {les thermes d'Évaux), p. 197. — Florian
Vallentin, Bull, épigr. de la Gaule, t. I, 1880, p. 130, reproduit dans Mém. de la Soc. des sciences de la Creuse, t V, 2e bull., 1883, p. 155. — Mowat, Rapport sur les papiers et documents épigr. réunis par Léon berner (dans Bull, arckéol., 1888, p. 329. Croquis à la plume dû à Quicherat).
Fillioux a proposé la restitution suivante :
«... Comités Herculis ou Hadriani, ou encore, au datif, Herculi, Hadriano. On pourrait même lire milites (1). »
Mais il ajoute à la fin du mémoire dont j'ai reproduit plus haut la partie principale :
«... Après un examen très étudié des huit fragments qui restent, il nous a été possible de constater que, sur l'un d'eux, s'adaptant par sa cassure au premier jambage de la lettre M, se trouve un des points indiqués plus haut.
« ... Il faut nécessairement conclure de ce fait que le principal groupe ponctué de la sorte doit être considéré isolément et former un mot entier, qu'il convient de lire et d'interpréter de la manière suivante : * mes* , c est-à-dire milites (2) ».
Cette hypothèse n'est évidemment pas soutenable, mais il me paraît difficile d'en trouver une qui puisse satisfaire complètement.
On ne peut que conjecturer quelque inscription monumentale où il serait question de l'édification ou de la restauration de l'un quelconque des monuments qui devaient exister à Évaux. ♦
(1) Bull, de la Soc. des se. nat. de la Creuse, t. IV, 2° bull., 1873, p. 199,
(2) Ibid.,?. 207.