ONIS
(i) C. I. L., t. XII, 82, 3402, 5679, 22 et 23.
Maurice Ardant
De LoDgpérier
Abbé Arbellot :
IAESV. O RI G A N I . ONIS
[d-m-et] [memor]iae sv[lpitii origanionis
I A E S V ORIGANIONIS
( Notes manuscrites.)
(Bull, de la Soc. arch.
du Limousin. )
Descr. — L'abbé Texier, le seul, après Beaumesnil, qui ait essayé de décrire le « cippe d'Origanion », s'est contenté de dire qu'il était « en forme de pyramide ». Ce renseignement, tout succinct qu'il puisse être, concorde assez bien avec le croquis que j'ai trouvé dans les Notes manuscrites de M. le chanoine Arbellot. Si le dessin de Beaumesnil n'est pas erroné, il a cet avantage d'indiquer, en outre, que la pierre était incomplète sur trois côtés (peut-être aussi sur le quatrième), et que les mutilations subies avaient eu pour effet de faire disparaître au moins le commencement et la fin de la première ligne. Une feuille de lierre terminait l'inscription qui ne paraît pas s'être étendue au delà du nom du défunt.
(( L'inscription, a dit A. de Longpérier, avait autrefois quatre lignes. La première a été détruite par le temps qui a délité le granit, mais on peut encore reconnaître la place des lettres qui la composaient. A la seconde ligne, l'I est évidemment précédé d'un R et [on reconnaît] encore l'existence d'un trait horizontal à la base de l'V qui termine cette ligne, en sorte qu'il y a là une sigle composée des caractères VL ».
Hist, — L'abbé Legros dit que ce cippe, qu'il croit gaulois, « est
dans la rue des Alloix, devant la porte d'une maison canonicale du chapitre deSaint-Étienne, qu'occupe maintenant le sieur Taillandier, chanoine de cette église. La pierre... est enfoncée dans le pavé, mais, ajoute-t-il, la pointe de Yacerra qui porte l'inscription est saillante ».
Duroux l'indique : « près l'église de la cathédrale, devant l'ancien jardin des Alloix», et ne précise pas davantage. Allou ajoute qu'il est « vers l'extrémité de la rue des Allois », et que l'inscription se lit « sur une pierre à demi enterrée dans le pavé de la rue ». Texier confirme ce renseignement. Les Notes manuscrites de M. le chanoine Arbellot portent, en outre, que le cippe était placé dans la rue des Alloix, entre la maison de M. l'archiprêtre et celle de M. d'Aigueperse». Il s'ensuit donc qu'il devait -être à l'entrée de la rue des Allois, du côté de la cathédrale, entre les immeubles portant les numéros 1 et 3 et appartenant de nos jours, le premier aux sœurs de charité, le second à M. Pleinemaison.
En 1858, cette pierre venait d'être déplacée lorsque le prince Napoléon se rendit à Limoges à l'occasion de l'exposition. A. de Longpérier la vit dans une maison voisine. En 1865 elle avait disparu, probablement à la suite des réparations qui furent faites, vers cette époque, par l'acquéreur de l'immeuble qui porte aujourd'hui le numéro 3. M. le chanoine Arbellot a vainement essayé de la retrouver (Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, t. XV, 1865, p. 63).
Bibl. — Nadaud, Mémoires y t. VI {Notice en forme de dictionnaire), p. 289. — Legros, Essais histor. sur Limoges, p. 22, et Recueil d'inscriptions, p. 55. — Beaumesnil, 2e cah., p. 34. — Feuille hebdomadaire de 4 75/, p. 92. — Duroux, Essai historique sur la sénat, de Limoges, p. 268. — Allou, Descript. des monum. des différents âges, p. 84. — Abbé Texier, Recueil des inscript, du Limousin, p. 85. — Maurice Ardant, Bull, de la Soc. archéol. et historique du Limousin, t. III, 1848-52, p. 129. — A. de Longpérier, Bull, des Antiquaires de France, 1858, p. 126. — Desalles, Bull, de la Société archéol. et historique du Limousin, t. XIII, 1863, p. 246. — Abbé Arbellot, Notes ms. et Bull, de la Société archéol. et historique du Limousin, t. XV, 1865, p. 63.
[D(iis) m(anibus) et memori]ae Sul[pici(i)] Origanionis.
Aux dieux Mânes et à la mémoire de Sulpicius Origanio. S'en rapportant à Beaumesnil, dont la science pouvait
largement marcher de pair avec la conscience, Duroux et
Allou ont reconnu des propriétés singulièrement bizarres à
Yhedera qui termine l'épitaphe.
« Les cœurs percés, disent-ils, les feuilles de lierre, ou un f qu'on voit sur certaines épitaphes, même des payens, sont des gémissemens que le mort ou l'auteur de l'épitaphe demande aux passants et aux lecteurs. C'est la même chose que l'interjection heu ! »
Duroux n'avançait aucune interprétation du texte luimême; l'abbé Texier, et ceux qui vinrent après lui, n'en offrirent pas davantage. L'auteur des Monuments des différents âges se contenta de dire que cette « inscription singulière » était regardée « comme gauloise malgré l'emploi des caractères romains » , et Maurice Ardant expliqua plus tard que «la ressemblance du mot iaesv, avec le nom d'Hésus, dieu gaulois », n'avait pas peu contribué à faire regarder « ce monument, par quelques personnes, comme celtique». Ce fut Adrien de Longpérier qui reconnut le premier qu'il s'agissait tout simplement d'une inscription funéraire dont il ne restait plus que des fragments de mots.
D ■ M • E-MEI L-DION M-T IVS-D-S-P
Copie de l'abbé Texier.
Var. — Maurice Ardant :
D • M - ET • M • B