‹ Inscriptions de la cite des LemovicesChapitre 90 sur 129 · RAVIT RAVIT · texte numérisé non relu

RAVIT RAVIT

Descr. et Hist. — « Au bourg de Salanhac, dans la chapelle de Saint-Léobon, aujourd'hui en ruine, sur une pierre qui servait de base d'autel » (Nadaud). A la quatrième ligne les deux lettres finales étaient liées.

Bibl. — Nadaud, Mémoires, t. I, p. 172. — Legros, Essais historiques, p. 38. — Lebeup, Lettre à Nadaud, du 27 tévr. 1749 (dans Nadaud). — Duroux, Essai histor. sur la sénatorerie de Limoges, p. 267. — Texier, Rec. des inscript, du Limousin, p. 95.

D(iis) m[anïbus) [et] m(emoriae) ae. Viva ponendum

curavit.

Aux dieux Mânes et à la mémoire de a. Elle s'est

fait construire (ce tombeau) de son vivant.

L'abbé Lebeuf prétendait que cette inscription n'était pas de la plus haute antiquité, « car l'a, retourné et adossé à la lettre n, n'était pas alors d'usage. Le ponendum curavit, ajoute-t-il, a été abrégé dans la suite en P G ».

Il est je crois superflu de dire que les ligatures de lettres ont été très fréquentes sous les premiers empereurs, et que l'abréviation P G ne saurait caractériser une époque.

USSEL

Les feuilles manuscrites de Beaumesnil, qui m'ont été remises par M. Nivet-Fontaubert, reproduisent un curieux

document dont l'authenticité ne peut faire aucun doute. Il est ainsi conçu :

« Copie d'un procès-verbal sur les antiquités de laditte ville [d'Ussel].

« Aujourd'hui, 17 mai 1769, en l'Hôtel de ville d'Ussel, capitale du duché de Ventadour, Messieurs les Maires [sic] et Échevins et Notables assemblés en la manière accoutumée, a comparu Messire Jean-Baptiste Delmas de la Rebiere, écuyer habitant de laditte ville, lequel a dit et exposé que son zèle à découvrir et conserver les anciens monumens qui peuvent être utile à la patrie, et la décorer, l'ayant porté à faire de sérieuses recherches, il a enfin, à l'aide d'une vague tradition, décoûvert en cette ville et ses environs, nombre d'Antiquités romaines dignes de l'attention des connoisseurs. S'étant porté en premier lieu dans un champ appartenant au sieur Faugère, aubergiste de cette ville, situé à 200 pas de la dernière maison du faubourg Duchée, sur une hauteur à la gauche, en sortant de la ville, il a trouvé en deçà du chemin qui y conduit une pierre d'environ 2 pieds quarrés portant une inscription. Ayant ensuite fait creuser et fouiller en sa présence en plusieurs endroits des lieux indiqués, on a décoûvert à moins de deux pieds de profondeur en terre, grand nombre d'Urnes sépulchrales en pierre de diverses figures et grandeur, dont ledit Sr Delmas a fait exhumer quatre, y en ayant déjà plusieurs de semblables chez nombre de particuliers de ce faubourg, qui lui ont attesté les avoir tirées du même lieu. Comme aussi il a déclaré que les manœuvres, qu'il a employés pour la dite recherche, lui ont remis le fond d'un vase de terre rouge, qu'ils ont dit avoir trouvé et cassé la veille en bêchant auprès d'une de ces Urnes. Sur quoi ayant fait continuer de fouiller ledit Sr Delmas nous a dit avoir vu voler en éclats d'un coup de bêche, un autre vase de terre rouge, un peu plus grand, qu'on a trouvé placé à côté d'une autre urne, lesquels vases il croit avoir servi de lacrymatoires et dont il nous a présentés les débris.

« Et enfin, le dit sieur Delmas nous a déclaré qu'il existe une Aigle romaine en pierre de figure presque gigantesque (colossale) située auprès du moulin du Peuch, et de grands restes de voyes romaines, vulgairement appellés chemins ferrats, qui se voyent tant aux environs de cette ville que sur le chemin d'Ussel à Aix ; que d'ailleurs on trouve fréquemment des médailles romaines en

creusant dans les fonds de cette ville et des environs, dont le dit sieur Delmas nous en a exibé plusieurs en argent et en bronze, entr'autres du règne d'Auguste, d'Adrien, de Marc-Aurèle, de Constantin et autres. Dans des circonstances aussi intéressantes pour obtenir de Sa Majesté une route royale depuis plusieurs années sollicitées qui puisse faciliter en cette ville l'importation des marchandises étrangères et l'exportation des denrées du pays, procurer la circulation des espèces qui y sont si rares, et la vivification du commerce qui va tottalement y manquer, comme aussi la conservation des établissemens publics menassés de suppression, ledit sieur Delmas a prié et requis Messieurs les Maires et Échevins de vouloir se transporter avec lui sur les lieux cy-dessus indiqués, offrant de leur montrer lesMonumens mentionnés en sa déclaration, pour y constater juridiquement, par leur procès-verbal, l'existence et réalité des dites antiquités romaines, et à cet effet, a requis la fonction du sieur Procureur Sindic, tant pour requérir ledit transport et autres actes qu'il jugera nécessaire, que pour assurer à ladite recherche et vérification. Et ledit sieur Delmas a signé aux fins de la déclaration et réquisition.

« (Delmas de la Rebière). (1)

« Le proc. Sindic, qui a pris lecture des déclarations et réquisitions cy-dessus, requiert pour le dû de sa charge, être fait incessamment transport sur les lieux indiqués, en présence dudit sieur Delmas, pour constater juridiquement la réalité des faits exposés. Requis le jour, mois, an que dessus.

« Brival de la Vialle, pro. Sindic.

« Nous, Maires et Échevins, vû la déclaration dudit sieur Delmas de la Rebiere, que nous avons louée et approuvée, ensemble la réquisition du proc. Sindic, avec concédé acte de l'exhibition des médailles et débris de lacrymatoires trouvés aux lieux cy-dessus annoncés. En conséquence, ordonnons que nous nous transporterons aujourd'hui, à deux heures de relevée, sur les lieux indiqués, avec le dit sieur Delmas, le proc. Sindic, et notre Greffier, pour de tout être dressé procès-verbal, ainsi qu'il appartiendra. Fait à Ussel avant midi ledit jour, mois et an que dessus.

« Delmas de Gramont, maire.

(1) [Delmas de la Rebière a collaboré à la Feuille hebdomadaire de Limoges. On lui doit une Histoire d Ussel.]

« Et advenant les deux heures de relevée, nous Maires et Échevins, accompagnés du dit sieur Delmas requèrent, du proc. Sindic, et de notre Greffier, et assistés de MM. Maîtres, Pierre Ternat, licencié en théologie, curé de l'église paroissiale de Saint-Martin de cette ville, François Maruau de Badour, prêtre vicaire et conseiller de ville, de Messire Claude-Ignace de Chambaud, baron de Rochefort, et autres Notables habitans, nous sommes transportés sur les lieux indiqués, où étant, ledit sieur Delmas nous a fait voir : 1° Une Pierre d'environ 2 pieds, quarrée, portant une inscription de ces mots : et mt1r il lvpa, placée à côté du lieu où se trouvent les Urnes, un sentier entre deux, laquelle inscription le dit Delmas nous a dit croire être relative au cimetière romain (catacombe), qui se trouve à côté, et contient en abrégé ces mots : (ET Manibus YIRorum ILlorum LWA). Et que, par cette inscription, il est indiqué qu'on avoit sacrifiée une louve aux Mânes de ceux dont les cendres reposent en ce lieu, ce qui paroît d'autant plus probable, a-t-il ajouté, que l'histoire nous apprend que les anciens Gaulois sacrifioient des Loups au Dieu Mars, particulièrement adoré dans leur pays. De là étant entré dans ledit cimetierre, le susdit sieur Delmas nous a fait voir quatre urnes de pierre qu'il a fait exhumer, dont une de quarrée et les autres rondes, sans inscriptions, et toutes d'environ six poulces de diamètre sur huit de profondeur. Et attendu que le champ est nouvellement ensemencé de froment et que nous ne pouvons faire fouiller sans un notable dommage au propriétaire, avons sursis à une plus ample recherche en ce lieu, jusqu'après la levée de la récolte, les ouvriers qui ont fouillé nous ayant affirmé avoir trouvé plus de cinquante pareilles urnes et promis de nous les montrer. De là, sommes descendus dans le chemin public qui conduit au pont des Salles, et étant arrivés près du sentier qui aboutit au moulin du Rondal ledit sieur Delmas nous a fait voir une autre urne ronde qui à présent sert de piédestal à une Croix et qui est à peu près de la même grandeur que les autres. De l'autre côté du chemin, et vis-à-vis, est un couvercle qui a pu convenir à cette urne ou autre approchante, bien creuse en dedans pour emboëtter sur le rebord ou espèce de bourelet que portent certaines de ces urnes et arrondi par dehors de la hauteur d'environ un pied et demi. Continuant notre recherche, avons trouvé, dans le mur qui sépare les héritages du Grand Chemin, plusieurs débris ou moitiées d'urnes employées pour la construction dudit mur. De là, le dit

sieur Delmas nous a conduit à un port de fuzil au delà du pont des Salles, sur le chemin du hameau appelle la Veyssière, où il nous a fait voir une table quarrée de pierre grise d'environ 3 pieds de long sur deux de large et un d'éppaisseur, dans laquelle sont creusées deux cavités ou urnes de diamètre et profondeur d'environ dix poulces. Autour de cette pierre paraissent encore de trois cotés des caractères que la Vétusté a rendus illisibles. Et enfin, de là, nous sommes transportés, toujours en même compagnie que dessus, au delà de l'autre rivière de la présente ville nommée la Sarsonne, et près le moulin du Peueh, où étant, le dit sieur Delmas nous a fait voir une aigle romaine, en pierre, de cinq pieds de haut sur quatre de large tenant à un piédestal en une même pierre de cinq pieds de haut, qu'il nous a assuré croire, tant par la tradition que par la connoissance qu'il peut avoir des antiques, être un monument romain. La tête de cet aigle a été emportée, mais tout le reste est conservé au point de distinguer tous les traits qui en expriment le plumage. Et ce fait, nous sommes retirés et avons du tout dressé notre présent verbal, signé dudit sieur Delmas, pour servir et valoir ainssi qu'il appartiendra. Fait le dit jour, mois et an que dessus.

« Delmas de la Rebière, Brival de la Vialle, proc. Sindic, Delmas de Gramont, maire, Ghasteigner Dumazaud, 1er Echev., De Badour, 1er cons.

« Et advenant le vingtunième septembre, même année 1769, nous Pierre-Joseph Chasteignier Dumazaud, avocat au Parlement, premier Echevin de la ville d'Ussel sur la réquisition du sieur Delmas de la Rebiere, le proc. Sindic joint à lui, et en l'absence du sieur Maire; nous sommes transportés avec ledit sieur Delmas, le procureur Sindic et notre Greffier, sur les lieux où l'on trouve des restes de la voye romaine en ce pays vulgairement appellés chemins ferrats, qu'on a lieu de croire être la voye Antonine. Et étant en premier lieu arrivés aux plaines de Vénard, avons dès lors très distinctement reconnûs la voye que nous avions déjà commencée d'appercevoir en quelques lieux auparavant. Où étant, le dit sieur Delmas nous a fait observer : 1° Que la direction de ladite voye est d'Ussel à Clermont, par une ligne droite, n'évitant ni collines ni vallons; 2° Qu'elle a vingt pieds de large; 3° Qu'elle est composée de deux pavés posés presque l'un sur l'autre, et qui ne sont séparés

que par une légère couche de terre sabloneuse, le terrain au-dessous, quoique rapporté pour donner de l'élévation, paroît du même des environs ; 4° Que la pierre de ces pavés est un caillou grisâtre ordinairement assez menu, les plus gros n'étant guère au-delà de la grosseur du poing; 5° Qu'il règne de chaque cotté de ladite voye un fossé de plus de deux pieds de profondeur en plusieurs endroits ; 6° Qu'elle se perd en certains lieux; 7° Quelle est élevée partout de manière à être apperçûe de loin, et qu'elle se perd (comme il a déjà été dit) par exprès, dans les bois de Vénard et autres endroits; 8° Qu'elle a été détruite de main d'Homme en divers endroits, entre autres dans un champ du domaine de Vénard; 9° Qu'elle est à présent évitée par les voyageurs, quoique presque partout praticable, parce qu'ils trouvent le chemin plus doux sur la pelouse, raison pourquoi ils font des détours aux environs ; 10° Qu'elle est couverte de bruyère dans la plupart des endroits, de sorte qu'on a peine à entrevoir le pavé; 11° Qu'elle existe bien solidement auprès du village de Scianeix, paroisse d'Aix, où elle a dû avoir un pont sur le ruisseau appellé de Gauson ; 12° Qu'elle est si bien conservée proche du village de la Gareige, aussi de la paroisse d'Aix, qu'elle n'a besoin d'aucune réparation, quoique la bonté de ce morceau engage le voyageur à ne plus l'éviter, et qu'elle serve journellement au public en cet endroit. Et n'ayant poussé plus loin notre recherche, nous nous sommes retirés, et avons dressé le présent verbal de l'état de ladite voye, signé des dits sieurs Delmas, Procureur sindic et Nous, le dit jour, mois et an que dessus.

« Delmas de la Ribière, Brival de la Vialle, proc. Sindic, Chasteigner Dumazaud, 1èr Ech. >

« Le procès- verbal en original, sur papier de formule, rempli les quatre cottés de la feuille entierre, et m'a été communiqué, — dit Beaumesnil, — par M. Delépine, subdélégué de l'Intendance de Limoges, ce dimanche 30 aoust 1778 ».

On lit à côté d'une écriture plus récente et de la main de Beaumesnil :

« J'ai trouvé le verbal de M. Delmas d'une très exacte vérité. J'ajoûte seulement que j'ai trouvé plus de Monumens qu'il n'en mentionne. »

Cette note, qui ne s'applique qu'au procès-verbal, est indépendante de ce qui suit, et le manuscrit de Beaumesnil se continue de la sorte :

« En conséquence, m'étant transporté en ladite ville d'Ussel, le six Mars 1779, j'y levai et dessinai les Antiquitéz et Monumens suivans que je place ici dans le même ordre et marche du voyageur arrivant à Ussel ».

Beaumesnil décrit ensuite seize urnes funéraires sans inscriptions , sept médailles aux effigies de Constantin, d'Auguste, d'Hadrien (dont il écrit le nom adrianvs, ce qui peut faire supposer que cet antiquaire n'a pas vu les objets dont il parle ),de Commode et d'Antonin, ainsi que les deux vases dont il a été question dans le procès-verbal. Le comédien-antiquaire ajoute que ces deux vases sont intacts et font partie delà collection « d'un gentilhomme d'Egleton ». Son manuscrit contient encore F« aigle décapitée» vue sous quatre faces, les « armoiries» d'Ussel, et, finalement, diverses inscriptions , généralement apocryphes , que je ferai connaître plus loin (1).

USSEL

DI/-Mx . ///

D'après un dessin de Beaumesnil.

(1) L'aigle romaine existe encore et sert d'ornement à l'une des places publique d'Ussel.

Descr. et Hist. — « Auprès de la même ville [Ussel], dans un champ appelé les Quatre-Charrières, est une grosse pierre où je n'ai pu lire que ces deux mots :

(Abbé Nadaud).

v Cette pierre a près de trois pieds de haut sur 2 pieds et demi de large et presque autant d'épaisseur. Elle est si gâtée que je n'y ai rien pû voir ni distinguer que les trois lettres qui sont ici. C'est le commencement de ces deux mots dis.manibvs qui paroissent avoir rempli la première ligne.

« Monsieur Nadaud, curé de Teygeac, mentionne cette pierre en ses manuscrits, et quoiqu'il me soit antérieur, il dit n'avoir pû y distinguer que les trois mêmes lettres. C'est sur son indication que j'ai cherché ce monument; je n'ai rien fait de plus que lui que de prendre la figure de la pierre » (Beaumesnil) .

Bibl. — Nadaud, Mémoires, t. I, p. 172. — Legros, Essais historiques, p. 31). — Beaumesnil, Ms. Nivet-Fontaubert (copie dessinée). — Duroux, Essai historique, p. 268.

Di[(is)] ma[n(ibus)] e[t memoriae

Aux dieux Mânes et à la mémoire de. . . .

Page 1