I. — EXISTANTES
103 BORDKAUX.
Réduction d'un dessin publié par Charles Robert.
Var. — Il est certain qu'il n'y a pas eu de ligne écrite au-dessus de cives.
Descript. — Hauteur des lettres : 0, 033 ; 0, 027 ; 0,02. - Caractères d'une assez bonne époque.
Bloc en pierre dure : entre les deux parties de l'inscription, Mercure debout, de face, nu, la chlamyde jetée sur l'épaule gauche. La tête, les bras, les pieds manquent. — Hauteur du fragment : 0,66 ; largeur totale : 0,47. — Voyez le dessin de Robert que nous sommes heureux de pouvoir reproduire.
(1) Remprunte ce qui est relatif à ce texte et à une partie du suivant, à l'excellent ouvrage de M. Camille Jullian sur les Inscriptions romaines de Bordeaux. (Tome I, pp. 43 et 44, 157 et 158.)
Hist. — Trouvé sans doute vers 1848 dans les fondements de la muraille romaine, ligne septentrionale, rue Combes, à la hauteur du n° 8. Transporté dans la propriété Coudert, aujourd'hui Dubois, rue Ségalier, 27, où il se trouve dans le bois, pavillon du fond et de droite. — Légué à la ville par Dubois, au mois de janvier 1885.
Bibl. — Robert, Les étrangers à Bordeaux, dans Soc. arch. [de Bordeaux], t. VIII, p. 57 (tirage à part, p. 45).
Merc[u]rio. Viduco, cives Lemovic(us), v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito).
[A Mercure. Viduco, citoyen Lemovique, avec reconnaissance et en accomplissement d'un vœu.J
M. Robert lit Mercurio viduco et écrit au sujet de l'épi tliète viducus donnée à Mercure : « Son dérivé viducius (Brambach, n° 1567) se retrouve sous la forme Visucius comme épithète de Mercure dans de nombreuses inscriptions votives de l'Est des Gaules et dans un texte de Bordeaux que nous rapporterons plus loin [Cf. le n° 15 de l'ouvrage de M. Camille Jullian]. L'équivalence phonique de Viducius et de Visucius est justifiée par la parenté qui existait en Gaule entre le d et le s ».
Il faut voir dans vidvco le nom du donateur. En effet, ce nom n'a pu être inscrit à droite du bas-relief; d'abord à peine s'il y a place au-dessus de cives pour deux ou trois lettres ; puis la surface de la pierre est lisse et polie, et il est évident qu'il n'y a jamais eu là de lettres gravées (1). La seconde colonne commence à dessein à la hauteur où finit la première, pour bien marquer que cives fait suite à vidvco. Enfin vidvcus ou vidvco s est un nom répandu en Gaule (Cf. les marques de potier, Corpus, vu, 1336-, Schuermans, 5734-5741), et rien n'empêche l'existence de la forme vidvco à côté de celle de vidvcus. (Cf. n° 2 [des lnscript. rom. de Bordeaux] : Divico et Divicus).
Cives Lemovicus signifie citoyen de l'Etat, de la civitas des Lemovici, dont le chef-lieu, Augustoritum, aujourd'hui Limoges, a conservé le nom.
(1) [Je pense, avec M. Jullian, que le donateur s'est appelé viduco, mais l'angle supérieur droit de la pierre n'est peut-être pas aussi complètement lisse que l'a dit le savant professeur. S'il n'a été gravé aucun mot dans cette partie, ce doit être, sans doute, parce que Mercure tenait une corne d'abondance qui dépassait au-dessus de son épaule et remplissait l'espace laissé libre.]