ATTRIBUÉE 8 L'UNE A CHAMBOlX, L'AUTRE A TULLE
Hist. — Ces inscriptions, dont il est bien inutile de faire ressortir toute l'absurdité, se trouvent, paraît-il, dans la cour du château de Viersat. Elles ont été inventées par Baraillon pour appuyer, par des preuves matérielles, l'existence des Tullenses à Tulle et des Cambiovicenses à Ghambon.
Reprenant la thèse d'Adrien de Valois (1), Baraillon avait affirmé que le pays de Combraille étaitle territoire des Cambiovicenses, dont il est question dans la table de Peutintinger (2). A court d'arguments, il ne trouva rien de mieux que de faire graver des textes qui ne se distinguent pas précisément par une très grande imagination, mais témoignent par contre beaucoup du degré d'ignorance de leur auteur.
(1) Notitia Galliar., p. 120.
(2) Recherches sur les Cambiovicenses, ia-8.
cambiovicenses christiani
tullense celticum
sacrum
an. cccc
ATTRIBUEE A ROME.
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Réduction à 1/2 d'un dessin de Beaumesnil.
Var. — Duroux, pl. II, n° 8, de son Essai historique sur la sénatorerie de Limoges, reproduit en fac-similé le dessin de Beaumesnil. Allou et l'abbé Texier citent inexactement cette même copie. Mérimée n'en reproduit qu'une partie.
Descr. et Hist. — « Il se trouva, parmi d'autres débris,
[découverts à Rome au commencement du xvne siècle], plusieurs fragments d'une table de marbre blanc, salin inscrite, dont le marbrier ayant lu quelques caractères, en donna avis à M. de Troy (directeur de l'école de peinture et de sculpture de Rome), qui en fit l'emplette pour peu de chose » (Beaumesnil).
M. Maximin Deloche a rapporté, dans ses Etudes sur la géographie historique de la Gaule (p. 50), que « ce monument fut imaginé dans un but de mystification à l'adresse d'un magistrat de Nîmes ». Cela n'a pas empêché Maurice Ardant d'en accepter très sérieusement l'authenticité et de la défendre avec un zèle qui eût été bien digne d'une meilleure cause.
Bibl. — Legros, Essais historiques, p. 385. — Beaumesnil, 2ecah., p. 21, et 3e cah,, p. 11. — Duroux, Essai historique sur la sénatorerie de Limoges, p. 79. — Allou, Description des monuments des différents âges, p. 55. — Mérimée, Notes d'un voyage en Auvergne, p. 102. — Bardinet et Ardant, Bull, de la Soc. archêol. du Limousin, t. III, p. 84. — Abbé Texier, Rec. des inscript, du Limousin, p. 95.
Beaumesnil ne pouvait manquer de tirer parti du texte qu'il avait fabriqué de toutes pièces :
« Ce monument très curieux, dit-il, paraît avoir été une sorte de Catalogue des amphithéâtres élevés par les empereurs. La partie supérieure, qui a été très mutilée, et dont on ne voit plus qu'une seule ligne à peine intacte, peut se rapporter au Colysée, achevé sous le règne de Titus, qui fut huit fois consul. La troisième inscription n'était peut-être pas la dernière, la table ayant été aussi très endommagée dans cette partie. Elle s'applique évidemment aux Arènes de Nîmes, dont la fondation ne remonte qu'au règne d'Antonin le Pieux, fils adoptif d'Adrien, et à l'an 138 de J.-C. ».
Le peu scrupuleux comédien avait communiqué sa copie à l'abbé Legros, qui l'avait naturellement acceptée. Le passage suivant en fait foi :
« La place d'Orsay et [le] Creux dés Aresnes. — Cette place, aujourd'hui la plus grande et la plus belle de Limoges, a été construite en grande partie sur l'emplacement qu'occupoient autrefois les Arènes, ou l'amphitéàtre bâti par les Romains du tems de l'empereur Adrien, suivant l'inscription suivante trouvée à Rome par un voyageur moderne qui me l'a communiquée... ».
Legros, qui ne cite que la partie du texte relative aux arènes de Limoges, ne nomme pas le « voyageur moderne », mais il s'agit évidemment de Beaumesnil, et, d'ailleurs, il est hors de doute que le prélat et le comédien furent en relations suivies. M. Nivet-Fontaubert, 'qui possède la majeure partie des papiers de Beaumesnil, a découvert des lettres de l'abbé Legros, qui débutent par ces mots : « Mon cher Monsieur de Beaumesnil » . Elles sont en général relatives à des vérifications d'inscriptions. Véritablement, c'était-là de la confiance bien mal placée !
Duroux et Allou n'ont pas douté davantage de l'authenticité du texte dont il est ici question.
« Ceux qui pensent, dit Duroux, que cetédifice [l'amphithéâtre de
Limoges] est dû à la magnificence (sic) d'Adrien, s'étayent de ce qu'on a trouvé dans l'emplacement d'icelui beaucoup de médailles de cet Empereur; et à l'appui de leur opinion, ils citent une inscription trouvée à Rome par M. Beaumesnil ; mais nous y croyons trouver la preuve du contraire.
« En effet, le cours du règne de ce prince fut presque un voyage continuel; il employa treize ans à visiter les Provinces Romaines, marchant pour l'ordinaire à pied et la tête découverte.
« Il arriva à Limoges, la première année de son consulat et de son règne, et la deuxième de son tribunat (Trib. potes //, cos. I), ce qui remonte à l'année 117. Ce fut alors que les 14e et 20e légions qui s'y trouvèrent, et qui achevèrent, sans doute, par ses ordres, deux milles pieds (perfectis pedibus mille duobus)de l'amphithéâtre des Arrênes, qui était édifié dans ce temps-là : (Arenx Lemovicenses œdificatœ), ce fut alors, disons-nous, que ces légions voulurent consacrer l'époque de son passage à Limoges par l'inscription qu'elles firent graver sur la partie de l'amphithéâtre, qu'il fil ajouter. Alors, il n'est plus étonnant qu'on ait trouvé dans l'emplacement de cet édifice plusieurs monnaies de cet empereur (1).
« L'inscription qui vient après celle qui concerne Limoges nous apprend qu'Antonin, fils adoptif d'Adrien, passa à Nîmes, d'où il était originaire, l'année 3e de son tribunat : (Trib . pot. III.) Mais quoiqu'il ne fît faire aucune réparation aux Arrènes de cette ville, qui furent bâties après celles de Limoges, cela n'empêcha pas qu'on voulût consacrer par cette inscription l'époque du passage de cet Empereur....
« Mais il n'en est pas moins certain que les Arrènes de Limoges, les premières bâties hors de Rome, ont été commencées par Duratius, comme nous l'avons déjà dit, et qu'elles ont été finies, sous le règne d'Auguste, par Lucius-Capréolus , petit -fils de ce proconsul ».
Si Duroux n'avait pas proposé (l'interprétation complète, Allou ne se crut pas tenu de garder la même réserve :
« ... Ce qu'on peut traduire, écrit-il en parlant de l'inscription :
Au divin empereur César-Titus- AElius-Adrianus-Antoninus, fils du divin Trajan-le-Grand et le Parthique, petit- fils du divinm Nerva;
(1) « On sait que les DD qui terminent cette inscription et la suivante signifient
dicaveruni ».
Auguste, souverain pontife, père de la patrie, tribun du peuple pour la seconde fois, consul pour la première; les XX* et XIVe légions ont dédié les arènes de Limoges, dont elles avaient édifié une longueur de deux mille pas. Ou peut-être encore : qu'elles avaient terminées après un travail de deux mois.
« Ce monument, poursuit-il en parlant des Arènes, fut donc érigé la première année de l'empire d'Adrien, qui fut aussi la première de son consulat, ce qui revient à l'an 118 de J.-G. A la vérité, M. Duroux n'admet pas l'explication ci-dessus, et pense, d'après le système qu'il s'est fait à cet égard, qu'il faut lire : Arenœ Lemovicenses œdificatœ, legiones etc., perfectis pedibus mille duobus, etc. (Il a voulu dire, sans doute, Arenœ Lemovicensis, etc., perfectispassibus, etc. Les Latins n'ont jamais employé le mot pes dans le sens qu'il lui donne.) On ne verrait alors, ici, que la restauration d'un monument déjà érigé. Ne pourrait-on pas proposer une nouvelle leçon, qui concilierait celle- ci avec celle de Beaumesnil ? Il est permis de croire que ce monument, postérieur, comme ce dernier le prouve d'une manière si positive, aux amphithéâtres de Rome, avait été commencé toutefois avant le règne d'Adrien, et que, par l'ordre de cet empereur, les légions désignées l'avaient seulement continué et achevé. Alors, on pourrait lire aussi, avec M. Duroux, Arenœ Lemovicensis œdificatœ, etc. ».
L'abbé Texier a textuellement adopté l'interprétation d'Allou, qu'il défend même, dans une certaine mesure.
« Cependant, dit-il, cet auteur se trompe s'il veut dire que le pied n'a jamais été chez les Romains une mesure de longueur; sa proposition reste vraie si on l'applique à la formule : perfectis pedibus. Pour se rapprocher d'un sens plus naturel, on propose d'interpréter les sigles P. M. IL par per menses duos. Ce gigantesque travail aurait donc été achevé en deux mois ; nous allons de difficultés en difficultés ».
Et c'est parce que ces difficultés lui paraissent insurmontables que l'abbé Texier finit par dire :
« Nous nous rangeons à l'avis de Mérimée et nous croyons que cette inscription est plus que douteuse... V Arenœ œdificatœ ou œdificium est un non-sens qui trahit la maladresse du faussaire » (1).
(1) « Le non-sens de ces mots arenae et aedificatae suffit, avait dit Mérimée,
É&4 ATTHÏBUÉE A COXDAT.
D'après un dessin de Beaumesnil.
pour montrer la maladresse du faussaire. Pirro Ligorio s'y entendait mieux » (Notes d'un voyage en Auvergne, p. 102).
C'est à propos de ce texte que Mérimée a fait bonne justice des manuscrits laissés par le comédien Beaumesnil :
« On conserve dans l'hôtel de ville de [Limoges], dit-il, quelques Mémoires de l'acteur Beaumesnil qui avait, dit-on, embrassé la profession de comédien ambulant, seulement afin de voir du pays et de satisfaire sa passion pour l'étude de nos antiquités nationales. Ces mémoires, très volumineux et accompagnés de nombreux dessins, d'ailleurs fort incorrects, renferment quelques faits curieux; mais leur auteur y fait preuve ou d'une crédulité si grossière, ou plutôt d'une si insigne mauvaise foi, que tous les faits qu'il rapporte, probables ou non, doivent inspirer une égale défiance. Peut être avait-il l'intention de publier ses manuscrits; peut-être les destinait-il seulement à quelques antiquaires qu'il voulait mystifier. Entre autres inventions qui montrent la tournure de son esprit, il dessine toute une série de tombeaux et de bas-reliefs accompagnés de caractères bizarres, grecs, étrusques, romains, et surtout de quantité de phallus de toute forme. L'immodestie de ces ornements, a-t-il soin d'ajouter, scandalisèrent f évêque de Limoges, qui fit détruire les inscriptions et les bas-reliefs; on les avait trouvés dans des fouilles faites aux environs de l'archevêché. Ces emblèmes erotiques paraissent amuser fort M. Beaumesnil, car il en voit partout, mais toujours dans des monuments détruits. Il donue, d'après un parchemin peu gothique du deuxième siècle, la description d'une idole gauloise qu'il appelle Ghrovinna ; il fait un plan, une coupe et une explication détaillée d'un temple souterrain de forme sphérique, ouvrage des Gaulois (l'invention n'en appartient pas à Beaumesnil, et son souterrain me paraît un réchauffé de la grotte sphérique de Zoroastre), et n'oublie qu'une chose, c'est d'indiquer le lieu où il se trouve.... ».
L'idole Ghrovinna a été reproduite par Thiollet, qui ne doute pas un seul instant de son authenticité. Quant aux papiers « de l'hôtel de ville », j'ignore absolument
Descr. et Hist. — « Aiguille de 7 pieds 9 poulces de haut, épaisse d'un pied, marquant un mille, près leglise » (Beaumesnil). Bibl. — Beaumesnil, Ms. Nivet-Fontaubert.
Il est peut-être question de quelque inscription milliaire incomplètement lue, mais Beaumesnil inspire trop peu de confiance pour qu'il soit possible de se faire une opinion à ce sujet.
ATTRIBUEE A AHUN.
CAPTREBILL1NV5 MT-FIL-PEDVMïïVR
Fac-similé d'un dessin de Beaumesnil.
Descr. et Hist. — « Pile de plus de 2 pieds de haut sur 3 pieds 1 poulce de large, entre l'église de Saint-Silvain d'Ahun et le cimetière. Je crois la figure une Orphée, Demie déesse ou Ginne » (Beaumesnil),
Bibl. — Beaumesnil, Ms. Nivet-Fontaubert.
Il y a, dans ce texte, à peu près autant d'inepties que de mots.
ce qu'ils sont devenus. Ils étaient évidemment distincts de ceux que M. Nivet-Fontaubert m'a communiqués, mais les sujets de ceux-ci et de ceux-là devaient être en partie les mêmes. Beaumesnil aimait à se rééditer.
ATTRIBUÉE A AHUX.
Réduction à 1/2 d'un dessin de Beaumesnil.
Descr. — « Are sépulchral au château de Ghantemioule. Haut de 4 pieds trois poulces sur 3 pieds de large à la table de Fautel » (Beaumesnil).
Hist. — Le manuscrit de Beaumesnil n'indique aucun lieu d'origine.
« Monumentum, dit-il, est pris dans les monumens pour memoriae. Suétone l'employa dans le même sens en parlant de l'empereur Othon, n°10 : (Ad Messalinam. ... commandas reliquias suas et memoriam....) ».
Bibl. — Beaumesnil, Ms. Nivet-Fontaubert.
13? ATTRIBUÉE A BEAUMOIVF-SUR-
FELLETEN.
D M SJL DOCV1X ^ UB PaTR. EGO
Réduction à 1/2 d'un dessin de Beaumesnil.
Descr. et Hist. — « Are sépulchral de quelque 16 poulces de haut, sur 18 poulces de large... Ce monument est hors du cimetière vers l'est » (Beaumesnil).
Bibl. — Beaumesnil, Ms. Nivet-Fontaubert.
Docuix est un mot forgé ; ego est une intercalation qui n'a pas sa raison d'être.
188 ATTRIBUÉE A BRIDIERS.
ASRPQIR
Descr. et Hist. — Cette pierre, — qui paraît avoir existé, puisqu'elle est indiquée par Élie de Beaufort « dans la muraille d'une maison du village » de Bridiers, — a été recouverte pendant longtemps d'une couche de plâtre. « Cette année seulement, ditFesneau, le propriétaire a consenti à [la] faire reparaître. ... ».
Bibl. — Élie de Beaufort, Mém. des Antiq. de VOuest, t. XV, 1851, p. 251. — Fesneau, Mém. de la Soc. des sciences nat. de ta Creuse, t. III, 2e bull., 1859, p. 210.
Élie de Beaufort a très sérieusement proposé de traduire :
« Augusto servatori rei publicae quœ infamiâ ruebat ». Et Fesneau :
« Augusto imperatori romano senatus romanus populusque ».
Il y a eu là beaucoup d'imagination dépensée en pure perte. L'inscription de Bridiers ne peut être qu'un faux, mais cette localité, — qui a été identifiée bien à tort par Élie de Beaufort avec l'ancienne station romaine de Praetorium, — a cependant fourni diverses antiquités :
« [Dans un] réservoir pris d'abord pour un emplacement de cirque, dont une partie a été comblée pour le passage de la route de Guéret, des recherches faites au mois de septembre 1865 ont fait
découvrir un pavage en grosses pierres dont une porte une inscription que la vase n'a pas permis de lire. En même temps on y a trouvé l'embouchure d'un canal fournissant de l'eau en abondance, et quelques médailles romaines (1) ».