‹ Inscriptions romaines de BordeauxChapitre 119 sur 156 · EX · texte numérisé non relu

EX

Escingm

Cf. t. I, p. 22.

Jnderca IndercilUts Cf. Zeuss, p. 869.

Mots composés de :

-GENUS,-GNATUS, -KNL'S, ETC.

Aiiriknus

Cintucena

Cintucnatus

Cintugena

Cintugenus

Cintuginattts

Cintugnatus

Bivogena

Divogenus

Jcctius (')

Inucenus

Matugenus

Nemetocena

Nemetogena

Pixticenus

Samocenus

Tous ces composés sont également des noms soit patronymiques, soit relatifs à la naissance, et le thème final indique partout la descendance ou la naissance, «né», ou « né de» (cf. Zeuss, p. 38, '754), même le thème gnatus, bien que Zeuss (p. 856), le traduise par consuetus et l'assimile au vieil irlandais gnâth, ce qui paraît assez arbitraire. II semble bien, en effet, évident, que knus ou cnus, cenus ou yenus, cnaius ou gnatus dérivent du même radical.

Que l'on consulte les langues voisines du celte :

en latin, c'est d'une même racine que proviennent indigena, prognalus, Gneus, natus, etc.; en grec, -toiai-

Yvr,TO; et îipwToyEviri;, (cf.

Protogenia, n<'57), en sanscrit, ganus, « race >, et

(«) Cr. Jca, 11" 274.

gnatis « père », sont de la même famille (').

Autres composés :

Bitudaca Bitîidaga Bagobius

Carasozta

Cf. t. I, p. 277

Cantosenns

LA LANGUE

Senodonna

Maritalus Tahippa

Cf. p. 492 et t. I, p. 342.

Mediomatricus

Soriolito

Solimarus

Solimarius

Coriosolis

Noniconùisll (')

Hebromagus Noviotuagus

*Burdigala

Diimnotonus

Cf. Zecss, p. 856-857 ;d'Ar- BOIS DE JUBAINVILLE, ÉtudeS

grammaticales sur les langues celtiques, p. 6*.

lerprétalion aujourd'hui reçue qui et de 0003™!^™™=°^^^^^ f''° -^""^ «' «° "^««"«l '-iu-

partage pas celte manière de voir: cnos suivan moi dSe euf^mS nhv,?.°°"^''"r "f '""'■ ^' °« 1 expression d'une filiation mytholo^irrue OMte dont 1p in= r,.^ ^^ T^'''"^ °" légale ; <7ctw est adinettre] conserve ce sens prLuKs ce ?aTn3 cl^'o es e't da^^^^^ d'autr™^ '," '^^ ^T^' "^ ^"'^ ordinairement un culte à une divinité . Il résulte rinifïnfu'rfi- ™f '®'^' ''"'^ ' '^«'''^i 1"i rend

terme est -<;«<p. consiste toujours eu un nom d^ ômme ^p '\Pf °^'«'^ '«™« ^«3 composés dont le second ont toujours pour premier lirm^ soit un nom dH eu 'so^un nom cCmun"°l^ "^™'' T ■"'''""

pour second terme gemis ont été formés avec un nremiBr f^r^-.J^ ™mmun ; et que les composés qui ont objet momenlanément divinisé Je crois don c'^nTr-f T "" "° °°" '^^ ''''="• "'^ 'î' ao™ d'un signifie probablement, adorateur du dTeucfZs.Frl;^^^^^ ".'•7""' P'' ''''' «premier né. et dieu Cintus. Omtus.. - Encore faudrail-il prouver d'abord l'existence du

m iNom douleui et peut-être d'origîne romaine.

Plus encore que la langue, la rédaction de nos monuments s'écarte des traditions de l'épigraphie classique : les formules qu'elle comporte, j'entends celles des épitaphes, ont quelque chose d'insolite et d'étrang-e, qui ne se retrouve guère en dehors de la Gaule Propre et qui semble bien être le signe d'usages ou d'habitudes, et d'un état d'esprit particuliers à nos provinces.

Il y a peu de choses à dire des dédicaces des statues et des monuments civils ou religieux : les formules en sont entièrement conformes à celles qui étaient en usage dans tout le monde romain. Les unes rappellent que le monument a été promis ou voué à la divinité, qu'il est élevé en vertu d'une sorte de contrat entre le dieu et le donateur (cf. t. I, p. 14, 55 et 12]): ce sont les dédicaces des ex-voto proprement dits, avec l'expression consacrée de votmn solvit libens merito. Les autres, plus rares, indiquent que le monument a été spontanément donné, sans promesse antérieure : donavit ou dédit: ces dons sont d'ailleurs le plus souvent testamentaires. — Voici le tableau de ces formules :

sacrum 1, 11, 13

TOtnm Suivit libens merito 2, 5, 11, 12, 13, 14, 15, 19

(cf. 18 et 1. 1, p. 14 et 55) ex voto 20 iis

ex voto/ecit ac dedicavit 6 (cf. t. I, p. 24)

ex voto jposuit 20

ex votopossuit libens merito 24

[dcdit] adjecit 32 (cf. 1. 1, p. 121)

donavit 4

dedicavit 6, 28

de sua jpecuilia facieiidiim curaoit 23

dé\ suo posuit 31

ponijussit 8

testamento dédit 30, 34

testamento faciendum curavit 38

ex testamento poni j ussU 7

hères po?ie[ndvm curavit] filii curavenint

20, 20 1ns

profilio et verna't fro sahitc (domini) in honorem (dominip.

indication du prix du monument

» de la date »

locus datus ex décréta decurionvm dédicaces en vers

Les formules funéraires s'éloignent beaucoup au contraire des formules consacrées à Eome (^). Comme il est aisé de le remarquer, les provinces de l'empire n'avaient point toutes les mêmes manières de parler de leurs morts sur leurs épitaphes. Certaines formules, rares ailleurs, se localisent en quelque sorte dans des régions ou des villes. Lyon a son memoriae aeternae, son qîiieti aeternae, et l'amour d'une longue série d'épithètes élogieuses décernées au mort; memoriae causa se rencontre surtout sur les inscriptions latines des provinces grecques ; olitus (O ou 0 barré), est fréquent en Norique et dans la Pannonie Supérieure ; l'Espagne aime les expressions de carus suis, pius in, suos, qu'elle partage souvent avec l'Afrique. Les Africains recherchent les souhaits : ossa tua lene guiescant ! ou : sit tibi terra levisf A Narbonne,

(•) Cf. Gagnât, Covrx éUmenlaire d'fpigraphie latine (1886, Paris, in-S"), p. 139 et s.

INSCK., T. II. 0.3

498 INSCRIPTIONS liOMAINES DE BOUDEAUX.

les noms du mort sont précédés à'oMtvs (O, 0, Ô) ou de mvit, vivns, vivunt, et Vascia, si commune à Lyon ou à Bordeaux, y est presque entièrement inconnue. On pourrait multiplier les exemples : ceux-là suffisent à montrer que chaque province ou chaque ville avait, en fait d'épigraphie funéraire, ses usages ou tout au moins ses préférences. La formule consacrée à Bordeaux est la suivante (cf., par exemple, no 173) :

DUS MANIBVS lîT MEMORI.VE [dédicace du monument]

VKRECVNDAE DSFVNCTAE ANNORVM XXX [INDICATIONS RELATIVES AU DÉFUNtI SEVERIAN'VS FILIVS [INDICATIONS RELATIVES AU DONATEUR]

PONENDVM CVRAVIT [manière dont s'est fait le monument]

Lu majorité de nos épitaphes sont rédigées suivant ce type, qui fut connu à toutes les époques du haut empire : nous le remarquons sur des inscriptions qui paraissent du commencement du i^'' siècle (n"' 93, 278), et il se montre encore sur celles de la fin du iii"" (n"' 61, 69).

On peut dire, toutefois, au moins jusqu'à nouvel ordre, que les inscriptions des plus anciens temps ne sont point généralement faites suivant ce modèle, mais qu'elles comportent des formules beaucoup plus courtes ; c'est ainsi que le monument de Brennos (n° 216), qui paraît fort ancien, n'a que le nom du défunt, deux fois répété, il est vrai; de même, les tombeaux de famille d' Bisiimenùis (n° 115) et de Maœsumus (n° 274), qui semblent contemporains du précédent, ont une rédaction à peine plus longue, n'ajoutant aux noms des défunts qu'une simple indication sur l'origine du monument (cf. encore n°^ 120, 149, 161, 166, 169, 170, 171. 183, 199. 312). La formule que nous avons indiquée paraît avoir été consacrée ici surtout depuis la fin du i^'' siècle jusqu'au milieu du m" siècle.

Au delà de cette date, nous retrouvons les expressions en usage chez les chrétiens (t. II, p. 22, 48, 154) : mais les inscriptions sont trop rares pour que l'on puisse retrouver quelle était la formule consacrée dans l'épigraphie chrétienne de la région.

On peut remarquer que la formule de nos épitaphes païennes est employée même pour des étrangers, par exemple pour des Orientaux, dans le pays desquels elle n'était cependant pas eu usage (n<'' 68-71) : ce qui semblerait indiquer que l'épitaphc a été rédigée par les soins d'un Bordelais, peut-être du lapicide lui-même. Il est plus rare de trouver

LA UÉDACTION. 499

sur des tombes d'étrangers des formules différentes de la nôtre (u°^ 45, 50, 51, 66, 67).

La formule en question n'est point d'ailleurs, à ce qu'il me semble, propre à notre Yille : elle n'est point exclusivement bordelaise, mais plutôt gauloise. Hors de la Gaule, on ne la rencontre pour ainsi dire jamais, du moins exactement avec tous les termes dont elle se compose, et l'expression defuncius paraissait même si étrange à Maffei qu'elle lui faisait condamner nos épitaphes (t. I, p. 385). Elle est même fort rare dans la province de Gaule Narbonnaise (^). On peut en conclure qu'elle est réellement particulière à la Gaule Propre et comme une marque de préférence celtique. Et ce qui viendrait justifier cette opinion jusqu'à un certain point, c'est qu'elle n'apparaît que fort peu entre Garonne et Pyrénées, c'est qu'elle se montre à peine dans les villes de la Gaule où la civilisation romaine a le plus pénétré, par exemple dans les colonies de Trêves et de Lyon. En revanche elle se remarque ailleurs dans l'Aquitaine gauloise et en Celtique, entre Garonne et Marne: mais, autant qu'il me paraît d'après les textes connus, elle n'est nulle part d'un usage aussi courant que dans le Sud-Ouest proprement dit, et, avant toute autre ville, dans celle de Bordeaux.

Disons maintenant quelques mots sur les différents termes dont se compose cette formule et sur les variantes qu'ils peuvent présenter.

La dédicace du monument. — La dédicace est presque toujours double. Diis Manibus, mis en vedette, rappelle que le monument et le sol sur lequel il s'élève sont consacrés aux Dieux Mânes, c'est-à-dire sont des choses sacrées, la propriété des dieux funéraires Qiunc locum monimentumque Diis 3Ianil)us do ïegoque, dit une épitaphe de Padoue, Corpus, V, 2915) : c'est ce que j'appellerai volontiers la dédicace officielle, religieuse ou juridique. Memoriae est, au contraire, comme la dédicace privée, la rubrique funéraire : le mot indique que le monument est destiné à perpétuer le souvenir du défunt; c'est d'ailleurs presque un synonyme de «monument funéraire», l'équivalent de l'expression monumenium que noiis trouvons une fois à Bordeaux et qui est plus fréquente dans l'est de la Gaule : qualem paupertas ;poiuit

(') Cl. ]). 476 ; il n'y a que trois exemples de defvMltis

memoriam dedi, lit -ou dans une inscription de Provence {Corjms, XII, 1036).

De ces deux formules, celle de Diis Manihis, qui est répandue par le monde entier, est relativement récente : on sait qu'elle ne se montre guère à Rome avant le temps d'Auguste, et il est à remarquer que toutes les inscriptions de Boi'deaux où on en peut constater à coup sûr l'absence, sont parmi les plus anciennes de ce recueil. Memoriae, sans être particulier à la Gaule, s'y rencontre plus que dans le reste de l'empire : la formule ne semble ni plus ancienne ni plus récente que celle de Diis Manihis, et, quoique on ait prétendu (') qu'elle n'apparaît guère avant la fin du ii" siècle, nous la trouvons ici dès le premier, et aussitôt que l'autre (n°^ 77, 93, 96). Comme signification, comme esprit, elle paraît au contraire plus ancienne, nous reportant aux temps lointains où les tombes étaient moins des autels ou des temples que de simples « pierres de souvenir ». Et l'idée que cette formule réveille est accentuée encore par la présence, sur le monument, du portrait du défunt : ce qui est un fait aussi fréquent à Bordeaux et dans la Gaule Propre, que rare en Narbonnaise et dans l'Italie romaine. On dirait, si cette impression n'est point trompeuse, que le tombeau gaulois, comme les plus anciens monuments de Rome, fait surtout songer au souvenir de l'être absent, tandis que le tombeau des pays et des temps classiques rappelle davantage la religion des dieux parmi lesquels le mort a pris place.

Voici les différentes formules relatives à la dédicace ou à la nature du monument que nous rencontrons ici :

Absence de dédicace (1). M. ou autre) (-) 115, 126, 154, 182, 183, 191,

202,216,270, 274 Diis Jlanihis seul passim

Diis Manihis répété ?? 226

Mis Mantbiis et memoriae i^) ^jffS5;«i

Diis Manihis non suivi d'épitaphe 3.52, 3.53

Diis Manihis sacrum 88, 206?

Diis Manihis memoriae (sans et) 63, 89, 92, 308

(>) VVii.MANNS, 1. 1, p. 72. au n" 2U.

(') Nuus ne; ilonnuna ciuc les insiTiplions entières où l'.'ibsoncc do loule dédicace est sure. (') PtHir la manière doat ee3 diUéroQts mots sont écrits ou abrcsés.cf., à la fin du volume, notre Indtx des noms l'ommuns.

aeternae mcmoriae'll 281

in memoriain 200, 318

ob memoriam 58

memoriae ou memoria seul ?? 71, 93, 174, 302, 305, 308, 307

et memoriae répété (deux morts) 124

f depositio

hicjacet exanimen corpus

f hic causât in pace

f hic reqidecet

hic sepnïtics est'î

hoc ïoco [jaceti]

maceries

momcmentum

sarcofagus

Le défunt. — Les noms du mort sont mis indifféremment, semblet-il, au génitif, au datif ou au nominatif : le génitif paraît plus fréquent, mais pas de beaucoup : le nominatif est peut-être plus rare et ne se rencontre pas d'ordinaire sur les bonnes inscriptions. Mais il y a dans l'emploi de ces trois cas des différences inappréciables (*).

On abrège d'ordinaire les prénoms et souvent les gentilices, ce qui rend l'inscription pénible à déchiffrer (cf. p. 454). Il est fort rare que les trois noms soient également indiqués par des initiales, usage que les pays plus foncièrement celtiques semblent avoir affectionné : car on le remarque en Narbonnaise chez les Voconces et dans le territoire d'Apt.

L'indication de l'âge, sans être de règle absolue, est d'un usage constant, beaucoup plus même à Bordeaux que dans n'importe quelle ville de la Gaule Propre : c'est surtout, semble-t-il, sur les inscriptions des plus vieux temps qu'elle fait défaut (cf. n" 274). Les mois et les

(*) Dans certaines inscriptions dédiées à deux personnages (cf. n° 103), un des noms est au nominatif, l'autre au génitif.

502 INSCRIl'TION'S ROMAINES DE BOUDEAUX.

jours sont indiqués pour les petits enfants, quoique on les trouve aussi sur les épitaphes de jeunes gens de 25 et 28 ans (n°^ 113 et 137). Plus minus devant le chitiVe des années est très rare, et de basse époque (cf. t. I, p. 140).

On peut faire, en examinant Xlndcûo des chiffres placé à la lin de ce volume, une remarque assez curieuse : les nombres qui apparaissent le plus souvent sur les inscriptions funéraires sont les nombres ronds, comme 20, 25, 30, 35, etc. Ce qui prouve que les anciens avaient l'habitude d'indiquer l'âge par à peu près, quand bien même ils ne le fissent point précéder de l'expression jt?Z«s minus.

La .mention des années est quelquefois faite absolument (annorum, etc.), sans rien qui la détermine. Mais d'ordinaire elle est précédée d'un verbe, comme vixit ou dejunctiis. Vivere est l'exception à Bordeaux, tandis que c'est l'expression consacrée dans les pays latins pour indiquer l'âge auquel est mort le défunt : ici, le terme courant est celui de defunctus, qui est peut-être l'expression la plus vraiment provinciale et gauloise qui se rencontre sur nos formules funéraires (cf. p. 499 et p. 476). Defunctus a quelque chose de brutal et de lugubre qui effrayait les Latins. Yixit, plus littéraire, rappelle seulement que le mort « a vécu » : le mot éloigne cette idée et ce souvenir de la mort qui étaient si pénibles aux Romains de ïh.^^ classique. On se rappelle que lorsque Cicérou annonça au peuple l'exécution de Lentulus et de ses complices, il se borna à dire : « Vixenmt», « ils ont vécu ». « manière de parler », ajoute Plutarque, « dont se servent les Eomains pour éviter les paroles » funestes et ne pas dire : Ils sont morts. » De même, les Romains n'avaient pas l'habitude, môme sur les épitaphes, d'écrire un mot qui pût réveiller une pensée funèbre : il est infiniment rare qu'ils substituent au viwit consacré l'expression triste de defunctns ou d'obitus : et même, quand ils emploient cette dernière, — qui paraît l'équivalent classique de de/unclus, plus provincial et plus rustique, — ils l'enveloppent sous la mystérieuse abréviation de 0, le tJieta nigrum des poètes (■•).

(') Je transcris ici une iiolo do de Vit, Lexicon, t. II, ]'. 613, n'ayant pas los moyens de vcritior ces allusions : Vocem dcjunctus. vtiiotc ominosam, nvnqvum atit raro adriwdum in antiQUÎs sepiilcronim tilvlis vsurpatam existimat vnt «ounulli, easqtic insciiptiones, in quitus ca legitur, ad Cliristiatios homints perlinere. Utrumqne Jalsum (sse ritatis ixemplis sane pluribvs piobat Ci.tM. liuoi i» Monum. Oraee . et Lai. Mus. Nanian. , p. 198. Ou voiUjne celle expression de dij'vnctus » iiurlé niallieur: elle a fail couUainner nos inscriplions jiar MuC'ei ; elle les a fail lejelcr par d'aulres parmi les lexWa cln'oticns.

L'usage d'épithètes élogieuses ou de qualificatifs est relativement restreint sur nos épitaphes : la tradition semble avoir été ici de s'exprimer très sobrement sur le compte du défunt ; nous ne trouvons jamais de ces éloges pompeux si fréquents par exemple sur les inscriptions de Lyon, et il n'y a pas à signaler, à propos de nos textes, comme on l'a fait à propos de ceux de la colonie de Plancus, «laloqiiacité des épitaphes gauloises» (*). L'expression me paraît d'ailleurs manquer tout à fait de justesse. Bien au contraire, nos épitaphes, comme celles de presque toutes les cités de la Gaule Propre, sont sobres et sèches : à peine si cà et là nous rencontrons une épithète banale, ressemblant plus à une formule qu'à un éloge. Et le caractère formulaire de ces qualificatifs est si marqué que par deux fois ils sont appliqués, peut-être par erreur, non pas au mort, mais au survivant (n°^ 65 et 106).

La coutume à Bordeaux semble avoir été de ne faire servir le monument qu'à un seul mort : nous n'avons trouvé que quatre tombeaux de famille, desquels trois (n"^ 86, 115 et 274) sont très certainement les plus anciens de ce recueil. Nous signalons plus loin les tombes faites pour deux ou trois défunts. Il est à remarquer que le nombre des portraits gravés sur le monument ne correspond point toujours à celui des défunts indiqués sur l'épitaphe : tantôt nous trouvons deux portraits pour un seul mort (n''59). tantôt un seul portrait pour trois morts (n" 76). Dans le premier cas le tombeau a été fait pour deux personnes et attend le survivant ; dans le second cas, il a reçu deux nouveaux morts qui ne lui étaient point destinés.

nom du mort omis 194 ?, 201

noms du mort indiqués par des initiales 166, 167, 953 ? annorim... 45, 57, 63, 101, 111, 118, 220, 280, 290

f annorum numéro 946

annis... 282

le chifïre des années sans annorum 191, 291

vixit annos... 44, 116, 165

qxd ou qiiae vixit annos... 43, 206, 280, f 862

annos fins minus... 43, 116, f 862?

(') Titulorvm sepnkralium Oallicorum loqnacitas, dil Wilmanns, l. I, p. 73: mais cola est particulier à Lyon, qui est une colonie romaine.

defundus annorum... possi/it

defuncius est annorum it5

defunctus au début do l'épitaphe 165, 244, 284

q^ul defundus annorum 320

indication des ans, des mois et des jours f 860, f 946

des ans et des mois 86?, 113, 137, 272, 294

» des ans et des jours 92

» des mois et des jours 248

» des mois seulement 142

Y lone recordationes huviilis Christi, etc. 862

carissimae (conjngi) 61, 64, 114

carissimo (conjugi) 94

(filio) 92

comparandae virtute nulli ? (Jiliae) 242

dvMssimo'*. (fil^o) 272

» (conjugi) 106

gratissîmoV. (dvij'l 68

optimae (conjugi) 206

optimo (pairono) 321

pientissimae (conjugi) 145, 319

» (matri) 75, 89

picntissimo (conjugi) 90

piissimae (conjugi) 88

» (matri) 108

dulcissiiiia appliqué à la donatrice 106

carissima » » 65

amantissimu^V. (maritus) 209

■ûiatri suae 108

iïUi nostri 238

patrono nostro 320

ol meritis 64 épitaphes en vers 270, f 848, f 849, \- 945

trois ou quatre défunts de la même famille 86

mari, femme et cinq enfants 274

LA REDACTI01N-.

mari, femme et trois enfants 115,280

mari, femme et fille 176

mari et femme 43, 102 ?, 124, 185, 215

mari, femme et un troisième défunt (cosei'vus9) 76

fille et père 189,258?

fils et père 244 ?, 301

fils et mère 113, 155, 270, 279

fille et mère, siniîd defunctae 135

deux frères ? 163

frère et sœur 245, 282

membres d'une corporation 84

deux défunts 136

trois défunts (le père et les deux femmes du donateur??) 172

Le donateur. — Celui qui a fait élever le monument ne s'oublie pas plus en Gaule que dans le reste de l'empire, et il est assez rare qu'il n'ajoute pas à son nom les titres qui l'attachent au défunt. C'est une exception cependant que ce tombeau élevé par deux fils à leur mère (n" 201), sur l'épitaphe duquel nous lisons bien le nom des fils,' mais oii manque celui de la mère. Il paraît indifférent d'indiquer la qualité du défunt ou celle du donateur, de dire « Secundus pater », ou « Seciindus iilio ^onendum curavit ». Il est à noter que sur des épitaphes dues à deux ou plusieurs donateurs, on peut employer concurremment les deux tournures : Silvina, cognata, adque Cure, Palme, tutori (n"^ 60, 89).

maritxis (')

conj'ux

maritus

conjux uxor

uxori

conjugi iixori

conjugi

conjux

passim

passzm

marito

pater

conjugi

filio

pater

passim

mater

passim

Jiliae

{') Nous indiquons dans ce tableau seulement les degrés de parenté mentionnés sur nos inscriptions, soit la qualité du mort (au datif), soit celle du donateur (au nominatif) ; les deux colonnes ne soûl remplies que lorsque les qualités sont notées et pour l'un et pour l'autre. Pour le détail, voyez i'Iudex.

INSClilPTIOXS ROMAINES DE BORDEAUX.

filio

2)assim

coniulernales

filiis

conserva

ncpoti

tatae

ta tac

comiti

filins

parentihus

amicîis

filia

passim

conmilitones

filivs

filii

patrihus

heredes (seul)

matri

passim

Tieres (seul)

frater

hères (filins)

fratres

lier es filia)

soror

passim

lier es (uxor)

fratri

Itères (frater)

sorori

hères (Uberttts) le nom du don

gêner

îteur omis

cognata

consoh'inus

tutori *

passim

hne per-

ne) 319

passim

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