‹ Inscriptions romaines de BordeauxChapitre 120 sur 156 · PLUSIEURS DONATEURS · texte numérisé non relu

PLUSIEURS DONATEURS

conjux et lihcrtus maritus (et matri) (') ■uxor et soror filia et frater pater et mater cognata (et tutori) (^) (deux esclaves à leur maître?)

Hhertus libertés libcrta lïbertac et

jmtrono

conjugi (la m( son patrono

imtronv^

liherto

ejus ou svv.s a\^rès filius, etc.,

cf. à

dominus

l'Index des m

ots et noms communs.

La construction du monument. — Il est rare que le nom du donateur ne soit pas accompagné d'un verbe rappelant l'érection du

(• " *) Conslrurtion ronvorsCv ; cf. ji. 505.

LA RÉUACTION. 507

monument. Les inscriptions dans le genre de celle-ci : « Domitiae Domitius matri», plus fréquentes à Rome et dans les pays d'éducation classique, sont ici en minorité. Le plus souvent nos épitaphes sont allongées et alourdies par les expressions de dédit ouposuit et surtout par celle de ponendum curamt, plus lourde et plus pénible encore. Cette dernière est de beaucoup la plus fréquente, et sans être spéciale à Bordeaux et à la Gaule, elle y remplace d'ordinaire \q fecitd.%?, épitaphes romaines, plus simple et plus littéraire.

Ponenditm curavit semble indiqvier, au premier abord, que celui qui a présidé à l'érection du monument n'en a point fourni les frais, et qu'il les a prélevés sur la succession du défunt. Différents indices paraîtraient justifier cette hypothèse. Nous trouvons sur une épitaphe (n° 310) l'énumération «procwavit donavit posuit » ; elle indique les soins donnés au mort, le don du monument, l'érection du tombeau : là où nous rencontrons seulement ^052wY, on peut croire qu'il n'y a pas eu domini. Ailleurs on lit (n° 44) : de suo siUfecit, conmilitones fonendum mraverimt, ce qui marque plus nettement encore l'opposition. Sur une autre épitaphe (n" 45) il est dit que le monument a été élevé par les soins, officio, d'un ami, tandis que la femme du défunt en a fait les frais, locucum donavit. Toutefois il n'est point douteux que l'opposition entre dédit et poiiendum curavit a dû se perdre d'assez bonne heure et n'être jamais bien observée, et qu'on a souvent employé la seconde même lorsque le survivant a fait tous les frais des funérailles et du tombeau ; c'est le cas par exemple des monuments élevés par des pères à des enfants morts à deux ou trois ans (n°^ 272 et 294 : on lit sur l'épitaphe ponendum curavit ou curardt).

Il arrive parfois que ces derniers termes soient précédés de ex testamento .• c'est que les frais du monument et peut-être aussi sa disposition ont été réglés par le testament du défunt. Dans ce cas celui qui a présidé à l'érection du tombeau inscrit sur l'épitaphe sa qualité à'Jieres, mot qui équivaut alors, je pense, à héritier testamentaire, même si on le trouve accolé aux qualificatifs de fils ou de femme (cf. p. 506). S'il prend ce titre sans indiquer avant posiiit la mention cû; testamento, on peut cependant continuer à croire qu'il a veillé aux funérailles et à la construction du tombeau suivant les prescriptions de celui dont il a hérité (cf. t. I, p. 125).

Il n'est pas très fréquent à Bordeaux de voir un monument élevé

du vivant môme de celui à qui il était destiné (ce que montre par exemple l'expression de vivus sibi) : c'est un usag-e plus courant dans les autres provinces. L'épitaphe est en tout cas mise après la mort, comme l'indique la mention de l'àg-e, gravée toujours en lettres contemporaines du reste de l'inscription.

La date de l'érection du monument n'apparaît, sous le haut empire, que sur l'inscription de 2.58 (n" 61) : elle devient courante à partir de Tan 300 (cf. t. I, p. 177). Nous ne trouvons un souhait qu'à la fin d'une mystérieuse épitaphe de confrérie (n° 84). Deux épitaphes seulement (n"^ 270 et 280) affectent une rédaction littéraire : toutes les autres présentent au plus haut point un caractère strictement formulaire. Les épitaphos métriques ou soigneusement rédigées sont infiniment plus fréquentes sous le bas empire.

iwnenchim curavit

passivi

'poni curavit

2)onerc ciiramt

^osnit

2)assim

jposuit curavit

curavit 110,

monument uni ciiracei

'unt

201; cf. 157

faciendmn curavit

Jecit

fccif maccricm

procuravit donacit posîiit

ojficio P....

dovaverunf

locucum donavit

dederunt

dono dederunt

dono N....

ex dono J....

de suo dédit

de suoposuit

de suo jjonere curavit

de suo c(uraverunt) ?

de suofecit

deproprio

de sua pecunia curavit

propria pecunia curavit

propria pecunia f. c.

hères ex testamento faciendum c. 67 » » » p.c. 126, 283

hères ex testamento 286

ex testamento 72

ex pracceptofl 74

vivafecit

ipse sihi vivus et suisposuit

vivus sibi et suis

vivus sibi et conjugi

Jiliae etpatri et sibi vioa posuit 332 conjugi vivus posuit 51

de suo sibitfecit; cown. p. c. 44 testamento ponendtim curavit 53 ipse [sibi] 2}ara'rit 124

date de la mort indiquée 61, f 860, f 862, f 946

i-pic 150

deproprio (siWi) 291

sub ascia dcclicavit 46, 47, 52??

ascia sur les monuments passim exclamation à la fin o^, y

Exclamation au milieu 280

Enfin, pour terminer ce que nous avons à dire au sujet des formules, rappelons celle de sul ascia dedicare, si fréquente dans les régions les plus romanisées de la Gaule, par exemple à Lyon : nous n'en n'avons que deux exemples à Bordeaux, et sur les tombeaux de membres d'une même famille étrangère (t. I, p. 155). Ce n'est pas à dire que les Gaulois d'ici aient négligé le symbole de Yascia, si cher à leurs compatriotes. Loin de là! si le nom n'apparaît point sur les épitaphes, la chose, Yascia elle-même, a toujours été soigneusement gravée ou sculptée sur les monuments (d'ordinaire sur les faces latérales, moins souvent au-dessus ou au-dessous de l'inscription). Il semble même qu'aucun de nos tombeaux n'ait dû manquer de ce symbole éminemment religieux et funéraire ; et, si nous ne le trouvons pas indiqué sur les tablettes qui portent nos plus anciennes inscriptions ('), on peut supposer qu'il était figuré sur l'édifice que la tablette décorait : peutêtre même renfermait-il Yascia elle-même, en métal, car il n'est point rare de trouver de ces instruments à côté des tombeaux. Elle est, en effet, à Bordeaux et en Gaule, si inhérente au culte des défunts que les monuments les plus simples, ceux qui n'ont point d'épitaphe, qui n'ont pas même la dédicace aux Dieux Mânes, offrent cependant sur leur face antérieure la figure de Yascia, comme si elle était par excellence le symbole de la religion des morts (t. I, p. 414).

(l| De même, Allmeb, Ti-ion, p. 3 et 636, remarque i(U3 jusqu'à Néron les iiiscriplions do Lyon ne semblent pas avoir la formule 5«J nscia dedicare.

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