CROIX
864 Les chrétiens prirent de bonne lienre l'habitude de porter constam-
ment sur eux des croix en métal. Le martyr Procope, (jui a souffert sous Dioclétien, se fit faire par un orfèvre de Scythopolis une croix en métal précieux qu'il portait suspendue à son cou. Le même fait est rapporté pour le soldat chrétien Oreste, contemporain de Procope. (J'emprunte ces renseig-nements au Dictionnaire de Martignj, au mot croix). C'est une croix de ce g-enre qu'on a rencontrée dans un tombeau de Saint-Seurin.
Reproductioyi du dessin de Cirot de La Ville.
Descr. et hist.— Cirot dit dans sa Notice -. « Petite croix latine d'argent massif», trouvée dans un sarcopliage [notre n° 851, cf. p. 27], tenant aux doigts d'un squelette. « Elle a présenté à nos regards deux doubles rainures croisées, conduites dans le milieu des deux parties de la croix et terminées dans lo haut pur un P; en bas, et sur les côtés, par des lettres difficiles a déchiffrer... Cette croix était émaillée de couleurs diverses ». Dans son Histoire, Cirot reconnaît qu'elle était « marquée des lettres P au sommet, T au bas, N G à l'extrémité du croisillon gauche. » — « Cette croix », m'écrit (4 mars 1887) M. DupiN, sacristain de Saint-Seurin, « a été remise par M»!" Cirot de La Ville à feu M. de Soissons, prédécesseur de M. Gaussens, curé de Saint-Seurin, qui ignore luimême ce qu'elle a pu devenir, n'étant pas à Bordeaux a l'époiiue. »
Bibl. — Cirot de La Ville : 1" Notice, p. 85; 2» Bulletin monumental, t. VIII, p. 261 ; 3" Hisloir-, p. 155.
Au centre de la croix, et suivant les contours de l'objet, se trouve sans doute ce qu'on appelle la croix monogranimatique, forme de mono-
gramme ■¥ qu'on trouve au y« et au vi° siècle concurremment avec la 864 forme plus connue X (cf. Le Blant, Manuel, p. 11 et 12). Les lettres qui accostent cette croix semblent désigner moins le nom du propriétaire de l'objet que les noms du Christ. Peut-être pouvait-on lire XP['.r::ç] N['.]Iv[a], CJiristiis vincit, devise qui accompagne souvent la croix monogrammatique (Voyez le Dictionnaire de Martigny. au mot monogramme).
M. Cirot de La Ville rapproche la forme de cette croix de celle du sceau de Clovis P"", tel qu'on le voit, nous dit-il, au bas de l'acte de donation de Saint-Hilaire de Poitiers. Le point de comparaison est assez mal choisi. « Cet acte », disent en effet les éditeurs des Diplomafa (éd. Pardessus, Prolégomènes, p. 15), « fourmille de tant de marques de » fausseté... que nous croyons superflu de nous y arrêter ici ». Et pour ce qui est du sceau de Clovis, placé au bas de l'acte, les mêmes savants a-joutent : « On l'a muni d'un monogramme, mais si maladroitement » figuré, qu'il ne peut convenir à ce prince », et au tome I, page 61 : Monogramma nomine Chlodovei designando omrdno inej}t%m videtdcr. Quod, mm non majoris sit Jidei qiiam ipsîim diploina, aère incidendum 01071 curavi. M. Cirot de La Ville le reproduit à côté de la croix de Saint- Seurin et la vue de ce singulier monogramme confirme l'impression qu'il a produite sur de Brequigny, La Porte du Theil et Pardessus.