LAMPES
Dessin communiqué par Durand (collection du même). — Grandeur natui'elle." Lampe en terre cuite, brisée. — Trouvée, en 1876, rue Beaubadat, 28.
876 il- Braquehaye a présenté à la Société archéologique, dans la séance du 13 août 1875,
une « lampe chrétienne romaine », trouvée rue Bouquière, n° 47, et appartenant h M. Fernand Prévôt (Soc. arch., t. 11, p. xxii). Je ne l'ai pas vue, mais j'ai tout lieu de croire qu'elle ne renferme comme inscription que le monogramme classique X. .
7" mosaïque
Dans la mosaïque découyerte le 25 janvier 1877 dans le sol de la 877 rue Gouvion, près les u°^ 8-12, et conservée (?) aujourd'hui au Dépôt d'antiques de la rue du Colisée, on peut voir un certain nombre d'ornements présentant la forme de X ou de croix grecque -|-. L'une de ces croix avait 0,35 de diamètre. Il est probable qu'il ne faut voir là qu'un simple motif de décoration. Il n'est pas impossible cependant, comme l'a conjecturé M. Girault, que ce soit « le signe chrétien voulu, positi- » vement et intentionnellement précisé ». Voyez son article dans les actes de la Société archèologic[ne, tome V, p. 139, et, à la planche XVIII, la belle et fidèle restitution qu'il a donnée de cette mosaïque. Cette mosaïque ne semble pas d'une très bonne époque. Toutefois on ne saurait, je crois, la placer après le iv^ siècle.
On sait avec quel amour les chrétiens, dès l'origine, ont figuré sur les mosaïques de leurs demeures ou de leurs tombeaux les signes de leur foi : c'était comme une prise de possession de leur maison par le Christ, de la même manière qu'en gravant ces signes sur les objets à leur usage, ils semblaient en abandonner la propriété à leur Seigneur (cf. t. I, p. 580).
INSClt., T. U.
Quand j'ai entrepris les Lise i'i;pt ions romaines de Bordeaux,] -ai tenu 878 pis à accepter comme plan de ce travail, si parva licet componere magnis, celui qu'ont tracé, pour leur œuvi-e, les éditeurs du Corpus inscris tionum, semiticarum. Voici ce qu'on lit dans leur préface (p. VII) : « Quant à la nature des textes qu'il conviendrait d'admettre dans le » recueil, votre commission croit qu'il faudrait suivre la règle la plus » large, et donner place: 1" aux inscriptions proprement dites; 2° aux » pierres gravées; 3" aux monnaies, en reproduisant toutes les variétés » de légendes, mais non les variétés de types; 4" aux papyrus. Dans la » philologie grecque et latine, les recueils épigraphiques, les ouvrages » de numismatique, la publication des papyrus, sont distingués à bon » droit. Dans les études de paléographie sémitique, vu le nombre rela- » tivement restreint des monuments, tous les textes, de quelque nature » qu'ils soient, doivent être réunis et rapprochés. » De même, dans un recueil d'inscriptions municipales, qui ne renferme qu'une quantité trop limitée de documents, il importe de ne négliger aucun de ceux qui concernent la cité. C'est pour cela que nous avons cru plus qu'utile, nécessaire même, de joindre aux inscriptions proprement dites les légendes des monnaies frappées à Bordeaux, — légendes qui, d'ailleurs, sont des inscriptions, des textes épigraphiques, au même titre absolument que des marques de potiers ou des cachets d'oculistes.
Aussi bien, c'est toujours au détriment de la vraie science que l'on sépare l'étude des inscriptions de celle des médailles, les recueils de numismatique et ceux d'épigraphie. On se prive ainsi, de gaieté de cœur, d'une soui'ce incomparable de renseig-nements et de faits. Avons-nous eu à nous plaindre, si, dans le premier volume du Cor pis inscri'ptiommi latinarum, nous avons trouvé, à côté des inscriptions de la république, les légendes des plus vieilles monnaies romaines et italiennes?
878 (is. Nous plaindrons-nous si les éditeurs de ce Corims ajoutent jamais à leurs volumes d'inscriptions un complément nécessaire, le Corpus des légendes des monnaies consulaires et impériales? Et ne serions-nous pas aises d'avoir, à la suite des Inscriptions chrétiennes de la Gaule, un recueil des textes monétaires mérovingiens, la simple réimpression des catalogues de MM. d'Amécourt ou de Barthélémy?
On oublie trop volontiers que l'on trouve, dans ces dernières monnaies, une mine inépuisable de renseignements, — sur la géographie de la Gaule du VI'' au viii" siècle, car toute monnaie porte alors un nom de lieu et on a frappé monnaie dans huit cents endroits différents ('), — sur l'onomastique de la Gaule Franque, car les monnaies nous font connaître quinze cents noms d'hommes, germains, gaulois, romains ou grecs C^), — sur la morphologie et la phonétique, car ces noms sont employés à tous les cas possibles, et écrits de toutes les manières possibles (8), — sur l'archéologie, car ces légendes sont accompagnées de figures, de croix, de signes et de symboles (•*), — sur l'histoire religieuse, car certaines de ces monnaies sont frappées au nom d'églises ou de basihques, comme à Bordeaux (*), — sur l'histoire politique, car les destinées du monnayage royal suit les fluctuations de la politique extérieure (®) ; — sur la paléographie enfin, car les lettres des légendes changent peu à peu de forme et leurs modifications chronolog-iques correspondent à celles que subissent les lettres des inscriptions proprement dites ('').
Nous n'avons pas eu à parler de légendes de monnaies bordelaises avant la domination franque. Au temps de l'indépendance gauloise, en
(•) Adrien de Lonopérier, Ânmiai/e historique pour l'année 1S4I; P.-Gh. Robert, La Numismatique m^rotingienne considérée dans ses rapports atec la géographie, 1845; de Ponton d'Amécourt, Essai, premières pages; A. DE Barthélémy, ii'iîe des noms de lieu-x inscrits sur les monnaies m&ovingiennes, Paris, Aul>ry, IS'iD, iQ-S.
('I A. DE Barthélémy, Liste des noms d'hommes grarés sur les monnaies de l'époQue mh-oringienne, (Uni-; l,i Biiliothéque de l'École des Chartes de 1881 ; cf. Bourqlelot cl Le Blant clans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. XXVIII.
P) P'Arbois de Jubainville. Étude sur la déclinaison des noms propres chet les Francs, dans la Bihliothiqut de l'École des Chartes de 1870; du même, Delà déclinaison latine en Oaule à l'époque méroringienne, IS72, ParL-i-
(») Lele-svel, Numismatique du moyen fige, \" p., p. 2ii ul s.; Mvrtigny. Dictionnaire des Antiquités chrétiennes, éd. de 1877, passim; Fillon, Considérations histirriqties et artistiques sur les monnaies de France (1850, Foiilenay), p. 37; de Barthélémy, Numismatique moderne, p. IX ; Deloche, Revue num., 18 IS. p. tS.
(5) Ue Barthélémy, Liste des noms de lietix, p. 9 ; d'.Vmécourt, apud Lopes-Calle.n, l. I, p. 2ijl.
(8) Fillon, p. 19. Comparez, pour les in3cnplions,!iei. p. 37.
(7) Comparez aux planches de Le Blant et à son Manuel d'épigraphie (p. 41), les Alphabets des légendes méroYinsiennes donucis par Goxurouse dans ses ileux liYres (alphabets malheureusement non datés) et les planches graYées par Dardel dans la Rev^le numismatique.
effet, les Bituriges Vivisques étaient une peuplade petite, elle n'avait 878rts point sa monnaie à elle, pas plus qu'elle n'avait un nom qui lui lut propre (i).
Sous les Romains, Bordeaux ne posséda pas davantage un atelier monétaire. Même sous les règnes des empereurs gaulois, la ville ne fut dotée d'aucun avantage de ce genre, et pas une des pièces innombrables de Tétricus trouvées dans la Gironde ne porte le moindre signe révélant une origine bordelaise (2).
Le monnayage bordelais ne commence qu'avec la période mérovingienne, et encore assez tardivement dans cette période.
Presque toutes les monnaies bordelaises de cette époque sont des triens ou des tiers de sous d'or, dont le poids, d'après les pesées faites par M. de Ponton d'Amécourt sur les pièces de sa collection, varie de 1^''55 à l^^Oh (3). On sait que le triens est la monnaie la plus répandue à l'époque méroving-ieune.
Nous ne possédons que trois deniers d'argent méroA'ingiens : on sait du reste que les pièces de ce genre sont partout d'une très grande rareté.
Les monnaies mérovingiennes de Bordeaux n'offrent rien de particulièrement intéressant, sauf celles du monnayeur Betto qui portent avec ce nom l'indication de l'Eglise de Bordeaux, et celles qui furent frappées au nom de Saint-Etienne. Toutes sont signées d'un monnayeur au revers, et, au droit, présentent le nom de Bordeaux {Burdegala, Burdigala ou, moins souvent, Bordicala, Burdicala) toujours isolé et sans l'accompagnement du mot ùivitas. Les noms sont tantôt au cas sujet, Btirdegaïa ou Mîimmoïenus, tantôt au cas régime (sous forme de datif ou d'ablatif), Biirdegale ou Bettone. La mention de la ville est accompagnée, quoique rarement, de ^Y ow.Jiet. — Le type classique ù
(1) Les monnaies gauloises sont rares dans le déparlement. Celles qu'on a trouvées se ramènent à deux types: 1° les monnaies dites «à la croix », qu'on attribue aux Volqaes Tectosages (trouvailles de Bordeaux, de Blaye, de Saint-Sauveur, de Verteuil et de Soulac) (cf. de Saulct, Rn>. mim., 1867, p. 15; ROBEnr, Numismatique de la province de Languedoc, fasc. I; Jouannet, Acad., 1836, p. 139; Statist., I, p. 213); et l" les monnaies signées CONTOVTOS et ANNICOIOS, qu'on assignait aulrefois aux Santones et que beaucoup donnent aujourd'hui aux Pefrocom (trouvailles à Bordeaux du jardin des Sourds-Muets, cf. Jouannet, Acad., p. 9:!i. En tout cas, un voit par ces découvertes que les Bituriges Vivisques se servaient ilos monnaies des peuples voisins et n'avaient pas de monnayage propre. Je ne puis être d'accord, eu cllel, avec Robert et Taillebois (Recherches sur la numismatique de la Novempopulanie, suite, 188i. p. 19 ot 21), qui croient qu'un certain nombre de monnaies à la croix ont été frappées par les Bituriges Vivisqu"S.
(2) Voyez DE WiTTE, Recherches sur les empereurs qui ont régné dans les Gaules au m» siècle de l'ère chrétienne, Lyon, in-l", 1S68.
(3) Cf. les célèbres reclierclies de Guébard, Su Système monétaire des Francs soits les deus! premières races, dans la Revue numismatique de 1837, p. 43i.
70 INSCniPTIONS UOMAINKS DE B 0 UI) F, A U.\ .
878d.<. Bordeaux est: au droit, le buste ou la tête avec diadème; au revers, la croix, le plus souvent ancrée, avec ou sans dcg-rés. Les monnaies d'Auderammis présentent au droit un oiseau; le denier d'argent de Lhosus, quatre g-lobules ; Beréhodcs a parfois une Victoire ; la palme se rencontre chez lui et son contemporain Maurolenns ; au revers de la pièce de Stcfmim (cf. planche III, n" 1), qui par le style ne ressemble d'ailleurs à aucune de ses cong-énères, on trouve une croix latine sur un globule. Les têtes sont généralement à droite. Les croix sont parfois ornées de l'A et de \'w traditionnels.
Je suis trop inexpérimenté en numismatique pour me prononcer sur l'âge de ces monnaies. Toutefois, elles me semblent toutes trop barbares pour pouvoir être placées ailleurs que dans la dernière période du monnayage mérovingien. Je ne crois pas qu'une seule de celles que j'ai vues soit antérieure au vii^ siècle ; les plus soignées, celles de Siefunus, de Seggelemis et de Scnoaldxis, par exemple, peuvent être du premier quart du vii° siècle; Fillon rejette celle de Betto-Eclisie Burdeg. au milieu de ce même siècle. Les plus barbares, celles de Bcrelodcs, de Maiirolenus et surtout celles de Mummolenus, qui le sont terriblement, annoncent déjà, par la forme dos lettres, les monnaies carolingiennes; le type est absolument dénaturé: par exemple, le nez du buste forme un angle aigu •> contenant un globule, qui figure l'œil. Nous atteignons avec ces pièces le dernier terme de la barbarie, et nous ne saurions mieux les placer que pendant les derniers lustres du monnayage mérovingien en Aquitaine, à la fin du vii^ et, pour les plus grossières, au commencement du viii" siècle (voyez notre planche IIL où nous avons essayé de disposer nos pièces chronologiquement).
C'est au viii^ siècle que nous placions les deniers d'argent de Bordeaux (n" VII) : les pièces de ce genre marquent, comme on sait, la transition entre le monnayage mérovingien et carolingien.
Au milieu du viii^ siècle, avec l'arrivée des Carolingiens, c'est-à-dire à la date où nous arrêtons ce recueil, le monnayage s'interrompt à Bordeaux pour ne reprendre que sous Louis le Débonnaire ('). C'est au IX" siècle que l'on trouve ces pièces énigmatiques frappées à Bordeaux
(') >î<HLYDOVVICYSIMP | R' BVRDIGALA
Gahiel, CoUeclion E. Oariel (P.iris, 188B), p. 48, u» 69i; le même, l>s M.mnaies royaks tU France toux la race carolingienne (Paris, 18ii3-5), 1, p. ni, pi. XV, 39.
Jnscr. de Bordeaux Tome II.
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MONNAIES- MEROVINGIENNES
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LÉGENDES DES MOXiMAIES MjÉ RO VINGIEÎfNES. 71
au nom de l'empereur Lothaire ('), qui régna de 840 à 855. pièces dont l'existence est encore un problème historique. Pendant et après Lothaire (954-986) (2) et Louis V (986-7) (S) et la fin des Carolingiens, nous continuons sans interruption la suite de notre série municipale, g-râce aux monnaies féodales des Sanches et des Guillaumes (^).
Le premier écriA'ain, à ma connaissance, qui ait signalé des monnaies mérovingiennes de Bordeaux est Venuti , dans ses Dissertations, parues en 1754 (cf. plus loin, monnayeur n° VII). Ni Bouterouë, dans ses Recherches de 1666, ni Le Blanc, dans son Traité historique des monnaies (1692J, ne connaissent un seul triens de notre ville (*). Mais Venuti ne donnait qu'une seule pièce. Trois quarts de siècle après, le père de la numismatique médiévale, Lelewel, en ajoutait une seconde (p. 74, n" I). A Bordeaux, en 1836 et 1837, Jouannet, dont l'heureuse activité s'exerçait sur tous les domaines de l'antiquité, faisait connaître deux nouveaux monnayeurs (cf. n°' III et V). Cela ne faisait encore qu'un très petit lot de pièces publiées, lorsque, en 1839, Conbrouse, dans ses Monnaies
(M ^HLOTARIYSIMP | R.' ^BYRDICALA
Gariel, Collection, p. 93, n° 1316; Monnaies rot/aies, p. 322, pi. LIX, 13; Fii.lon, Considérations, pi. 11,5. — La moanai.e portant >î(CRATIA-DIREX et >Î<S-CIAND-TUM-NT et datant ilc Ciiarles le Chauve a elé attribuée à Saint-André de Bordeaux (cf. p. 33; Sancii Andrcatii monasterivm). Elle est en réalité de Saiut- Andoche de SauUeu, eomnie l'a prouvé de Lonspérieh, Rnue nui,i., 1SG8, p. 196. Ci. Cirot de La Ville, Hist. de Saint-Seurin, p. 137 ; Foogèhes et Comdrouse, Description des monnaies de la seconde race, 1837, iii-l«, p. 58 et n» 116, planches, U" 242; Gariel, Monnaies, pi. XXXIII, 2nS, et Collection, u" 1015.
P) lîlLEVTARIO
SLEF V]
Gariel, Collection, p. 91, n« 1291; Monnaies roi/ales, p. 314, pi. LVI, i; Caron, Monnaies féodales françaises (2* fase., 1883, Paris), p. 156.
(') *LODOICY2 I r' *BVRDEGALV
Gabiel, Collection, p. 93, n« 1308; Monnaies royales, p. 318, pi. LVIII, II.
(») BVRDEIAL ou BVDEIAL, voyez Pùey dAvakt, Monnaies féodales de France, i. II (IStiO), p. 71 9! s.; Cabo.x, p. 156 et s.
p) BouTEROUE, Recherches curieuses des monoj/es de France depuis le commencement de la monarchie (P.iris, 1666, ia-f"), p. 319, pL, n» 11 et p. 352, public le trieas suivant en lettres rétrogrades:
*GAYECIFICTI | ^ tîdIMYROLYSMONE
M. de Ponton d'Amécocri, dans son travail manuscrit, so demanda si ce n'est pas uu Maw olcnus do Bordeaux mal lu (cf. plus loin, n» VIII), et s'il ne faut pas corriger G.AVECIFICTI ou
FICTI»3&G.VVECI en BVRDl GALECI Cela nous paraît bien ingénieux, mais bien hypothétique, d'autant plus que Murolus ot Matirolenus me semblent davoir être regardés comme deus noms différents.
b) *BYRDEGAL ou bvrdega
72 INSCUIPTIOXS ROMAINES U li BORDEAUX.
878 11 s. nationales, fit enfin connaître tous les triens bordelais conservés au Cabinet royal des Médailles, et par ses descriptions et par sa planche (158 A), — planche qu'il devait reprendre, peu d'années après (1843\ dans sa série des Monétaires mérovingiens (planche 17), en y ajoutant un nouveau monuayeur, ce qui porta à treize le nombre des monnayeurs bordelais connus. Malgré les imperfections de sa planche (cf. plus loin, p. 88), et bien des inexactitudes de lecture (cf. n° VI'""), le travail de Conbrouse est le point de départ de toutes nos connaissances et de toutes nos études sur le monnayag-e bordelais à l'époque mérovingienne. Les listes de monnayeurs données par Cartier (la première dans la Revue en 1840, complétée en 1842, la seconde en 1856, dans les Tables de la Revue), par les auteurs du Décamcron et par Guillemot, et la première Hste de M. de Barthélémy (1851, Manuel Roret), n'ont fait que se conformer, à peu d'exceptions près (cf. n° VP"), aux travaux de Conbrouse. Quelques publications et quelques trouvailles isolées les ont augmentées les années suivantes et nous ont fait connaître des pièces nouvelles, mais non de nouveaux monnayeurs. En 1864, M. le vicomte de Ponton d'Amécourt, par la publication de son Essai, commence une ère nouvelle dans la numismatique mérovingienne de Bordeaux. Il n'ajoute aucun nom, sans doute, aux catalogues de Conbrouse et de Cartier; même, il les diminue de deux noms (n"' VI*''' et VI'*''), mal lus, certainement, par les premiers éditeurs (onze au lieu de treize), et il ébranle fortement, mais à tort, je crois, deux autres noms (plus loin, u°^ IX et XV). Mais, par ses recherches géographiques et philologiques, il a fait faire un nouveau pas à la numismatique mérovingienne de notre ville, et il va désormais l'enrichir, comme catalogue, par les acquisitions et les ressources de sa collection particuhère. C'est grâce à cette dernière que la liste des monnayeurs bordelais, réduite à onze par ses recherches, est portée à quinze par ses richesses. Il se propose de pubher la description complète de toutes les monnaies mérovingiennes de la Gaule. Il s'est empressé de mettre à notre disposition, dans son travail manuscrit, la partie relative à Bordeaux, et, pour nous faciliter cette recherche, il a fait copier cette partie par les soins de M. l'abbé Thiercelin. C'est cette copie que nous citons dans les pages qui vont suivre. Que M. de Ponton d'Amécourt et M. l'abbé Thiercelin reçoivent ici mes respectueux remerciements.
Parallèlement à AI. de Ponton d'Amécourt, M. Anatole de Barthé- 878 «u. lemy dessinait, copiait et cataloguait les monnaies méroviug-iennes. A l'aide de ces dessins et de ces copies, il dressait successivement la liste des noms de lieux (1865) et deux listes des noms de mounayeurs (la première dans le Mamiel Roret, la seconde, sensiblement plus complète, dans la BïbliotMciue de l'École des Chartes de 1881), et préparait un travail d'ensemble sur la numismatique mérovingienne. M. de Barthélémy, le savant le plus obligeant de France et de Navarre, a bien voulu me communiquer ses notes, si complètes et si précises, et on s'apercevra bientôt et souvent de ce que leur doit ce travail. C'est grâce à ces notes que nous avons pu ajouter à notre liste un seizième monnayeur (n° XVI).
Que notre cher ami et collègue. M. Emile Lalanne, veuille bien me permettre de le remercier également et d'ajouter, quoique sa modestie proteste, que je dois ces remerciements non pas seulement à l'obligeance de l'ami, mais aussi à la science du maître. Grâce à lui, nous pouvons porter à dix-huit le nombre de nos monnayeurs (cf. n"^ XII et XVIII).
Des pièces sorties des ateliers de ces dix-huit monnayeurs et par conséquent marquées au nom de Bordeaux, près ou plus de cent ont été conservées : quarante-cinq se trouvent au Cabinet des Médailles; une quinzaine chez M. de Ponton d'Amécourt, cinq seulement à Bordeaux, trois chez M. Péry, deux chez M. Lalanne; les autres sont disséminées dans des collections publiques ou privées de moindre importance ou de moindre intérêt pour nous.
J'ai le regret d'ajouter que la Ville de Bordeaux ne possède aucune de ces pièces. J'ai presque honte de dire que cette ville, — qui a une série monétaire de dix siècles, qui est la métropole de cette Aquitaine dont le monnayage a duré seize siècles, qui renferme des numismates de première valeur, — n'a pas de cabinet de médailles. Marseille en possède un qui est tout à fait remarquable ; Lyon a imité Marseille. Bien d'autres villes inférieures à la glorieuse cité de Bordeaux ont le leur. Qu'attend Bordeaux? Nous allons avoir un musée d'antiques : ce musée ne va pas sans un cabinet des médailles. Une collection épigraphique est vaine et incomplète sans une collection numismatique, — comme ce recueil d'inscriptions eût été fautif et incomplet sans le catalogue des légendes des monnaies mérovingiennes.
INSCH,, T. H. 10
878 cts. Nous avons classé les monnaies de la même manière que les marques de potiers
(cf. t. I, p. 452 et p. 494 et s.) : sous le nom du monnayeur, nous avons groupé toutes les
monnaies signées de lui; nous disting-uons par un tremblé ( ) toutes les variétés
orthojjfraphiques des légendes, auxquelles nous donnons un numéro distinct (en marge) dans la série de nos inscriptions; les chiffres romains gras, I, II, etc., indiquent le nombre d'exemplaires connus des monnaies d'un même monnayeur, que ces exemplaires portent ou nou la même légende. Faute de renseignements précis ou complets sur l'histoire des pièces des collections privées ou publiques, nous avons dû commettre, sans aucun doute, une certaine quantité d'erreurs sur le nombre et les destinées de ces exemplaires. Tous ceux qui s'occupent de numismatique savent combien de telles erreurs sont inévitables, et d'ailleurs de peu d'importance pour l'établissement de ce catalogue. Très peu de pièces sont à fleur de coin. Nous n'avons indiqué les lettres rongées en cassant les caractères typographiques que lorsqu'il pouvait y avoir quelque doute sur la lecture.