‹ Inscriptions romaines de BordeauxChapitre 23 sur 156 · IX-X · texte numérisé non relu

IX-X

Betto et l'Église de Bordeaux.

Un petit nombre de pièces de Betto, dont le type ne diffère point d'ailleurs des précédentes, sont marquées au nom de l'Église de Bordeaux, Eclisia Burdegàlensis. On connaît un assez bon nombre de pièces mérovingiennes qui portent de semblables légendes : andecavi ECLEsiE à Angers, seno racio eclisi à Sens, racio aeclesiae et aeclis LEMo à Limoges, d'autres analogues à Poitiers, à Eouen (cf. de Barthélémy, No^ns de lieux, p. 9, et d'Amécourt a;pud Callen-Lopes, I, p. 261).

Comme, dans tous ces cas, le nom qui suit le moi ecclesia est toujours celui d'une ville chef-lieu de civitas ou de diocèse, on doit en conclure que sur les légendes des monnaies mérovingiennes, ecclesia a le sens d'église épiscopale ou de Cathédrale : c'est au nom de la Cathédrale que ces monnaies ont été frappées. Aussi bien, dans les écrivains de l'époque mérovingienne, ecclesia suivi du nom d'un chef-lieu de cité signifie toujours la Cathédrale : chez Grégoire de Tours, par exemple, jamais la Cathédrale d'une ville n'est mentionnée par son vocable ; il dira Ecclesia urUs Turonicae ou Ecclesia simplement, jamais la Cathédrale ou Saint-Maurice {H. Franc, 10, 31; cf. Longnon, p. 246); il ne connaît l'église épiscopale de Clermont que sous les noms de Ecclesia ou Ecclesia Arvernica (Longnon, p. 481), et, d'une manière presque absolue, toutes les fois qu'il nomme une église par son vocable, comme, à Bordeaux, Saint-Martin, Saint-Seurin ou Saint-Pierre (cf. ici p. 10, 19 et 39), on est sûr qu'il ne s'agit pas de la Cathédrale. Il semble qu'il en soit entièrement de même sur les légendes des monnaies, comme nous le verrons plus loin à propos de Saint-

INSCU., T. II,

INSCRIPTIOXS ROMAINKS DE BOKDKAUX.

902-903 Etienne de Bordeaux (n" XI). — Betto a donc été le monnayeur de notre Cathédrale.

IX BETTOtî«Mo

Buste diadème A gaiidie.

* ECLISIE BVRDEG

Croix a:icrée sur deux dogrés.

D'après Fillon, dont nous reproduisons ici le dessin (« coll. de M. l'abbé V. R. »; « déterré dans les Landes en compagnie de ceux d'Agea et de Périgueux »).

Bibl. — Fillon, Lettres à M. Ch. DugaU-Matifeu, p. 67, pi. III, n" 2. = De Ponton d'Amécourt, Essai, p. 66.

X EBV...,EGAL

Buste diadème à droite. Clievcu\ en calotte.

©BETTOMEM Croix ancrée.

D'après un moulage (Cabinet des Médailles) [cf. planche III, n" 6].

[?] VI. — Bodisileius.

De Barthélémy, Liste, p. 9.

Ce nom. qui est peut-être celui de Bodigisiliis mal orthographié, n'est connu que par deux pièces, qui ne sont peut-être pas de Bordeaux. M. de Barthélémy indique dans sa Liste le nom de la ville de ce monnayeur comme « non déchiffré ».

*BYR LA?

« Tête barbare i droite ».

b| BOAIWILEIV

o Croix mixte anci ée » .

D'après une copie de de Ponton d'Amégocrt (collection du même).

U. — CoNBROUSE, Monétaires, planche 16, no 20 et p. 5, indique comme de Bordeaux, 905

mais avec « ??? », la pièce suivante (alors du cabinet Rollin), trop peu nette et trop mal gravée pour que nous puissions en donner la légende autrement que sous toutes réserves :

*BYI OVD

[ou 0 ?] tn

[bvrdecyl?]

I^ BO. >ï<IOT'LEIV

Croix ancrée.

Que cette pièce soit ou non de Bordeaux, elle rappelle de très près la précédente.

VI'''^ — Caroliius. 905 bis

Cartier : 1» Retiie tle 1840, p. 222, n» 208 ; 2» Tables de 1836, p. 174, n- 280 el p. 21o-, — Décamérm, p. 41, n» 911; — Guillemot, p. 14, n''242; — d'Amécourt, Sssfl/, p. 66; — de Bahthéle.my: lu Manuel, ii" 211 el p. 35; t' liste, p. 9.

Le nom de ce monétaire, CaroUfus, à moitié barbare, à moitié romain, étonne au premier abord et fait vite supposer une mauvaise lecture. La première impression se trouve pleinement confirmée par l'histoire de la légende. Elle n'est connue que par l'intermédiaire de Cartier qui la publia ainsi dans sa première liste (1840) :

« Carolitu-Burdegala. SB.»

Eien de plus sur la pièce qui la portait. Oii était-elle? S B signifie, sans aucun doute, « cabinet de Sivard de Beaulieu », ce que montre d'ailleurs la manière dont les auteurs du Bécaméron ont publié à leur tour la légende, d'après Cartier :

« CaroKUi-Burdegala (cab. Sivard?) ».

Or, le cabinet Sivard de Beaulieu est devenu la propriété de M. de Ponton d'Amécourt : « Quand j'ai acquis », dit-il dans son Essai, « les » monnaies mérovingiennes que renfermait ce cabinet, j'ai retrouvé » toutes les pièces dont la description est suivie des lettres S. B. dans «l'ancien catalogue de M. Cartier; mais au lieu du Carolitus de Bor- » deaux, je n'ai trouvé qu'un Mcmrolinus. J'en conclus que cette pièce » avait été mal lue, et qu'il n'y a pas eu de monétaire du nom de Caro- » Htus à Bordeaux. »

905bis II jj'y j^ pag (jg doute qu'il ue faille supprimer défiuitivement le nom

de Carolitus de la liste des monétaires de Bordeaux.

905 1er VI'"'. — Lenotse.

Cabtier : !• Rerve de 1840, p. Î.31. n- 520; 2» TalUs, p. 17-4, n- iM e( p. 219; —D(cam(ron, p. 44, ii- 1261 ; — Guillemot, p. 14, u° 213 (Lenoste); — dAmécouht, Essai, p. 66; — de BARTaÉLEMV, Manuel, u° 242 elp. 3".

Ce nom extraordinaire doit être supprimé. Il est entré dans la liste des monuayeurs à la suite de Conbrouse, qui a publié deux fois, dans ses Monnaies nationales (I, III, i, p. 15, n° 193, pi. 158 A, n" 15) et dans ses Monétaires mérovingiens (pi. 18, n" 15) la légende suivante :

« *BVRDEGALA-LENOTSE Aw ».

Il suffit d'examiner les planches qui accompagnent les ouvrages de Conbrouse (n° 15), comme l'a remarqué M. de Ponton d'Amécourt dans son Essai, pourvoir que lenotse n'est autre que ^se^lexo, nom d'un monnayeur que nous allons retrouver (n» XIII). C'est la pièce du Cabinet des Médailles (notre planche III. n" 3) que Conbrouse avait sous les yeux.

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