‹ Inscriptions romaines de BordeauxChapitre 49 sur 156 · III. — BOURGES · texte numérisé non relu

III. — BOURGES

Le clief-lieu du pays est Bourg-, qui lui a donné son nom, et dont l'importance semble dater du temps où il fut fortifié, sans doute sous l'empereur Constantin. — Le mot de hwgns, on le sait, fut employé dans le langage officiel dès la fin du second siècle pour désigner une petite forteresse (cf. l'inscription de 185, Corpiis,lll, n" 3385; cf. Végèce, 4, 10 et Code Justinicn, 1, 27, 2).

Biirgiis (castruni).

Bourg a été fortifié, comme nous l'apprend Sidoine Apollinaire, par un préfot du prétoire des Gaules, Pontius Paulinus (sous Constantin?);

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lui de ses descendants, Pontius Leontms, grand ami de Sidoine, possé- 947 '■' «• dait dans le castmm une somptueuse villa, auq^uel le poète consacre une longue pièce :

Est locus, irrigua qua ru^e, Garumna rotate. Et tu, qui simili festinus in aequora lapsu Exis, curvata Durani muscose saburra,

Jam pigrescentes sensim confimditis amnes

Hos inte)\/îuvios, uni mage i)roximus undae, est Aethera mons rtcmpens, alta spectaUlis arce, Plus celsos liaMttiriis héros, vernamque senatum : Quem generisfrinceps Pmdimis Pontius oKm, Cum latiu,s patriae dominaMtur, ambiet altis Moenilus, et ceïsae transmittent aéra turres....

Sidoine, Carm»«a, 22, éd. Misne, P. 1., t. LVIU, col. 7i7 CSirmond). Cf. éd. Baret [Carmina, 19].

Au-dessus de la porte d'entrée des thermes de la villa des Pontii se trouvait, sur une pierre, une inscription portant le nom de ceux qui les avaient fondés :

Et ne posteritas dubitet quis conditor exstet, Fixus in introitu lapis est ; Mcnomina signât Auctorum....

Il va sans dire que cette précieuse inscription a disparu avec la villa des Pontii.

Il est étonnant, comme a pu le constater M. Drouyn, qui est un chercheur vaillant et heureux, que Bourg n'ait jamais livré le moindre débris d'antiquité {Gxoienne militaire, I, p. 67). Ce que remarquait déjà Vinet {Discours, 2^ éd., § 116), un autre chercheur: « Je n'ai pu » onques reconoistre en la ville de Bourg chose, qui me moustrast » g-rand aage » ; toutefois Vinet trouva aux Gogues, « qui est un lieu » dans les vignes de dessous Bourg, quelques restes de vieille muraille : » qui ne ressemblent pas mal de matière et façon a celés du vieil Bour- » deaus, et du palais Galiene ». Cela est à noter, car ces ruines seraient alors contemporaines de la construction de Bourg par le préfet du prétoire Pontius Paulinus.

Bourg ne réapparaît qu'à l'époque carolingienne. D'après les titres

«47stt. de documeuts aujourd'hui perdus, titres cités par Lopes (éd. Calleu, II, p. 483), Charlemagne aurait possédé à Bourg- qxiamdam celMmi constmctam in Jionore sancti Vincentii... sitam in Castro qi/od vocatur Btcrgus, et en aurait fait dou à l'archevêché de Bordeaux : Louis le Débonnaire aurait coutirmé cette donation.

Mai'ciacus (villa).

La villa de Marciacus, aujourd'hui ]Marsas dans le canton de Saint- Savin, est connue grâce à Grégoire de Tours, qui relate un miracle suscité dans le lieu par saint Martin :

In Biirdegalcnsi autem regionclioc anno gravis caballornm extitit mordus. Jpvd villom autem Marciacinsim, quae in hoc fermino continetur, suidita ditioniiiis Icati Martini, oratorium ili est ipsius et nomine et mrtutiiîiS consecmtum....

Gkégoibe de Toub?, De Virtutihis s. Martini Hier III, § 33, éd. Kruscii.

Au xiii" siècle, l'église de Marsas n'était plus dédiée à saint Martin, mais à saint Genès. — Cf. Longnon, p. 547.

Gaviriacus (villa).

La tilla Gaviriacus. aujourd'hui Gauriac, aurait été donnée par Hunald à Berarius, évêque du Mans, si l'on ^en croit le diplôme de 677 :

.... Lv/m de rilla p'aefatae Ecclcsiac vestrae, mmcv.pata Gaxiriaco, sita in territorio Burdegalense. noi.'s temporilus vitae nostrae icneficium ad usufructuari^im fecistis ; ideo p'o divino intuitu, etc.

Mabillok, Analecta retera, éd. in-f°, p. 274: Pakdf.ssus, t. II, p. 175.

Mais il est permis et même naturel de douter de l'authenticité de cette charte qui provient de ce tissu de faussetés qu'on appelle les Actus Episcoporum Cenomannis.

La seule inscription que nous fournisse ce pays \nent d'une localité dont les écrivains ou les documents anciens ne nous ont point donné le nom, Cubzac.

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