BUCH
Piceos, c'est-à-dire, sans doute, aux toits noirs et enfumés, par allusion 963-968 aux huttes misérables de la bourgade des Boii.
6. — Vers l'an 400, la Notitia GalUarum nous apprend que les Boïens formaient encore une des douze cités de la Novempopulanie :
In 'provincia Novem])opulana... civitas Boatnim.
'Notifia Galliarmn, 14, 7. — Nous donnons la leçon la plus rationnelle el qui est précisément celle des plus anciens mss., celui dit de Corbie (Bibl. nat., lat. 12097, vi» siècle), et celui de Cologne (ms. 212, VII» s.). Var. : Boasium (Bibl. nat.. 212.1, ix« s., et 4280 b, X' s.)- Boesium, Boasitim, Boacinm, Boliaiimn, etc. Plusieurs mss. portent l'addition suivante, qui paraît de date toute moderne: QUOD EST Boius. D 'autres ajoutent : qood est Boius in Burdiga.- LENSi, ce qui semble également moderne (Bibl. nat., 4280 S et 2123;. Ou trouve encore ; ID est Bon, et : ID est Burdesala. Cf. les notes des éditeurs : Guéhard, Essai sur le sysUme des divisions territoriales delà Gaule, p. 28; Seeck, Notitia dignitatum, p. 271; LoNGNON, Atlas de la ffaule, teate, p. 15 et 16.
Ce texte est le dernier qui mentionne la cité des Boïens. Il est à croire que son individualité disparut peu après, dans cette tourmente politique et religieuse du milieu du v siècle, qui priva de leur évêque la plupart des cités du Sud-Ouest (cf. p. 174).
Quand nous retrouvons le pays des Boïens, c'est au sni^ siècle, et il forme^ sous le nom de Bogeinm ou de Bogium (cf. p. 127, et les Comptes de l'Archevêché, passim), un des archiprêtrés du diocèse de Bordeaux : on voit que des deux noms sous lesquels le pays était connu, Boiates et Boii, c'est ce dernier qui a prévalu. Il est permis de croire que lorsque les cités ont été réorganisées dans le Sud-Ouest, on a considéré celle des Boïens comme trop petite pour conserver un évêque et un comte, et qu'on l'a réunie à celle de Bordeaux. Toutefois la vie politique et religieuse a dû conserver une certaine intensité dans l'antique cité des Boïens, puisqu'elle conserva son unité comme subdivision religieuse, et qu'elle devint le noyau d'une seigneurie importante, le captalat de Buch.
Cette cité ne devait pas être limitée à ce qui forma l'archiprêtré de Buch. Il ne paraît pas douteux, ainsi qu'il a été dit (p. 115), qu'elle renfermait en outre le pays de Born, réuni avec le pays de Buch au diocèse de Bordeaux, et destiné à former un archiprêtré distinct (p. 127). Toutefois, étant donné que ce pays conserva toujours ses limites propres et son nom {Bornenm, Bornum, Born), on peut sup-
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î)03-968 poser ceci au sujet de son histoire : à rorigine il formait le territoire d'une peuplade indépendante, dont le nom se trouve peut-être dans la liste des gcntes Aqv.iianicac donnée par Pline (les Bercorcates ["??] ('), 4, 108); dans l'org-anisation de la Gaule, cette gens a été attribuée à celle des Boiatcs, et les deux territoires sont devenus deux yagi de la même civitas; au v« siècle, ces deux fagi sont devenus deux archiprêtrcs de la cité de Bordeaux.
Nous n'avons pas à nous occuper ici de celui qui a constitué l'archiprêtré de Born, tout entier dans le département des Landes. L'autre, le pays de Bucb, est demeuré intégralement dans la Gironde. Pour en retrouver les limites, il faut, naturellement, se reporter au xiii® siècle et consulter la liste des plus anciennes paroisses de l'archiprêtré de Buch (cf. p. 127). Nous pourrons ainsi donner comme paroisses extrêmes de la cité des Boïens au nord, celles de Sanctus Severinus de Bogio (le Porge), et de Sanctus Amandus de Bogio (Saumos) (cf. p. 131), comme limite à l'est la Croix-de-Hins (cf. n° 943), comme dernière paroisse sur la Leyre, celle de Salles (Sanctus Petrus de Salles).
La cité des Boïens est peu favorisée au point de vue de l'archéologie. Deux localités seulement sont connues sous leur nom ancien, Boii ou La Teste, et Salomacum ou Salles {Itin. Ant., p. 218, éd. Pavthey et Piader), que nous retrouverons à propos des voies romaines. Citons encore, comme noms topographiques dans ce pays, la ri\ière que Ptolémée appelle Sigmatis, Sî-'ixzTt; (gén. ~<.-^^x-.'.z;\ — var. : S'.yva-rîeu, 1-;\].7."j, 1.'.-;[j.x'k:, E;'vu.2v:ç, 2, 7, éd. Millier; cf. Marcien d'Héraclée, Pénpie, 2, 20, éd. Mûller) et qui, sans aucun doute, est la Leyre; et le promontoire Ciirianum, Kîjp-.avjv, de Ptolémée (2, 7, 1) et de Marcien d'Héraclée {Périjilc, 2, 20), qui est peut-être le cap Ferret (^). — L'épig-raphie n'est pas plus heureuse dans le pays. Salles et presque toutes les bourgades de la région ont livré des poteries de l'ère galloromaine, et les iîimnU du pays ont été une mine assez riche pour nos collectionneurs. IMais je ne trouve de débris gravé qu'à Audenge. On
(') C'eàt riiypollicsa de pe Valcis, p. lii. acceptée par dAnvii.le. p. lôî. ('J Cr d'Anville, p. C06 ; — DESjMnDiNj, Oaule romaine. 1. 1, ;j. 149 1 1 2C1 ; il place le i.rli. rc do la Giioucle, p. 263.
ap Curien à l'embou-