‹ Inscriptions romaines de BordeauxChapitre 52 sur 156 · CI VIT A S B 01 OR UM · texte numérisé non relu

CI VIT A S B 01 OR UM

Six textes nous apprennent l'existence de cette cinitas. 963-968

1. — Jules César mentionne, parmi les peuplades de l'Aquitaine que Crassus combattit et soumit en 56, celle des Vocates :

Armis oisidiiusque acceptis Crassus iii fines Vocatium et Tarusatmin

profectus est Hac audita ])ugna maxima pars Aquitaniae sese Crasso

dedÂclit olsidesque ultro misit, quo in numéro fuerunt TarbeUi, Biger- Hones, Ptîanii, Vocates, Tarusates...

CÉSAR, Comm. de ieUo gallico, 3, 23 et 27.

Je n'hésite pas à reconnaître nos Boii dans ces Vocates : les formes intermédiaires Boiates et Bocates nous sont données par une inscription (notre n° 45) et par le texte suivant de Pline. Les lettres 1) et v alternent constamment, comme on sait ; quant à la présence du c entre les deux premières syllabes, il n'y a peut-être pas à s'en inquiéter, car le c a pu s'aspirer entre deux voyeUes. D'ailleurs nous verrons au moyen âge réapparaître la voyelle, disparue pendant des siècles, et l'on appellera Bogium le pays de Buch.

2. — Pline l'Ancien écrit au i^'^ siècle, en s'aidant d'un document qui paraît remonter aux premières années du règne d'Auguste (cf. p. 138):

Aguitanicae sunt.... Sediboviates.... Tarusates, Basalocates, etc.

Pline, Hist. «at., 4. 19 (33), 108.

Faut-il voir dans les Sediboviates nos Boii ou Boiafes^ C'est possible. Je préfère croire cependant que c'est dans un autre des noms de cette Uste qu'il faut les chercher, dans celui des Basabocates, qu'on peut décomposer en « Basâtes, Bocates » ; les Basâtes sont les Bazadais, les Bocates sont la cinitas Boiorinn (cf. p. 171). Aucun autre auteur des deux premiers siècles ne mentionne la cité

963-968 des Vocafes ou Bocatcs; quand elle réapparaît, au commencement du iii-, c'est sous le nom de Boiî ou Boiates (').

3. — Boii nous est donné par l'Itinéraire Antonin qui mentionne, comme dernière station sur la route d'Espagne en Aquitaine :

Boios — Burdigalam .• mpm XVI.

Itinéraire Antonin, p. -iSB, éd. Wesseling ; p. 218, éd. Parthet et Pi.NDEB. — 6 ms3. donnent Bosos, un seul Bolas.

II est évident qu'il faut regarder Boios comme l'accusatif de Boii et non pas, ainsi qu'on le fait constamment, comme un nominatif. Quelle que soit la correction à apporter au chiffre de la distance entre Boii et BurdigaJa (cf. plus loin, Voies romaines), il ressort de ce texte que les Boii étaient au sud -ouest de Bordeaux, et que ce nom servait à désigner aussi (cf. p. 193) le chef-lieu de ce peuple, chef-lieu qui semble bien avoir été sur l'emplacement de Saint- Vincent de La Testede-Buch, la vieille capitale du pays de Buch (cf. Baurein, t. III, p. 344).

4. — L'épitaphe d'un citis Boias (n°45), qui semble bien du m* siècle, montre que les Boii formaient officiellement une civitas, et l'eu peut supposer que ce fut dès l'organisation de la Gaule. Elle nous montre aussi qu'on employait concurremment les deux désinences Boii et Boiates, celle-là plus adaptée à un nom celtique, ceUe-ci générale à toutes les peuplades aquitaniques : il est vrai que nos Bo'iens semblent bien d'origine celtique, mais qu'ils faisaient partie de la Novempopulanie, province où l'élément gaulois était peu représenté. Les deux populations, dans cette cité, ont dû se mêler complètement, et le nom de la cité conserver la trace de ce mélange.

5. — Au IV* siècle, les Boïens sont cités par Paulin de Noie : il paraît qu'il s'agit non de la civitas, mais du chef-lieu :

Ail tibi me [?], dot)iine illustris, siscrïbere sit mens Qua regione halites, pïaceatreticere nitentem Burdigalam, et piceos malis descrïberc Boios.

P.vLLiN, Carmina. 10 [Epistolae, 3), Î3d.

(')ScALiGEB [Auson. lect.,i, 7) et de Valois (p. ÎCl) plaçaient les Boiates à Bayonne. Vinet, Comm. in Avs., s. 566 C, tout en étendant leur territoire jusqu'à oette ville, leur assigna le premier leur vraie place, que personne ne conteste plus aujourd'hui. M. Desjardins, I. II, p. 373, qui idenlilie les Vassei do Pline avec les Bazadais, croit que les Sediloriates el les Basabocates forment deux tribus des mémos Boiates, lesquels s'étaient primitivement étendus & Bazas (cf. p. 172, note \).

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