SEL
SVL.
Stilpicius
SVL.
Surnoms :
Atlienaisl ?
Gallus'l
Graecvius
Natalis
Primvs
Pîdlius
Sdnicus Sullal
LA PALÉOGKAPHIE. 455
Il est cependant assez rare de trouver à Bordeaux les tna nomina représentés également par leur initiale : c. p. G. (n" 68), m. s. d. (n° 275), p. I. s. (n° 45), ...p. c. (n" 167), l. p. at. (n» 166), ce qui arrive assez fréquemment dans d'autres parties de la Gaule, notamment chez les Voconces de la Narbonnaise (') : nos épitaphes ne sont pas, tant s'en faut, aussi laconiques.
Les noms des peuples s'abrègent quelquefois : bit. viv., vv., vb. (?), pour nos Bituriges Vivisques (n°' 1, 133 et 222), seq., Seguanus (n° 56), BEL., Bellomcus (n" 58), aq. et aqv., Aquensis (n°^ 46 et 47), lem., Lemovîcus (n° 49). — Les abrévations des noms de tribus, gal., Galena (n" 66, VOLT.), Voltinia (n° 72), sont connues.
La règle générale dans les abréviations de nos monuments, comme de tous ceux de l'épigraphie latine, est qu'elles ne se fassent jamais à la fin d'une syllabe; le mot est toujours coupé sur la consonne initiale d'une syllabe : n., def., defvnct., defunctus, c, civ., civis, etc. Si la syllabe commence par deux consonnes, le mot est coupé après la seconde : l'abréviation normale est defvnct. et non pas defvnc, PR. pour primus et non pas p., ann. et non pas an., mais cette dernière règle, au moins en ce qui concerne le dernier mot, semble n'avoir jamais été connue à Bordeaux, comme nous le verrons plus loin.
Il faut avouer que la loi subit à Bordeaux un nombre considérable d'exceptions : on sait d'ailleurs qu'elle n'était pas rigoureusement appliquée avant l'ère impériale, et qu'il n'est pas rare de trouver sous la république cvRA(verunt) ou ¥k.Giv(ndum).{^): on dirait souvent que les lapicides bordelais ont conservé les vieilles libertés d'allure des premiers graveurs romains.
Je ne parle pas seulement des noms gentilices arrêtés sur \'i de leur désinence, comme ammi. pour Ammius (n° 60) : on trouve assez fréquemment des exemples de ce fait dans les plus belles inscriptions de Rome. Mais il arrive constamment ici que le mot s'abrège soit sur la première consonne (an. se rencontre quatre-vingt-quinze fois, ann. vingt-huit fois
(•l Voyez HinscaFELD, Gallische Studien, I.
(2) Mais ce sont là, je le crois, des exceptions qui ne soûl fréquenles que sur les monnaies.
seulement), soit sur la voyelle finale de la syllabe. Voici la liste des mots qui rentrent dans ce dernier cas :
Ayso(runi)
■siA(nibus)
Aso(rnm)
yu(nucncs)
AQvfcnsis)
PASCV
BOjfCltS?)
vo(ncndum)
CRV. (•?•?)
vo(suit)
cvRAVE(runt)
vvii(mus)
CVRk(vit)
scxflpfo)')
cv (ravit)
iiE(cundimus)
ï)E(functiisJ 71,
\xLE(riusJ
îiEF\fnC/llS)
AKfnorum)
passim
DvxfnctnsJ
I)E¥\c(tUS)
vi(lius)
GALflîlS?)
G\iKY.(CUS)
UE^(siu/n)
uo(norem)
Qv(tinms)
ly(liv.s)
se-r(vusJ
Aussi, étant donné cette négligence des graveurs, les mots les plus usités de nos inscriptions se trouvent écrits de toutes les manières possibles et imaginables, quoique, après tout, les plus mauvaises ne soient pas les plus fréquentes : annorum donne a. (14 fois), an. (95 fois),
ANN. (28 fois), ANNO. OU ANO. (4 fois), ANNOR. OU ANOR. (10 fois), ANXORV.,
ANORM. et ANNORVM. Yojcz cucore les mots rJcfunctus et memoriae (Index cpigraphig^ïie, A'oms communs) (").
Cependant, dans toutes ces variétés, on respecte encore la règle fondamentale de l'abréviation classique, qui est de supprimer certaines lettres à la fia, jamais dans le corps du mot : annor. et non pas aorvm ou ANNRVM. Nous trouvous bien souvent une exception apparente à cette règle, dans l'abréviation df. pour defiindus : mais elle la confirme loin do la violer. Defwictus est regardé comme un mot composé de de et de funclKs, chacun de ces deux mots s'abrège par son initiale, suivant la règle : d et f; d f est en réalité un groupe de deux abréviations,
(') Je laisse de colé les sisles des marques de fob'-iqup, daua lesquelles les règles habiluelles de l'éplgrapliie ladue sonl constamineiil négligées : fe. pour fecit (n» 412), tous les noms propres sans cesse abrégés par leurs iuilialcs : cco (a» ^i90, elc).
et, ce qui le monti'e bien, c'est qne les deux lettres sout d'ordinaire séparées par un point, d.f. (cf. encore dfvcta, n° 284; d.d., dedicavit, n.°^ 6 et 28; et, n" 20, le mot de dic. coupé en deux) (^).
Toutefois un nombre, fort petit du reste, d'inscriptions bordelaises nous fournit un mode nouveau d'abréviation, que nous pourrions appeler alréviation syllahiq^ue : chaque syllabe est représentée dans le sigle par sa consonne initiale : cR.pour curavit (ri.° 110), mr. ou MRAEpourmemonae (u°^ 110, 292) et pour maritus (? n° 172), lb. pour Lihernis (? n° 71), vv. pour Viviscus (n" 222). Ces exemples sont les seuls que nous rencontrions avant l'an 300. Ils se présentent tous sur des inscriptions mal gravées et qui semblent de basse époque.
Ce fait devient plus fréquent à partir du iv^ siècle, et l'on sait que sur les inscriptions chrétiennes l'abréviation syllabique est la règle (cf. DOMNi, n° 862; ntri, n° 946); nous la retrouvons sur les légendes de nos monnaies mérovingiennes, mnt. pour monetarius (n"^ 906 et 907) ; on la remarque encore sur certains textes épigraphiques du xi" siècle, dni pour domini, kl. pour Mlendas, (p. 4 et 5), quoique alors le système des abréviations épigraphiques soit plus irrégulier que jamais.
Nous trouvons parfois, avant l'an 300, le mot abrégé surmonté d'une barre : ânw., pour annorwn (n" 134, assez bonne époque), mil., part., LÈG. (n° 43, iii^ siècle). C'est la règle sous les Mérovingiens, que la barre soit horizontale (svv, reg., nost., xpi, n" 862, et ïi., monetarius, sur les monnaies, t. II, p. 77 et s.), ou en forme d'accent : p c dômntri, ^ost consulaium domini nostri, et ^, numéro (n" 946).
Nous ne citerons que pour mémoire les litterae singulares des noms de valeurs monétaires, qui sont, ici comme ailleurs, barrées parle milieu plus ou moins complètement : hs pour sestertio (n° 30), -X pour denariis, ►H pour dupandiis (n" 8) ; cette dernière abréviation n'est connue que par notre exemple bordelais.
Enfin, les exemples de lettres redoublées pour signifier le pluriel ou plutôt le duel sont extrêmement rares ici (dd dd, dono dedenmt avec deux sujets, n° 89).
(•) Voyez les excellentes remarques faites à ce sujet par Mowat, Bulletin fpigrapliique, l. IV, p. 131.
iNScn., T. II. 58
La disposition des lettres et des points.
Un des traits les plus saillants de l'épigraphie latine est la recherche de la symétrie dans la disposition des mots : l'inscription doit présenter un ensemble régulier et méthodique. A Bordeaux, ce souci paraît avoir été moins intense : il arrive souvent que nos lapicides, imitant en cela les graveurs des inscriptions grecques, ne tiennent aucun compte, en disposant les mots, de la longueur des lignes et de la dimension de la pierre. Toutefois l'aspect harmonieux des inscriptions latines se trouve conservé ici sur quelques épitaphes et sur la plupart de nos dédicaces : voyez surtout celle des fontaines (n" 30 a), qui est le plus beau spécimen de disposition ordonnée que nous trouvions ici. Mais, ce qui montre bien que nos graveurs n'avaient pas à beaucoup près la sûreté de coup d'œil des artistes de Rome, c'est qu'ils ne peuvent d'ordinaire arriver à finir une ligme exactement par un mot, si ce n'est au prix de nombreux artifices : soit en diminuant progressivement la largeur ou l'intervalle des lettres (cf. 11°'' 4 et 1), soit surtout en multipiïant les lettres liées (cf. ici, p. 437, et nos n°' 1, 10, 19, etc.). C'est cette espèce de défaillance dans le sens de la perspective épigraphique qui explique le plus souvent la fréquence des monogrammes. Dans l'épitaphe d'Andelipa (n° 126), les mots sont fort bien disposes suivant les règles de la symétrie ; mais il a fallu un nombre infini de ligatures plus étranges les unes que les autres : le graveur a montré plus d'ingéniosité que d'art.
Dans la plupart des cas les lignes finissent sans aucun souci des mots ni des lettres. Il semble qu'en [temps ordinaire, quand les lapicides devaient couper un mot à la fin d'une ligne, ils le faisaient, — comme nous, — en se conformant à la prononciation : sajcr. (n" 11), posv[it (n° 20), etc. (^). Mais cette habitude a été complètement négligée ici, surtout sur les épitaphes, et l'on trouve toutes les coupes possibles : secv|ndna (11° 70), po|mp. (n" 64), majrci (n" 149), clavdia|e (n" 99); les nombres mêmes sont coupés : xxjvii (n" 300). Ce qui est plus étonnant
('; Cf. MuMMSEN, Stadireclite von Suliieiisa uni Mulaca, p. 'm.
LA PALEOGRAPHIE.
encore, c'est que la fin du mot est parfois rejetée non pas au commencement, mais à la fin de la ligne suivante :