‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 115 sur 263 · D M ET MEMORIA · texte numérisé non relu

D M ET MEMORIA

DEFVNCTwvS A N II

D’après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 153). Var. — MEMORIAE chez CaILA et SANsAs; GYLMENVS chez CaiLA; GYLLENI chez JouANNET (Znscriplions), GVLMENI chez le mème (Acad.).

L'I de la 3e ligne est terminé en forme de flamme (cf. n°8 97 et 142).

Descr. — Assez bonnes lettres, de 0,03, 0,02 et 0,015. — La troisième ligne est complète : mais le mot était coupé en deux par quelque ornement en fer.

Monument en pierre, à fronton et acrotères, haut de 0,46 et large de 0,30.

Hist. — Provenance inconnue. — CaiLA et d’après lui JOUANNET (Acad.) ont prétendu que le monument avait été trouvé en 1756 dans les fondements de l’Intendance : mais ni BOURIGNON ni DEVIENNE ne l’ont connu. Dans son ms., Jouannet le donne parmi ceux dont la date de la découverte est incertaine. — Depuis le commencement du siecle il se trouve au Dépôt J.-J. Bel, où il a le n° 153.

Bibl. — CaicAa, Explication [ms.], n° 34. — JOUANNET : 1° Acad., 1829, pl. [II], no 13; 2° Inscriptions [ms.], n° 94. = Saxsas, Notice, p. 32 (Congrès, p. 49). — RENIER, fiches ms.

D{iis) M{anibus) et memoria{e) Cylleni(i) : defunctus an/norm) ti.

Cyllenius (ou Cyllenus) rappelle le nom de la montagne d'Arcadie, Kourrém, où Mercure fut élevé.

D M D4F 4V DAGOBIVS COMARTI

OI X AVRELVS A'/RIKNP.

ANORV MXXXIII ANORM Ma LiVS II

D'après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 28).

Var. — CAILA: JOUANNET accepte SANSAS : ALLMER : D M la lecture de CaAILA; D. M. D'AGOBIV DA CORT les fiches de LÉON DACOBIVS COMARII COMART RENIER ne reprodui- COMARTI 0';/X

sent que le texte de : AVRELVS

AVRELIVS JOUANNET. AVRELVS MaRINVS Da ss D. ANOR V ANNORV ANNORV M.XXXIII M.XXXIII. M.XXXIII ANORM FILIVSIIT

A la septième ligne on peut, à la rigueur, lire 1 au lieu de P, quoique la boucle que nous avons indiquée ne nous paraisse pas adventice.

PÉRÉGRINS. 337

Descr. — Lettres mal gravées, fortement abimées, mais paraissant d'époque assez ancienne, — Hauteur : 0,03 et 0,015.

Autel quadrangulaire, avec base, couronnement, cavité circulaire et volutes. — Largeur du dé : 0,19; hauteur du monument : 0,56.

La lre ligne est sur le bandeau de l'entablement; la seconde, — qui m'a été signalée par mon collègue PARIS, — est gravée au-dessous, sur la moulure qui joint l’entablement au dé de l’autel. ALLMER regarde les traits gravés sur cette moulure, non pas comme des lettres, mais comme des feuillages. — Le reste de l'épitaphe occupe le dé de l'autel.

Hist. — « Cet autel », dit CAILA, « a été trouvé en 1812 en creusant les fondemens de la maison n° 4 de la rue neuve du Temple, dans la direction du mur de la première enceinte ». C’est aujourd'hui le n° 8 de la rue du Temple. — Dépôt Bel, n° 28.

Bibl. — Caila, Explication [ms.], n° 10. — JouanNET : 1° Acad., 1829, pl. {III}, n° 44; 2° Inscr. [ms.], n° 92. — D'après lui, REXIER, fiches ms. — Sansas, Nolice, p. 32 (Congrès, p. 490). — ALLMER, Revue épigraphique, n° 443, t. I, p. 401.

D{iis)M{anibus). D{e)fu{ncti) Dagobius (et) Comartiolriix (??). Aurelus Aurikn(us) p(osuit). An(njJorum œxxiti; [fljilius an(njor{u)m iii.

D'après mon interprétation, que je ne risque d'ailleurs que comme hypothétique, le monument a été élevé par Aurelus Auriknus (Aurelus fils d'Aurus) à Dagobius, mort à 33 ans, et à Comartiorix, fils de Dagobius, mort à 4 ans. Le lapicide a interverti les mots qu on lui a donnés à graver, ce qui est fréquent sur nos épitaphes. Il fallait écrire: D. Y. Dagobius, def. annorum xzriti; Comartiorir, filius, def. annoruim vivi. Aurelus Aurikn. p.

M. Allmer propose à la cinquième ligne o(baiti) [an(norum)] x, ce qui n'est pas impossible.

Dagobius rappelle Daccus, Dacomarus ou Dagomarus, Dacoma, Dacoimnus, Dagodubnus (Schuermans, 1828-1844), Dagovassus (Brambach, 692). Le thème -bius rappelle le vieil irlandais btx, analogue au grec flos, « vie ». Quant à Comartiorix (peut-être Comartus),je suppose qu il est formé à l’aide du nom Hartus ou Martius et de la particule séparable co- (ou con- ou com-) que nous retrouvons, ici, dans Comagus (n° 2314), ailleurs, dans Concrtus, Comatumarus, etc. (cf. Zeuss, p. 866). — Aurihknus est, de tous les noms gravés sur les monuments de Bordeaux, celui qui a le plus conservé une apparence celtique; -knus est la transcription fidèle du gaulois KNODC (cf. ici p. 29), « fils de ».

ANDECAMVLOS TOVTISSICNOS IEVRV

« Andecamulus, Toutissi filius, fecit », dit l'inscription celtique de Nevers

338 INSCRIPTIONS RBOMAINES DE RORDEAUX.

(Dictionnaire archéologique de la Gaule, Inscript. gaul., n° 9). Les inscriptions romaines de la Gaule donnent généralement, au lieu de -knus, -ghatus où -cnalus, -genus ou -cenus (cf. MATVCIINOS sur les monnaics). Auriknus semble venir d'un simple Aurus (cf. Aura, Corpus, V, 5963). — Aurelus est sans doute un dérivé du même mot.

D'après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 50).

Var. — A la3ligne, DIRATA chez RENIER; DIRATI(us) chez le général CREULY (Reo. celt., III, p. 166; Dict. arch., 1, p. 209 : carnet XVI, p. 27).

Descr. — Lettres de 0,025 et 0,015. très élégantes et tres bien gravées.

Monument en pierre: l'inscription est sur la corniche d’une niche circulaire; au-dessous, les bustes de deux petits enfants, à gauche, celui d’un garcon, à droite, celui d’une fille, tenant un fruit et un oiseau. Le travail est d’une bonne facture. La dédicace D. M. était sur des acrotères. — Largeur : 0,40; hauteur : 0,50.

Hist. — Provenance inconnue. — SANsAs parle le premier de l'inscription, mais sans en savoir l’origine. Elle a donc pu êtretransportée au Musée de 1815 à 1850, sous la direction de RABANIS. — Dépôt Bel, n° 38.

Bibl. — Sansas, Notice, p. 33 (Congrés, p. 491). — RENIER, fiches ms.

[D(iis)] M{anibus)...... dinus ou ...sinus, Diorata, anni) i, [fillii. Dirat(us), p(ater), p(osuit).

Le nom de chaque enfant est gravé au-dessus du buste qui le représente, sur la première ligne de l'épitaphe. Entre les deux noms, le mot AN(ñi) : sous Ce mot, à la seconde ligne, l'âge des défunts, morts sans doute ensemble à un an: I. Des deux côtés de ce chiffre, le nom du père, et la formule dédicatoire :

sos. SIN US : an. Diorata :

Jfilir. Dirat. [. P.P.:

C'est du moins ce que je suppose, étant donné le caractère symétrique du monument, la similitude d'âge des enfants, l'absence de chiffre après le mot AN., la place et la hauteur de l'T de la seconde ligne.

Diratus est sans doute dérivé de Dirus, qui doit être le même nom

que Doires de l'inscription celtique de Dijon. Il est probable également que Dirus ou Doiros appartiennent à la même famille que Sÿrona (cf. n° 19), qu'on écrivait aussi Deirona (sur le son représenté tantôt par p et tantôt par s, cf. p. 278).

>» D 4 M y Av | Æ SILVIVS DIVIXTO

D'après l'original (Dépôt J.-J, Bel, n° 67).

Var.— *D6M% chez JOUANNET; D. M. chez SANSAS.

Descr. — Lettres médiocres, de 0,025 et 0,035.

L'inscription est gravée sur le couronnement d’un monument quadrangulaire en pierre surmonté d’un fronton, et renfermant le portrait en pied du défunt. Il ne reste aujourd’hui que le buste. — Lurgeur : 0,60.

Hist. — Trouvé, dit JOUANNET, en 1840 (il dit 1843 dans son ms.), dans les fouilles faites sur l'emplacement du fort du Hà pour la construction du Palais de Justice. — Dépôt J.-J. Bel, n° 67.

Bibl. — JOUANNET : 19 Académie, 1840, p. 307; 2° Inscriptions [ms.], n° 140. — SansAs, Notice, p. 33 (Congrès, p. 491). — RENIER, fiches ms.

Diiis) M{anibus). Silvius Divixto.

D DRAVCO CORNICI FIL POS:

Copie manuscrite de DUM DEVIENNE.

Var. — Les Eclaircissemens donnent le mème texte, avec points en plus. — POSVIT dans le ms. D, qu'acceptent (sans connaître du reste ce ms.) JOUANNET et SANSAS. — 118 complètent la formule D. M.

Hist. — Trouvée en 1756 dans les fondements de l’Intendance.

Bibl. — {Dom DEVIENNE] : 19 Znscriplions [ms.], n° 25; 2 Eclaircissemens, p. 57. — Arch. départ., ms. D, n° 25 (14). — D’après les Eclairc., JOUANNET : 1° Acad., 1829, pl. [III], n° 37; 2° Inscr. [ms.], n° 27. — D'après Jouannet: Sansas, Notice, p. 34 (Congrès, p. 492); RENIER, fiches ms.

D(iis) [M{anibus)]. Drauco, Cornici fil{io). Pos(uit)..... Le nom de Draucus, sans doute d'origine celtique, est connu par des marques de potier.

D'après l'original (Dépôt du Colisée).

Var. — II. D. X chez JOUANNET. — SANSAS ne donne que le nom propre.

Descr. — Lettres d'une excellente époque, hautes de 0,04 et de 0,09.

L'inscription paraît occuper le devant d’un couvercle de sarcophage en pierre bâtarde. Au-dessus, un dessin formé de fleurons. — Largeur du fragment : 0,35.

Hist. — Trouvé en 1810, dit JOUANNET. sur l'emplacement du Palais de Justice. — Déposé dans la cour de l'hôtel J.-J. Bel (n° 272, dit SansASs); depuis 1883 au Dépôt du Colisée.

Bibl. — JOUANNET : 1° Acad., 1810, p. 303; 20 Inscriptions [ms.], n° 126. — Saxsas, Notice, p. 34 (Congrès, p. 492). — RENIER, fiches ms.

[D/iis)] M{anibus) Dubitae, m{ensis) 1, diiei) à. Dubita me parait celtique, et peut-être formé du même radical que

Dubius (Corpus, TI, 4137), Dubna (pour Dubina?, id., 5265 et 5368), Dubnorix(Duchalais, n°350-353) (cf. Glück, Æeltische Namen, p.68 ets.).

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