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Hist. — Trouvé, nous dit JOUANNET, en octobre 1831, rue Neuve-de-l’Intendance, maison Faget (c'était le n° 8; aujourd’hui rue Guillaume-Brochon, n° 7). Donné par FAGET à la Ville et conservé au Dépôt J.-J. Be], sous le n° 125.
Bibl. — JouANNET: 1° Académie, 1832, pl. I, n° 15; cf. p. 130; 2° Znscriptions [ms.|, n° 81 bis. — [LAcour], dessin ms. conservé parmi les papiers de Jouannet. — Saxsas, Notice, p. 41 (Congrès, p. 499). — DE CAUMONT: 1° Bull. mon., XXVII, p. 199 (dessin de DROUYN à la p. 200) et p. 534 (croquis de THIOLLET); 2° Abécédaire, éd. de 1870, p. 472 (dessin de DROUYN à la p. 473). — RENIER, fiches ms.
D{iis) M{(anibus)......... : Laetus, pat(er).
MEMORIA:LA| GVAVDISILVI
NID-F-A-N-LXXx
G, à la 3° ligne, est à peine distinct de C.
Var. — D. M omis par JOUANNET et SANSAS. — LAGVAVD chez JouANNET, LACVLVD chez SANSAS. — IX au lieu de LXX chez les deux, LX chez ROBERT.
Descr. — Lettres de 0,06, 0,04 et 0,03, mal gravées, de forme bizarre et barbare, mais non pas de basse époque. — C'est de nos jours qu’on les a peintes au minium.
Monument en pierre avec fronton et acrotères. — Hauteur : 0,62; largeur : 0,50.
Hist. — Trouvé, d'après JouANNET, en octobre 1831, maison Faget, rue Neuve-del'Intendance (n° 8; rue Guillaume-Brochon, n° 7). Donné par FAGET. Dépôt Bel, n° 117.
Bibl. — JouAnNNeET : 1° Acadèmie, 1832, pl. I, n° 11, et p. 129; 2° Znscriptions |[ms.], n° 151. — SANSAS, Notice, p. 40 (Congrès, p. 498). — RENIER, fiches ms.: 1° d’après sa copie; 2 d'après la copie de ROBERT.
D{iis) M{anibus). Memoria Laguaudi, Silvinr (filii), d(e)f{uncti) an(norum) lxx.(.......) p(onendum) c(uravit).
La place a été laissée pour les noms de l'auteur du monument : mais on ne les a point gravés.
Le nom de Zaguaudus rappelle, par sa terminaison, ceux de bagauda, de alauda, de Sapaudus, de ÆRlcaudus ( fons Bleaudi, Fontainebleau) (cf. Zeuss, p. 700), par son radical, celui de Zagisse (cf. ici p. 214).
270 AEIWANAAOYKIAAHCAIAYMA TOKOYENOAAEKEITEHCMEMEPICTO BPEDHZ (AONTIATPIOATEPON ATTH
Copies d'APIANUS, de VINET et de SCALIGER.
Var. — Nous empruntons à APIANUS sa division en lignes, à VINET et à SCALIGER
PÉRÉGRINS. 399 leur texte. — VINET et SCALIGER écrivent l'inscription sur deux lignes, suivant la division en vers. — Voici le texte donné par APIANUS :
AETYANA AOKIAAHE AIAYMA
TO KOYEN OGAAE KEI TEHC MEMEHC BPEDH =ZAONTA TATPIOATEPON
AYTH
GRUTER donne le texte d’après VINET, mais en ajoutant en note « MEMEPICTAI, Scal.» Les éditeurs du Corpus interprètent ainsi cette note : « In lapide esse MEMEPISTAI notatur a Scaligero in annotatt. ad Gruter. » Mais £caliger ayant toujours imprimé peuéciovo, il est probable que la note de Gruter se rapporte à une correction ou à une conjecture, mais non pas à une lecture de Scaliger. FLEETWOOD propose après Scaliger, et le Corpus, KAIBEL et SCHENKL acceptent MEMEPICTAI,
Hist. — « Burdugalae in Basilica beati Andreae », dit APIANUS, d’après son correspondant, en 1534. — VinET donna en 1564 « ce ioli distique Gregeois, que j'ay autrefois leu en une pierre de marbre gris : qui est couchée au milieu de la nef de l’eglise de Saint André. C'est ung epitaphe d'une dame nommée LVCILLE » (Discours, première édition). — C’est vers 1545 que Vinet prit copie de l'inscription. Il écrit en 1580 qu'elle était alors illisible : Esto epitaphium, quod ab hinc annos triginla quinque, quum adhuc satis facile legi posset, ex suo Pyrenaico marmore excerpsimus. Quod saxum ex eo loco, chi sepulla fuerat matrona, in mediam inferiorem acdem À postoli Andreae tr'anslatum, et ab ijs, qui parum sciebant, quid cultus el reccrenhae debeatur antiquilati, illic substralum, vbi sexcentis quotidie pedibus, quorum magna pars etiam ferrata sit, conculcatur, ita sensim exesum fuit, ot paucas tantum litterulas ibi possem agnoscere, quum haec scriberem. — Ni SiNCERUS en 1612, ni Lores en 1668, qui ont pu voir la pierre, n'ont rien pu lire de l'inscription : Nos vidimus quidem marmor, dit Sincerus, sed sic nunc extritum, ul ne minimum ovestigium ullius inscriptionis apparceat. «On n'y peut rien distinguer, non plus que sur deux autres tombeaux de marbre, qui ne sont pas esloignés du premier», dit Lopes. — Dans une note ms. jointe à son exemplaire de Sincerus (Arch. mun.), BERNADAU prétend que la pierre est «au milieu de la nef de Saint-André près de Ja chaire ».— Le pavé de la cathédrale étant recouvert de planches clouées au sol, je n'ai pu reconnaître le tombeau de Lucilla.
Bibl. — D'après les notes quas à secretis Electoris Comitis Palatini Ludouici[Husenr- THOMAS LEODIUS?] nobis nusil, APIANUS, P. CCCCLXXXIX. = VINET : 1° Discours, 1r° édition, feuille E, f° «7 v° (cf. la réimpression de [1718], p. 424, où, faute de caractères grecs, on n'a pu la transcrire; cf. aussi l'analyse faite par un anonyme, Bibliothèque de la Ville, ms. 733, f° 23); 29 Discours, 22 édition (réimprimée en 1860), $ 73 (inde, SÉGUIER, ms. de Nimes 13803, f° 317); 3° Commentarit in Ausonium, édition de 1580, 1590 et 1604, 8. 210 I (snde, SÉGUIER, ms. de Nîmes 13814, f0 24 r°), — ScaLiGER, Lectiones, I, XV, édition de 1574, p. 47; de 1588, p. 47; de 1590, p. 13; réimpression de ToLLIts dans son éd. d'Ausone, p. 137; réimpression de VALpy (1823), t. III, p. 958.
Les autres éditeurs ont pris le texte de Vinet ou de Scaliger : JuSTE-LIPSE, Auctarium, p. 59 (ende, DE LAMONTAIGNE, notes ms.). — GRUTER (ex Vineto), p. DCCCII, n° 1 (cf. supra, aux var.). — SINCERUS, Appendix, p. 40 (éd. de 1616), p. 392 (éd. de 1627), p. 279 (éd. de 1649). — BoLponi, Epigraphica, p. 414. — PH. DE LA Marre, Vilae Guijoniorum, f9 Ô uy v°. — Lopes, L'Eglise metropolitaine, p. 60 (réimpression de CALLEN, t. 1, p. 230). — FLEETwWOOD, Sylloge inscriptionum, p. 285, 1, — BoxaDA, Carmina ex antiquis lapidibus, t. 11, p. 129. — BELLET, L’antiquité de la ville de Bordeaux |[ms. de l’Académie,
t. V], #0 9. — VENCTI, p. 44. — DE BEAUMESNIL [ms.], en figurant le monument comme s’il l'avait vu. — BURMANN, Anthologia latina, t. 11, p. 51. — BRUNCK (et JACuBS), Analecta, t. III, p. 310, n° 730; cf. Jacous, Animadeersiones, t. II, pars 11, p. 316. — DE Bosc, Anthologqae graecae tomus III, p. 408; cf. t. V (VAN LENXEP), p. 192. — Jacogs, Anth. graeca (palatina), appendix, n° 232, p. 829. — Anthologia graeca, éd. TAUCH- NITZ, t. III, p. 382, n° 232. — RENIER, fiches ms. — DEZEIMERIS, Poésies de Despois, p. 79.
D'après l’ensemble des éditions : (SÉGUIER, /ndex omnium inscr. graec. [ms. grec 122], f» 45, col. a); — FRANZ, Corpus inscr. graec., t. WI, p. 1039, n° 6791; — KAIBEL, Epigrammata, n° 675; — SCHENKL, éd. d’Ausone, p. 53.
Aeltava Aconxtnhrs Crionasinen EvÔxÈe nette, "Hs pepéorczs on Cody razg!, Pasesov a2:7.
Les érudits de la Renaissance ont exercé leur ingéniosité à traduire ce distique, qui fut célèbre parmi eux. Pierre Lamy (Petrus Amicus) est le premier dont on ait conservé la traduction (1):
Quac geminos pepcrit Luscyllae hic ossa quicscunt : Vir vioum, extinctum haec retinet. Sic pignora secta.
Un peu plus tard, les collègues et amis de Vinct s'essayèrent, peutêtre sur sa demande, à rivaliser avec Lamy. Voici la traduction de Jean Guijon (?), qui fut professeur de rhétorique, puis régent au collège de Guyenne :
ic Lucilla jacet divisis foeta gemellis :
Alter enim vivens patris fuit, illius alter.
Les suivantes sont moins célèbres et moins heureuses. Celle de
Jean de la Rivière, conseiller au Parlement :
ic enixa duos tegitur Lucilla. Gemelli Divisi : vivus patris est, matri adjacet alter. Celles du célèbre jurisconsulte Antoine de Gouvea, dont voici l’une :
Hoc tumulo, Lucilla, jaces, enixa gemellos :
Zlla patri superest : est comes ille tuus ;
(; Apianus et Vinet nous l'ont donnée. Cette traduction, ainsi que celles de Guijon, de J. de la Rivière, d'A. de Gouvea (la {re seulement), de Maniald, Mosnier, Vinet et J. de Rivasson, se trouvent chez Vinet {Comm.), Sincerus et Lones. — Pierre Lamy fut compagnon de Rabelais au couvent des Cordeliers de Fonten1y-lo-Comte. ose dans l'édition in-4° de 1520-1522 des Æprsfolae GULI1ELMI BUDAFI postferiores, la lettre grecque adressée ILétpw To aus ; voyez aussi les lettres grecques dans les Opera Budaïi de Bâle (1557, in-fe), p. 411 et 433; dans cette mème édition, les lettres latines, p. 267 et 231, et la lettre à Rabelais,
to Voyez sur Jean Guij:n, outre les recherches et le recueil de ne LA MARE (qui donne aussi sa traduction), le livre de GAULLIEUR, Histoire du collège de Guyenne (1834, Paris, in-8), p. 278, et l'étude do Dezeimeris, De la Renaissance des Letties à Bordeaux au XVIe siècle (Bordeaux, Gounouilhou, 1864, in-8), P. 60.
et la seconde :
Quos uno geminos partu, Lucilla, dedistr, Cernitur officio functus uterque suo.
Zlle patris lacrymas miserr solatur, cé tlle Optavit tecum sustinuitque mort (1).
Celle d'Étienne Maniald, professeur de médecine à Bordeaux (°):
Hic Lucilla jacet geminorum mater : at ejus Divisa est soboles, vivens patri el altera matri.
Les hellénistes qui habitaient les villes voisines rivalisèrent avec leurs confrères de Bordeaux. Voici la traduction de Jean de Rivasson, de Sarlat (5):
Casta gemelliparae Lucillae hic ossa quiescunt, Pignora cui divisa, patri vioum, allterum et 1ps1.
Le jurisconsulte limousin Martial Mosnier (#) traduisit même le distique en vers phaleuques, qui manquent totalement de grâce :
ic enixa duos parens gemellos Proh! Lucilla tegor. Duobus hoc jus Quod commune fuit, mihi patrique Divisum est. Obiit gemellus unus, Qui mecum jacct ; alter 1lle vivit Solamen misero patri duorum.
Enfin voici celle de Vinet lui-même, qui me paraît, sinon la plus élégante, du moins la plus simple et la plus fidèle:
Ossa gemelliparae Lucillae hic sunt sita. Cujus Secta fuit proles, vivens patri, et altera matri (Ÿ).
Aucun de ces savants n'était du reste bordelais. Aussi, dit le bon Lopes, « puis que les Estrangers ont fait tant d'honneur à cet Epitaphe »avec tant de versions differentes, sera-t1l hors de propos que les
(4) ANTONIT GOVEANI Opera (1766, Amsterdam, in-fe), p. 681 et 694. Je n'ai pu voir ses Epig'ammatuin libi duo et epistolae quatuor (Lyon, 1539, in-do; 1540, in-8°). (2) Mort en 1599; cf. DEVIENNE, Histoire, t. Il, p. 251; Dezerments, Œuvres poétiques de Pierre de Brach, 1.11, r.208.
)Vovez, sur lui, DEZEIMERIS, Œuvres de Pierre de Brach, I, p. 297. Cf, Dezeimenis, #d., |. 1, préface, pièce VIII. La pièce ne se trouve pas dans les Epigrammata, Elegiae Odae MarTiazis MonEnn Lemovici, publiés on un in-12 par Millanges en 1573. (5) La traduction de Vinet a passé dans quelques anthologies latines: FERRETI, Musae lapidariae, p. 33); RURMANN, t, If, p. 51; MEYER, t. II, p. 187. — GRUTER, BoLvont el VEenuT1 l'ont également dunuée.
270 » domestiques s’estudient à luy rendre un semblable honneur?» Et Lopes donne d'abord une version:
ic Lucilla parens geminorum est condita; proles Divisa est : quae viva, patri datur, altera inatri; Puis une amplification :
ic Lucilla jacet, foetu celebranda gemello, Quem pariens, vivo conjuge, morte cadit.
Sors proli non una fuit, quipne aliera matri Commoritur, proles altera vita manet.
Cessit viva patri, matri defuncta, et utrique Sic bene communis sunt data jura thori.
Il est vrai que Lopes ne connaissait pas la traduction donnée par le bordelais Despois, publiée pour la première fois par M. Dezeimeris (1) : Heic Lucilla jacet geminos enira, sed hi sic Divisi, ut vivens maneat patrts, ipsius alter. Et cette amplification :
Heic Lucilla jacet moriens cnira gemellos, Quos ita divisit Momus ut ipse probet :
Extinclum suimsit, cicuin dedit illa marito Post mortem sercans focdera conjugiü.
De Bosch nous a fait connaître une traduction de Hugo Grotius : Hic Lucilla jacct mater de prole gemella.
Quorum viva patri pars obligit, altera snatri. Enfin Bernadau s’est imaginé de traduire l'épitaphe en mauvais vers français (2) :
Deux jumeaux, en naissant, me donnérent la mort : L'un reste à mon époux, et l'autre suit mon sort.
Avec cette variante :
Deux jumeaux, en naissant, oCcasionnent ma mort : L'un reste à mon époux, l’autre éprouve mon sort.
L'idée ou l'antithèse exprimée dans cette épitaphe se retrouve
(1} DEZFIMERIS, Poésies de Martin Despois, p. 80. Despois cest mort vers 1623. (?) Antiquités, p 327; note ins. juinte à son exemplaire de Sincerus (Aïch. #unic.). — Voyez la traduction en prose de DUEBXER, Anthologie grecque (1863, Paris, Hachette, 2 in-12), t. II, p. 246.
PÉRÉGRINS. 399
souvent chez les poètes de l'antiquité, par exemple à la fin d'un épigramme d Héraclite :
Atocx à éuc5 Tiurousx, tè pv Mrov act rodnyèv l'écos, 8 d'artyu pvxnésurss réstes, et d'un épigramme d'Antipater:
« / L AurAdoy wèlvasa, efhar, rires, ŒANS uv avèot "= ’ D » Ebogosv xauriuav, dns D'éyw oluatucts (?).
Ausone dit de même, à la fin d’une de ses poésies (Parentalia, 25) :
Quatluor ediderat tunc facta puerpera partus : F'unera set tumulis jai geminata dedit.
Sit satis hoc, Pauline pater. Divisio facla est :
Debctur matri cetera progenies.
Enfin, on raconte que, vers 1814, en creusant dans l'église de Saint- Hélier, à Jersey, on a trouvé l'inscription latine suivante, qui n'a rien d'antique, mais qui n'est pas sans élégance (?):
E nysea de stirpe meum Cornubia partum Vindicat. Millarrius jam terel ossa sacer.
Per Sporades Gallosque pium comitata maritum, Deferor huc : visa est sors mihi nulla gravtis. Vizimus unanimes; et prima prole beati.
In mundum duplici morie secunda venit.
Pignora dividimus : comitatur me morientem Mortua : solatur filia prima patrem.